• Wednesdays at A's Nouv.

    L'appartement new-yorkais de l'artiste Arleen Schloss a vu se succéder, à partir d'octobre 1979, les expérimentations d'une tribu improbable entre no wave, poésie sonore et arts visuels. Ce sont les Wednesdays at A's, dont le programme hybride et radical emplit chaque semaine, dix-huit mois durant, le loft du 330 Broome Street de concerts, performances, lectures ou expositions, toujours animés par une exigence festive.
    Pour annoncer les événements, des dizaines de flyers sont réalisés à la photocopieuse par les artistes invités et les amis. Dessins, collages, détournements, jeux typographiques et annotations manuscrites peuplent ainsi un ensemble bigarré de traces vouées à l'éphémère, quoique déjà quelque peu fétichisées par les protagonistes. Ces flyers racontent au plus près l'aventure des Wednesdays at A's, de façon chronologique, comme ils témoignent des préoccupations d'une période fertile où les corps et les machines se rencontrent, au-delà des genres et des disciplines, dans une ville au bord de la faillite.
    Baptiste Brévart et Guillaume Ettlinger ont rencontré Arleen Schloss à New York en 2011. Ils ont entamé ensemble un travail archéologique sur cette mémoire évanescente et ils ont rassemblé un grand nombre de documents exceptionnels et inédits. Avec la précieuse contribution de Pauline Chevalier et Guillaume Loizillon, ils retracent ainsi une histoire parallèle des arts à New York dans les années 1980.

  • Après ses livres d'entretiens sur le monde de l'art contemporain qui ont connu un grand succès (Galeristes en 2010, Collectionneurs en 2012, Artistes, en 2014), Anne Martin-Fugier a interrogé quinze femmes actrices de l'art contemporain en France durant les cinquante dernières années.
    Elle n'a pas choisi des artistes, mais des « témoins », journalistes, galeristes, directrices d'institutions publiques et privées qui, partout en France, participent à la diffusion de l'art contemporain avec leur énergie et leur sensibilité. Leurs trajectoires et leurs récits constituent un panorama du monde culturel d'aujourd'hui.

  • New York a-t-il vraiment été le centre de l'innovation artistique depuis 1945, comme on le lit partout?? Une hégémonie mondiale s'étudie à l'échelle mondiale. Or, l'approche comparée démonte le mythe de l'art new-yorkais et souligne l'apparition, dès les années 1950, d'un système internationalisé mais inégalitaire de production des oeuvres et des carrières. Fondé sur le renouvellement rapide des écuries artistiques et la recherche systématique de l'originalité, ce système spéculatif entretenait la concurrence entre pays, musées, marchands, artistes et collectionneurs. Dans une perspective aussi bien sociale et économique qu'esthétique et géopolitique, Béatrice Joyeux-Prunel explore cet univers des avant-gardes artistiques de 1945 à 1970.
    Cette histoire mondiale de l'art parle aussi des oeuvres et des personnes. Elle interroge des tournants mondiaux étonnants?: le choix matiériste de certains artistes dans les années 1950, la violence sadomasochiste de quelques groupes après 1961, et la soudaine politisation des artistes vers 1965 (alors que Mao, Cuba, le Vietnam et la décolonisation les avaient jusque-là peu intéressés).
    Du concrétisme brésilien à l'art cinétique italien et yougoslave, des Neo-Dada Organizers japonais aux actionnistes viennois, en passant par les mondialisations hétérogènes du happening et du pop art, ce livre permet de comprendre ce que nos musées érigent en canon, tout en dévoilant des histoires méconnues du monde de l'art contemporain.

  • Un ouvrage complet et indispensable qui présente par ordre chronologique les multiples courants qui ont agité le XXe siècle, sans négliger aucune forme artistique. Bernard Blistène associe à chaque mouvement une série d'oeuvres majeures, les explicite clairement en s'appuyant sur des citations et de multiples illustrations.
    Enfin, une chronologie accompagne chaque chapitre afin de mettre en évidence les synergies qui ont opéré entre les artistes se ralliant à un même mouvement.
    L'auteur, récemment nommé directeur du développement culturel du Musée national d'art moderne (Centre Pompidou), nous entraîne dans différents univers : peinture, sculpture, architecture, bien sûr, mais aussi graphisme, vidéo, design, performances... nous prouvant une nouvelle fois que l'art, a fortiori celui du XXe siècle, est multiple.

  • Docteur d'Etat ès lettres et sciences humaines, Serge Lemoine enseigne depuis 1968; il a été notamment le premier titulaire de la chaire d'histoire de l'art du XXe siècle à l'école du Louvre, qu'il a occupée de 1981 à 1987.
    Depuis 1989, il est professeur à la Sorbonne. A partir de 1986, il a dirigé le musée de la ville de Grenoble dont il a assuré également la construction du nouveau bâtiment. Son action à la tête de cet établissement a été saluée en 1996 par l'attribution du grand prix national des Musées. C'est en 2001 qu'il a quitté cette institution à laquelle il aura donné une envergure internationale et un rayonnement nouveau, pour être nommé à la direction puis à la présidence du musée d'Orsay à Paris.
    Depuis 1970, Serge Lemoine a réalisé de très nombreuses expositions en France et à l'étranger pour promouvoir l'art du XIXe et du XXe siècle, notamment "Paris-Berlin" en 1978 (en collaboration) et "Kurt Schwitters" en 1995 au Centre Georges-Pompidou à Paris, plus récemment "Vers l'art moderne: de Puvis de Chavannes à Matisse et Picasso", au Palazzo Grassi à Venise en 2002, "Aux origines de l'Abstraction ", présentée en 2003 et "Le Néoimpressionisme de Seurat à Paul Klee" en 2005, au musée d'Orsay, "Trésors impressionnistes des collections nationales françaises" montrée à Pékin, à Shanghai et à Hong Kong en 2004 et 2005; ou encore "Vienne 1900: Klimt, Schiele, Moser, Kokoschka", au Grand Palais à Paris en 2005, "L'art de Monet et sa postérité" en 2007 à Tokyo.
    Serge Lemoine a publié de très nombreux articles et ouvrages dédiés à l'histoire de l'art de la fin du XIXe et du XXe siècle, ainsi qu'à l'art contemporain.

  • Bill Viola

    Bill Viola

    Paroles d'artiste, une collection de poche pour de´couvrir ou rede´couvrir les grands mai^tre de l'art ancien, moderne et contemporain.
    « L'art, pour moi, est une tentative de réveiller l'âme ; une âme que le monde industrialisé dans lequel nous vivons préfère endormie. » Bill Viola, Journal, non daté

  • Cet ouvrage accompagne une grande exposition du FRAC Aquitaine autour de la thématique des fleurs dans l'art contemporain, avec les contributions d'artistes et de spécialistes tels que Gilles Clément, Starhawk, Emanuele Coccia. Autrefois reléguée dans la dernière catégorie des genres picturaux avec la nature morte, la fleur semble prendre aujourd'hui sa revanche. Elle s'affirme vivante, s'aventure sur des terrains aussi divers que l'ensauvagement et l'écoféminisme, l'érotisme et l'artisanat, la biologie et la science-fiction. De l'intime au cosmos, la fleur est une acrobate hors pair dans cet interstice entre le masculin et le féminin, la pensée et la matière, la raison et les sens. Tel Narcisse interrogeant son image à la surface de l'eau, elle fait vaciller nos certitudes. À l'ère de l'anthropocène, où la terre est marquée de façon irréversible par l'humain, elle indique de nouvelles voies vers la floraison des mondes, celles des métamorphoses incessantes de la nature comme de l'art.

  • Jungle, terra incognita..., pour beaucoup l'art contemporain est inaccessible. Trop difficile à atteindre, impossible à comprendre. Pour certains l'art est une affaire sérieuse, une cosa mentale comme le disait Léonard de Vinci. Pour d'autres, c'est avant tout un plaisir rétinien. D'aucuns y consacrent tout leur temps et leur argent. D'autres leurs loisirs, primes et dividendes. Il y a ceux qui voudraient... mais qui n'osent pas. Dans tous les cas, qu'on soit petit ou gros collectionneur, qu'il s'agisse d'un passe-temps ou d'un plein temps, il faut savoir comment et où acheter.
      Chaque année, le guide Hazan sort sa sélection internationale d'artistes, afin d'orienter l'acheteur indécis dans le domaine de l'art contemporain. Écrit par une des meilleures spécialistes françaises du marché de l'art, il n'est ni exhaustif, ni confidentiel, et s'adresse à toutes les bourses de collectionneur. Sa liberté de ton, arbitre subjectif du goût, détermine le choix des quelque 200 artistes, plus de 100 galeries ou centres d'art, et 11 salons ou foires référencés.
    L'auteur a choisi des artistes dont le travail ne se limite pas aux installations tentaculaires destinées aux musées, privés ou publics, mais dont l'oeuvre s'exprime aussi dans des plus petits formats. Les collectionneurs chevronnés, rompus à l'art de bien acheter, s'y retrouveront, car sont également proposés des créateurs singuliers qui n'occupent pas toujours le devant de la scène médiatique.
    Lecture du monde, espace de rencontres, occasion d'échanges, l'art contemporain est décliné en trois parties.
    A, comme Artistes  : à chaque artiste une ou plusieurs illustrations, une idée du budget à consacrer, des repères biographiques et professionnels et une notice donnant l'avis de l'auteur.
    L, comme Lieux  : à chaque galerie ou centre d'art, une photo, des indications pratiques et un commentaire sur ses choix. Une cartographie des métropoles de l'art contemporain accompagne le voyage symbolique et réel des amateurs.
    R, comme Rendez-vous  : à chaque foire ou rencontre internationale son commentaire, sa photo et ses informations pratiques.
    En introduction, après son éditorial sur la création et les tendances artistiques de l'année, l'auteur donne tous les conseils utiles pour réaliser un bon achat, avant d'inviter même les plus néophytes à regarder l'art de notre temps.

  • « Un art qui surgirait comme ça tout d'un coup. Un art qui agirait comme un coup de batte de base-ball en pleine face. Ou mieux, un art qui agirait comme un coup sur la nuque qu'on ne voit pas venir et qui vous étend.
    Une espèce d'intensité qui ne s'expose pas au jugement et à l'appréciation. » Bruce Nauman.

    L'artiste américain Bruce Nauman (né le 6 décembre 1941 à Fort-Wayne, en Indiana) est l'une des figures majeures de l'art contemporain ; il est considéré comme l'un des pionniers de l'installation.
    Le corps et ses mouvements, l'instabilité de l'identité, le rôle du langage, la perception de l'espace, la violence dans les relations inter-humaines, la participation du spectateur sont des notions qui reviennent constamment dans l'oeuvre de Nauman, qui les explore de manière rigoureuse et extrêmement spectaculaire en variant les médiums (sculpture, vidéo, performance, holographie, dessin, néons...
    Il existe peu de publications en français traitant de cette oeuvre inclassable.
    Le MAC de Lyon conserve 16 oeuvres de Bruce Nauman.

  • Ce catalogue accompagne l'exposition "Kharmohra" qui se tiendra au Mucem à compter du 21 novembre 2019. L'Afghanistan vit depuis quarante ans au rythme des guerres, des destructions du patrimoine, des attentats, des migrations. Depuis quelques années, des programmes internationaux pour la création ont été mis en place et de jeunes artistes afghans sont rentrés de leur exil. Autodidactes ou formés dans des pays de migrations, ces artistes semblent être au seuil de tous les possibles, sans héritage à assumer, ni classicisme avec lequel rompre. Cet ouvrage donne à voir cette création contemporaine. Il explore une grande variété de formes et de supports pour exprimer l'horreur des attentats et l'omniprésence de la mort dans un espace urbain devenu hostile.

  • Planter des piquets, dresser murs et murets, ouvrir des guichets. L'être occidental se complaît en des clivages qui l'aident à conforter ses fantasmes territoriaux. Et le globe de se transformer à ses yeux en pelote de lignes et de frontières étanches, en vaste cage des méridiens qui, sur un mode empreint de mélancolie, sanctionnerait la nature immuable des choses.
    La littérature et les arts s'accommodent parfois de cette trompeuse évidence. Pour plus d'un, le canon artistique est l'expression d'un ethnocentrisme. Pour plus d'un, l'universalisme culturel est la marque d'une occidentalisation, voire de la globalisation en cours.
    Imaginera-t-on une alternative ? un monde qui privilégierait la périphérie et dont le centre libéré du carcan global véhiculerait un début d'équité ? De-ci, de-là, par-delà les océans, des écrivains ont fait preuve de cette sorte d'imagination, des artistes aussi, nombreux, pour qui le globe et les cartes ont fini par devenir la matière d'une pensée fluide à portée planétaire.

  • Corps contraints, postures forcées, attributs ostentatoires, mécanique implacable, débordements pathologiques : autant de symptômes d'une assignation du corps.
    Empêchés, limités, ces gestes sont en même temps traversés de désir, car derrière l'oppression, la confrontation à un idéal ou encore l'incorporation des codes, la violence sourde, la résistance s'engage et des subjectivités tendent à s'exprimer. L'art donne à voir les ficelles du corps, interrogeant par là sa prétendue nature et révélant ses identités multiples, sa capacité transformatrice.

    Ces corps artificiels répondent à l'idéologie prégnante du corps contraint dans laquelle celui-ci - et particulièrement celui de la femme - se voit bien souvent réifié.
    Corps mécanique, automate : ils dialoguent avec de nombreuses figures tant présentes dans le domaine de la littérature, de la danse ou même des arts plastiques. À quels mythes de la grâce, de la contrainte et de l'altérité « ces gestes empruntés » font-ils écho ? En quoi ces mythes hantent-ils les figures contemporaines ? Ne mènent- elles pas, en retour, à interroger le mythe et à entrevoir, derrière son dessein normatif, son potentiel subversif ?

    C'est en proposant un savant dialogue entre Aby Warburg et Marcel Mauss qu'Anne Creissels étudie le geste comme un vecteur privilégié d'identité, liés aux attentes sociales, politiques, aux idéologies, au pouvoir, à des mythes et à des fantasmes. Son approche diachronique et transdisciplinaire concilie héritage et contemporanéité, traditions et modernités, à travers des figures parfois grotesques, d'autres fois sublimes, mais toujours poétiques, à l'image du point de départ de cet essai, Der Eintänzer (1978) de Rebecca Horn.

  • The great exhibition

    Gilbert & George

    • Luma
    • 1 September 2018

    Catalogue monumental bilingue (français / anglais) de la quadruple exposition rétrospective majeure de Gilbert & George, célébrant 50 ans d'une pratique commune marquée par l'impertinence et la démesure, revenant en images sur une vaste sélection d'expositions historiques et d'oeuvres emblématiques, avec cinq entretiens du duo d'artistes par Hans Ulrich Obrist et Daniel Birnbaum.

    A l'heure où Gilbert & George se penchent sur leur pratique des cinquante dernières années, et donc de l'Art créé ensemble, Luma présente The Great Exhibition, une rétrospective majeure conçue par les commissaires d'exposition Hans Ulrich Obrist, directeur artistique des Serpentines Galleries, Londres, et Daniel Birnbaum, directeur du Moderna Museet, Stockholm, en collaboration avec les artistes. Cette exposition permet d'appréhender l'univers complet de Gilbert & George.
    A travers un ensemble exceptionnel de plus de 80 oeuvres, The Great Exhibition, 1971- 2016 propose de se plonger dans cinq décennies d'un art qui ne cache pas son dessein : « faire surgir le bigot du libertaire et inversement faire surgir le libertaire du bigot », pour reprendre les propres termes de Gilbert & George.
    La mort, l'espoir, la vie, la peur, le sexe, l'argent, le communautarisme, la religion sont les sujets principaux de leurs images à la fois comiques et tragiques, jouissives et effrayantes, grotesques et austères, surréalistes et symboliques. Frontale et sans détour, l'intensité de l'iconographie de Gilbert & George peut choquer. Pourtant, ces artistes ne cherchent pas tant à choquer qu'à dé-choquer : ils ne font que donner à voir ce qui existe, mieux : ce qui se déroule sous leurs yeux pleins de magie, dans un monde tout aussi dangereux que merveilleux. Des punks aux hipsters, des policiers aux marginaux, des gros titres de la presse aux petites annonces en tous genres, Gilbert & George explorent dans leurs séries le monde nu, tel qu'ils le contemplent.
    En féroces sentinelles, ils dressent une chronique effrontée du passé, du présent et du futur. Démocratique, généreuse et extravagante, The Great Exhibition l'est tout autant que ses créateurs qui fustigent l'élitisme et prônent un « Art pour Tous », dans l'universalité des émotions humaines. Une exposition en forme de manifeste pour la liberté d'expression.

    Publié à l'occasion des expositions éponymes à Luma, Arles, du 2 juillet 2018 au 6 janvier 2019, au Moderna museet, Stockholm, du 9 février au 12 mai 2019, à l'Astrup Fearnley Museet, Oslo, du 12 septembre 2019 au 12 janvier 2020, et au Reykjavík Art Museum, du 30 mai au 20 septembre 2020.

  • Le numérique s'est immiscé dans toutes les sphères, privées, publiques et professionnelles, de nos sociétés et les a façonnées. Depuis toujours, les artistes, se saisissent des techniques ou technologies de leur temps afin d'en témoigner.
    À chaque innovation détournée correspondent ainsi des oeuvres, mais il faut du temps au monde de l'art pour intégrer de nouvelles pratiques comme de nouveaux médias. Impatients, les plus fervents défenseurs de l'art numérique se sont structurés en communautés à l'international en organisant des événements dédiés.
    Leurs pratiques arrivent aujourd'hui à maturité et le public est culturellement prêt à accueillir leurs créations comme il le fait déjà au sein de festivals.
    On remarque, dans un même temps, les premiers signes d'une acceptation du digital dans l'art au travers des institutions comme sur le marché dont on sait la position dominante. L'objet de ce livre est d'étudier les oeuvres des pratiques actuelles sans se focaliser sur leur part de numérique. De les analyser dans le contexte de leur monstration en les assemblant pour qu'ensemble elles dialoguent. Afin de démonter que le numérique n'est autre qu'un médium de l'art contemporain dont il convient toutefois de considérer les spécificités.

  • Le lettrisme et son temps est le premier travail collectif ayant pour ambition de mieux faire comprendre les enjeux historiques d'un mouvement qui se voulait d'avant-garde après 1945. L'ouvrage propose de raccrocher le lettrisme à une histoire des idées au XXe siècle dans le souci d'une pluridisciplinarité assumée et dans une dimension transnationale.

    De nombreux chercheurs de disciplines différentes ont été conviés pour faire le point sur un groupe d'artistes à la fois peu connu et dont il fallait réviser la portée et l'inscription dans l'histoire et le champ de l'art contemporain. Des pratiques performatives à la danse, en passant par la photographie, la peinture, la littérature érotique ou plus encore les collectionneurs, les théories de l'information, la réception italienne, roumaine ou américaine, le cinéma, les hypertextes, le judaïsme, c'est toute une histoire culturelle et visuelle qui est revisitée. Cet ouvrage propose de raccrocher le lettrisme à une histoire des idées au XXe siècle dans le souci d'une pluridisciplinarité assumée et dans une dimension transnationale. Le lettrisme s'inscrit désormais non plus comme une parenthèse entre le surréalisme et l'Internationale Situationniste mais comme une trajectoire de création ayant façonnée bien des sensibilités artistiques contemporaines.

  • Le douzième numéro du magazine surréaliste et provocateur conçu par Maurizio Cattelan et Pierpaolo Ferrari présente 22 nouveaux tableaux vivants oniriques (ou cauchemardesques), une collection de photographies scabreuses, drôles, absurdes et déviantes qui interroge notre obsession contemporaine pour les images.
    Fondé en 2010 par Maurizio Cattelan et le photographe Pierpaolo Ferrari (Le Dictateur), Toilet Paper est un magazine sans équivalent. Dans le sillage de Permanent Food et de Charley, les projets cultes de Cattelan, Toilet Paper, mi-livre d'artistes, mi-magazine, interroge notre obsession contemporaine pour les images en explorant nos désirs et pulsions les plus indicibles. Constitué exclusivement de photographies, dont chacune est minutieusement construite au sein d'un environnement mental spécifique, Toilet Paper pervertit les codes de l'iconographie médiatique, empruntant à la mode, à la publicité, au cinéma, combinant photographie commerciale, récits visuels tordus et imagerie surréaliste pour créer une série de tableaux saisissants, mélanges de normalité dérangeante et de troublante ambiguïté, devant lesquels l'effroi se mêle au plaisir visuel. oeuvre d'art en tant que telle, Toilet Paper interroge aussi, de par l'accessibilité du format magazine et une large distribution, la nature et les limites du marché de l'art contemporain.

  • La plus célèbre peinture de Johann Heinrich Füssli, Le Cauchemar, plusieurs fois répliquée à la fin du XVIIIe siècle en raison de son immédiat succès, est assez emblématique de cette riche livraison. L'artiste représente dans le même espace une jeune femme abandonnée à ses mauvais rêves, à ses tourments, peut-être érotiques, puis l'objet de ses supposées visions qui prennent physiquement possession de son corps - un démon accroupi sur sa poitrine et un cheval aveugle et fou traité comme un spectre.

    Cette image extraordinaire lance une passerelle entre le dossier monographique consacré à l'écrivain argentin Alan Pauls (dirigé par André Gabastou), dont le roman Le Passé montre comment la pathologie amoureuse transforme les individus en fantômes, en morts-vivants, en restes d'êtres calcinés par la passion, puis le dossier thématique Furor (composé par David Collin) qui questionne l'usage du terme « fureur » à la fois synonyme de la folie, de l'incompréhensible, de la terreur, mais qui rime également avec une « saine colère », l'inspiration, la rébellion lucide. Le premier corpus, autour d'Alan Pauls, regroupe un entretien sur ses fictions et son écriture romanesque, une lecture de son essai sur Borges, un court texte d'Enrique Vila-Matas sur Le Passé, puis un essai inédit de Pauls consacré au doublage et à la disjonction entre voix et corps. Le second ensemble s'attache à préciser plusieurs acceptions de « furor » en analysant son étymologie latine, puis réunit une lecture des Trois fureurs (1974) de Jean Starobinski (Ajax, Füssli, Evangile), au regard des colères meurtrières récentes, un montage de textes de la revue Furor de Daniel Wilhem, puis un essai de Cécile Bargues sur la part furieuse de Dada.

    Dans la rubrique « Recherches et idées », nous rassemblons des travaux en cours d'élaboration ou qui marquent une étape dans un processus de réflexion. Muriel Pic livre un essai sur l'auto-observation et le témoignage de soi chez Henri Michaux, auteur sur lequel elle poursuivra ses investigations dans les mois à venir, Philippe Baudouin prend pour point de départ une causerie de Gaston Bachelard sur la rêverie radiophonique pour nous faire voyager au pays des voix et Anne Creissels continue une série sur les arts des années 1970 (Gianni Piacentino, Tony Morgan), entamée par d'autres dans Hippocampe, en présentant l'oeuvre d'Ana Mendieta. Enfin, l'écrivain, dessinateur et plasticien Daniel Nadaud publie un projet en cours d'élaboration autour des pigeons voyageurs et du rôle stratégique qu'il jouèrent en temps de guerre. La riche section « Créations » confronte les peintures de Natalia Ossef, les poèmes de l'australien Les Murray, d'Antoine Mouton et de Laura Vazquez, et Bruno Carbonnet enquête sur les traces d'un paquebot échoué en Corée du Sud.

  • 75 oeuvres reproduites, 25 artistes, 4 textes incontournables jamais traduits d'artistes majeurs et 1 carte dessinée par une introduction claire, vous embarquent pour un voyage au coeur de l'art non-officiel russe depuis 50 ans, si singulier, si divers. Une aventure qui, en creux, questionne : L'art russe post-soviétique est-il vraiment sorti du souterrain, ce motif fondamental dans la culture classique russe si cher à Dostoïevski ? Au regard des ressemblances entre la « propagande consumériste » du monde occidental et la « publicité idéologique » de l'URSS : La pratique de l'art n'était pas toujours confrontée, ici, aux mêmes enjeux qu'en Russie ?

    Evénement : Exposition au Centre Pompidou du 14 septembre 2016 à mars 2017.
    Présentation de cent oeuvres contemporaines russes (de 1970 à nos jours) récemment acquises par le musée (donations et achats).
    Le catalogue de l'exposition ne sortira pas avant janvier 2017. L'aventure de l'art non-officiel Russe - Du dégel à nos jours est le seul ouvrage à traiter ce sujet dans sa globalité.

  • Plus de dix ans après le succès de Qu'est-ce que l'art aujourd'hui ?, Beaux Arts éditions refait le point sur l'art de la première décennie du XXIe siècle.

    Une première partie explore la géographie de l'art, l'évolution du statut de l'artiste et des pratiques actuelles, à travers les témoignages de professionnels de l'art contemporain.
    Une seconde partie, s'appuyant sur une sélection d'oeuvres emblématiques, s'organise autour de neuf grandes thématiques. Cette présentation synthétique permet au lecteur de se repérer dans le foisonnement de la création avec pour ambition de faire comprendre et aimer l'art contemporain.

  • Que serait une exposition qui, au lieu de prendre place dans un musée ou dans une galerie, prendrait place au cinéma ? (un projet de Mathieu Copeland).
    L'ouvrage L'Exposition d'un film fait suite à une exposition éponyme réunissant quarante-six artistes internationaux autour d'une même interrogation : que serait une exposition qui, au lieu de prendre place dans un musée ou dans une galerie, prendrait place au cinéma ? Une exposition prenant la forme d'un film présenté en salle de cinéma et contrainte par les propriétés intrinsèques de cet espace social, L'Exposition d'un film s'affirme à la fois comme un film exposé, le film d'une exposition ou encore comme une exposition filmée.
    Prolongeant le questionnement amorcé au travers de L'Exposition d'un film, l'ouvrage se donne pour ambition, à partir d'un ensemble d'entretiens, de textes de commande et de textes republiés pour l'occasion, de revenir sur le rapport entre l'exposition et le film : leurs temporalités, leurs espaces, ou encore leurs modes de productions.
    Contributions de Mac Adams, Chantal Akerman, Fia Backström, Darren Banks, Eva Barto, François Bovier, Olivier Castel, Philippe Decrauzat, Peter Downsbrough, Tim Etchells, Morgan Fisher, Liam Gillick, John Giorno, Lore Gablier, Philippe Grandrieux, Joanna Hogg, Isidore Isou, Christian Lebrat, Anne Marquez, Charles de Meaux, Claudia Mesch, Philippe-Alain Michaud, Meredith Monk, Charlotte Moth, Mai-Thu Perret, Lee Ranaldo, Denis Savary, Laurent Schmid, Leah Singer, Susan Stenger, Phoebe Unwin, Andrew V. Uroskie, Ben Vautier, Alan Vega, Jacques Villeglé, Lawrence Weiner, Apichatpong Weerasethakul, Ian White.

  • Jean-Guy Coulange est un homme de sons qui accompagne les tournages de ses essais radiophoniques par des notes et des photographies, qui elles aussi sont des notes, une manière d'arrêter le réel. Ce matériel qui complète l'oeuvre sonore, nous immerge dans le chantier d'un artiste, avec un art subtil de composer avec l'inattendu. Si nous suivons le parcours et les pensées d'un homme, nous profitons également de ses réflexions sur la radio, sur la prise de son et la qualité de l'écoute.
    Dans ses carnets, Jean-Guy Coulange nous raconte des histoires de sons et les chemins qui y mènent. Nous suivons sa quête dans chaque projet qu'il accompagne, et plus mystérieusement nous touchons aux frontières entre le son et le silence, entre ce qui se dit et ce qui ne se dit pas.
    Lire Coulange, c'est voyager avec lui, reprendre les mêmes chemins et comprendre peu à peu, par le texte et l'image, comment se construit une oeuvre. De l'Île-Grande à Aran, de Brest à Langada ou au Havre... Ce qui frappe dans l'écriture de Jean-Guy Coulange, habitée par de nombreuses références littéraires, c'est l'économie de la phrase. C'est de l'écriture, un texte qui nous apprend à écouter différemment dans toutes les étapes de la création.

  • Un dimanche, une oeuvre, cycle de conférences initié en 1997 au Centre Pompidou par le critique d'art et commissaire d'expositions Marc Archambault, se voulait l'occasion de porter un regard approfondi et singulier sur une oeuvre choisie dans les collections du Musée, par un artiste, un conservateur, un écrivain, un historien ou un critique d'art. Cela avait lieu tous les dimanches à 11h30, à l'IRCAM d'abord puis dans la Petite salle, au premier sous-sol du Beaubourg. Vu le jour et l'heure, c'était un pari. Il a été gagné.
    Cet ouvrage, publié grâce à la complicité et à l'amitié des contributeurs, est un hommage à Marc Archambault et l'affirmation d'une conviction qui était la sienne : si l'amour de l'art existe, il ne se manifeste vraiment que dans les rencontres, toujours personnelles, avec des oeuvres, par définition singulières.

  • Cette étude historiographique consacrée au théoricien de l'art, écrivain et militant anarchiste allemand Carl Einstein (1885-1940), contemporain des avant-gardes, acteur de quelques-unes de leurs opérations les plus marquantes (Dada à Berlin, le cubisme, etc.), qui fut aussi leur premier historien, explore plusieurs couches de l'histoire du début du XXe siècle et ouvre une réflexion critique sur quelques tropismes épistémologiques d'aujourd'hui.

    Si l'art a pour tâche d'organiser le sensible afin de former des hommes libres, cette liberté ne peut surgir que de formes symboliques contraignantes, aux antipodes du libéralisme moderne : cet impératif paradoxal fut commun aux avant-gardes historiques et à leur premier historien - Carl Einstein, intellectuel allemand qui a circulé entre les disciplines et qui s'est consacré autant à l'écriture qu'à l'action politique. Constante durant les trente années traversées par ce livre (1910-1940), la tension entre contrainte et liberté s'est exprimée selon cinq temporalités différentes : apocalypse primitive, présentisme, dialectique du tragique, mythe et longue durée. Chaque fois, ces temporalités se glissaient dans des dispositifs formels précis et véhiculaient des rapports changeants entre l'art, les sciences de l'homme et l'action politique. Cet ouvrage est une étude historiographique, une sonde explorant plusieurs couches de l'histoire de cette période et, enfin, une réflexion critique sur quelques tropismes épistémologiques d'aujourd'hui.

  • Pretty much every film and video work from about 1992 until now.
    - Un livre d'art sur une installation de Douglas Gordon que l'artiste considère comme son oeuvre majeure.
    - Le catalogue raisonné d'une oeuvre.
    - Le catalogue d'une exposition.
    - Un jeu de 101 cartes postales à envoyer.
    - Un livre-installation (que le lecteur peut ordonner à sa guise) Pretty much every film and video work from about 1992 until now.
    Pretty much every film and video work from about 1992 until now., oeuvre majeure de Douglas Gordon, ras- semble, en 101 moniteurs, ses 82 vidéos de 1992 à aujourd'hui. Cette installation aborde les thèmes récurrents dans son oeuvre - fait et fiction, vie et mort, innocence et culpabilité, bien et mal - tout en traitant de la ques- tion de l'identité et l'intériorité du sujet à travers l'appropriation d'images et la distorsion du temps. En sollici- tant sa mémoire et les souvenirs fragmentés en lien avec le cinéma et la culture rock, cette oeuvre fait appel au spectateur.

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