Fayard

  • Barbara Cassin et Alain Badiou s'interrogent, en échangeant et en argumentant, sur leur démarche intellectuelle : elle, femme et sophiste, lui, homme et platonicien.
    Alain Badiou est platonicien (plutôt platonicien), Barbara Cassin est sophiste (plutôt sophiste).
    Cela a-t-il quelque chose à voir avec le fait qu'il soit un homme et qu'elle soit une femme ?

    Telle est la question que nous nous posons depuis longtemps.
    Depuis que nous nous connaissons en somme, et que nous avons commencé à travailler ensemble comme directeurs de collection.
    À un moment donné, nous avons pris cette question à bras-le-corps.
    C'est venu, peut-être, d'une remarque à notre propos disant que, un platonicien avec un(e) sophiste, cet attelage qui ne laissait rien échapper devenait pour de bon dangereux. Nous avons ri, et réfléchi.

    D'abord, nous avons échangé des lettres, jouant avec le plaisir d'une correspondance sporadique, parfois rauque, pendant trois ans. Au beau milieu de quoi nous avons décidé de faire un séminaire commun ailleurs, loin de nos bases : à Johns Hopkins. On nous a obligés à répondre sans arrière-monde, Alain Badiou en mathématicien-platonicien, Barbara Cassin en philologue-sophiste.

    À bras-le-corps donc, mais encore latéralement comme on voit. Nous avons alors ressenti la nécessité d'exhiber les éléments clefs à quoi tiennent nos positions, ce qui philosophiquement nous tient. Puis nous avons déroulé les conséquences strictes de ces solidités quant à l'idée que nous nous faisons du rapport homme femme.

    Au moment de conclure, nous nous sommes demandé ensemble pourquoi nous choisissions la Grèce.

  • Le Séminaire proposant, grâce au guide qu'est Platon, une morale provisoire pour temps désorienté.
    « Ce séminaire est vraiment exceptionnel, aussi bien quantitativement que par sa structure et sa visée. On pourrait le considérer comme un commentaire de ma traduction de La République de Platon proposé en public. J'y tente aussi de donner à mon idée du communisme nouveau, tout comme à la conception que je me fais de la philosophie elle-même, des appuis extrêmement détaillés et, je le crois, souvent originaux. En ce sens, il est une sorte d'introduction simultanée à Platon et à mon oeuvre propre.
    Tout cela lui donne une étrange allure à la fois joyeuse et cependant chargée d'un contenu essentiel, presque unique dans mes écrits. Comme si ce dialogue, qui fait une voix de deux ou trois voix, parvenait à orchestrer mes thèmes essentiels au lieu de les laisser à leur austère nudité. » A. B.

    Depuis 1966, une part importante de l'enseignement du philosophe Alain Badiou a pris la forme d'un séminaire, lieu de libre parole et laboratoire de pensée. Les éditions Fayard publient l'ensemble de ces Séminaires de 1983 à aujourd'hui, période où la documentation est abondante et continue. Ce volume est le quatorzième de la série.

  • « Ce séminaire part d'un lieu commun : l'expression «changer le monde», qui a largement enchanté les deux siècles précédents. Dans nos contrées dites «occidentales», riches mais en crise, «démocratiques» mais rongées par le virus identitaire, l'expression «changer le monde» a un double statut. D'un côté, pour autant qu'elle a désigné un vouloir révolutionnaire, elle est tenue pour le nom périmé d'une utopie criminelle. D'un autre côté cependant, on nous enseigne qu'à tout instant le monde change à une vitesse extraordinaire, que nous sommes toujours en retard sur ce changement, et que d'incessantes «réformes» doivent plier les sujets à y consentir. On ne peut qu'en conclure que, dans cette affaire, «changer» est un verbe équivoque. Si tout change, y compris les acteurs, témoins et victimes dudit changement, rien ne peut attester le changement. Si en revanche il existe un repère fixe, un invariant relatif d'où prendre mesure du changement comme changement réel, quel est le statut de cet invariant ? Il faut reprendre entièrement la question du changement réel au-delà de l'antinomie rupture totale ou continuité d'une incessante innovation. Le problème est celui du lieu subjectif, d'où l'on peut concevoir, dans une subtile dynamique de l'immanence et du retrait, ce qu'est un changement orienté. » A. B.

  • Si la théorie de l'I.S. désormais peut encore être souvent incomprise ou abusivement traduite, comme il est arrivé parfois à celles de Marx ou de Hegel, elle saura bien revenir dans toute son authenticité chaque fois que ce sera historiquement son heure, à commencer par aujourd'hui même. Nous sommes sortis de l'époque où nous pouvions être falsifiés ou effacés sans appel.

  • La publication des seize volumes du Séminaire d´Alain Badiou constitue un événement. Non seulement parce que, depuis 1966, la renommée du Séminaire n´est plus à démontrer, mais aussi parce qu´il est le laboratoire de la pensée du philosophe ; c´est dans ce cadre qu´Alain Badiou teste ses idées, les nourrit, les affute. Ces presque cinquante années de libre parole sont enfin et surtout un moyen d´accès privilégié pour les non-spécialistes à l´histoire de la philosophie et à ses grandes figures tant le ton est vivant et le propos limpide. Le Séminaire sur Lacan, tenu en 1994-1995, inaugure la série. Alain Badiou y aborde l´oeuvre de celui qui se qualifie lui-même d´« antiphilosophe » dans ce qu´elle a de radicalement nouveau, qui vient contrarier la philosophie. Il montre à rebours comment la philosophie, confrontée à la psychanalyse, en a intégré les apports. En cheminant à travers les controverses d´une époque, nous rencontrons avec bonheur les formules inventives et décisives de Lacan.

  • Le premier séminaire d'un cycle de cinq années qui revisite l'histoire de la philosophie, de Parménide à Heidegger. A. Badiou met le concept de l'un au centre de sa réflexion, suivant la thèse selon laquelle le sujet a toujours été l'objet majeur de la philosophie.

  • PREMIERE BIOGRAPHIE INTELLECTUELLE DU CONTESTATAIRE LE PLUS RADICAL DES ANNEES CINQUANTE ET SOIXANTE, PAR L'UN DES SPECIALISTES FRANÇAIS DES AVANT-GARDES LITTERAIRES.
    Né en 1955, Vincent Kaufmann est professeur d'histoire des idées et de littérature française à l'Ecole des hautes études économiques, juridiques et sociales de Saint-Gall, en Suisse. Il a enseigné à Berkeley (Californie) entre 1990 et 1996.

  • Ce premier volume de la correspondance de Guy Debord couvre la période allant de la fondation en 1957 de l'Internationale situationniste, jusqu'à sa IVe Conférence en 1960.

    On y verra se préciser, au fil des jours, l'unique objectif d'une entreprise qui, en s'appuyant sur les éléments les plus radicaux de l'avant-garde et à travers la construction de situations, voulait " par tous les moyens, même artistiques ", le bouleversement complet de tous les aspects de la vie.

  • Moins que rien

    Slavoj Zizek

    • Fayard
    • 3 June 2015

    La modernité a commencé et se terminera avec Hegel. Au cours des deux derniers siècles, la philosophie occidentale s'est développée dans l'ombre du philosophe de la transition historique vers la modernité et chaque nouveau penseur a essayé en vain de se soustraire à son influence. Aujourd'hui, alors que le capitalisme mondial menace de sombrer dans le chaos, nous entrons dans une nouvelle période de transition. C'est pourquoi il est impératif non pas seulement de revenir à Hegel, mais de répéter ses exploits et de surmonter ses limites. Grand oeuvre de Slavoj i ek, Moins que rien propose de relire Hegel à travers Lacan et vice versa. La psychanalyse et la dialectique hégélienne réapparaissent ainsi sous une forme nouvelle et inattendue qui permet de saisir les grands événements contemporains, du capitalisme global à la physique quantique.

  • Ce livre est avant tout un document exceptionnel pour loehistoire de la pensée. Il rassemble en effet pour la première fois tous les documents (la plupart inédits, en français comme en allemand) relatifs aux relations personnelles et philosophiques entre Paul Celan (1920-1970) et Martin Heidegger (1889-1976).

    Son objet : donner un aperçu complet et fondé en histoire de la pensée sur la nature et l?évolution de leurs relations, autrement dit des rapports entre pensée et philosophie, puisquoeon le sait, Paul Celan est considéré comme le plus grand poète allemand après Rilke, et que Martin Heidegger est loeun des philosophes les plus considérables du XXe siècle.

  • « Cet imposant ensemble, représentant deux années et demie d'intervention mensuelle, est à plus d'un titre une sorte de tournant dans l'histoire générale de mon séminaire. Il ouvre la série des séminaires qui traitent un même motif pendant plusieurs années consécutives. La poésie et le théâtre sont très souvent convoqués, en même temps que le commentaire politique est plus précis et plus constant. Les vingt séances articulent des éléments qui peuvent paraître disparates, mais dont l'unité tient à la question philosophique du présent, du temps présent, et des conditions sous lesquelles la philosophie peut être contemporaine de son propre temps. La courbe générale va d'une analytique de notre présent, dominé en réalité par sa fuite ou son absence, aux maximes de la construction d'un présent réel et des caractéristiques d'un Sujet qui s'y ordonne. Elle tente d'éclairer l'unique question réellement importante de la philosophie, qui est la question de la vraie vie." A. B.

  • Le séminaire : s'orienter dans la pensée, s'orienter dans l'existence (2004-2007) Nouv.

    « Le séminaire des années 2004 à 2007 s'articule à la fois à une conjoncture et à une oeuvre en cours : une contre-révolution libérale victorieuse depuis la deuxième moitié des années 1990 et une théorie de la singularité des mondes telle que déployée dans Logiques des mondes, qui paraît en 2006.
    Pour autant que l'adversaire libéral de toute vérité l'emporte provisoirement, la pensée supporte une dure désorientation. Pour autant qu'il s'agit de penser ce qu'est un monde, et notamment le nôtre - celui de la désorientation -, la tâche est de repérer les appuis pour s'y orienter vers la naissance de vérités neuves. Le but est donc bien de «s'orienter dans la pensée, s'orienter dans l'existence». D'où que les matériaux examinés dans ce séminaire sont fortement marqués par leur contemporanéité. Ils doivent en effet témoigner de la singularité du monde contemporain. ».
    A. B.

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