Religion & Esotérisme

  • Un des événements décisifs de l'histoire occidentale, et même mondiale, s'est produit le 29 octobre 312 dans l'immense empire romain : l'empereur Constantin se convertit au christianisme. Sans lui, le christianisme serait probablement resté une secte d'avant-garde, et cette date pose la borne-frontière entre l'Antiquité païenne et l'époque chrétienne. Désormais le christianisme était religion licite et l'égal du paganisme. Après avoir analysé le rapport des païens et des chrétiens à leur dieu (un païen était content de ses dieux s'il avait obtenu leur secours par ses prières et ses sacrifices, tandis qu'un chrétien faisait plutôt en sorte que son Dieu fût content de lui), Paul Veyne montre que Constantin ne cessera de répéter qu'il n'est que le serviteur du Christ qui l'a pris à son service et qui lui procure toujours la victoire. Il est le souverain personnellement chrétien d'un empire qui a intégré l'Église. Suit une étude passionnante du césaro-papisme. Le christianisme était la religion la plus éloignée qui fût d'une distinction entre Dieu et César, contrairement à ce qu'on entend répéter : tout le monde devait être chrétien, César en tête, lequel avait des devoirs envers cette religion qui formait un tout.
    Cette puissante et originale étude des débuts du christianisme se clôt sur une réflexion sur les " origines chrétiennes " de l'Europe. Pour Paul Veyne, il faut en finir avec le lieu commun selon lequel l'Europe devrait au christianisme d'avoir séparé politique et religion ; ce n'est pas le christianisme qui sous-tend l'Europe actuelle, c'est l'Europe actuelle qui inspire le christianisme ou certaines de ses versions. Par analogie ou, si l'on veut, par confusion entre l'égalité spirituelle et l'égalité temporelle, le vieux sol christianisé a été pour les Lumières un terrain mental qui n'était nullement destiné à leurs semences, mais qui, mieux que d'autres sols, pouvait les recevoir. Le christianisme a cessé depuis longtemps d'être les " racines " de l'Europe, mais, pour certaines valeurs, il reste un " terrain ", comme disent les médecins, un sol fertile.

  • Ampélographie paradisiaque Nouv.

    "Les yeux de l'un et de l'autre s'ouvrirent, ils connurent qu'ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s'en firent des ceintures" (Genèse, Livre 3, 7). Si, dans les récits bibliques, Adam et Ève cachent leurs parties intimes sous une feuille de figuier, pourquoi la vigne s'est-elle imposée dans l'iconographie occidentale? Ce mépris des textes liturgiques fondateurs, qui remplace la figue par le raisin, ne laisse pas d'étonner. Qu'en pensent les hagiographes? Et surtout, de quelle feuille de vigne s'agit-il? Faut-il privilégier l'imposante feuille du Carignan ou celle, plus congrue, du Gamay? Les feuilles en forme de rein du Cabernet Sauvignon ou celles en coeur du Petit Verdot? Aucune bulle papale n'ayant tranché cette épineuse question, le Docteur Lichic apporte ici sa modeste contribution à une ampélographie paradisiaque et plus largement, à la Science moderne.

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  • Bouddhiste et laïcisée, la méditation a fait, depuis quelques années, son entrée dans les hôpitaux, les prisons comme les écoles. Nous avons parfois l'impression qu'elle recouvre une seule réalité. La méditation vient en fait de sources diverses, en particulier des moines du nord de la Thaïlande, des dojos Zen du Japon ou encore des universités monastiques du Tibet. Ces approches ont toutes leur singularité et unité.
    Elles ont aussi une base commune : la méditation y est l'union de l'attention et de la vigilance discriminante. En quoi cela consiste-t-il et pourquoi la pratique méditative connaît-elle aujourd'hui un succès grandissant en Occident et dans le monde entier ? Faut-il y voir un simple outil de gestion du stress généré par nos sociétés contemporaines ? Pour définir cette pratique, Fabrice Midal en explore les racines, les textes fondateurs, les formes essentielles, les liens avec les différentes spiritualités.
    Il interroge aussi l'intérêt que lui portent la psychologie, la philosophie, les arts ou encore les neurosciences. Il montre ainsi en quoi, parce qu'elle incarne une autre entente de l'être humain, son usage est une réponse à la crise des temps modernes.

  • « M'étant séparé de mon moi illusoire, j'ai cherché désespérément un sentier et un sens pour la vie. » Cette phrase définit parfaitement le projet biographique d'Alexandro Jodorowsky : restituer l'incroyable aventure et quête que fut sa vie. Né au Chili en 1929, c'est en effet un homme et un artiste aux mille facettes. Chantre de l'expansion de conscience, poète, romancier, comédien, fondateur du « théâtre panique » avec Arrabal, réalisateur notamment de films cultes tels que El Topo et La Montagne sacrée, scénariste de célèbres bandes dessinées comme L'Incal, Jodorowsky a aussi élaboré deux techniques thérapeutiques : la psychomagie, qui renvoie les faits quotidiens à des modèles mythiques, et la psychogénéalogie, qui agit sur les héritages psychologiques familiaux.
    Il brosse ici la fresque d'une existence qui exalte, au-delà de toute mesure, les potentialités de l'être dans le but de repousser les limites de l'imaginaire et de la raison, et d'éveiller le capital de transformation et de vie qui se trouve en chacun de nous.

  • Les textes recueillis dans ces deux volumes sont des apocryphes, ce qui signifie qu'en dépit d'un contenu comparable à celui des Écritures ils n'appartiennent pas au canon. En effet, soit ils s'écartent de la doctrine officielle de l'Église en véhiculant des idées hétérodoxes, soit ils font trop appel au merveilleux, aspect dont l'Église s'est toujours méfiée. Mais rappelons que le canon des Écritures n'a pas été fixé tout de suite, son histoire court jusqu'à la quatrième session du Concile de Trente (1546). Ajoutons aussi qu'il y a toujours désaccord en la matière entre l'Église catholique et les Églises protestantes pour certains livres.
    Les textes réunis dans le premier tome relèvent de l'Antiquité chrétienne et recoupent différents genres bibliques : évangiles (auquel il convient d'adjoindre des écrits relatant la vie et la dormition de Marie, mère de Jésus), épîtres, Actes des apôtres, apocalypses (sur les derniers temps et l'au-delà). Ces pièces sont précieuses. Elles permettent une connaissance plus approfondie des premiers temps de l'Église et la compréhension de traditions - dans le domaine de la piété, de la liturgie ou de l'art - dont nous n'avons pas trace dans les textes canoniques.
    Les textes réunis dans le second tome sont, dans leur majorité, plus tardifs. Ce volume accorde, d'autre part, une place plus grande que le premier à des livres qui circulèrent dans des aires religieuses et linguistiques autres que le monde byzantin et l'Occident latin ; les traditions copte, arabe, éthiopienne, arménienne y sont bien représentées. Pour la plupart, ces écrits n'avaient encore jamais été publiés en langue française.
    Les écrits chrétiens que l'on dit « apocryphes » n'ont cessé d'être diffusés, récrits, adaptés. Ils furent le terreau de l'imaginaire chrétien, et une source d'inspiration pour les sculpteurs, les peintres, les écrivains, les musiciens et les cinéastes : le Bunuel de La Voie lactée se souvient des Actes de Jean. C'est que, face au discours régnant, institutionnel, ces textes ouvrent un espace à l'imagination. Ils se développent en quelque sorte dans les interstices des livres canoniques. Ils comblent des vides, inscrivent une parole dans les silences, donnent une voix aux personnages muets, un nom et un visage à ceux qui n'étaient que des ombres. Comme toute littérature, ils rusent avec le discours clos.
    TOME II. Sur Jésus et d'autres figures évangéliques : Évangile selon Marie - Histoire de Joseph le charpentier - Dialogue du paralytique avec le Christ - Sur le sacerdoce du Christ ou Confession de Théodose - Homélie sur la vie de Jésus et son amour pour les apôtres - Livre du coq - Assomption de Marie ou Transitus grec « R » - Évangile de Nicodème ou Actes de Pilate - Rapport de Pilate - Réponse de Tibère à Pilate - Comparution de Pilate - Déclaration de Joseph d'Arimathée - Lettre de Pilate à l'empereur Claude - Vengeance du Sauveur - Mort de Pilate. Sur les apôtres : Vies des prophètes - Listes d'apôtres et de disciples - Actes d'André et Matthias - Actes de Pierre et André - Martyre de Matthieu - Martyre de Marc l'évangéliste - Actes de Timothée - Actes de Tite - Actes de Barnabé - Actes de Thaddée - Martyre de Thaddée arménien - Actes de Jean à Rome - Passion de Pierre (dite du pseudo-Linus) - Passion de Jacques frère du Seigneur - Passion de Philippe - Passion de Jacques frère de Jean - Passion de Barthélemy - Passion de Matthieu - Passion de Simon et Jude - Prédication de Barthélemy dans la ville de l'Oasis et martyre de Bathélemy - Actes de Matthieu dans la ville de Kahnat et martyre de Matthieu en Parthie - Prédication de Jacques fils de Zébédée et martyre de Jacques fils de Zébédée - Martyre de Luc. Visions et révélations : Première Apocalypse apocryphe de Jean - Apocalypse de Thomas - Oracles sibyllins. Lettres : Lettre de Paul aux Laodicéens - Lettre de Jésus-Christ sur le dimanche - Lettre de Lentulus - Épître du pseudo-Tite. Roman pseudo-clémentin : Homélies - Reconnaissances. Édition publiée sous la direction de Pierre Geoltrain et Jean-Daniel Kaestli, trad. de différentes langues par Dominique Alibert, Frédéric Amsler, Irena Backus, Alessandro Bausi, Gisèle Besson, Robert Beylot, Anne Boud'hors, Bertrand Bouvier, François Bovon, Michèle Brossard-Dandré, Allen Callahan, Marie-Ange Calvet, Valentina Calzolari, Caroline Cennac, Dominique Côté, Jean-François Cottier, François Dolbeau, Jean-Daniel Dubois, Robert Faerber, Albert Frey, Christiane Furrer, Pierre Geoltrain, Rémi Gounelle, Zbigniew Izydorczyk, Eric Junod, Jean-Daniel Kaestli, Alain Le Boulluec, Simon C. Mimouni, Françoise Morard, Enrico Norelli, Flavio G. Nuvolone, Bernard Outtier, Andrew Palmer, Jacques-Noël Pérès, Madeleine Petit, Jean-Claude Picard, Pierluigi Piovanelli, Bernard Pouderon, Gérard Poupon, Jean-Marc Prieur, Jean-Michel Roessli, Willy Rordorf, André Schneider et Claudio Zamagni. Index établis par Jean-Michel Roessli et Sever J. Voicu, 2208 pages

  • C'est une affirmation courante que le monde moderne, entre autres caractéristiques, se distingue par la disparition de l'initiation.
    D'une importance capitale dans les sociétés traditionnelles, l'initiation est pratiquement absente de la société occidentale de nos jours. certes, les différentes confessions chrétiennes montrent encore, dans une mesure variable, des traces d'un mystère initiatique. mais le christianisme n'a justement triomphé et n'est devenu religion universelle que parce qu'il s'est libéré du climat des mystères gréco-orientaux et s'est proclamé une religion du salut, accessible à tous.

    En vue de dégager les divers types d'initiation, mircea eliade étudie successivement les rites de puberté dans les sociétés traditionnelles, les cérémonies d'entrée dans les sociétés secrètes, les initiations militaires et chamaniques, les mystères gréco-orientaux, les survivances des motifs initiatiques dans l'europe chrétienne et, enfin, les rapports entre certains motifs initiatiques et certains thèmes littéraires.
    L'auteur conclut sur les mouvements occultistes dans le monde moderne.


  • Après le récit des exploits miraculeux des Maîtres d'Extrême-Orient dans La vie des Maîtres, Baird T. Spalding nous livre ici un enseignement spirituel fondamental. Qui est Dieuoe Comment éveiller la conscienceoe Quel est le cheminement de l'âme après la mortoe Comment se libérer des pensées négativesoe
    Éclairant d'un jour nouveau la Bible et les miracles de Jésus, l'auteur montre que la sagesse de ses Maîtres rejoint celle des grands textes sacrés.
    À côté des révélations parfois étonnantes sur le Christ, les temples de guérison ou les pouvoirs de la pensée, Treize leçons sur la vie des Maîtres offre une base de travail pratique pour réorganiser sa vie en fonction de principes spirituels éternels et de lois universelles.


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  • Deux écrivaines, toutes deux athées, dialoguent sur le féminin et le sacré. Dans cet essai épistolaire, les deux intellectuelles s'interrogent : existe-il un sacré spécifiquement féminin ?
    Le livre repose sur l'intuition profonde de l'éveil des femmes en ce 3e millénaire, et sur le lien étroit qu'elles entretiennent avec le sacré.
    D'un pèlerinage à la Vierge noire aux environs de Dakar jusqu'aux cultes de l'Inde, Catherine Clément, disciple de Claude Lévi-Strauss, témoigne de l'intelligence du sacré à l'oeuvre dans ces pays. Julia Kristeva évoque Thérèse d'Avila et les grandes mystiques chrétiennes.
    « Qu'est-ce que le sacré ? », demandait Goethe dans un poème. Julia Kristeva rappelle ici sa réponse : « Ce qui unit les âmes ». À l'opposé d'un sacré totalisateur, ces deux femmes esquissent les contours d'un sacré qui, au carrefour du corps et de la pensée, donne sens à la singularité, et révèle sa vitalité dans le partage.

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  • Constatant que le voile est devenu un emblème identitaire de l'islam, l'auteur met en évidence un paradoxe : au sein d'une religion qui interdit les images, le voile fait image. Il transforme les femmes en icônes vivantes du refus de la figure. Analysant le «Coran», l'art orientaliste et l'actualité, il propose une lecture inédite des stratégies à l'oeuvre derrière le voile.

  • Carnet de guerre d'un officier en première ligne lors du siège le plus long qu'ait connu une capitale à l'époque contemporaine, Vent glacial sur Sarajevo est un témoignage sans concession sur l'ambiguïté de la politique française durant le conflit en ex-Yougoslavie.

    Cette « capitale assiégée que nous n'avons pas su protéger », Guillaume Ancel la rejoint en janvier 1995 avec un bataillon de la Légion étrangère. Sarajevo est encerclée depuis déjà trois ans et sa population soumise aux tirs quotidiens des batteries d'artillerie serbes. L'équipe du capitaine Ancel a pour mission de guider les frappes des avions de l'OTAN contre elles. Des assauts sans cesse reportés, les soldats français recevant à la dernière minute les contre-ordres nécessaires pour que les Serbes ne soient jamais inquiétés. Sur le terrain, les casques bleus français comprennent qu'on ne leur a pas tout dit de leur mission et se retrouvent pris au piège.

    « Six mois d'humiliation » résume Guillaume Ancel qui dresse un constat sévère des choix faits par le gouvernement d'alors. En témoignant de l'opération à laquelle il a participé, il raconte ces hommes, ces situations, cette confusion et le désarroi qui, jour après jour, ronge ces soldats impuissants.

  • Livre essentiel, avec lequel Fethi Benslama fait le point sur une vingtaine d'années de travail. Travail exemplaire qu'il n'y a que lui à mener, lequel consiste à ne pas tenir pour rien les aspects fondamentalement subjectifs qui président à tout conflit ; dans le cas présent aux conflits qui dévastent les terres d'Islam. Des Musulmans, comme il est trop communément convenu de dire en Occident, suffit-il de parler en termes historiques, sociaux, économiques, géo-politiques ? Autrement dit : de masses ? Que peut-on en apprendre de déterminant en se servant des outils de la psychanalyse, par exemple ? Outils dont Fethi Benslama use ici d'une façon qui fera date, comme a fait date son livre La Psychanalyse au risque de l'islam.

  • Jodorowsky nous offre ici le récit épique, picaresque, et néanmoins empli de vraie sagesse, de son initiation auprès d'un célèbre maître zen japonais, Ejo Takata, au Mexique dans les années 70. Parallèlement, il raconte par le menu les aventures truculentes et déjantées qu'il eut durant cette même période avec quelques femmes, dont la célèbre peintre surréaliste Leonora Carrington. Ces magiciennes l'aidèrent à se débarrasser de ses cuirasses émotionnelles, à élargir son coeur et sa vision de la vie.
    Il alterne ainsi les rigoureuses méditations silencieuses menant à la paix de l'esprit, et la plongée au tréfonds du sexe, du rêve et de la création jusqu'aux limites de la folie. Dans ce livre grandiose dont on ne sort pas indemne, le vieux sorcier nous tend un miroir fascinant où chacun peut lire le sens de sa propre histoire.

  • Bill T. Jones, l'un des chorégraphes et danseurs majeurs de ces trois dernières décennies, se livre ici à l'exercice d'un abécédaire spirituel. À travers une introspection sur les grands thèmes que sont la danse, Dieu, l'amitié, l'art, l'esclavage, la poésie, etc., Bill T. Jones nous raconte une histoire, -son histoire-, indissociable de celle de la société américaine et de la danse contemporaine.
    Je suis une histoire est aussi la réflexion d'un artiste parvenu à une pleine maturité, qui pose un regard lucide sur le monde qui l'entoure, tout en ne cessant de s'interroger sur le sens de la vie.

  • Pork and milk

    Valérie Mréjen

    • Allia
    • 29 March 2006

    On ne cesse en ce moment de parler du «retour au religieux», d'expliquer comment des individus que rien n'y prédisposait deviennent subitement intégristes. Valérie Mréjen a choisi le parti pris résolument inverse. Elle est allée en Israël pour rencontrer ceux qui, élevés dans l'orthodoxie la plus sévère, ont décidé un jour de rompre avec le fanatisme religieux, ceux dont on dit en hébreu qu'ils ont choisi «d'aller vers la question». Pork and milk (deux ingrédients que la religion juive interdit de mélanger) croise ainsi habilement les témoignages d'une dizaine d'apostats qui racontent leur parcours, confient leurs doutes, leurs difficultés, leurs ruses aussi pour tenter de cacher leur nouvelle vie à leur famille. Pas de commentaires, mais une série de portraits émouvants, souvent drôles, toujours d'une grande dignité. Plus qu'un état des lieux de la société israélienne, Pork and milk est un hommage rendu sans grandiloquence au courage individuel et à la liberté de conscience.

    Le dvd est accompagné de la publication d'un livre inédit de Valérie Mréjen, le journal du tournage de Pork and milk. Elle commence par évoquer l'origine du projet, puis le début des repérages, les premières rencontres, les réactions des gens, la façon dont elle s'y est prise pour les contacter, le tournage proprement dit et, enfin, le montage du film. C'est un journal «après-coup» dans lequel elle évoque les gens et les lieux de rendez-vous, des anecdotes, des situations, la préparation de chaque entretien et aussi les rencontres qui n'ont pas abouti et n'ont pas été retenues pour le film. C'est bien sûr le côté humain (les récits, les histoires de chacun) qui est privilégié par rapport à l'aspect technique. Des indications concernant les repérages, le choix de certains extérieurs et les moyens trouvés pour filmer des personnages sans qu'on voie leurs visages sont, cependant, également présents. Si elle reste discrète sur les raisons personnelles qui l'ont conduite à traiter ce sujet, elle ne cache pas son identification à ces gens qui ont choisi de refuser le conformisme de la religion.

    52 minutes pour le film / 80 pages pour le livre.

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  • Sur la route des esprits

    Abbas Jalai

    • Delpire
    • 14 September 2005


    il y a des photographes qui sont des ludions de la terre.
    ils jouent avec la carte du monde comme d'autres jouent avec un plan de métro. ils vont. ils viennent. même s'ils n'utilisent pas l'engin, ils flashent la réalité, l'actualité. ils l'envoient par email, le choix se fera plus tard. il y a évidemment d'autres méthodes. cartier-bresson disait qu'il fallait passer six mois dans un pays pour en comprendre l'esprit. quand il arrivait dans un village, en orient ou ailleurs, werner bischoff commençait par dessiner avant de sortir son appareil.
    abbas a une façon de faire différente. la prise de vue, qu'il appelle le moment suspendu, est précédée d'une réflexion sur le propos. vient ensuite la méditation sur la finalité, sur l'intérêt de l'instant - que d'aucuns disent décisif - sur la qualité de l'image qu'il en a donnée et sur sa mise en perspective. les sujets que traite abbas ? vastes. si vastes qu'ils semblent impossibles à dominer. les religions, l'islam, le monde de la chrétienté.
    mais il ne prétend jamais à l'objectivité. il part au soudan photographier la guerre, mais de son récit que restera-t-il ? il se passionne pour le chamanisme, mais de ses voyages (en haïti, au japon, au brésil) aussi documenté, aussi informé qu'il soit, aussi familier des hommes qu'il côtoie, c'est une relation personnelle qui fait le prix de cette aventure au pays des esprits, et donc du présent ouvrage.
    il raconte, et fort bien, mais surtout il se raconte. son oeuvre est un long journal de bord, à double entrée. les images, fortes, signifiantes, et les mots qu'il leur ajoute et qui donnent à la méditation qu'elles illustrent la dimension du vécu.

  • Michel Foucault, le philosophe, et Michel de Certeau, le jésuite, furent contemporains - morts respectivement en 1984 et 1986 - et ont marqué la pensée moderne.
    L'un et l'autre accordèrent une grande importance aux phénomènes culturels et partagent le diganostic selon lequel l'Occident a en partie perdu le contact avec ses racines. L'enjeu d'une confrontation des deux auteurs est triple : révéler les impensés de l'un et de l'autre, dans un souci de prolonger la compréhension de l'histoire de la philosophie française au XXe siècle ;
    Contribuer à élaborer une pensée de la culture, dont la philosophie de l'interculturel a besoin ;
    Prolonger de façon spécifique l'attention aux politiques du care élaborée par ailleurs.
    Foucault et De Certeau ont poussé à un authentique « diagnostic du présent » concernant la vie, les solidarités, les façons d'être Leurs pensées ont aidé à rouvrir des possibilités d'action, dans des champs divers où beaucoup de leurs contemporains étaient engagés dans des impasses.
    Elles sont peut-être les derniers représentants d'une tentative d'unité. Mais la dispersion qui caractérise aussi leurs usages permet de mieux cerner leur intérêt et leur postérité.
    Ainsi, on trouve des influences mais surtout des discontinuités, des différences, des dissonances : de Certeau insiste sur le rôle des sciences religieuses pour comprendre la culture. Celles-ci sont largement sous-estimées et même absentes chez Foucault, qui n'y arrive que plus tardivement par l'étude de la question du vrai.
    De fait, comment comprendre aujourd'hui un certain nombre de phénomènes si on fait l'économie de la question des déterminations fondamentales de l'existence et des « manières de vivre », y compris religieuses Contrairement à ce que certains pensent, l'oeuvre de Michel Foucault donne peut-être paradoxalement plus de pistes sur ces questions qu'on ne l'estime généralement. De son côté, la pensée culturelle et religieuse de Michel de Certeau est devenue centrale aujourd'hui.

  • Si le Coran consigne les paroles révélées au prophète Muhammad, sa lecture n'a cessé d'être éclairée par d'autres textes, les Hadiths, qui rassemblent les principaux commentaires faits par le Prophète de la révélation divine et Al-Sîra, qui consigne ses principaux faits et gestes. C'est ce texte qui est ici proposé au lecteur français, dans une version qui synthétise les différentes versions léguées par la tradition et qui replace ces événements dans leur ordre chronologique. Sous une forme et dans une langue directement accessibles au lecteur d'aujourd'hui, cet ouvrage présente un condensé vivant de la Sîra, qui restitue la trame essentielle des faits et gestes du Prophète, tels que le témoignage de ses compagnons les a rapportés. Tissée de récits imagés, de notations concrètes, de repères chronologiques, Al-Sîra replace dans leur contexte nombre de versets du Coran et de propos du Prophète. Elle permet ainsi une approche facilement intelligible de l'ensemble des textes fondateurs de l'Islam et aide à mieux approcher la haute figure spirituelle que fut Muhammad. Ce volume couvre la période qui s'étend des commencements de la révélation au séjour mecquois de Muhammad pour s'achever avec l'émigration à Médine (l'Hégire).

  • La tristement célèbre PSYCHICK BIBLE du TEMPLE OV PSYCHICK YOUTH vient d'être mise à jour, augmentée et corrigée, avec des dizaines de nouvelles illustrations et d'essais. L'artiste Pandrogyne Genesis Breyer P-Orridge (Coum, Throbbing Gristle, Psychic TV, Thee Majesty, PTV3), dit à propos de cette édition : Ce fut une révélation et ça a été très excitant pour moi de voir plus de 30 ans de créatives explorations sociales, rituelles et communautaires concentrées en ce que nous pressentons comme pouvant devenir le nouveau manuel de « Magie pratique » le plus abouti, menant l'individu de son niveau Crowleyen de libération et d'autonomie jusqu'à ce niveau supérieur de conscience que la Magie doit alors restituer à son environnement et à sa communauté... pouvant devenir liberté et aptitude à changer ce monde ; et à faire évoluer notre espèce humaine. La traduction française de cet ouvrage de référence a été confiée à Jean-Pierre Turmel (Sordide Sentimental) qui avait participé à sa rédaction dans les années 80. Il a également rédigé pour cette édition française de très nombreuses notes de bas de page ainsi qu'un texte inédit. Enfin, Bärn Balta (Life Without Sex, Versus), par le biais d'un texte érudit, nous donne de nouvelles clefs pour comprendre cette oeuvre majeure.

  • La philosophie islamique déploie une intuition du réel qui importe au destin de la métaphysique. l'islam porte en lui, autrement dit, une ontologie qui appartient à la constitution de notre propre univers de pensée. or, l'oeuvre de mollâ sadrâ shîrâzî (mort en 1640) se veut précisément celle d'un témoin intégral de la révélation du réel divin en chaque acte d'être, de chaque existant, du plus humble au plus éminent. ce livre s'efforce de saisir cette intuition du réel, nourrie du soufisme d'ibn 'arabî, de la philosophie de l'islam classique, de l'héritage grec, et de la dimension ésotérique et mystique du shî'isme.
    Mollâ sadrâ voit le monde se mouvoir sans cesse en une révolution ininterrompue de ses substances, et l'existence infinie briser ses limites successives, du sensible à l'intelligible, du minéral à l'ange. en une floraison d'épiphanies, dans le miroir multiple des corps et des âmes, il perçoit l'absolu de la liberté divine. révélation de la liberté dans la métamorphose du fidèle et du sage, l'existence enseigne ce seul mot d'ordre : imiter le divin qui se donne à voir «sous la plus belle des formes».
    Le noeud du politique, de la morale, mais aussi de la liberté et de l'ordre : voilà donc ce qu'il s'agit aussi de découvrir en lisant mollâ sadrâ, dans cet univers de pensée connexé au nôtre, et qui, christian jambet le montre admirablement, est indispensable à la connaissance de nous-mêmes.

    Christian jambet enseigne la philosophie en khâgne au lycée jules-ferry. chargé de conférences à l'ecole pratique des hautes études (section des sciences religieuses), il est notamment l'auteur de la logique des orientaux : henry corbin et la science des formes (paris, 1983) et de la grande résurrection d'alamût : les formes de la liberté dans le shî'isme ismaélien (lagrasse, 1990), ainsi que de plusieurs traductions des grands philosophes et poètes de l'islam.

  • Personnalité inclassable, chilien d'origine russe, initié au zen au Mexique, Alexandro Jodorowsky est cinéaste, dramaturge, tarologue et fondateur, avec Arrabal et Topor, du concept de « théâtre panique ». Profondément bouleversé par la mort subite d'un de ses fils, il vit un immense désespoir qui va le rendre conscient de son absolu manque de foi. De ce choc naît ce très beau recueil de méditations sur le mystère de la destinée humaine, à mi-chemin entre la poésie et la philosophie. L'ensemble de ces pensées et aphorismes est empreint d'une sensibilité qui nous ouvre à la connaissance de l'âme. Selon les mots de son auteur, « Il n'y a pas un seul mot dans ce livre qui ne m'ait été inspiré par ce centre lumineux qui est la racine de notre ombre. »

  • La mystique occidentale, qui comporte à la fois la théologie négative et les techniques de contemplation, est généralement considérée comme une expérience au-delà de toute expérience, une connaissance par-dessus toute connaissance. Frédéric Nef montre que la mystique obéit, au contraire, aux normes habituelles de toute expérience, même si son objet "l'union avec le divin", dépasse les horizons de l'expérience commune.
    L'auteur ne refuse pas d'appliquer à la connaissance mystique les normes de la connaissance, en ce qui concerne notamment la justification des croyances et le rôle premier de la perception. Cette thèse va donc à contre-courant de la manière traditionnelle de concevoir la mystique "un territoire perdu de l'ineffabilité" , en rapatriant la connaissance mystique sous l'autorité rectrice de l'épistémologie, et en favorisant des comparaisons fructueuses avec la science et la philosophie.
    Un maître-ouvrage.

  • - D'un côté le regard aiguisé, humaniste et parfois implacable de Sebastião Salgado, et de l'autre la voix d'un des plus grands écologistes français, voici le défi de ce livre : mettre en regard deux visions du monde.Jean-Marie Pelt nous parle d'écologie, mais avec une nouvelle approche toute empreinte de spiritualité. Un retour aux origines de l'écologie, c'est-à-dire aux grands textes fondateurs de notre civilisation. En effet, qu'il s'agisse du bouddhisme, de l'Islam ou bien des religions animistes, les grands textes et paroles recueillies de ces différentes traditions sont unanimes : l'homme se doit d'être proche de la nature, de la Terre-mère, c'est elle qui l'a fait naître et le nourrit. Un message envoyé par nos ancêtres, qui mériterait d'être écouté. Jean-Marie Pelt appelle à l'avènement d'une nouvelle civilisation, qui serait à l'écoute de la nature et de la voix des anciens. Les images de Sebastião Salgado, un des plus grands photographes contemporains, montrent une nature brute, animale, parfois grandiose ou dévastée... des accords textes et images puissants qui poussent à l'introspection.

    - Jean-Marie Pelt est professeur émérite de biologie végétale et de pharmacologie à l'Université de Metz et président et fondateur de l'Institut européen d'écologie à Metz. Il est une des références françaises dans le domaine de l'écologie et a publié quantité d'ouvrages chez différents éditeurs dont La Loi de la jungle (Fayard, 2003), Ces plantes que l'on mange (Chêne, 2006) et Écologie et spiritualité (Albin Michel, 2006).Sebastião Salgado s'est incontestablement imposé, ces dernières années, comme un des plus grands photographes contemporains. Cet infatigable témoin porte un regard sur le monde dont le réalisme n'exclut pas la grandeur, pour lequel la détresse n'exclut pas la beauté. Depuis quelques années, il travaille à un grand projet d'envergure internationale, Genesis, où il part à la recherche des derniers espaces vierges et des peuples qui y résident, mettant ainsi au jour le lien intime qui relie ces peuplades à la terre-mère.Il a déjà publié plusieurs ouvrages aux Éditions de La Martinière dont La Main de l'homme, Exodes et Une certaine grâce.

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