Editions B42

  • S'appuyant sur le postulat de Jürgen Habermas selon lequel la modernité est un « projet inachevé », Robin Kinross situe les débuts d'une véritable pratique moderne de la typographie aux alentours de 1700, avec la publication, en Angleterre, du premier traité de typographie, les Mechanick exercises (1683-1684) de Joseph Moxon, et la création du romain du roi en France. Il livre ici une histoire de la typographie moderne envisagée dans un sens large, bien au-delà du modernisme formel, en privilégiant les démarches et les praticiens qui, en Europe ou aux États-Unis, ont su articuler savoir et pratique - à l'instar des réformateurs anglais ou des membres de la nouvelle typographie.
    En prenant en compte les avancées techniques et le contexte dans lequel les typographes opèrent, Robin Kinross met ainsi l'accent sur les aspects sociaux, politiques, techniques et matériels qui informent leur pratique. L'originalité de cet essai se situe à plusieurs niveaux : récit vivant et critique des développements de la typographie au cours des siècles, il est enrichi par des exemples représentatifs, rarement montrés auparavant, et propose une ouverture pour d'autres investigations.
    Épuisé depuis plus d'un an, cet ouvrage est une proposition extrêmement bien documentée sur l'histoire de la typographie depuis le XVIIIe siècle. Lors de sa première publication en français en 2012, il venait combler un manque dans la théorie et l'histoire de la typographie par l'ouverture et la précision du point de vue critique de l'auteur. Riche d'une quarantaine d'illustrations (couleurs et noir et blanc), cet essai contient de nombreux documents historiques de référence (notamment français).

  • Alors que Des écritures hiéroglyphiques à l'Isotype a été écrit entre 1943 et 1945, cette édition présente la toute première publication du texte dans sa version complète et a parue chez Hyphen Press en 2010. Le manuscrit original a été soigneusement révisé, sur la base des dix-sept dossiers d'ébauches manuscrites et dactylographiées laissés par l'auteur, par Matthew Eve et Christopher Burke, tout deux associés au projet de recherche « Isotype revisited » du département de typographie et communication graphique de l'université de Reading.
    Le transformateur, publié en 2013 par B42 , abordait le travail d'Otto Neurath à travers un texte de sa collaboratrice Marie Neurath, et une éclairante analyse de Robin Kinross. Des écritures hiéroglyphiques à l'Isotype en représente le prolongement.

  • En croisant l'approche biographique et la forme de l'essai, ce livre donne une vision à la fois technique et accessible de l'histoire du design, à travers les yeux de l'un de ses plus grands critiques, Deyan Sudjic, directeur du Design Museum de Londres. Sans être un dictionnaire, B comme Bauhaus donne une définition érudite, bien que décalée, de notions allant d'Authenticité à Zip. Ce livre n'est pas non plus une autobiographie, même s'il offre une vision de l'intérieur, révélatrice et très personnelle de l'histoire contemporaine du design et de l'architecture.
    B comme Bauhaus est un guide essentiel pour comprendre le monde qui nous entoure. Les objets abordés par cet ouvrage condensent nombre de problématiques qui ont rythmé l'histoire du design.
    /> L'auteur en donne les clefs de compréhension de façon à la fois technique et critique, au travers de ces objets qui font aujourd'hui partie de l'imaginaire commun, comme le fauteuil Lounge des Eames ou l'Unité d'Habitation de Le Corbusier. Collecter, inventorier, classer, ces gestes humains sont ici détournés par le prisme de l'expérience personnelle.
    Deyan Sudjic nous parle de ce qui fait d'un Warhol une authentique copie, de la création des identités nationales, de l'obsession de la collection. Il parle aussi de la vision de la ville depuis le rétroviseur de Grand Theft Auto V, des ornementations numériques et des raisons pour lesquelles nous accordons de la valeur à l'imperfection.
    Ce livre parle des décors des films de Hitchcock et de la création des logotypes de Levis et de Coca-Coca, bref, de ce qui a créé l'univers de la mode, de la technologie, du design et du design graphique au XXIe siècle.

  • Pour sa contribution, intitulée Sector IX B Prophylaxis of Sleeping Sickness, à la 8e Biennalde de Berlin pour l'art contemporain (2014), Mathieu Kleyebe Abonnenc a pris comme point de départ les collections ethnographiques et entomologiques que son grand-père, Émile Abonnenc, a réunies au Gabon et en Guyane Française en 1931, alors qu'il travaillait comme officier de santé. Les administrations des pouvoirs coloniaux encourageaient leurs citoyens vivant et travaillant dans les territoires d'Outre-Mer à rassembler des objets, pour enrichir les collections ethnographiques de la métropole.
    Ces récoltes se trouvent désormais dans de nombreux musées européens et soulèvent inévitablement des questions sur la manière dont le savoir scientifique moderne a facilité et a été étroitement lié à la domination coloniale.
    Afin de libérer de leur silence les objets disparus collectés par l'Officier Abonnenc, et d'en faire des témoins des liens historiques dans lesquels ils sont pris, l'artiste doit en venir à déformer les narrations, à halluciner l'histoire pour identifier et rendre visibles les chaînes historiques d'appropriation et d'expropriation dans les relations hybrides et inextricables entre objets et spectateurs.
    Mathieu Kleyebe Abonnenc a ainsi organisé Crawling Doubles. Colonial Collecting and Affects, une série de discussions produites dans le cadre du projet. Le champ hautement contesté des collections coloniales requiert un examen continu, au-delà des frontières disciplinaires. Les quatre sessions de discussions réagissaient à une série de questions posées en favorisant les conversations critiques entre artistes, chercheurs, activistes, et théoriciens de la culture.
    Si le livre trouve son origine dans cette série de tables rondes, notre but est ici de prendre de la distance avec ces événements pour poser une nouvelle série de questions sous la forme de 4 chapitres :
    I Entre entomophilie et entomophobie: insectes, abeilles et registres II Un canal à travers les institutions. Ébranler l'héritage colonial des musées et des expositions III Démembrer, déposséder. Objets et objectification.
    IV Plus que de la matière: les restes humains sans repos Cet ouvrage construira une discussion en cours, sans émettre aucune forme de conclusion définitive à propos de sujets d'une telle complexité.

  • Grapus est un collectif de graphistes fondé peu après 1968 par trois jeunes militants communistes, Pierre Bernard, François Miehe et Gérard Paris-Clavel, que rejoignent quelques années plus tard Jean-Paul Bachollet et Alex Jordan. Au fil des deux décennies d'existence du groupe, qui se dissout en 1990, quelque quatre vingt graphistes y ont participé, aux côtés de ses fondateurs. Grapus a toujours défendu le travail collaboratif sous une signature unique, et un engagement fort par la création graphique elle-même, pour des commanditaires dans les domaines politique, syndical, associatif et culturel. Si l'affiche a constitué pour Grapus un support d'expression privilégié, bien d'autres formes ont été investies par le collectif, du magazine aux identités visuelles ou à la scénographie d'exposition.
    Le livre, avec une iconographie largement inédite et l'étude d'aspects peu connus de Grapus, apporte un éclairage original s'appuyant à la fois sur les archives du collectif conservées par la Ville d'Aubervilliers et sur des entretiens avec les protagonistes.
    Il réunit des articles rédigés par les participants d'un séminaire de recherche pluridsicipliniare (anthropologie, histoire et histoire de l'art) encadré par Béatrice Fraenkel pour l'EHESS et Catherine de Smet pour l'niversité Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, séminaire mené en relation étroite avec un atelier de recherche et création encadré par Isabelle Jégo et Kevin Donnot à l'EESAB de Rennes, impliquant des étudiants en design graphique dans la mise en page du livre.
    L'ouvrage est le fruit d'une étroite collaboration entre ces trois institutions à l'occasion d'un programme de recherche pluridisciplinaire de deux années, « Engagement politique et création graphique dans les années 1970-1980 », dans lequel est également engagée la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine, dont l'exposition sur ce thème se tiendra aux Invalides

  • « Typologie » est une collection consacrée aux objets ordinaires, à ces objets de consommation courante qui détiennent une forme d'intelligence, de technicité et de poésie, que leur évidence dissimule. Pensée par des créateurs industriels, la collection tire parti de leur sensibilité aux formes pour donner une vision différente et approfondie des objets usuels qui nous entourent, à contre-courant de la presse spécialisée contemporaine.
    Chaque ouvrage s'intéresse à un objet. Celui-ci est choisi en fonction de sa qualité, de la pertinence de sa forme par rapport à sa fonction, de l'intérêt du savoir-faire qu'il implique et de l'exigence de ses fabricants. Ce choix dépend aussi du niveau de banalité de l'objet, de la richesse de son histoire et de sa capacité à exprimer toutes ces dimensions en images. En effet, « Typologie » accorde une place importante à l'iconographie :
    Reproduction d'objets, photographies de processus de fabrication, de contextes d'usages, intégration de documents d'archives. Ces visuels sont accompagnés de textes donnant la parole à des professionnels du domaine ou à des personnalités invitées.
    Le premier né de cette collection, La Boule de pétanque, est consacré à cet objet parfaitement banal en apparence.
    Son étude révèle pourtant un contenu insoupçonné : sa filiation avec la tradition universelle des jeux de boules, une histoire moderne et populaire, une fabrication industrielle sophistiquée, une succession de différents procédés que la constante de sa forme permet de mettre en évidence. Mais aussi un contenu sociologique, des règles, un cadre, un glossaire, une gestuelle, et même une philosophie de vie...
    Ces thèmes sont introduits par un texte Philippe Louguet, architecte urbaniste, théoricien du design et peintre qui qui souligne plus précisément le lien entre la simplicité des terrains de pétanque et sa démocratisation.
    Une interview croisée réunit par ailleurs Bruno Tainturier, designer industriel co-fondateur de l'agence de design Gulliver, Romain Souvignet, directeur général et président de l'entreprise Obut fabriquant de boules de pétanque depuis trois générations et Philippe Quintais, joueur professionnel de pétanque, douze fois champion du monde dans différentes catégories. Ces textes sont illustrés par un reportage photographiques réalisé au sein de l'usine Obut, des images tirées de leurs archives et des reproductions des objets de leur musée.

empty