Dessin

  • Chefs d'oeuvre t.1

    Roland Topor

    On a célébré les différentes facettes de Roland Topor, ses romans et ses nouvelles, ses pièces de théâtre, ses dessins de presse, ses affiches, ses illustrations, sans oublier ses films d'animation. Il est temps de présenter ce qui constitue l'épine dorsale de son oeuvre : ses dessins les plus accomplis, qui sont aussi les plus intemporels.
    Ce premier volume s'attache donc à réunir ses chefs-d'oeuvre en noir et blanc, où l'on retrouve ses thèmes de prédilection - le corps malmené, les tourments de l'éros, l'exploration graphique et fantasmatique des méandres de l'inconscient -, ainsi que quelques dessins politiques, aussi pénétrants qu'irrévérencieux.
    Une plongée vertigineuse dans l'imaginaire délié et foisonnant de l'un des plus grands dessinateurs du XXe siècle.

  • The party

    Tomi Ungerer

    Dans The Party, publié pour la première fois à New York en 1966, Tomi Ungerer règle ses comptes avec les milieux américains de l'édition, de la presse et de la publicité.   Mais par-delà sa dimension personnelle, l'album est une critique acerbe de la mondanité occidentale, de sa vacuité insondable et de sa - proprement - monstrueuse prétention.   Un chef d'oeuvre du dessin satirique.

  • En sortant d'un café, Giacometti s'exclama : « Ah !
    Paris... Paris sans fin ! » Ainsi fut trouvé le titre de ce livre mythique publié en 1969 en lithographie à deux cents exemplaires par Tériade. Cent-cinquante dessins, accompagnés d'un texte de l'artiste resté ina- chevé, emmènent le lecteur dans un reportage hors norme à travers la capitale des années 1960. De l'ate- lier au café, à pied ou en voiture, sur les boulevards, à la gare de l'Est, au Jardin des Plantes, on découvre des rues, des façades, des bars, des voitures de l'époque, parfois quelques personnages - caïds, prostituées, joueurs à la petite semaine. Souvent considéré comme le testament de Giacometti, Paris sans fin constitue une fabuleuse pérégrination graphique de près de dix ans, où les images livrent un labyrinthe complexe de pistes contradictoires. Les horloges n'indiquent pas l'heure, les espaces se confondent : brisant les règles de la cohérence et de la chronologie, un récit surgit, le récit d'une vie, celle d'un artiste obstiné, absolu- ment sincère et inclassable. Trente dessins inédits complètent la présente édition.

  • L'ange

    Paul Valéry

    Une manière d'ange était assis sur le bord d'une fontaine. Il s'y mirait, et se voyait Homme, et en larmes, et il s'étonnait à l'extrême de s'apparaître dans l'onde nue cette proie d'une tristesse infinie. (Ou si l'on veut, il y avait une Tristesse en forme d'Homme qui ne se trouvait pas sa cause dans le ciel clair.).
    Dans un poème de jeunesse, Klee avait écrit : «Un jour je reposerai nulle part, auprès d'un ange quelconque». En regard du texte méconnu de Paul Valéry - un de ses derniers écrit en 1944, les anges dessinés entre 1939 et 1940 sont-ils seulement de petits espiègles, ou s'agit-il d'une série d'autoportraits tantôt près des morts et tantôt près de ceux qui ne sont pas encore nés ? Par leurs yeux ronds, est-ce le regard du peintre que nous pouvons deviner, ce regard depuis l'enfance si profond, si interrogateur, si troublant par sa force, comme si Klee avait le pouvoir, par-delà la mort, de faire lever en nous des questions essentielles ?

  • Giacometti rédigea ces lignes : « Il y a longtemps que je voulais écrire ceci et quelques autres souvenirs de merde et de masturbations, mais cela ne suffit pas pour faire un livre, encore moins un livre d'art et puis toutes mes promenades la nuit à travers Paris en 1923-1924 à la recherche d'une prostituée, obsédé par les prostituées, les autres femmes n'existaient pas pour moi, seules les prostituées m'attiraient et m'émerveillaient, je voulais toutes les voir, toutes les connaître, et toutes les nuits je recommençais mes longues promenades solitaires. Il se passe quelque chose de nouveau pour moi dans la vue des choses depuis quelques jours, je vois différemment, dans la même ligne que depuis 1945 quand pour la première fois il me semble j'ai un peu vu ce qui m'entoure mais je ne voyais pas encore comme depuis quelques jours mais comment arriver à peindre cela ? » Depuis, Giacometti a su voir et s'emparer de ce qui l'entoure, voir Paris, le disséquer, d'une part en acceptant de réaliser Paris sans fin pour l'éditeur Tériade, et d'autre part en se laissant aller à son ins- piration, multipliant les outils : crayon, plume, sty- lo-bille. Voici enfin rendue publique une sélection de dessins « parisiens » pour la plupart inédits.

  • Le Bestiaire de Bestioles est un carnet d'insectes à colorier - ou pas. Une sorte de cabinet de curiosités entomologiques.
    Un imagier d'espèces menacées, sur lesquelles repose une biodiversité fragile qui tend à disparaitre, une ode à cette faune exceptionnelle qui chaque jour lutte pour survivre.

    Aude Villerouge s'inspire des styles Art Nouveau et Art Déco.
    Grâce à l'utilisation de l'encre de Chine et la technique du "dotwork" qui consiste à créer ombre et lumière en dessinant une multitude de points les uns à côté des autres, ses dessins évoquent également l'esthétique du tatouage.
    Prenant ainsi l'aspect d'un bijou mystique, d'une amulette magique, d'un grigri électronique ou d'un jouet mécanique, chaque insecte forme avec ses congénères une collection rimant avec superstition et invention.

  • Enquêtes au tampon

    Gianpaolo Pagni

    Traces d'objets collectés le 17 mai 2017 dans une des salles de l'académie Charpentier, école d'arts appliqués française privée située à Paris. Durant l'année 1989, l'actrice Charlotte Gainsbourg a fréquenté cette école. Avec rigueur et méthode, à la façon d'un détective ou d'un scientifique, Gianpaolo Pagni enquête sur des personnages connus ou moins connus dont le dénominateur commun est l'intérêt qu'il leur porte.
    Une fois le suspect déterminé, il se rend sur les lieux visités ou habités par l'objet de sa recherche pour y collecter des traces imaginaires de son passage : boutons, tickets, médicaments, coton-tige, vis en acier bichromaté, verre à whisky, cassette vidéo..., la personnalité se révèle alors. Ensuite, notre enquêteur encre, tamponne et répertorie méthodiquement le fruit de ses découvertes pour en dresser un inventaire étonnant, saugrenu ou touchant... selon le personnage évoqué. Ce jeu de collecte devient alors détournement des objets du quotidien pour transformer le banal en exceptionnel. De Marcel Duchamp à Carla Bruni, de John Wayne à Rabelais, de Lionel Messi à L'Homme invisible... une trentaine de personnalités de tous horizons sont passées à la loupe. Jeu de l'insignifiance face à la renommée. Jeu entre le futile de l'objet et la précision quasi scientifique de l'enquête. Jeu de l'anodin devenu extraordinaire par sa localisation. Le propos de Gianpaolo Pagni donne l'illusion de la simplicité et nous entraîne en fait bien plus loin que nous ne l'imaginons.

  • Monographie parcourant quarante ans de dessins et d'oeuvres sur papier tirés des carnets et feuillets de l'artiste, formant une documentation jubilatoire aux accents autobiographiques qui nous mène dans les coulisses d'une pratique féconde.

    « L'artiste, et pas seulement celui qui nous occupe ici, n'est jamais à l'abri d'une idée, d'un moment d'inspiration qui peut le saisir n'importe où et n'importe quand et le laboratoire ambulant que forment carnets, crayons et autres aquarelles, attirail au demeurant peu encombrant, lui permet d'alpaguer la muse quand celleci pointe son nez. Et puis si d'aventure les outils viennent à manquer, toute feuille saisie à la volée fait l'affaire quand ce n'est la page d'un magazine que Moulène noircit, griffonne ou macule. » Michel Blancsubé.

    Publié suite à l'exposition de l'artiste à la galerie Pietro Spartà, Chagny, France, du 7 mai au 30 septembre 2016.

  • Drawings

    Lou Doillon

    60 dessins originaux de Lou Doillon dans un luxueux carnet.

    Le dessin d'observation est un art complexe, qui demande une grande maîtrise du geste et des techniques de dessin. Les progrès techniques incessants et le foisonnement des moyens de reproduction du réel - de la photographie à l'impression 3D - ont quelque peu éclipsé cette forme d'art.
    Ivan Pericoli et Benoît Astier de Villatte, les fondateurs de la maison Astier de Villatte, ont découvert les dessins de Lou Doillon sur Instagram. Ils lui ont immédiatement proposé de dessiner sur des carnets grand format pour donner naissance à ce livre. L'artiste a saisi l'opportunité de montrer une autre facette d'elle-même, à l'image d'une génération qui refuse de se limiter à une seule voie artistique. Le texte introductif de Benoît Astier de Villatte nous nous éclaire sur cette rencontre et sur le personnage de Lou Doillon.
    Le livre, qui reprend les codes des anciens carnets de croquis (sous une couverture habillée de faux cuivre avec dos rond toilé et or à chaud), nous fait découvrir la modernité et la puissance évocatrice du trait de l'artiste. Lou Doillon dessine son temps, son quotidien, et chacun se retrouvera dans ses views from above, ses vues du dessus. Ce faisant, Lou Doillon inscrit ses dessins comme témoins de notre quotidien, de ces petits moments de grâce que nous cherchons tous à cultiver. Le dessin d'observation, ainsi réinterprété, prend un nouveau sens, empreint d'émotion et de modernité.

  • Tout va bien

    Stephan Landry

    Catalogue dédié au dessinateur Stéphan Landry, acteur majeur de la scène artistique suisse des années 1990.
    Slogans publicitaires, emballages alimentaires, couvertures de livres ou logos dénichés dans les journaux : Stéphan Landry (1960-2009) se plaît à dérober des images de la vie quotidienne pour n'en retenir que l'essentiel dans ses dessins. Il se créé ainsi un véritable alphabet warholien, grâce auquel il parvient à évoquer à la fois l'état du monde et sa propre vie.
    Tout va bien : l'industrie du bonheur des années 1990 a beau proclamer avec véhémence le côté positif de la vie, Landry en expose les mécanismes obscurs grâce à l'ironie et à la diversion, transformant une imagerie pop en portrait intime du quotidien. Les voici échouées sur la page, ces frêles silhouettes - anonymes, isolées du reste du monde - qui forment autant d'autoportraits voilés d'un artiste disparu trop tôt, à l'âge de quarante-neuf ans.
    Publié suite à l'exposition « Tout va bien - M/2 et Stéphan Landry » au Musée Jenisch, Vevey, Suisse, du 31 mars au 11 juin 2017.

    Voir aussi M/2, Vevey - 1987-1991.
    L'univers de l'artiste suisse Stéphan Landry (1960-2009) est quasi exclusivement celui du dessin. Très personnelles, le plus souvent de petit format, les oeuvres trahissent l'acuité du regard d'un artiste à la très grande sensibilité, qui perçoit le monde dans toute sa complexité. C'est dans les carnets réalisés à Rome en 1998 que l'artiste puise la matière de son oeuvre à venir. Ils vont ainsi devenir des répertoires de « mythologies » rattachées à la culture populaire, mais aussi littéraire. Chez l'artiste, le double, le multiple, le complexe apparaissent à chaque instant : ici un dessin sur papier calque, là son double, puis son reflet inversé. Dans ces jeux de mots récurrents et ces constants détournements d'images, subtilité et ambiguïté ne cessent d'affleurer.

  • Du 16 mai au 18 juillet 2008 est organisée dans le cabinet des dessins des Beaux-arts de Paris, l'exposition « Mélo-Méli», consacrée à un ensemble de dessins d'Annette Messager qui sont réunis dans cet ouvrage de la collection Carnets d'études.
    Annette Messager, considérée comme l'une des actrices majeurs de la scène artistique contemporaine et Lauréate du Lion d'Or de la Biennale de Venise en 2005 pour son intervention dans le
    Pavillon français, enseigne aux Beaux-arts de Paris depuis 1992. Très souvent complice d'une pratique du détournement et du « trucage », le dessin d'Annette Messager prend la forme de mots dessinés, de « tatouages » aquarellés sur photographies ou de mises en image de peintures populaires. Préférant les caoutchoucs découpés et les tissus au papier, support classique traditionnel du dessin, elle se joue des catégories esthétiques instituées.Tour à tour conçu comme « délassement » ou « exécutoire », selon les mots de l'artiste, le dessin confie l'intimité des recherches, ses tâtonnements et lève le voile sur la naissance de l'oeuvre. Cet ouvrage présente six ensembles dessinés récents, créés entre 2000 et 2006.

  • Diary of a leap year

    Rabih Mroué

    • Kaph
    • 1 February 2017

    Ce « journal d'une année bissextile » reproduit une série de 366 collages réalisée à partir de journaux politiques publiés au Liban et plus largement dans le monde arabe. Par ce geste, l'artiste libanais manifeste sa protestation à l'égard d'une violence endémique qui touche particulièrement son pays.

    Publié à l'occasion de l'exposition de Rabih Mroué « Between Two Battles », Kunsthalle Mainz, Mayence, du 11 novembre 2016 au 26 février 2017.

  • Longtemps méconnu, le dessin d'enfant bénéficie aujourd'hui du double intérêt manifesté par nos contemporains à l'égard de l'enfance et à l'égard de l'art. Mais cette exploration de l'univers graphique enfantin soulève bien des problèmes: lieu de projection privilégié des phantasmes de l'adulte, le dessin a suscité de nombreuses interprétations (psychologique, sociologique, esthétique). Mais ces études, effectuées souvent sous le couvert d'idéologies esthétiques (et pédagogiques) suspectes et dépassées, ont conduit à masquer les productions enfantines bien plus qu'à les révéler.

    Le présent essai tente un exposé critique des méthodes utilisées dans l'analyse du graphisme. Il s'efforce d'indiquer les perspectives dans lesquelles doivent être restitués les dessins d'enfants, si l'on veut non pas les réduire aux catégories "adultes" mais approcher leur caractère différent et irréductible.

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