Eclat

  • La parution du Monde des non-A de Van Vogt, en 1945, traduit en français par Boris Vian a éveillé l'intérêt d'un grand nombre de personnes pour la Sémantique générale.
    Cette discipline se fonde sur un système non-aristotélicien formulé par Alfred Korzybski (1879-1950) selon lequel il est possible qu'une chose à la fois soit ET ne soit pas. Ainsi la porte était ouverte à une exploration du monde aux horizons insoupçonnés. En 1997, L'éclat faisaient paraître pour la première fois en français une anthologie d'écrits de Korzybski, permettant de ne plus évaluer le vaste 'territoire' de la Sémantique générale à l'aune des seules 'cartes', quelquefois approximatives, qu'en ont dressées des auteurs comme A.E.
    Van Vogt, mais aussi Bateson, Bachelard, Laborit ou même ... Michel Houellebecq!

    Ajouter au panier
    En stock
  • On connaît, par le volume de Gershom Scholem Walter Benjamin. Histoire d'une amitié, les liens qui unissaient les deux hommes. Ils ont échangé entre 1932 et 1940 une correspondance qui mérite pleinement le terme d'oeuvre, comme si dans cet échange au quotidien, dans cette absolue confiance et confidence l'un par rapport à l'autre, et autrement que dans une oeuvre 'publique', ils s'étaient livrés à une analyse en profondeur d'un siècle bouleversé : vie littéraire et philosophique, montée du nazisme en Allemagne, errance de Benjamin, permanence de Scholem en Palestine dès 1923, où il oeuvre à une symbiose entre les populations juives et arabes... autant de sujets abordés au fil des lettres et qui confirment la pertinence d'analyse dans l'échange et la discussion parfois polémique des deux hommes.

  • " chacun sait quelle folie s'est aujourd'hui emparée du monde, chacun sait qu'il participe lui-même à cette folie, comme victime active ou passive, chacun sait donc à quel formidable danger il se trouve exposé, mais personne n'est capable de localiser la menace, personne ne sait d'oú elle s'apprête à fondre sur lui, personne n'est capable de la regarder vraiment en face, ni de s'en préserver efficacement.
    " ainsi s'ouvre la théorie de la folie des masses de hermann broch. mais nul ne sait oú elle commence, ni oú elle finit, tant son élaboration fut problématique, au point qu'on peut se demander si le sujet n'a pas eu raison de l'oeuvre, et si celle-ci ne se devait pas d'être retravaillée sans cesse, comme n'a de cesse cette folie des masses contre laquelle la raison vient buter sans parvenir à l'infléchir.
    Commencée vraisemblablement à la fin des années 1930, la théorie de la folie des masses accompagne hermann broch jusqu'à sa disparition en 1951 sans qu'il parvienne à lui donner une forme définitive. c'est donc un véritable laboratoire d'idées qui est donné à lire - laboratoire d'une vie tout entière consacrée à la pensée, qu'elle prit la forme des célèbres romans tels que la mort de virgile ou le tentateur, ou d'essais sur la logique d'un monde en ruine, parus il y a quelques années dans cette même collection.

  • Le livre rappelle que les enjeux urbains de la pensée de Walter Benjamin ne se situent pas en un lieu unique, mais avant tout dans un entre-deux villes où s'est joué le sort d'une modernité contradictoire : entre Paris, capitale du XIXe siècle et Berlin, capitale du XXe ou, pour le dire autrement, entre la grande ville et la métropole. Il met ainsi en évidence les deux versants de l'analyse urbaine et architecturale dans l'oeuvre de Walter Benjamin : l'un, centré sur Paris et l'archéologie de la modernité ; l'autre sur Berlin, plus attentif à l'émergence de la métropole et de l'architecture modernes. Les essais s'articulent autour de quatre chapitres (I. Paris : un lieu de résistance. II. Berlin, entre deux siècles. III. La ville sans aura. IV. L'impossible habitat.)

  • Cet ouvrage regroupe pour la première fois ce qui a été retrouvé de la correspondance échangée de 1916 à 1937 entre Paul Engelmann (de même que quelques proches) et Ludwig Wittgenstein. Ces lettres permettent de mieux comprendre la participation de Wittgenstein à la Première Guerre mondiale, de suivre la genèse du Tractatus logico-philosophicus et de saisir les transformations de la pensée de Wittgenstein au cours de ces années difficiles, qui ont vu l'effondrement de l'Empire austro-hongrois.
    L'ouvrage contient aussi une version considérablement augmentée du «Mémoire» qu'Engelmann a consacré à Wittgenstein et qui a été publié en anglais en 1967. S'y ajoutent des textes d'Ilse Somavilla, Josef Schächter et Brian McGuinness, tous trois spécialistes de l'oeuvre de Wittgenstein. Il s'agit d'une édition critique, pourvue d'un très copieux apparat de notes et de commentaires.

  • Ce nouveau livre de Richard Shusterman constitue la première exposition systématique de la «soma-esthétique», nouvelle discipline que l'auteur a commencé à développer depuis une dizaine d'années environ. Mais il ne s'agit pas seulement de défendre une philosophie du corps contre une tradition philosophique occidentale qui a pour l'essentiel rejeté et dénigré ce dernier. Il s'agit au contraire de se loger dans le coeur même de ces philosophies qui, au XXe siècle, ont accordé au corps une place centrale, afin d'en scruter les limites et de définir des stratégies nouvelles pour penser et vivre le corps.

  • Opportunisme, cynisme, peur, exode, curiosité, bavardage, miracle, virtuosité.
    à l'occasion d'un séminaire sur le concept de multitude, paolo virno revient sur l'ensemble du lexique de ses précédents ouvrages, pour en enrichir le sens et en préciser les contenus. en effet, le concept de multitude, par opposition à celui, plus familier, de peuple, est un outil décisif pour toute réflexion sur la sphère publique contemporaine. ces deux concepts opposés l'un à l'autre, ont joué un rôle de première importance dans la définition des catégories politico-sociales de la modernité.
    Et si la notion de peuple l'emporta prioritairement, on peut se demander aujourd'hui si, à la fin d'un cycle long, cette ancienne dispute n'est pas en train de s'ouvrir à nouveau ; si aujourd'hui, alors que la théorie politique de la modernité subit une crise radicale, la notion de multitude, autrefois déboutée, ne témoigne pas d'une extraordinaire vitalité.

  • Donna Haraway explore avec le Manifeste des espèces de compagnie la forme pamphlétaire qui sied si bien à son style à la fois ironique et férocement politique. Un texte court, bien mené, lisible, et qui devrait intéresser tous ceux qui possèdent un animal de compagnie. Pour le philosophe des sciences ayant consacré ses travaux aux questions politiques, épistémologiques et éthiques qui émergent de l'implosion du partage moderne entre nature et culture, " les espèces de compagnie rassemblent sous des formes inattendues humain et non-humain, organique et technologique, carbone et silicium, autonomie et structure, histoire et mythe, riches et pauvres, état et sujet, diversité et disparition, modernité et postmodernité, nature et culture ". Haraway, en cynophile avouée, concentre ici ses efforts sur les relations de co-évolution, de cohabitation et de partenariat qui se sont tissées entre les chiens et les humains à travers un ensemble de pratiques historiquement et culturellement situées, allant des premiers contacts de l'homo sapiens avec ce " loup civilisé " voici plusieurs milliers d'années, jusqu'aux compétitions de sports canins.

  • Le Problème du fétiche est l'histoire philosophique d'un concept, celui du fétiche. Avant que Marx (et son fétichisme de la marchandise), Freud (le fétichisme pénètre la psychiatrie clinique) ou Auguste Comte ne s'approprient le concept, diverses théories sur le fétiche se sont succédées, entre le XVIe siècle et le XIXe siècle. Cet ouvrage retracel'histoire de ces théories depuis l'invention du mot (en portugais feitiço, repris du pidgin fetisso, issu du latin factitius) par les navigateurs portugais du XVIe siècle arrivant sur les côtes africaines, et notamment en Nouvelle-Guinée. La confrontation entre la rationalité religieuse occidentale et le "culte des dieux fétiches" africains fait apparaître pour la première fois cette idée d'un objet image/symbole d'une transcendance (que Pietz compare longuement avec l'idée chrétienne d'idôlatrie, bien différente).
    L'histoire se poursuit jusqu'aux Lumières (lesquelles fixeront durablement
    le concept), et notamment avec le texte de Guillaume Bosman Voyage de
    Guinée contenant une description nouvelle (1705) et celui de Charles De Brosses Du Culte des dieux fétiches (1760), dont les idées seront ensuite reprises par Diderot. Si fétichisme est aujourd'hui un mot du langage courant, en donner une définition précise n'en reste pas moins un exercice délicat ; d'où l'intérêt de ce livre, qui est une tentative de clarification d'un concept en empruntant la voie de l'histoire de l'anthropologie et de la philosophie.

  • "le désordre n'existe pas.
    N'existe que l'ordre compliqué. " c'est à partir de ce simple postulat que yona friedman construit une image du monde fondée sur l'harmonie et qui défie les lois habituelles de la physique. l'univers devient alors erratique, l'espace est composé de granules infimes de vide et notre perception de la mosaïque du monde s'attache autant à chacune de ses pierres qu'à l'ensemble qu'elles constituent. l'ordre compliqué et autres fragments se présente comme une nouvelle monadologie, illustrée de dessins au trait et traduite en "bande dessinée" par l'auteur - entre autres - des utopies réalisables (l'éclat, 2000) et de l'architecture de survie (l'éclat 2003).

  • " tant qu'il ne fut pas possible aux chercheurs les plus sérieux d'accéder à l'ensemble des manuscrits de nietzsche, on savait seulement de façon vague que la volonté de puissance n'existait pas comme telle .
    Nous souhaitons que le jour nouveau apporté par les inédits, soit celui du retour à nietzsche ", écrivaient g. deleuze et m. foucault dans l' " introduction générale " aux oeuvres complètes de nietzsche, établies d'après les manuscrits par giorgio colli et mazzino montinari et publiées en france par les editions gallimard.
    Sous le titre " la volonté de puissance " n'existe pas, nous avons voulu rassembler quatre essais de mazzino montinari, traitant des problèmes posés par l'édition des écrits de nietzsche et portant plus particulièrement sur la question de la volonté de puissance.
    A l'heure où reparaissent d'anciennes éditions de ce faux-livre, ces essais viennent rappeler aux " oublieux " qu'un travail de vingt années a permis de lire enfin le contenu des manuscrits de nietzsche et de prendre connaissance, entre autres choses, de ce qu'il n'a pas écrit.

empty