• Dès les débuts du cinématographe, les opérateurs réalisent des vues, geste premier qui concrétise lors du tournage les plans virtuels qui composeront le film, mais geste imparfait qui nécessite de faire plusieurs prises qu'il faudra ensuite retravailler et assembler. À travers l'analyse de la notion de « prise », cet ouvrage collectif questionne la nature de ce geste cinématographique. Que prend-t-on et comment ? Quelle poétique, quelle éthique et quelle politique entourent cette prise de vues et de son ? Grâce à une enquête sur le processus de création, la notion de prise permettra de construire une histoire à rebours du film et de sa représentation.

  • Qu'est-ce qui rapproche Le Guépard, La vie est belle, Lola, Mother, Le Grand Bain, La Poursuite infernale, Gilda, My Own Private Idaho, Naissance des pieuvres, La Ruée vers l'or et tant d'autres ?
    Sans relever de la comédie musicale, tous ces films appartenant des genres les plus divers (western, comédie, mélodrame, thriller, fresque historique, etc.) sont traversés par des moments de danse et de chorégraphie. Entrer dans le cinéma par la danse, comme on dirait « par la bande », en examinant ces moments où les corps sont touchés par la grâce, tel est le but de cet ouvrage, illustré et en couleur.

  • Les images de film circulent. Plus que jamais depuis leur numérisation, elles sont extraites, collectées, retouchées, remontées et rediffusées sur des supports variés, avec des conséquences indéniablement positives (redécouvrir des films, explorer la plasticité inégalée de l'image de cinéma) et d'autres plus controversées (le 'visionnage', individuel, fragmenté, distrait, qui remplace le regard attentif et le spectacle collectif). C'est aux effets de cette circulation que le présent ouvrage s'intéresse - aux changements de forme, de réception, de sens et de valeur des images qu'elle implique.
    S'appuyant sur de nombreux exemples, Le cinéma et ses doubles est conçu comme une introduction accessible aux problématiques et aux esthétiques engendrées par la double vie des images de film, au cinéma et sur d'autres écrans. Des téléphones portables aux écrans géants et aux installations multimédia, du long métrage au Mash-up et au GIF: le livre offre un panorama de formes, expériences et usages de l'image de film numérisée. Tout en rappelant que l'expérience partagée d'une projection de qualité reste le propre du cinéma, le livre explore les nouvelles configurations nées de la cohabitation des écrans et des images. Miniaturisation et gigantisme, superpositions et dédoublements, nouveaux rapports entre cadre et hors-champ : peuplé d'écrans, le champ du visible se complexifie, un phénomène auquel le cinéma contemporain non seulement participe, mais dont il s'empare.

  • Qu'y a-t-il de semblable entre un film muet et un film parlant ? Entre un policier et une comédie ? Entre un Carné et un Godard ? Rien, si ce n'est que, chacun à sa manière, s'efforce de raconter.
    Par un exposé méthodique des concepts-clés de la narratologie, notamment ceux de point de vue, de narrateur et de temps, cet ouvrage permet d'analyser la diversité des films et de mettre en lumière ce qui est commun à tout récit cinématographique. Les auteurs, tous deux internationalement reconnus pour leurs recherches sur le récit, rendent concrets les acquis des théories les plus récentes par de nombreux exemples, choisis dans des époques, des genres ou des auteurs fort différents. A l'occasion de cette nouvelle édition actualisée et refondue, les auteurs abordent la question du récit dans les séries TV.

  • Comment expliquer les affinités électives entre le cinéma et le monde de l'au-delà ? Pourquoi insister sur le caractère spectral des images filmiques ? En vertu de quels critères le cinéma devient-il un vecteur de fantasmes liés à la communication avec les esprits ? Le Médium (au) cinéma entend répondre à ces questions en prenant comme point de départ, non pas tant la figure du fantôme que celle du médium spirite.
    Défini habituellement comme un intermédiaire entre le monde des vivants et celui des morts, le médium spirite présente la particularité d'opérer à la fois en tant qu'être humain ultrasensible et « technologie » captant l'invisible et l'inaudible.
    À partir d'une réflexion sur la polysémie du terme « médium », cet ouvrage entend analyser la manière dont le spiritisme fait l'objet de représentations filmiques filtrées par des discours (implicites ou explicites) sur les technologies d'enregistrement et de reproduction, et en particulier sur le cinéma qui devient, sous cet angle, une machine à fantômes particulièrement efficace.

  • Les outils indispensables pour comprendre les enjeux et les évolutions de la télévision et de ses programmes.

    Un éclairage sur le lien entre contenu des programmes et logique des chaînes.

  • Catalogue de l'exposition de Florence Lazar au Jeu de Paume et première monographie, cet ouvrage propose une traversée de son oeuvre à travers une sélection de films documentaires et de photographies produits entre 2000 et aujourd'hui, dans une perspective qui mêle la chronologie du travail et les différents contextes abordés, en se concentrant plus particulièrement sur ceux des territoires de l'ex-Yougoslavie après la guerre et les enjeux écologiques et post-coloniaux aux Antilles.
    Au cours des années 1990, Florence Lazar travaille principalement le genre du portrait photographique avant d'intégrer, à la fin de la décennie, la vidéo à sa pratique. Le choix de ce nouveau médium s'inscrit dans son désir de répondre en tant qu'artiste à la crise qui déchire alors la Yougoslavie. Du fait des liens familiaux et sociaux qui la rattache au territoire yougoslave, elle a suivi de près le conflit depuis son déclenchement dix ans plutôt. L'oeuvre la plus ancienne de l'exposition, Les Paysans (2000), fait partie d'un cycle de vidéos et films documentaires portant sur la responsabilité individuelle et collective face au conflit. Le documentaire occupe une place de premier plan dans la démarche de Florence Lazar depuis cette époque. Ce cycle culmine en 2014 avec son troisième long-métrage, Kamen (Les Pierres), également présenté ici. Le film met au jour des tentatives - sur les plans religieux et culturel - de réécrire le passé dans le but de renforcer le déni de responsabilité plutôt que de le combattre.
    En 2008, elle renoue avec son travail antérieur sur le portrait en réinvestissant de façon novatrice la photographie documentaire. La série d'images qui en résulte montre des supports imprimés liés à l'itinéraire politique de son père. Le fils de l'artiste y joue à la fois le rôle de modèle et de lien entre les générations, comme dans la vidéo Confessions d'un jeune militant, où il assiste son grand-père dans la présentation des ouvrages qui ont marqué sa formation intellectuelle. En passant d'une des principales sources de la formation de soi à une autre - de la famille à l'école -, Florence Lazar produit un ambitieux ensemble de trente-cinq photographies inauguré en 2016 dans le cadre de la commande du 1 % artistique pour le collège Aimé-Césaire dans le 18e arrondissement de Paris. Hommage à la célèbre figure éponyme de l'établissement, l'oeuvre réalisée en étroite collaboration avec les élèves fait valoir qu'une approche objective du passé colonial français, loin de perpétuer les clivages sociaux et raciaux ou une culpabilité nationale, peut conduire à une reconnaissance commune de l'histoire.
    Coproduite par le Jeu de Paume et présentée ici pour la première fois, l'oeuvre la plus récente de Florence Lazar, 125 hectares (2019), revient au thème pastoral introduit par Les Paysans. Elle s'inscrit dans une enquête entamée en Martinique, terre natale de Césaire, sur les conséquence écologiques et sanitaires à long terme de la chlordécone, insecticide cancérigène utilisé pendant plus de vingt ans dans les bananeraies de l'île. Tiré de la pièce Une tempête de Césaire - adaptation postcoloniale de La Tempête de Shakespeare -, le titre de l'exposition et de la publication évoque évoque non seulement les ravages du colonialisme, mais également les potentialités émancipatrices de l'histoire.
    Publié à l'occasion de l'exposition éponyme au Jeu de Paume, Paris, du 12 février au 2 juin 2019.

    Sandra Cattini est inspectrice de la création, responsable de la collection design et arts décoratifs du Centre national des arts plastiques (ministère de la Culture).

    Dean Inkster enseigne l'histoire et les théories de l'art à l'École supérieure d'art et design Grenoble-Valence. Il a été cocommissaire des expositions « Cornelius Cardew et la liberté de l'écoute » (2009) et « Anarchism Without Adjectives : sur l'oeuvre de Christopher D'Arcangelo (1975-1979) » (2011), toutes deux inaugurées au CAC Brétigny, avant de voyager à l'étranger. Il est également codirecteur, avec Katia Schneller, de l'ouvrage Art, Theory and Critical Pedagogy: The Legacy of Craig Owens, à paraître en 2019 aux éditions [SIC].

    Chercheuse indépendante, écrivaine, commissaire d'exposition et programmatrice de cinéma basée à Berlin et à Beyrouth, Rasha Salti est aussi, depuis 2017, chargée de programme pour La Lucarne d'Arte France.

    Giovanna Zapperi est professeure d'histoire de l'art contemporain à l'université de Tours. Ancienne pensionnaire de la Villa Médicis, elle est notamment l'auteure de L'artiste est une femme. La modernité de Marcel Duchamp (PUF, 2012) et de Carla Lonzi : un art de la vie. Critique d'art et féminisme en Italie (Les presses du réel, 2018).

  • Elisabeth Bronfen propose une analyse éclairante à propos de l'une des séries les plus influentes du 21e siècle, développant la thèse selon laquelle, au-delà du décorum nostalgique, Mad Men constitue une étude sur l'état de la nation américaine et sur le mirage du rêve américain.

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