Ecoles / Courants / Thèmes

  • À travers la relation minutieuse de la répression par Richelieu de la révolte des Nu-pieds (1639-1640), Foucault montre comment le dispositif de pouvoir élaboré à cette occasion par la monarchie rompt avec l'économie des institutions juridiques et judiciaires du Moyen Âge et ouvre sur un « appareil judiciaire d'État », un « système répressif » dont la fonction va se centrer sur l'enfermement de ceux qui défient son ordre.

    Foucault étend ensuite son analyse à l'économie des institutions juridiques et judiciaires depuis le droit germanique jusqu'au seuil de la modernité. Ce cours développe sa théorie de la justice et du droit pénal.

    Édition établie sous la direction de François Ewald et Alessandro Fontana, par Bernard E. Harcourt, Elisabetta Basso et Claude-Olivier Doron, et revue par Elisabetta Basso pour la présente édition.

  • «Le sacré et le profane constituent deux modalités d'être dans le monde, deux situations existentielles assumées par l'homme au long de son histoire. Ces modes d'être dans le Monde n'intéressent pas uniquement l'histoire des religions ou la sociologie, ils ne constituent pas uniquement l'objet d'études historiques, sociologiques, ethnologiques. En dernière instance, les modes d'être sacré et profane dépendent des différentes positions que l'homme a conquises dans le Cosmos ; ils intéressent aussi bien le philosophe que tout chercheur désireux de connaître les dimensions possibles de l'existence humaine.»

  • Dans ce deuxième volume, Foucault poursuit son enquête historique sur les sources de notre sexualité occidentale. Il a dû infléchir son projet initial pour s'intéresser aux sources antiques, grecques et surtout romaines.
    La recherche se développe selon tous les aspects concernés par la sexualité et prend ainsi les dimensions d'une anthropologie générale du plaisir. Foucault ne néglige pas non plus l'économie de la sexualité et son inscription dans un cadre social et juridique, et il étudie le statut du mariage, ainsi que l'organisation des foyers. Enfin, l'ouvrage se conclut sur un traité d'érotique et une réflexion sur ce que serait l'amour véritable.

  • Elles sont parmi les habitants les plus nombreux de notre planète et pourtant la philosophie les a négligées, voire haïes : les plantes ont depuis toujours été la cible d'un snobisme métaphysique. Malgré le développement de l'écologie, la démultiplication des débats sur la nature ou sur les questions animales, les plantes - leur forme de vie, leur nature - restent une énigme pour la philosophie. En mêlant exemples tirés de la philosophie, des sciences naturelles et de l'art, ce livre s'efforce de pénétrer le mystère de ces êtres singuliers.

  • Archéologie : mot dangereux puisqu'il semble évoquer des traces tombées hors du temps et figées maintenant dans leur mutisme. En fait, il s'agit pour Michel Foucault de décrire des discours. Non point des livres (dans leur rapport à leur auteur), non point des théories (avec leurs structures et leur cohérence), mais ces ensembles à la fois familiers et énigmatiques qui, à travers le temps, se donnent comme la médecine, ou l'économie politique, ou la biologie. Ces unités forment autant de domaines autonomes, bien qu'ils ne soient pas indépendants, réglés, bien qu'ils soient en perpétuelle transformation, anonymes et sans sujet, bien qu'ils traversent tant d'oeuvres individuelles.
    Et là où l'histoire des idées cherchait à déceler, en déchiffrant les textes, les mouvements secrets de la pensée, apparaît alors, dans sa spécificité, le niveau des «choses dites» : leur condition d'apparition, les formes de leur cumul et de leur enchaînement, les règles de leur transformation, les discontinuités qui les scandent. Le domaine des choses dites, c'est ce qu'on appelle l'archive ; l'archéologie est destinée à en faire l'analyse.

  • Honni par une droite réactionnaire qui se cherche une identité, célébré par une gauche intellectuelle qui a pourtant tardé à en entreprendre l'étude, le genre fait toujours polémique. En désaccord avec les uns et les autres, Geneviève Fraisse s'emploie à explorer cette promesse conceptuelle soucieuse d'un nouvel objet philosophique en construction, dans la droite ligne de ses travaux sur l'émancipation des femmes et l'égalité des sexes.

    Il sera question de vérité, où l'Un, le Deux et le Multiple font face à l'exigence « queer » qui cherche à se définir. « Genre » est un mot en excès, car la question qu'il traite - l'égalité des sexes et la sexualité humaine - déborde toujours l'ordre établi.

  • Il y a longtemps déjà que les philosophes ont été frappés par l'interdépendance des jeux et de la culture. Roger Caillois fait, pour la première fois, un recensement des sortes de jeux auxquels s'adonnent les hommes. À partir de ce recensement, il élabore une théorie de la civilisation et propose une nouvelle interprétation des différentes cultures, des sociétés primitives aux sociétés contemporaines.

  • Signes

    Maurice Merleau-Ponty

    Signes, pour Maurice Merleau-Ponty, n'était pas un alphabet complet, mais plutôt ces signaux soudains comme un regard que nous recevons des événements, des livres et des choses.
    Ou qu'il nous semble recevoir d'eux : il faut croire que nous y mettons du nôtre, puisqu'il y a des constantes dans ces messages. En philosophie, l'idée d'une vision, d'une parole opérante, d'une opération métaphysique de la chair, d'un échange où le visible et l'invisible sont rigoureusement simultanés. En politique, le sentiment que les mécanismes d'étouffement, de paralysie ou de terreur ne sont pas irréversibles. Si l'auteur a bien lu, ces signes, donc, ne seraient pas de si mauvais augure.
    En sorte que Signes, loin d'être une traversée des apparences, devient pour le lecteur d'aujourd'hui une traversée de l'oeuvre même, dans ses grandes interrogations, de Merleau-Ponty.

  • « Passion mêlée de terreur », le sublime traverse le négatif, il est iconoclaste, et il touche au dénouement de l'esprit - voilà des traits qui doivent éveiller autant que déconcerter la pensée sur l'art moderne, sinon la pensée tout court. Par où qu'on l'approche - à travers ses moments fondateurs chez Longin, Burke et Kant, ou par les Lumières dans un XVIIIe siècle qui le discutait vivement, ou bien encore plus proche de nous dans un contexte «¬postmoderne¬» - le concept du sublime se révèle essentiel et étonnamment moderne. Revisiter le sublime aujourd'hui revient justement à saisir une actualité toujours impeccablement renaissante, et il est passionnant de voir s'élargir et se préciser sa portée au fil des études présentées dans ce volume. Rassemblant une équipe internationale et interdisciplinaire de chercheurs, il sera donc question du sublime dans des domaines des plus divers de la contemporanéité, des arts à l'espace urbain, de l'esthétique au politique. »

  • Y a-t-il des valeurs universelles ? Où situer le commun entre les hommes ? Comment concevoir le dialogue entre les cultures ?

    Pour y répondre, il nous faut suivre l'avènement du politique à partir du commun ; en même temps que remonter dans l'histoire composite de notre notion d'universel : à travers l'invention du concept, la citoyenneté romaine ou la neutralisation de tous les clivages dans le salut chrétien. Mais il conviendra également d'interroger les autres cultures : la quête de l'universel n'est-elle pas la préoccupation singulière de la seule Europe ?

    Il est temps, en effet, de sortir à la fois de l'universalisme facile et du relativisme paresseux : notamment, de requalifier, mais par leur versant négatif, un absolu des droits de l'homme ; de repenser le dia-logue des cultures en termes non d'identité, mais d'écart et de fécondité en même temps que sur le plan commun de l' intelligible ; d'envisager ainsi ces cultures comme autant de ressources à explorer, mais que l'uniformisation du monde aujourd'hui menace.

    Car seul ce pluriel des cultures permettra de substituer au mythe arrêté de l'Homme le déploiement infini de l' humain, tel qu'il se promeut et se réfléchit en elles.

  • D'une manière encore plus manifeste et controversée suite à la pandémie de Covid-19, les écrans sont des protagonistes indiscutables de notre époque. Ce volume s'interroge sur leur avenir à travers une exploration collective et transdisciplinaire qui réunit les contributions de spécialistes internationaux en esthétique, philosophie de la technologie, philosophie de la politique, études des médias, culture visuelle, sciences cognitives et théologie. Leur réflexion se développe autour de trois problématiques principales : le prolongement réciproque du corps dans les écrans et des écrans dans le corps ; les transformations perceptives et affectives produites par leur présence croissante, ainsi que leurs conséquences sur nos comportements, nos imaginaires symboliques et nos croyances collectives ; l'idéologie soutenant le désir d'immédiateté et de désintermédiation qui s'exprime aussi bien au niveau social que politique.

  • Ce livre présente les films de Lynch en montrant que ce qui déjà apparaît dans Eraserhead trouve son prolongement et sa clé dans Inland Empire (en passant bien sûr par les autres oeuvres et tout particulièrement Lost Highway et Mulholland Drive). A savoir que, comme dans le premier chapitre de Matière et mémoire de Bergson, le monde est image, de sorte que la matière se résout dans son image et que ce sont les images qui, par leur agencement, créent le monde dans sa solidité et sa fixité. Avec cette différence toutefois : les films de Lynch fonctionnent sur un désenchaînement des images qui, d'abord, donne une matière à l'image, et, ensuite, a pour conséquence que ces images entrent sans cesse dans de nouvelles séries. Ces séries produisent non seulement des mondes possibles qui annulent le privilège d'un monde réel (parce que celui-ci devient un monde possible au même titre que les autres), mais elles entremêlent aussi différentes temporalités où la linéarité passé-présent-futur disparaît.

  • Qu'y-a-t-il de commun entre un masque du Bénin et un quatuor de Schubert ? Entre la Pietà d'Avignon et un ready made de Marcel Duchamp ? Qu'est-ce qui constitue la dignité esthétique d'un objet ? Si ce n'est une propriété intrinsèque de l'objet, par quelle visée originaire la conscience se dispose-t-elle à la constituer en objet d'art ?
    Analysant les doctrines et les oeuvres, c'est à ces questions que tente de répondre cet essai. Prenant appui sur les témoignages de romanciers, de philosophes et de peintres, Nicolas Grimaldi montre que l'art n'a jamais rien figuré de naturel, et qu'à l'inverse de la vie, le propre de l'art est de nous faire percevoir, en ses objets, de tout autres mondes. C'est justement parce que cette représentation est un jeu que l'expérience de l'art est celle d'une re-naissance.

    INÉDIT.
    @ Disponible chez 12-21.
    L'ÉDITEUR NUMÉRIQUE.

  • Déculpabilisation du plaisir, défense comme « naturelles » de conduites sexuelles condamnées par l'Église, affirmation qu'une sexualité libre est compatible avec une vie honnête et la favorise même : ces thèses ont été au coeur d'une nouvelle morale, promue par les penseurs les plus audacieux des Lumières, fondée sur la raison plutôt que sur la Révélation. Or l'importance des romans libertins et pornographiques dans l'élaboration et la diffusion de ces idées a été méconnue. Dom Bougre, Thérèse philosophe, Les Bijoux indiscrets, Juliette ou Le Rideau levé... ces textes, massivement distribués sous le manteau, mettent en oeuvre une philosophie narrative où se mêlent la lasciveté des scènes et l'énergie des raisonnements métaphysiques. Entre deux ébats, on disserte sur les dangers de l'intolérance religieuse, on montre les conséquences libératrices du matérialisme ou de l'athéisme, et les vertus du « spinozisme ». Et, bien souvent, on entend ici, pour la première fois, la voix des femmes.

    Colas Duflo montre comment cette littérature clandestine, aussi scandaleuse par les scènes qu'elle décrit que par les questions philosophiques qu'elle pose, a frayé la voie à des valeurs qui sous-tendent nos sociétés modernes : des libertés et une tolérance dont on aurait tort de croire qu'elles vont de soi, tant elles font régulièrement face à des vagues régressives et répressives.

  • Georg Simmel observait que la ville est un lieu de croisements, de combats et de conflits, à partir desquels l´habitant affirme sa différence. Cet ouvrage va explorer l´importance de son oeuvre en croisant différentes disciplines (philosophie, sociologie, anthropologie, théorie de l´architecture). Une lecture singulière de l´espace urbain, axée autour de concepts-clés : modernité, espace, grande ville, sociabilité urbaine. Il s´agit d´interroger la question du paysage, celle de la culture urbaine, de l´organisation spatiale, ou encore les questions de la frontière, de la limite, de l´argent, des réseaux, jusqu´à la problématique très actuelle de la place de « l´étranger dans la ville ».

  • Georges Canguilhem affirmait que la notion de milieu s'était constituée «- comme catégorie de la pensée contemporaine-». En effet, depuis que la biologie de Lamarck a établi le postulat de l'influence des milieux de vie dans l'évolution des espèces zoologiques et que le positivisme a repris à son compte cette notion en guise de charnière entre le biologique et le social, elle a trouvé nombre d'applications dans les domaines les plus disparates, de la technologie à la biologie, de l'ethnologie aux sciences politiques, jusqu'à l'esthétique et au droit. Cet ouvrage se propose de faire du milieu l'enjeu d'une ethnographie des médiations. Il s'agit de penser l'espace de l'action comme un espace toujours relationnel, et l'action comme étant toujours une interaction. Ainsi le milieu apparaît-il à la fois comme le lieu de toute relation à autrui (lieu interstitiel-: mi-lieu) et un espace doté de ses normativités propres, par principe multiples-: les milieux.

  • Alors, Amour, qu'est-ce que tu deviens ? Où étais-tu parti ? Tu te cachais dans un puits, comme la raison dans le conte de Voltaire ? Ne te voyant plus, absorbé comme tu l'es aujourd'hui, dans la société du spectacle, dilué dans la marchandisation, et dissous dans l'acide corrupteur de la société de consommation, je t'ai cherché dans les vieux livres et je n'ai pas été déçu..C'est là que je t'ai retrouvé.
    Au fond de la bibliothèque des temps, eu milieu des oeuvres des plus grands philosophes et des meilleurs poètes, à l'abri des volumes énormes reliés plein cuir. Tu te cachais là où on t'avait oublié, j'ai voulu t'en faire sortir. Aimable lecteur, je te souhaite de trouver le même plaisir à lire ces citations que j'ai eu à les chercher.

  • L´image n´est jamais neutre, qu´elle soit produite par l´imagination ou qu´elle s´origine dans le monde lui même : loin de seulement l´illustrer ou le refléter, elle ne cesse de former, déformer et transformer le réel. Les contributions de ce volume portent sur les différentes modalités de ces transformations de l´ethos et de l´humanité même de l´homme qu´engendrent les images en perturbant, interrompant, déplaçant et ébranlant notre rapport au monde. À partir d´auteurs aussi variés que Spinoza, Nietzsche et Merleau-Ponty, elles montrent comment les multiples types d´images viennent moduler et bouleverser notre façon spécifiquement humaine d´habiter le monde.

  • En philosophie, l'impossible a un nom : c'est, depuis Kant, la « chose en soi ». La notion n'a pas bonne presse. À peine introduite, elle a connu un discrédit durable. Curieuse idée en effet que celle d'une réalité reconnue comme inconnaissable sans être pour cela impensable. Et pourtant, la chose en soi résiste et ne cesse de revenir sous diverses dénominations : « matière », « facticité », « résistance », « inconstructible », etc.
    Aujourd'hui encore, son idée hante les débats, du côté de la philosophie comme des sciences de la nature ou de l'anthropologie, chez les métaphysiciens comme chez les philosophes les plus réalistes. Il fallait donc la traiter pour de bon : c'est chose faite avec cette compilation, qui regroupe parmi les plus grands noms de la philosophie contemporaine afin de régler cette question qui touche à l'absolu, donc à toute pensée.

  • Zébrage

    Michel Leiris

    «Mus peut-être par l'angoisse inhérente à l'idée de la mort, angoisse qui leur serait propre selon l'opinion commune qui veut que l'espèce humaine soit la seule dont les membres sachent qu'un jour ils ne vivront plus, les gens de toutes races se sont dotés d'institutions et d'usages qui, même si ce n'est pas là le but expressément visé, leur fournissent des moyens de cesser, du moins pour un temps et de manière tout imaginaire, d'être l'homme ou la femme qu'on est dans l'existence quotidienne, pratiques fort diverses qui (sans préjudice de motivations plus directement utilitaires) sont pour l'individu des occasions concrètes d'échapper dans une certaine mesure à sa condition, comme s'il lui fallait d'une façon ou d'une autre effacer des limites qui sont par définition celles d'un être périssable et doué de pouvoirs précaires.»

  • Le premier séminaire d'un cycle de cinq années qui revisite l'histoire de la philosophie, de Parménide à Heidegger. A. Badiou met le concept de l'un au centre de sa réflexion, suivant la thèse selon laquelle le sujet a toujours été l'objet majeur de la philosophie.

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