• Wednesdays at A's Nouv.

    L'appartement new-yorkais de l'artiste Arleen Schloss a vu se succéder, à partir d'octobre 1979, les expérimentations d'une tribu improbable entre no wave, poésie sonore et arts visuels. Ce sont les Wednesdays at A's, dont le programme hybride et radical emplit chaque semaine, dix-huit mois durant, le loft du 330 Broome Street de concerts, performances, lectures ou expositions, toujours animés par une exigence festive.
    Pour annoncer les événements, des dizaines de flyers sont réalisés à la photocopieuse par les artistes invités et les amis. Dessins, collages, détournements, jeux typographiques et annotations manuscrites peuplent ainsi un ensemble bigarré de traces vouées à l'éphémère, quoique déjà quelque peu fétichisées par les protagonistes. Ces flyers racontent au plus près l'aventure des Wednesdays at A's, de façon chronologique, comme ils témoignent des préoccupations d'une période fertile où les corps et les machines se rencontrent, au-delà des genres et des disciplines, dans une ville au bord de la faillite.
    Baptiste Brévart et Guillaume Ettlinger ont rencontré Arleen Schloss à New York en 2011. Ils ont entamé ensemble un travail archéologique sur cette mémoire évanescente et ils ont rassemblé un grand nombre de documents exceptionnels et inédits. Avec la précieuse contribution de Pauline Chevalier et Guillaume Loizillon, ils retracent ainsi une histoire parallèle des arts à New York dans les années 1980.

  • Après ses livres d'entretiens sur le monde de l'art contemporain qui ont connu un grand succès (Galeristes en 2010, Collectionneurs en 2012, Artistes, en 2014), Anne Martin-Fugier a interrogé quinze femmes actrices de l'art contemporain en France durant les cinquante dernières années.
    Elle n'a pas choisi des artistes, mais des « témoins », journalistes, galeristes, directrices d'institutions publiques et privées qui, partout en France, participent à la diffusion de l'art contemporain avec leur énergie et leur sensibilité. Leurs trajectoires et leurs récits constituent un panorama du monde culturel d'aujourd'hui.

  • Quelle est la fonction de la peinture contemporaine ? quels sont les rapports qu'elle entretient avec la musique, la poésie, les mathématiques, la biologie ?
    Quels sont les pouvoirs de la ligne, de l'espace, de la forme, de la couleur et comment expriment-ils notre conscience nouvelle de nous-mêmes et de l'univers ?
    Telles sont les questions fondamentales auxquelles klee apporte une réponse dans théorie de l'art moderne.
    Ce livre groupe pour la première fois l'ensemble des textes théoriques parus du vivant de l'artiste, dont les célèbres esquisses pédagogiques; il ouvre au lecteur le chemin de la création picturale.
    Il a, dans notre siècle, une importance égale à celle des carnets de vinci pour l'art et la pensée de la renaissance.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Ce livre propose pour la première fois de retracer l'histoire de l'iconophagie depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours selon une approche pluridisciplinaire mêlant histoire de l'art, anthropologie, histoire culturelle et matérielle, histoire du corps et histoire des sens. En effet, les images n'ont pas toujours été vouées à la vue, elles ont également pu être incorporées, bues ou mangées pour se protéger, se soigner, entrer en relation avec le divin ou encore constituer des communautés. Songeons, entre autres exemples, à cette hostie portant une représentation du Christ et des Apôtres, à cette Vierge allaitant en pain d'épices, à cette statue de Marie qui, pourvue d'un tuyau au niveau de la poitrine, pouvait "miraculeusement" faire couler du lait et abreuver le fidèle, ou encore à toutes ces représentations nous montrant des hommes, des femmes ou des enfants absorbant ou mangeant à pleines dents des images sacrées comme sucrées. Fidèle aux principes de la collection "Les apparences", Jérémie Koering propose d'analyser les enjeux culturels et les imaginaires qui traversent l'ingestion de ces images. Tout en s'inscrivant dans le champ de l'histoire de l'art et de l'anthropologie, cet ouvrage ouvre un pan encore inexploré de l'histoire de l'art. Cette étude inédite n'a, par conséquent, aucun équivalent éditorial en sciences humaines.

  • New York a-t-il vraiment été le centre de l'innovation artistique depuis 1945, comme on le lit partout?? Une hégémonie mondiale s'étudie à l'échelle mondiale. Or, l'approche comparée démonte le mythe de l'art new-yorkais et souligne l'apparition, dès les années 1950, d'un système internationalisé mais inégalitaire de production des oeuvres et des carrières. Fondé sur le renouvellement rapide des écuries artistiques et la recherche systématique de l'originalité, ce système spéculatif entretenait la concurrence entre pays, musées, marchands, artistes et collectionneurs. Dans une perspective aussi bien sociale et économique qu'esthétique et géopolitique, Béatrice Joyeux-Prunel explore cet univers des avant-gardes artistiques de 1945 à 1970.
    Cette histoire mondiale de l'art parle aussi des oeuvres et des personnes. Elle interroge des tournants mondiaux étonnants?: le choix matiériste de certains artistes dans les années 1950, la violence sadomasochiste de quelques groupes après 1961, et la soudaine politisation des artistes vers 1965 (alors que Mao, Cuba, le Vietnam et la décolonisation les avaient jusque-là peu intéressés).
    Du concrétisme brésilien à l'art cinétique italien et yougoslave, des Neo-Dada Organizers japonais aux actionnistes viennois, en passant par les mondialisations hétérogènes du happening et du pop art, ce livre permet de comprendre ce que nos musées érigent en canon, tout en dévoilant des histoires méconnues du monde de l'art contemporain.

  • Voici pour la première fois réunies 200 revues d'art du 20e siècle avec 450 fac-similés. Transdisciplinaire et internationale, cette sélection est issue de la bibliothèque Kandinsky du centre Pompidou, qui, avec plus de 8000 revues est l'un des fond les plus riches au monde. Selon un déroulé chronologique, cette somme vient combler un manque en librairie : une autre histoire de la modernité au travers de l'extraordinaire inventivité de 200 aventures éditoriales.

  • Une anthologie de tous les textes que John Berger a consacrés à des artistes au cours de sa vie. Une oeuvre monumentale d'une richesse inouïe et surtout d'une très grande originalité car elle constitue une galerie de portraits couvrant toute l'histoire de l'art de la Préhistoire à nos jours, sans être pourtant un livre d'histoire de l'art.
    John Berger nous introduit non pas dans l'intimité biographique des artistes, mais nous fait partager leur compagnie.
    Il s'invite dans leur atelier par delà les siècles, il les questionne, il enquête pour révéler les questions qui les habitent, les observant avec une acuité et une intelligence rares.
    Les réflexions sur l'art de cet auteur sont encore trop méconnues en France, où l'on connaît mieux ses romans, ses récits ou même les scénarios de certains des films qu'il a coécrits avec Alain Tanner dans les années 80. Ce volume entend combler ce manque en portant à la lumière un nombre considérable de textes. Si certains de ces textes ont déjà été traduits et publiés, notamment dans la presse, la plupart sont encore inédits.
    Au total, 136 textes consacrés à 102 artistes, dans un volume de 720 pages, imprimé sur papier Bible et à la reliure souple (type Pléiade). Un livre dessiné par l'un des graphistes les plus reconnus et originaux en France (Philippe Millot) et fabriqué avec le plus grand soin.
    John Berger (1926-2017) fut à la fois romancier, scénariste, peintre et critique d'art. Ses écrits sur l'art occupent une place centrale dans son oeuvre et ont été lus et commentés dans le monde entier.
    Pour un grand nombre d'entre eux, ils restent encore à découvrir en France.

  • Comment s'opère une révolution symbolique et comment réussit-elle à s'imposer ? À travers le cas exemplaire d'Édouard Manet, c'est à cette question que Pierre Bourdieu a consacré les deux avant-dernières années de son cours au Collège de France.

    Située en pleine crise de l'Académie, à un moment où la croissance du nombre des peintres remettait en cause la tutelle de l'État sur la définition de la valeur artistique, la rupture inaugurée par Manet a abouti à un bouleversement de l'ordre esthétique. En abordant la genèse des tableaux de Manet comme une série de défis lancés à l'académisme conservateur des peintres pompiers, au populisme des réalistes, à l'éclectisme commercial de la peinture de genre et même aux « impressionnistes », Bourdieu montre qu'une telle révolution est indissociable des conditions d'émergence des champs de production culturelle.

    Cours au Collège de France (1998-2000) suivis d'un manuscrit inachevé de Pierre et Marie-Claire Bourdieu.

  • Ce livre est un traité d'esthétique paradoxale. Une esthétique que Georges Didi-Huberman développe à partir de l'analyse minutieuse - textes et images mêlés et confrontés - de Documents, la revue d'art que Georges Bataille, avec ses compagnons Michel Leiris, Carl Einstein, Marcel Griaule, et quelques autres, a dirigée en 1929 et 1930.
    Dans cette revue, Bataille a fait preuve d'une stupéfiante radicalité dans la tentative de dépasser, de « décomposer » comme il disait, les fondements mêmes de l'esthétique classique.
    Et il le fit autant dans la production théorique de quelques notions explosives que dans la manipulation pratique, concrète, des images qu'il convoquait et montait les unes avec les autres pour mieux éprouver leur efficacité.
    Ce livre tente de dégager une leçon de méthode pour l'histoire de l'art et pour l'esthétique d'aujourd'hui : la conjonction d'une pensée transgressive et d'une pensée déjà structurale, la conjonction des avant-gardes artistiques (peinture, sculpture, cinéma, photographie) et des sciences humaines (archéologie, histoire, ethnologie, psychanalyse). Tout cela fait de Documents un véritable moment clef dans notre pensée moderne de l'image: un moment de gai savoir visuel dont nous devons, aujourd'hui plus que jamais, méditer la généreuse leçon.

  • Un ouvrage complet et indispensable qui présente par ordre chronologique les multiples courants qui ont agité le XXe siècle, sans négliger aucune forme artistique. Bernard Blistène associe à chaque mouvement une série d'oeuvres majeures, les explicite clairement en s'appuyant sur des citations et de multiples illustrations.
    Enfin, une chronologie accompagne chaque chapitre afin de mettre en évidence les synergies qui ont opéré entre les artistes se ralliant à un même mouvement.
    L'auteur, récemment nommé directeur du développement culturel du Musée national d'art moderne (Centre Pompidou), nous entraîne dans différents univers : peinture, sculpture, architecture, bien sûr, mais aussi graphisme, vidéo, design, performances... nous prouvant une nouvelle fois que l'art, a fortiori celui du XXe siècle, est multiple.

  • Un très beau livre, qui retrace, avec esprit, l'histoire de l'art, de ses origines à nos jours.Une présentation esthétique et très pratique pour comprendre les oeuvres les plus marquantes de l'histoire de l'art et pour connaître le contexte de leur création.L'ouvrage se divise en sept chapitres chronologiques, depuis l'art égyptien jusqu'à nos jours.Chaque période s'ouvre par une introduction qui explique les différents courants et les grands principes esthétiques de l'époque. Chaque courant ou artiste est présenté par une oeuvre, représentative de son style ou de sa démarche.Un texte enlevé et passionnant pour décrypter l'apport de chacune de ces grandes oeuvres et pour souligner l'originalité et l'inventivité de leur créateur.Des encadrés expliquent la manière ou la technique de chaque artiste.

  • Docteur d'Etat ès lettres et sciences humaines, Serge Lemoine enseigne depuis 1968; il a été notamment le premier titulaire de la chaire d'histoire de l'art du XXe siècle à l'école du Louvre, qu'il a occupée de 1981 à 1987.
    Depuis 1989, il est professeur à la Sorbonne. A partir de 1986, il a dirigé le musée de la ville de Grenoble dont il a assuré également la construction du nouveau bâtiment. Son action à la tête de cet établissement a été saluée en 1996 par l'attribution du grand prix national des Musées. C'est en 2001 qu'il a quitté cette institution à laquelle il aura donné une envergure internationale et un rayonnement nouveau, pour être nommé à la direction puis à la présidence du musée d'Orsay à Paris.
    Depuis 1970, Serge Lemoine a réalisé de très nombreuses expositions en France et à l'étranger pour promouvoir l'art du XIXe et du XXe siècle, notamment "Paris-Berlin" en 1978 (en collaboration) et "Kurt Schwitters" en 1995 au Centre Georges-Pompidou à Paris, plus récemment "Vers l'art moderne: de Puvis de Chavannes à Matisse et Picasso", au Palazzo Grassi à Venise en 2002, "Aux origines de l'Abstraction ", présentée en 2003 et "Le Néoimpressionisme de Seurat à Paul Klee" en 2005, au musée d'Orsay, "Trésors impressionnistes des collections nationales françaises" montrée à Pékin, à Shanghai et à Hong Kong en 2004 et 2005; ou encore "Vienne 1900: Klimt, Schiele, Moser, Kokoschka", au Grand Palais à Paris en 2005, "L'art de Monet et sa postérité" en 2007 à Tokyo.
    Serge Lemoine a publié de très nombreux articles et ouvrages dédiés à l'histoire de l'art de la fin du XIXe et du XXe siècle, ainsi qu'à l'art contemporain.

  • Bill Viola

    Bill Viola

    Paroles d'artiste, une collection de poche pour de´couvrir ou rede´couvrir les grands mai^tre de l'art ancien, moderne et contemporain.
    « L'art, pour moi, est une tentative de réveiller l'âme ; une âme que le monde industrialisé dans lequel nous vivons préfère endormie. » Bill Viola, Journal, non daté

  • Parmi les nombreux sujets auxquels s'est intéressé Daniel Arasse, il en est un auquel il convient d'accorder une attention particulière, car c'est sans conteste le plus méconnu.
    Il concerne le siècle des lumières à travers des écrits qui à ce jour ne sont plus disponibles ou extrêmement difficiles d'accès. Ces textes sont les suivants :
    « Diderot et Greuze ».
    « Les Salons de Diderot : le philosophe critique d'art ».
    « L'image et son discours, deux descriptions de Diderot ».
    « L'homme des lumières ».
    « Le roi ».
    « Le théâtre de la guillotine ».
    « Les transis », Andrès Serrano.

    Textes réunis par Catherine Bédard-Arasse. Réunis et présentés par Danièle Cohn.
    />

  • Histoire du surrealisme

    Maurice Nadeau

    • Points
    • 1 February 1970

    Ouvrage proprement historique où le mouvement surréaliste, qui s'est développé entre les deux guerres mondiales, est présenté à travers les gestes, les paroles et les écrits des breton, tzara, aragon, eluard, jarry, picabia....
    Toute l'activité surréaliste (réunions, débats, manifestes, revues, crises) est ici décrite avec le souci de la confronter avec les principaux événements artistiques, politiques et sociaux de l'époque.

  • Les racines du romantisme

    Isaiah Berlin

    • Rn
    • 17 September 2020

    Dans ce livre l´un des historiens des idées les plus influents du XXe siècle dissèque et analyse un mouvement qui a changé le cours de l´histoire. Brillant, rafraichissant, immédiat et éloquent, ces essais célèbres sont une performance intellectuelle originale et aboutie. Isaiah Berlin y passe en revue les nombreuses tentatives de définir le romantisme, distille son essence, retrace son évolution depuis ses premiers soubresauts jusqu´à son apothéose, et montre comment ce mouvement continue d´influencer notre vision du monde, en s´appuyant sur des artistes et penseurs aussi illustres que Kant, Rousseau, Diderot, Schiller, les Schlegel, Novalis, Goethe, Blake, Byron ou Beethoven, dont les idées et le comportement ont façonné, selon Berlin, le nationalisme, l´existentialisme, la démocratie, le totalitarisme du vingtième siècle, ainsi que nos idées à propos des individus héroïques, de la réalisation de soi, et du rôle exaltant dévolu à l´art.

  • « Une ruine nouvelle s'offre depuis une trentaine d'années, monumentale à sa manière et proliférante : villes détruites, murs en lambeaux, usines abandonnées qui ne cessent d'appeler le regard. Étrangement nous voulons toujours les voir, jamais repus de leur fouillis de natures mortes ou de leur austérité massive, jamais lassés malgré la répétition qui les constitue pourtant aujourd'hui en lieu commun. Il faut le reconnaître : la ruine est un objet d'amour. Elle nous tient à la merci de ses images qui, toujours plus vues et connues, ne perdent en rien de leur pouvoir d'attraction. Cette avidité qui fait que la ruine est partout et que s'en multiplient les images dans les galeries et sur les écrans, réelles ou fictionnelles, contient une dimension d'énigme. Quel est cet objet qui, si pauvre et sale et revu soit-il, nous tient ainsi l'oeil en haleine ? Quel est ce désir de ruine ? »

  • « Ma conviction relativement à l'histoire de l'art : au commencement était le regard, et non le verbe... » Otto Pächt.
    Qu'est-ce qu'une oeuvre d'art ? Comment l'approcher, la comprendre, l'interpréter ? Quelle différence entre oeuvre d'art et « chose d'art » ? Qu'en est-il des méthodes historique, génétique, iconographique, formaliste, sociologique ? Faut-il les exclure, les combiner ? Que faut-il penser de Riegl, Dvorák, Sedlmayr, Gombrich et, en général, des fondateurs de l'esthétique du XX? siècle ?
    Ce livre fut à l'origine un cours professé à l'université de Vienne pour donner aux étudiants et aux futurs historiens de l'art une méthode d'investigation qui tirerait parti des différentes théories en présence. Rien d'abstrait : Otto Pächt analyse de très près un ensemble d'oeuvres célèbres : enluminures, mosaïques, tableaux de Dürer ou de Rembrandt, la Judith de Donatello, la chapelle Pazzi de Brunelleschi... Chemin faisant, il soumet des auteurs célèbres, Von Schlosser, Wind, Gombrich, au crible de la critique. Il plaide pour une appréhension génétique des écoles et des oeuvres, emprunte avec modération à la psychologie de la forme et préconise un usage circonspect de l'iconographie.

  • "On a pris l'habitude d'entendre sous le nom de Baroque le style qui marque la dissolution de la Renaissance ou - selon une expression plus fréquente - sa dégénérescence.
    Ainsi s'ouvre Renaissance et Baroque, le premier livre de Wölfflin, jeune esthéticien presque inconnu. Son texte marqua autant un tournant méthodologique qu'un bouleversement dans l'histoire du goût ; en 1888, en effet, le Baroque se voyait encore réduit à une simple dilapidation de l'héritage de Raphaël et de Bramante, voire même ravalé au registre presque pathologique du bizarre. En cette fin de XXe siècle, deux lectures simultanées s'imposent.
    L'une permettra d'envisager ce premier essai à l'aune du dernier, les principes fondamentaux de l'histoire de l'art, maître ouvrage de Wölfflin publié en 1915, et d'y voir la première pierre apportée à son système formaliste de la maturité. La seconde elle, frappera toujours le lecteur contemporain par l'audace de la thèse que sous-tend l'enthousiasme de la jeunesse, rendant aussi nécessaire une lecture autonome.
    L'admiration qui liait Wölfflin à Burckhardt se teintait malgré tout d'une certaine réserve l'histoire culturelle que prônait son maître bâlois souffrait, à ses yeux, d'une impossibilité majeure, l'absence de passage entre le monde des idées et l'univers des formes. Aspirant à remédier à ce hiatus entre fond et forme, Wölfflin entreprendra Renaissance et Baroque; en dépit de certaines hésitations théoriques, son ouvrage s'avérera d'une fécondité exemplaire pour l'avenir de l'histoire de l'art.
    Dans Renaissance et Baroque, l'auteur, sans pour autant nier la notion d'"ambiance culturelle", se refusera à "penser l'es oeuvres d'art en fonction des conflits religieux, politiques" ; malgré ce souci formaliste déjà clairement énoncé, le contexte socio-culturel ne sera pas vraiment éliminé de son approche initiale de l'évolution des styles. Ainsi, ce texte révèle les ambiguïtés de la pensée du jeune Wölfflin qui hésite encore entre les concepts de période historique et de catégorie esthétique ; on sait qu'il résoudra par la suite ce dilemme en affirmant de plus en plus l'autonomie de la sphère artistique.
    Héritier de l'enseignement du Berlinois Dilthey, qui voyait dans l'art des "tendances fondamentales de l'homme", WöIfflin aura l'intuition que le "sentiment vital d'une époque" s'inscrit prioritairement dans les oeuvres d'art, l'analyse des formes se fondant sur l'expérience vécue. Ce n'est que plus tard qu'il prendra connaissance, au contact du sculpteur Hildebrandt, des notions de "visualité pure".
    L'auteur décrit avec clarté l'évolution de l'art romain entre 1520 et 1630, le moment culminant se situant vers 1580. Concernant le Baroque, l'innovation était de taille et l'invention du concept de maniérisme par la génération suivante, afin de mieux cerner une part notable de l'art de cette époque, n'infirme en rien la validité de la méthode et la force de la réhabilitation. D'emblée, WöIfflin s'inscrivait dans la lignée des théoriciens de l'art qui modifièrent le cours naturel du goût: Winckelmann pour l'art classique, Burckhardt pour la Renaissance et Riegl pour l'art dit barbare.
    Ecrit en pleine vogue du wagnérisme et alors que l'on redécouvrait parallèlement l'art hellénistique, cet essai demeure, un siècle plus tard, tant par le système qu'il contribua à mettre en place que par son indéniable qualité littéraire, d'une actualité aussi évidente.

  • Le symbolisme

    Rodolphe Rapetti

    Courant de pensée innervant les arts et les lettres entre les années 1880 et la Première Guerre mondiale, le symbolisme porte en germe de nombreux aspects de l'art moderne. En révolte contre une époque marquée par le positivisme et le progrès de la science, il fut essentiellement un art de l'idée et de la subjectivité, où se combinent quête de la modernité et recherche délibérée d'archaïsme. Il tend à une unité intemporelle entre l'homme et le monde, unité perdue qui ne sera retrouvée que dans l'évocation du mythe. Les préraphaélites anglais, Gustave Moreau, Puvis de Chavannes et nombre des personnalités les plus novatrices de cette période - Gauguin, Ensor, Munch ou Hodler, Böcklin, Redon, Khnopff et Klimt - figurèrent dans ses rangs. Cet ouvrage situe le mouvement artistique symboliste dans son contexte historique, celui de l'Europe industrielle de la fin du XIXe siècle, et retrace ses liens avec l'évolution des idées et la littérature. Il se présente comme une confrontation des postulats symbolistes avec les enjeux essentiels de l'art à la fin du XIXe siècle tels que la recherche de nouvelles structures formelles, la figuration du mythe ou la revendication de l'irrationnel.

  • Fruit de recherches menées essentiellement aux États- Unis, cet ouvrage propose de revenir sur les décennies au cours desquelles est apparue la figure de l'« artisteuniversitaire ». Décrié en 1972 par Harold Rosenberg, ce fameux academic turn s'est depuis considérablement popularisé, normalisé et internationalisé. Toutefois, les facteurs idéologiques qui l'ont favorisé restaient à ce jour méconnus, tout comme les enjeux politiques, socio-économiques et épistémologiques qui l'ont porté.
    L'investigation menée dans Go to college.
    Donald Judd et la fabrique de l'artiste-universitaire consiste à déterminer comment une autorité intellectuelle longtemps refusée aux artistes américains leur a été si soudainement et si ostensiblement reconnue. Mêlant sociologie, culture visuelle, histoire politique, culturelle, éducative, universitaire, médiatique mais aussi militaire, syndicale, et populaire cette recherche met en lumière les conditions dans lesquelles ont germé de nouveaux idéaux pour la nation américaine dès la Seconde Guerre mondiale. Éminemment politique, la figure de l'artisteuniversitaire est célébrée pour la première fois dans les années 1960, dépréciée au cours des années 1980 et 1990, avant d'être valorisée avec une nouvelle insistance depuis les années 2000 alors que les réformes de l'enseignement artistique européen s'alignent sur un modèle universitaire devenu internationalement prédominant. Parce qu'elle est directement liée à la naissance du capitalisme cognitif et à l'essor du paradigme de « recherche créative », la figure de l'artisteuniversitaire n'est en rien une construction appartenant au passé.
    Cet ouvrage s'organise en trois chapitres qui, suivant un axe chronologique, explorent l'imaginaire où s'est fomenté ce rêve universitaire américain, puis s'attachent aux politiques plus pragmatiques de sa mise en oeuvre, avant d'étudier par le biais spécifique de Donald Judd la manière dont il s'est métamorphosé. Bien que n'ayant jamais exercé de fonction universitaire, Donald Judd a vu sa notoriété directement liée au récit qui faisait de lui un héraut de « l'art éduqué ». L'autorité symbolique qui lui fut ainsi accordée est largement supérieure à celle dont a bénéficié sa réflexion sur la structure désordonnée de l'histoire et sur la nature politique des régimes du visible.
    Ainsi, en se penchant sur des textes et fonds d'archives peu explorés, et en se basant sur des entretiens menés avec ceux qui furent ses proches et collaborateurs, ce livre propose de déplacer l'angle par lequel est traditionnellement appréhendée son oeuvre et d'analyser sous un jour nouveau l'émergence de la figure de l'artisteuniveritaire.

  • Cet ouvrage accompagne une grande exposition du FRAC Aquitaine autour de la thématique des fleurs dans l'art contemporain, avec les contributions d'artistes et de spécialistes tels que Gilles Clément, Starhawk, Emanuele Coccia. Autrefois reléguée dans la dernière catégorie des genres picturaux avec la nature morte, la fleur semble prendre aujourd'hui sa revanche. Elle s'affirme vivante, s'aventure sur des terrains aussi divers que l'ensauvagement et l'écoféminisme, l'érotisme et l'artisanat, la biologie et la science-fiction. De l'intime au cosmos, la fleur est une acrobate hors pair dans cet interstice entre le masculin et le féminin, la pensée et la matière, la raison et les sens. Tel Narcisse interrogeant son image à la surface de l'eau, elle fait vaciller nos certitudes. À l'ère de l'anthropocène, où la terre est marquée de façon irréversible par l'humain, elle indique de nouvelles voies vers la floraison des mondes, celles des métamorphoses incessantes de la nature comme de l'art.

  • L'historienne de l'art Anne Lafont livre une étude inédite sur les relations étroites et paradoxales de l'art et de la race à l'époque des Lumières. Une nouvelle voix dans les travaux actuels sur les questions de race, d'art, d'images et de colonies.

    En se fondant sur un corpus d'oeuvres d'art connues et moins connues, l'auteure revisite les Beaux-Arts au XVIIIe siècle sous l'angle de la représentation des Noirs, figures qui, non seulement, articulent savoirs anthropologiques et expériences esthétiques, mais aussi histoire du luxe métropolitain et histoire de l'esclavage colonial. Ce livre est fondé sur une recherche de plus de dix ans sur les formes qu'ont prises les figures de l'Africain et de l'Africaine dans l'art continental et colonial français d'avant l'imaginaire abolitionniste. Il couvre les cultures visuelles et artistiques qui vont de la fin du XVIIe siècle - à l'époque de Coypel, Mignard, Largillière... - quand les colonies antillaises commencèrent à percer dans le champ artistique métropolitain, au premier tiers du XIXe siècle - à l'époque de Girodet, Benoist et Léthière jusqu'à Géricault... - quand l'échec de la première abolition de l'esclavage (1802) durcit l'iconographie partisane, mettant la violence des vies dans les plantations à l'ordre du jour de la création artistique.

  • La conférence-performance est aujourd'hui une pratique artistique reconnue. Le volume proposé invite à penser les continuités et les discontinuités de son histoire, des formes instituées du discours savant aux prises de paroles informelles et décalées. Constitué de textes des spécialistes et centré sur les XXe et XXIe siècle, le volume explore la conférence d'artiste dès les XVIIe et XVIIIe siècles et se propose de montrer comment elles constituent une forme artistique en soi. À côté de cas d'étude emblématiques (Robert Morris, Yves Klein etc.) des sections sont consacrées à des artistes contemporains de la scène française et internationale. Huit intermèdes documentaires et visuels, extraits ou scénari de conférences et propositions plastiques surgissent et surprennent au fil de la lecture. Ils permettent l'entrelacement ou la superposition de l'académique et de l'artistique. Boris Charmartz, directeur de 2008 à 2018 du Musée de la danse à Rennes, signe la préface. Il a travaillé et organisé avec les deux directeurs d'ouvrages des colloques et des journées d'études sur le sujet entre 2013 et 2017.

empty