Bayard

  • Partout dans le monde, nous voyons les lieux et les êtres qui les peuplent en fonction des habitudes reçues de notre éducation, des paysages auxquels nous sommes accoutumés et des manières de vivre qui nous sont familières depuis l'enfance Cette diversité est sans doute un gage de richesse, mais elle rend la coexistence plus difficile des peuples différents par leurs langues, leurs coutumes, les milieux qu'ils occupent et la façon de les percevoir vivent ils dans un monde commun et peuvent ils se comprendre

  • Le temps passe et nous emporte, mais il est aussi le sel de toute vie. Il y a la « flèche du temps » et la linéarité du temps comptable, mais il y a aussi quantité de chemins par lesquels le temps, au lieu de nous échapper, nous revient, et comme un bien malléable et une manne dont on peut disposer. Prendre en considération le temps, le « voir venir » et l'accueillir au lieu de l'enfourcher, ce n'est pas seulement s'opposer à sa consommation effrénée, c'est surtout inventer d'autres manières de le vivre, et de vivre tout court. Le projet à l'origine de ce livre n'est pas de donner des recettes d'emploi du temps mais de réfléchir à la possibilité d'un ralentissement généralisé, en phase avec les exigences de notre époque. Cet ouvrage collectif très original, cohérent et réjouissant, regroupe onze intellectuels connus, sous la direction de Jean-Christophe Bailly.

  • Un trop humain virus

    Jean-Luc Nancy

    • Bayard
    • 14 October 2020

    L'Europe, depuis 1945, avait exporté ses guerres. Elle importe aujourd'hui une épidémie qui sème la confusion. Le coronavirus, produit de la mondialisation, déclenche une mécanique de forces techniques, économiques, dominatrices et du même coup remet en question le modèle de croissance. Cette crise sanitaire provient de nos conditions de vie, d'alimentation et d'intoxication. Ce qui était « divin » est devenu humain - trop humain comme dit Nietzsche. La loupe virale grossit les traits de nos contradictions et de nos limites. C'est un principe de réel qui cogne à notre porte. La mort, que nous avions exportée avec les guerres, elle que nous pensions confinée à quelques autres virus et aux cancers, la voilà qui nous guette au coin de la rue. Nous nous découvrons humains, mais sûrement ni surhumains ni transhumains. Trop humains ? Ou bien ne faut-il pas comprendre qu'on ne peut jamais l'être trop ? Une puissante et salutaire réflexion du plus grand philosophe français.

  • Chacun naît dans la ou les langues qu'on parle autour de lui. Mais qu'est-ce qu'une langue maternelle ? Et qu'arrive-t-il quand on en apprend une autre ?
    Si chaque langue dessine un monde, qu'est-ce qui se dessine quand on en parle plusieurs ? Passer d'une langue à l'autre, en apprenant, en traduisant, c'est s'aventurer dans une autre manière de faire passer le sens. Toutes ces manières, quand on les frotte les unes aux autres, s'enrichissent : on comprend mieux ce que l'on essaie de dire quand on sait que cela se dit autrement, dans une autre langue, avec des mots qui ne disent peut-être pas tout à fait la même chose. Un texte fort et passionnant, par la récente académicienne.
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  • Le temps

    Etienne Klein

    • Bayard
    • 31 January 2013

    L'heure qu'il est, le temps qu'il fait, l'espace du souvenir ou de la prévision : de quelque côté qu'on l'aborde, par le passé, le futur ou le présent, le temps s'échappe et nous fuit. Il est sans matière et pourtant nous habitons en lui, nous sommes emportés par lui, comme tout ce qui existe. Etienne Klein, à la fois physicien et philosophe, propose ici quelques pistes pour cerner la plus immédiate et la plus difficile de toutes les questions.

  • Vous désirez ?

    Jean-Luc Nancy

    • Bayard
    • 31 January 2013

    Désirer, qu'est-ce que c'est ? Quelle différence entre désirer, vouloir ou avoir besoin ? Jean-Luc Nancy, auteur fidèle de la collection, s'attache à percevoir comment le désir travaille en nous, et comment nous vivons avec cette force toujours à l'oeuvre, quels que soient nos âges et nos situations.

  • Homo spectator

    Marie-José Mondzain

    • Bayard
    • 12 September 2013

    Dans ce livre, Marie-José Mondzain, connu pour son travail sur les Pères de l'église et les iconoclastes, remontait à la scène primitive : l'homme face aux premières images produites par sa main. Que joue cette première scène et que nous apprend-elle de notre rapport aux images ? Comme le rappelle l'auteur dans une préface inédite, il est urgent en effet de comprendre l'énergie en jeu dans ces opérations qu'il nous faut aujourd'hui sauver de la communication toute-puissante pour préserver notre vie politique au-delà du commerce des marchandises. Il nous reste à comprendre et à imaginer les opérations susceptibles de former une communauté vivante, capable de reprendre à son compte la formule de Cocteau : « Nous ne savions pas que c'était impossible, alors nous l'avons fait. »

  • L'épreuve de l'image

    Christophe Kihm

    • Bayard
    • 21 March 2013

    Plusieurs épreuves peuvent être engagées avec l'image, depuis les « devinettes » du Sphinx auxquelles répond brillamment OEdipe jusqu'à la panique télévisuelle que déclenche l'entrée en eau d'Éric Moussambani aux jeux Olympiques de Sydney. Chacune des épreuves prises en compte dans cet ouvrage implique la mise en relation de l'image et du corps. Cet ouvrage se propose de mener une enquête pour tenter de comprendre comment, pour faire-image, un corps doit s'insérer dans une nouvelle configuration du sensible, à partir d'un choix d'objets issus du théâtre, de la littérature, de la philosophie, du cinéma et de la télévision. Depuis OEdipe jusqu'aux Monty Pythons, de La Bruyère à Hrundi V. Bakshi - le héros du film The Party, de Blake Edwards -, avec les traités de Balzac, de Barbey d'Aurevilly ou de Marcel Mauss, une « épreuve de l'image » se précise dans une nouvelle transaction des corps et de l'espace, où se déploient également de nouvelles puissances des corps.

  • L'infini est une notion qui peut être religieuse (Dieu est infini), mathématique (il existe un calcul de l'infini), physique (l'univers est-il infini ?), et qui est aussi, bien sûr, une idée philosophique.
    Depuis très longtemps, la discussion est la suivante : l'homme est fini, puisqu'il meurt ; comment un être fini peut-il comprendre ce qui est infini ?

  • « Pour trouver accès à la question de l'«être-sous-drogue», il nous a fallu suivre la voie de la littérature. Nous avons choisi une oeuvre qui traite exemplairement de l'objet persécutoire d'une addiction. [.] La littérature, qui n'a certainement rien d'un badaud innocent et se retrouve souvent au banc des accusés, la littérature, laboratoire de reproduction pour hallucinogenres, a quelque chose à nous apprendre sur les fractures éthiques et la relation à la loi. Le livre de Gustave Flaubert fut traîné en justice ; on l'accusa d'être un poison. » Avital Ronell Avital Ronell sait choisir ses objets de pensée, toujours inattendus. Les drogues sont au coeur de ce nouvel essai, non pas comme phénomène social, mais littéraire. Et ce n'est rien de moins qu'une nouvelle lecture de notre culture que nous propose ici la philosophe américaine, n'hésitant pas à passer Emma Bovary de Gustave Flaubert au crible de l'addiction.

  • Quitter, s'en aller, pour peu de temps ou pour toujours, qu'est-ce que cela fait, nous fait ? Qu'est-ce que cela veut dire ? Un thème devenu classique, qui résonne particulièrement dans notre société qui banalise la séparation et cache la mort. C'est la cinquième petite conférence de Jean-Luc Nancy, sur ce thème devenu classique, aussi claire, accessible et originale que les autres. Si l'auteur se livre une fois encore à cet exercice périlleux, c'est qu'il y voit la pratique même de la philosophie.

  • Tu vas obéir !

    Jean-Luc Nancy

    • Bayard
    • 6 February 2014

    Combien de fois des parents ou des profs excédés lancent : « Mais tu vas obéir, à la fin ? » Obéir n'est pas spontané, le plus souvent on ne sait pas pourquoi il le faut. Et peut-être ne le faut-il pas toujours. Peut-être que la question « vas-tu obéir ? », on peut l'entendre aussi comme : vas-tu faire ce qu'on t'ordonne sans savoir pourquoi ? N'y a-t-il pas des ordres injustes ? Pourquoi peut-on parler de « désobéissance civile » ?

  • Les cinq sens

    Jean-Christophe Bailly

    • Bayard
    • 6 February 2014

    Entendre, voir, toucher, sentir, goûter - c'est avec nos sens que nous palpons et réévaluons ce qui nous entoure. Mais comment travaillent nos sens et comment, avec eux, pourrions-nous être encore plus vivants ?
    Jean-Christophe Bailly nous convie à une leçon de philosophie mais aussi tout simplement de vie.

  • « Je suis quelqu'un qui n'aime pas parler et qui aime les mots, qui pense que la puissance de l'évènement est malgré tout liée à la puissance des mots capables de le qualifier. » Littéraire et cinéphile, Jacques Rancière élabore depuis les années 1960/1970 une philosophie de l'émancipation, celle de la participation de tous à l'exercice de la pensée, et donc au gouvernement de la cité. Contre ces intellectuels qui prétendent détenir la vérité, il se bat pour l'abandon de la traditionnelle distinction entre savants et ignorants. Dans ce livre d'entretien, Dork Zabunyan et Laurent Jeanpierre croisent avec lui le parcours biographique, l'oeuvre philosophique et le regard du philosophe sur le monde. Nous relisons avec eux les années de formation et le parcours intellectuel, l'ENS, les maîtres, le séminaire d'Althusser, la thèse sur la nuit des prolétaires, Foucault, le cinéma, mais aussi des moments et des questions de notre histoire commune comme la guerre d'Algérie, le Parti communiste, 68, ou encore les révoltes arabes, l'écologie politique, le vote des étrangers...
    Une vie qui se veut tout sauf exemplaire, dédiée à l'exercice de la philosophie c'està- dire à l'émergence de nouveaux mondes possibles.

  • La science, on la connaît surtout à travers des applications techniques de plus en plus présentes dans notre vie quotidienne.
    Mais elle est aussi le fruit d'une volonté de savoir, d'un désir de connaissance et de reconnaissance du monde. entre ces deux faces - celle de l'utilité pratique et celle de la curiosité et de l'éveil - y a-t-il complémentarité ou conflit ? est-ce que les logiques de rendement et d'efficacité ne vont pas à l'encontre d'un destin plus fondamental ou plus rêveur ? a quoi sert la science ? et qui sert-elle vraiment ? ce ne sont pas là des questions abstraites mais des questions qui orientent notre avenir

  • Je t'aime, nous nous aimons, je ne t'aime plus, aimons-nous les uns les autres... La conjugaison infinie du verbe aimer, ce sont toutes les histoires des hommes, mais qu'est-ce que ça veut vraiment dire, aimer ? Et qu'est-ce que la philosophie, elle-même " amour de la sagesse ", peut nous en dire ?

  • Chacun naît dans la ou dans les langue(s) qu'on parle autour de lui. Mais qu'estce qu'une langue « maternelle » ? Et qu'arrive-t-il quand on en apprend une autre ? Et pourquoi l'apprend-on ? Si chaque langue dessine un monde, qu'estce qui se dessine quand on en parle plusieurs ? Que se passe-t-il d'une langue à une autre ? Et pourquoi comprend-on mieux ce que l'on dit quand on sait que ça se dit autrement, ailleurs ?

  • Images (à suivre)

    Marie-José Mondzain

    • Bayard
    • 13 October 2011

    "N'importe quelle vie est d'une certaine façon un film, à la fois déroulement ininterrompu qui va de naissance à trépas, mais aussi réseau fragmenté de trajets aléatoires".
    Ce livre est consacré à la poursuite, voire à la persécution, aussi bien dans les obstinations de la pensée, que dans les courses et dans les chasses racontées ou filmées ; il interroge donc aussi l'économie du suspense et des arrêts. La biographie croise ici l'expérience du spectateur de cinéma, l'une et l'autre ouvrant à leur tour la question du peuple. La question philosophique et politique des images est une poursuite ininterrompue du suspens contre toute tyrannie du continu.

  • Sois mon corps

    • Bayard
    • 21 January 2010

    Qui n'a jamais rêvé ou craint, désiré ou redouté de déléguer son corps? De demander ou d'ordonner à quelqu'un d'autre : sois mon corps, porte-le à ma place, nourris-le, cultive-le, forme-le? Selon Judith Butler et Catherine Malabou, cette demande et cet ordre sont ceux que le maître donne à l'esclave dans la Phénoménologie de l'esprit de Hegel.
    La dialectique de la domination et de la servitude doit être comprise comme une scène de délégation et de dénégation des corps. Mais se détache-t-on jamais complètement de son corps? Y est-on à l'inverse jamais absolument attaché? De Hegel à Foucault, en passant par Derrida et Kojève, ces questions sont ici examinées selon toutes leurs modalités.

  • La ciné-philosophie est à la mode, même si on y cherche trop souvent la simple illustration de pensées déjà faites.
    Si la rencontre de Michel Foucault avec le cinéma est méconnue, c'est peut-être parce qu'elle n'autorise pas une telle attitude. Foucault n'a jamais écrit de livre sur le cinéma. Mais il a laissé une dizaine de textes et d'entretiens disséminés dans les Dits et Ecrits. De larges extraits en sont rassemblés ici et permettent de se faire une meilleure idée de la rencontre du philosophe avec le septième art.
    Le philosophe n'y apparaît pas comme détenteur d'une vérité en surplomb ; mais il trouve, dans certains films, une manière d'aborder des problèmes qu'il travaille par ailleurs en philosophe et en historien. Ce livre est la première tentative pour faire le point sur cette rencontre peu connue. On y voit que Le cinéma permet d'élaborer un nouveau concept d'événement ; d'explorer un corps délesté de son organicité ; de saisir une histoire sans victime ni héros, à partir de micro-procédures dont nous ne sommes pas nécessairement conscients et qui décident pourtant de changements profonds dans la compréhension que nous pouvons avoir de nous-mêmes.
    Penser autrement pour voir autrement, et voir autrement pour penser autrement.

  • Image peut-elle tuer ?

    • Bayard
    • 6 February 2002

    " il est plus facile d'interdire de voir que de permettre de penser.
    On décide de contrôler l'image pour s'assurer du silence de la pensée et puis, quand la pensée a perdu ses droits, on accuse l'image de tous les maux, sous prétexte qu'elle est incontrôlée. " nos écrans de télévision ne cessent de déverser des images terribles, dont la violence nous paralyse. marie josé mondzain nous invite ici à sortir de cette passivité. avant de dénoncer le pouvoir de l'image et de chercher à protéger nos enfants, regardons un peu l'histoire et demandons-nous si l'image est bien responsable de la violence qu'on lui prête.

  • Jean-Christophe Bailly revient sur un thème qui parcourt son oeuvre. Il a collaboré à L'encyclopédie de tous les animaux (Bordas). Dans cet essai il pose la question : comment l'homme côtoie l'animal ? Il explore la frontière de plus en plus incertaine entre hommes et animaux. L'animal se manifeste mais se cache, se retire. Son regard se pose parfois sur nous et une force inconnue nous trouble.

  • On se souvient de Jean-Luc Nancy parlant de Dieu, et de la transcendance à des enfants, de façon remarquablement accessible. Il s'attaque ici à un autre sujet difficile, et toujours devant ce jeune public, exigeant et inflexible : la justice.
    Comme la première fois, il part du sens des mots, des deux sens distincts de " juste ", de la différence entre la loi et l'idée de justice, de la définition d'un " homme juste ". Il part de cette expérience, commune à tous : l'injustice. S'il est ardu en effet d'expliquer la justice, nous connaissons tous précisément le moment où nous avons ressenti une injustice, comme nous savons distinguer ce qui est juste et ce qui ne l'est pas.
    Et c'est bien cela que nous apprend en dernier ressort Jean-Luc Nancy, à interroger cette intuition, à déplier ces premières idées pour les clarifier, bref à philosopher, pour en dernière analyse se demander " comment être juste avec les autres oe"
    Dans une société où l'institution de la justice connaît une crise sans précédent et où l'on s'interroge sur la répression des mineurs, cette leçon est loin d'être un exercice abstrait.

  • Homo spectator

    Mondzain Mj

    De la guerre de 1914 à aujourd'hui, Marie-José Mondzain nous montre comment s'est construit un usage politique des images qui est loin d'être anodin. Par la peur qu'elles peuvent susciter, les images ont le pouvoir de nier la liberté du spectateur, de le maintenir dans un état de fusion qui empêche toute critique. Des premières images de la Grande Guerre à celle des tours du 11 septembre, il existe une manipulation des émotions qui limite l'esprit critique et laisse le sujet dans un état de paralysie.
    Mais depuis les cavernes préhistoriques également, elle nous révèle qu'avec la même force, les images ont un pouvoir humanisant. Et c'est au contraire par la distance qu'elle permet de créer entre l'homme et ses émotions, entre le réel et son image qu'elle offre à l'homme les conditions de sa liberté.
    Aux citoyens aujourd'hui de ne pas subir les images mais de les créer, d'en faire l'instrument de la démocratie et non d'une quelconque dictature. A eux de refuser l'usage abrutissant et de faire des images une occasion sans cesse renouvelée d'échange et de réflexion.

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