• Contrairement à ce que l'on affirme trop souvent, les contes de fées ne traumatisent pas les jeunes lecteurs. Ils répondent de façon précise et irréfutable à leurs angoisses, en les informant des épreuves à venir et des efforts à accomplir.

    Tel est en effet le postulat de ce livre majeur où Bruno Bettelheim nous éclaire sur la fonction thérapeuthique de ces contes pour l'enfant et l'adolescent jusqu'à la puberté.

    Grâce à cet ouvrage, illustré d'exemples tirés d'un patrimoine sans âge, des "Mille et une nuits" aux frères Grimm, de "Cendrillon" à "Blanche-Neige" et à la "Belle au bois dormant", nous n'avons plus, nous parents, le même regard sur ces contes de fées qui offrent à nos enfants une chance de se comprendre mieux au sein du monde complexe qu'ils vont devoir affronter.

  • Alors que, 70 ans après sa mort, les textes de Freud tombent dans le domaine public, les éditions du Seuil ont entrepris de retraduire les plus grands d'entre eux. Sous la direction de Jean-Pierre Lefebvre, ces nouvelles traductions, par leur parti-pris de lisibilité, s'adressent à l'honnête homme et non aux seuls psychanalystes. Livre monument qui n'a d'équivalent dans l'histoire de la pensée occidentale que Le Capital de Marx, L'Origine des espèces de Darwin ou La Phénoménologie de l'esprit de Hegel, L'Interprétation du rêve est LE livre de Freud.
    Il connut huit éditions successives entre 1900 et 1930, chacune enrichie des lectures qu'en firent les interlocuteurs de Freud. Somme théorique, consacré à un phénomène psychique universel, il ouvrit la voie à des pratiques thérapeutiques fondées sur la parole échangée avec les patients. Ainsi naquit la psychanalyse. La présente édition s'imposera à n'en pas douter comme l'édition de référence, tant la traduction française aujourd'hui disponible (aux PUF) est décriée pour son peu de lisibilité.

  • « La question cruciale pour le genre humain me semble être de savoir si et dans quelle mesure l'évolution de sa civilisation parviendra à venir à bout des perturbations de la vie collective par l'agressivité des hommes et leur pulsion d'autodestruction. Sous ce rapport, peut-être que précisément l'époque actuelle mérite un intérêt particulier. Les hommes sont arrivés maintenant à un tel degré de maîtrise des forces de la nature qu'avec l'aide de celles-ci il leur est facile de s'exterminer les uns les autres jusqu'au dernier. Ils le savent, d'où une bonne part de leur inquiétude actuelle, de leur malheur, de leur angoisse. Il faut dès lors espérer que l'autre des deux «puissances célestes», l'éros éternel, fera un effort pour l'emporter dans le combat contre son non moins immortel adversaire. Mais qui peut prédire le succès et l'issue ? » Sigmund Freud

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  • L'hospitalité reçue de l'École normale supérieure, un auditoire très accru indiquaient un changement de front de notre discours.
    Pendant 10 ans, il avait été dosé aux capacités des spécialistes ; sans doute seuls témoins recevables de l'action par excellence que leur propose la psychanalyse, mais, aussi, bien, que les conditions de leur recrutement laissent très fermés à l'ordre dialectique qui gouverne notre action.
    Nous avons mis au point un organon à leur usage, en l'émettant selon une propédeutique qui n'en avançait aucun étage avant qu'ils aient pu mesurer le bien-fondé du précédent.
    C'est la présentation que nous devons renverser, nous parut-il, trouvant dans la crise moins l'occasion d'une synthèse que le devoir d'éclairer l'abrupt du réel que nous restaurions dans le champ légué par Freud à nos soins.

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  • « Il convient que nous nous arrêtions à ce défilé, à ce passage étroit où Freud lui-même s'arrête, et recule avec une horreur motivée. Tu aimeras ton prochain comme toi-même - ce commandement lui paraît inhumain.

    Ne peut-on dire que Sade nous enseigne une tentative de découvrir les lois de l'espace du prochain comme tel ? - ce prochain en tant que le plus proche, que nous avons quelquefois, et ne serait-ce que pour l'acte de l'amour, à prendre dans nos bras. Je ne parle pas ici d'un amour idéal, mais de l'acte de faire l'amour.

    Nous savons très bien combien les images du moi peuvent contrarier notre propulsion dans cet espace.

    De celui qui s'y avance dans un discours plus qu'atroce, n'avons-nous pas quelque chose à apprendre sur les lois de cet espace en tant que nous y leurre la captivation imaginaire par l'image du semblable ? »

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  • Il faut avoir lu ce recueil, et dans son long, pour y sentir que s'y poursuit un seul débat, toujours le même, et qui, dût-il paraître dater, se reconnaît pour être le débat des lumières.
    C'est qu'il est un domaine où l'aurore même tarde : celui qui va d'un préjugé dont ne se débarrasse pas la psychopathologie, à la fausse évidence dont le moi se fait titre à parader de l'existence.
    L'obscur y passe pour objet et fleurit de l'obscurantisme qui y retrouve ses valeurs.
    Nulle surprise donc qu'on résiste là même à la découverte de Freud, terme qui se rallonge ici d'une amphibologie : la découverte de Freud par Jacques Lacan.
    J.L.
    ( Début du prière d'insérer, 1966 ) Pour la première fois en édition de poche, le texte intégral des Écrits.

  • « Au terme de cette enquête [.], je souhaiterais formuler le résultat suivant : dans le complexe d'oedipe se rejoignent les débuts de la religion, de la morale, de la société et de l'art, en totale concordance avec ce constat de la psychanalyse que ce complexe constitue le noyau de toutes les névroses, pour autant que notre intelligence soit parvenue à en forcer l'accès. C'est pour moi une grande surprise que même ces problèmes relatifs à la vie psychique des peuples soient susceptibles d'être résolus à partir d'un unique point concret, comme l'est le rapport au père ».
    Sigmund Freud

  • Avec la sensibilité particulière qu'il avait à l'égard des souffrances de l'enfant, Ferenczi n'a eu de cesse de retrouver, enfoui dans l'adulte, l'enfant blessé, traumatisé qu'il a été. Comment le ramener dans la séance ? Comment l'entendre ? Comment le traiter ? Si Freud a révélé la part de l'infantile toujours active dans la vie psychique de l'adulte, c'est bien Ferenczi qui a développé cette idée jusque dans ses aboutissements les plus ultimes, montrant combien ces parties infantiles ne cessent d'orienter et d'animer l'existence.

  • « La recherche ici entreprise implique donc le projet délibéré d'être à la fois historique et critique, dans la mesure où il s'agit, hors de toute intention prescriptive, de déterminer les conditions de possibilité de l'expérience médicale telle que l'époque moderne l'a connue. Une fois pour toutes, ce livre n'est pas écrit pour une médecine contre une autre, ou contre la médecine pour une absence de médecine. Ici comme ailleurs, il s'agit d'une étude qui essaie de dégager dans l'épaisseur du discours les conditions de son histoire. » (Michel Foucault) Naissance de la clinique constitue aussi, à travers une analyse historique et critique de la constitution du sujet, le malade, tel qu'il peut devenir objet de connaissance, la naissance d'une oeuvre philosophique qui va marquer durablement la pensée contemporaine internationale.

  • En plaçant l'ensemble des essais ici recueillis sous le titre du plus célèbre d'entre eux, nous croyons être fidèles à l'esprit qui les anime comme à l'objet même de la psychanalyse : l'ouverture à l'Unheimliche, à ce qui n'appartient pas à la maison et pourtant y demeure.
    Cette édition reprend dans une traduction nouvelle et annotée, qui devrait être l'occasion d'une lecture neuve, les textes qui figuraient jusqu'alors dans les Essais de psychanalyse appliquée. Ils apparaissent ici, augmentés d'une étude sur l'humour, dans l'ordre chronologique de leur publication.

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  • Gradiva, celle qui avance, tel le dieu Mars allant au combat, mais c'est ici au combat de l'amour. Et Gradiva rediviva, celle qui réapparaît à l'heure chaude de midi et qui va, non sans malice, donner vie, forme, objet au désir d'un archéologue fou.
    En cette jeune fille à la démarche inimitable Freud a-t-il reconnu la jeune psychanalyse comme il a pu trouver dans Pompéi, la cité ensevelie et conservée, une métaphore exemplaire du refoulé et de son troublant retour ?
    On trouvera à la fin du volume une notice sur le bas-relief qui est à l'origine de la nouvelle ainsi que trois savoureuses lettres (inédites) de Jensen en réponse aux questions indiscrètes que lui posait son interprète.

  • Ce texte fondamental de Sandor Ferenczi, l'un de ses plus célèbres, est d'une terrible actualité. Car en décrivant deux processus névrotiques essentiels chez l'enfant - l'identification à l'agresseur, la prématuration psychique face à la folie adulte et au terrorisme de la souffrance -, il signe le retour en force de la théorie de la séduction, une séduction liée aux pratiques violentes et passionnelles des parents face aux besoins de tendresse physique émanant des enfants.

  • À travers trois essais consacrés à Sigmund Freud et la pop, Klaus Theweleit raconte comment le neurologue viennois trouva dans l'inconscient le « Stairway to Heaven » qui révolutionna la pensée au XXe siècle et fit vaciller de son socle de marbre le sujet cartésien. Il s'intéresse à son parcours et ses méthodes cliniques - largement contestées et novatrices (dont l'usage de drogues) - qui marquèrent un vrai tournant dans l'histoire de la pensée en général et plus particulièrement en psychanalyse. En sociologue iconoclaste, Theweleit, qui appelait Freud le « Motherfucker » dans son ouvrage Fantasmâlgories, s'emploie à désacraliser cette statue du Commandeur de la psychanalyse, en reliant haute culture et culture.

  • « Quand la recherche médicale sur l'âme, qui doit généralement se contenter d'un matériau humain plutôt médiocre, aborde une grande figure du genre humain, elle n'obéit pas aux mobiles que lui imputent si fréquemment les profanes. Elle ne cherche pas à «noircir ce qui rayonne et à traîner le sublime dans la boue» ; elle n'éprouve aucune satisfaction à réduire la distance entre cette perfection et l'insuffisance de ses objets ordinaires. Bien au contraire, tout ce qu'il est possible d'observer chez ces grands modèles lui semble mériter d'être un objet d'étude et d'intelligence, et elle pense que personne n'est si grand qu'il puisse être infamant pour lui d'obéir aux lois régissant avec la même rigueur conduite normale et conduite morbide. »

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  • Née de la volonté de proposer pour la première fois en France l'intégralité du texte freudien dans une nouvelle traduction, cohérente d'un volume à l'autre, et totalement fidèle à la langue freudienne, l'édition des Oeuvres complètes de Freud permet désormais de revisiter en profondeur l'Oeuvre de Freud.
    C'est aujourd'hui l'édition de référence en France.

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  • Quand j'ai résolu d'aborder cette année devant vous la question du Witz ou du Wit, j'ai commencé un petite enquête. Il n'y a rien d'étonnant à ce que je l'aie commencée en interrogeant un poète. C'est un poète qui introduit dans sa prose comme aussi bien dans des formes plus poétiques, la dimension d'un esprit spécialement danseur qui habite son oeuvre, et qu'il fait jouer même quand il parle à l'occasion de mathématiques, car il est aussi un mathématicien. J'ai nommé ici Raymond Quencau. Alors que nous échangions là-dessus nos premiers propos, il m'a raconté une histoire. C'est une histoire d'examen, de baccalauréat si vous voulez. Il y a le candidat, il y a l'examinateur.

    - Parlez-moi, dit l'examinateur, de la bataille de Marengo.

    Le candidat s'arrête un instant, l'air rêveur - La bataille de Marengo...?

    Des morts ! C'est affreux... Des blessés ! C'est épouvantable...

    - Mais, dit l'examinateur, ne pourriez-vous me dire sur cette bataille quelque chose de plus particulier ?

    Le candidat réfléchit un instant, puis répond - Un cheval dressé sur ses pattes de derrière, et qui hennissait.

    L'examinateur surpris, veut le sonder un peu plus loin et lui dit - Monsieur dans ces conditions voulez-vous me parler de la bataille de Fontenoy ?

    - La bataille de Fontenoy ?... Des morts ! Partout... Des blessés ! Tant et plus, une horreur...

    L'examinateur intéressé, dit - Mais monsieur, pourriez-vous me dire quelque indication plus particulière sur cette bataille de Fontenoy ?

    - Ouh ! dit le candidat, un cheval dressé sur ses pattes de derrière, et qui hennissait.

    L'examinateur, pour manoeuvrer, demande au candidat de lui parler de la bataille de Trafalgar. Celui-ci répond - Des morts ! Un charnier... Des blessés ! Par centaines...

    - Mais enfin monsieur, vous ne pouvez rien me dire de plus particulier sur cette bataille ?

    - Un cheval...

    - Pardon, monsieur, je dois vous faire observer que la bataille de Trafalgar est une bataille navale.

    - Ouh ! Ouh ! dit le candidat, arrière cocotte !

    La valeur de cette histoire est à mes yeux de permettre de décomposer, je crois, ce dont il s'agit dans le trait d'esprit.

    (Extraits du chapitre VI)

  • L'enseignement de Jacques Lacan a eu lieu en Séminaires de 1951 à 1980. " Je n'aurais manqué un Séminaire pour rien au monde " a déclaré Philippe Sollers. Pour que tous, ceux qui y étaient eux aussi comme ceux qui n'y étaient pas, nous puissions profiter de la parole du grand psychanalyste, Jacques-Alain Miller s'emploie à faire revivre cette voix en détordant et éclairant la phrase de Lacan. Cela devra donner existence à 25 livres dont 15 ont jusqu'ici été publiés aux Éditions du Seuil. Voilà le seizième, le Séminaire 6 qui correspond à l'année 1958-1959 ; " Nous allons parler cette année du désir et de son interprétation " ainsi débute ce livre. Le Séminaire, livre VI est composé de vingt-sept chapitres, eux-mêmes répartis en quatre parties que sont : " Du désir dans le rêve ", " Sur un rêve analysé par Ella Sharpe ", " Sept leçons sur Hamlet " et " La dialectique du désir ".

  • Psychanalyse de l image

    Serge Tisseron

    • Pluriel
    • 10 November 2010

    Serge Tisseron est psychiatre et psychanalyste, directeur de recherches de l'université à Paris Ouest Nanterre. Il a publié de nombreux ouvrages sur les relations que nous entretenons avec les images, notamment Les Bienfaits des images (Odile Jacob, 2003) et, dans la collection « Pluriel », Comment Hitchcock m'a guéri, que cherchons-nous dans les images ? et L'Intimité surexposée.Le pouvoir d'attraction que les images exercent sur notre psychisme interdit qu'on les réduise à leurs contenus et à leurs significations. Elles se proposent comme des mondes en soi où nous sommes invités à entrer et à interagir, en pensée ou en réalité, et elles sont à chaque fois le moteur de transformations psychiques importantes, aussi bien conscientes qu'inconscientes. Serge Tisseron s'appuie ici sur son expérience clinique pour proposer des nouveaux repères à leur compréhension. Il nous propose ainsi le fondement théorique de ses travaux appliqués ultérieurement à la bande dessinée, la télévision et les jeux vidéo. On comprend à le lire la profondeur de notre ambivalence face aux images : nous les désirons parce qu'elles sont au fondement de la pensée et de la construction identitaire ; mais en même temps, nous les redoutons parce que nous craignons de céder à leur fascination et d'y entrer sans plus pouvoir en sortir.

  • Le 21 décembre 1914, Freud écrit qu'il prépare " une théorie de la névrose avec des chapitres sur les destins de pulsions, le refoulement et l'inconscient ".
    Il commence en mars 1915 à composer ces trois essais qu'il présente, dans la lettre du 1er avril à Lou Andreas-Salomé, comme " une sorte de synthèse psychologique de ses conceptions antérieures ". La rédaction est achevée le 4 mai, en même temps que celle du Complément métapsychologique à la doctrine du rêve et de Deuil et mélancolie. Ces essais seront rassemblés en 1924 sous le titre Métapsychologie, dans le volume V des Gesammelte Schriften. Sigmund FREUD. Direction scientifique : Jean Laplanche. Direction de la publication :
    André Bourguignon, Pierre Cotet. Notices, notes et variantes par Alain Rauzy.
    Traduit par Janine Altounian, André Bourguignon, Pierre Cotet, Jean Laplanche et Alain Rauzy. Préface de François Robert.

  • - Le Séminaire XIX fait couple avec le précédent, le Séminaire XVIII ( D'un discours qui ne serait pas du semblant, 2007) : même formalisation pour structurer le même rapport sexuel, qui n'existe pas dans l'espèce humaine. En fait, les hommes et les femmes sont comme deux races distinctes, ayant chacune son mode de jouir et sa façon d'aimer. Du côté femme, pas de limite : l'infini est là. Du côté homme, il y en a toujours au moins un qui dit non : une exception fonctionne, moyennant quoi il y a, corrélativement, un tout : il y a le " tous les hommes ", le règne de l'universel, l'univers de la règle, le respect de la loi, la solidarité des tous pareils, la révérence pour le chef (lui non châtré), la mise en ordre, en rangs, l'armée, " je ne veux voir qu'une seule tête ", l'uniforme et l'uniformité, la bureaucratie, ennui, obsession, " je suis maître de moi comme de l'univers ", dépression... Côté femme, le divin " pas-tout " : il n'y a pas " toutes les femmes ", elles se prennent une par une, elles s'énumèrent, " mille e tré ", chacune est Autre, aucune n'est toute, toutes sont folles (ne respectent rien), pas folles du tout (pas obnubilées par les semblants), l'Éternel Féminin n'attire nullement vers en-haut, mais vous plaque ici-bas, au service de sa jouissance, insituable, insatiable...Texte établi par Jacques-Alain Miller - Jacques Lacan (1901-1981) est une figure incontournable de la psychanalyse, qui a marqué le paysage intellectuel français et international. Son oeuvre, en grande partie constituée par son enseignement - le Séminaire -, est publiée aux Editions du Seuil.

  • Il convient que nous nous arrêtions à ce défilé, à ce passage étroit oú freud lui-même s'arrête, et recule avec une horreur motivée.
    Tu aimeras ton prochain comme toi-même, ce commandement lui paraît inhumain.
    Ne peut-on dire que sade nous enseigne une tentative de découvrir les lois de l'espace du prochain comme tel ? - ce prochain en tant que le plus proche, que nous avons quelquefois, et ne serait-ce que pour l'acte de l'amour, à prendre dans nos bras. je ne parle pas ici d'un amour idéal, mais de l'acte de faire l'amour.
    Nous savons très bien combien les images du moi peuvent contrarier notre propulsion dans cet espace.

    De celui qui s'y avance dans un discours plus qu'atroce, n'avons-nous pas quelque chose à apprendre sur les lois de cet espace en tant que nous y leurre la captivation imaginaire par l'image du semblable ?.

  • Alcibiade a voulu subordonner socrate à l'objet de son désir à lui, alcibiade, qui est agalma, le bon objet.
    Comment ne pas reconnaître, nous analystes, ce dont il s'agit ? c'est dit en clair - c'est le bon objet que socrate a dans le ventre. socrate n'est plus là que l'enveloppe de ce qui est l'objet du désir. c'est pour bien marquer qu'il n'est que cette enveloppe, qu'alcibiade a voulu manifester que socrate est, par rapport à lui, le serf du désir, que socrate lui est asservi par le désir. le désir de socrate, encore qu'il le connût, il a voulu le voir se manifester dans son signe, pour savoir que l'autre, objet, agalma, était à sa merci.
    Or, c'est justement d'avoir échoué dans cette entreprise qui pour alcibiade le couvre de honte (...) c'est que devant tous est dévoilé dans son trait le secret le plus choquant, le dernier ressort du désir, qui oblige toujours dans l'amour à le dissimuler plus ou moins - sa visée est la chute de l'autre, a, en autre, a. (extrait du chapitre xii)

  • L'être et le genre

    Clotilde Leguil

    Le climat du XXIe siècle est à l'affranchissement des normes de genre.
    Les sujets contemporains croient de moins en moins en des rôles d'homme et de femme, qu'ils n'auraient qu'à jouer comme une partition écrite à l'avance.
    Ils ont raison. Cette nouvelle émancipation fait-elle pour autant disparaître la valeur de la question du genre dans une existence ? Que reste-t-il du genre une fois que l'on en a déconstruit les normes ?
    Avec Lacan, la psychanalyse a ouvert la voie à un abord du genre qui fait voler en éclats tous les stéréotypes et introduit du trouble en chaque être. Les études de genre lui sont en cela redevables. À partir de figures d'hommes et de femmes hors normes au cinéma (de Billy Wilder à Guillaume Gallienne), dans la littérature contemporaine (Édouard Louis, Catherine Millet, Delphine de Vigan, Pascal Bruckner), Clotilde Leguil nous montre ce que peut signifier « être un homme » ou « être une femme » au XXIe siècle par-delà toute norme.

  • Ce livre suit un trajet de la haine à la joie, du rejet de l'Autre à un usage possible de l'intime Altérité qui habite chacun.

    La haine est une passion vieille comme le monde. Pourtant les discours qui l'attisent aujourd'hui balaieraient bientôt la démocratie si nous n'y prenions garde. L'enjeu est là.

    On se demandera peut-être pourquoi une psychanalyste se mêle de ces affaires-là, en apparence si loin de ses préoccupations légitimes. Eh bien, disons-le :

    D'abord, parce que le discours analytique, celui de Freud et Lacan spécialement, jette sur la haine une lumière encore neuve et bien plus efficiente que bien des discours qui prétendent la dissoudre en la dénonçant, et ne font trop souvent que la renforcer.

    Ensuite parce que l'exercice de la psychanalyse requiert l'état de droit, où la parole circule librement.

    Et encore parce que ceux qui s'élèvent aujourd'hui contre les discours de haine, de l'extrême-droite entre autres, ne sont pas si nombreux que les psychanalystes puissent s'abstenir de les contrer sans inconséquence.

    Une perspective psychanalytique sur une question intime et politique : les discours de haine qui font retour dans notre actualité

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