Fayard

  • Demeurer fidèle à la singularité et à la richesse de l'expérience humaine en y introduisant le plus de raison possible, telle est la tâche première de la philosophie. De livre en livre, depuis près de trente ans, Francis Wolff s'attelle sereinement à élaborer une philosophie au sens classique du terme, ni une simple exégèse des Classiques ni la déconstruction des systèmes. Une philosophie qui englobe une métaphysique, une théorie de la connaissance, une définition de l'être humain et toutes leurs conséquences morales, politiques et esthétiques.
    Dans ce dialogue passionnant, amical et sans concession avec André Comte-Sponville, Francis Wolff invite à une traversée de son oeuvre dans un style accessible et allègre. Il montre les liens qui unissent sa vision du monde à son esthétique (l'universalité de la musique, des images et des récits), en passant par l'anthropologie (l'homme, « animal dialogique »), l'éthique (l'existence de la liberté et l'objectivité du bien) et la politique (de la démocratie au cosmopolitisme).
    Donnant corps à une philosophie généreuse et résolument contemporaine, le livre dévoile un autoportrait attachant ainsi qu'un itinéraire familial singulier croisant une des grandes tragédies du siècle dernier.
    André Comte-Sponville note dans son Avant-Propos : « Je ne connais pas, à notre époque et dans notre pays, de philosophe dont la pensée soit plus forte, plus savante et plus rigoureuse que la sienne. »

  • Le sentiment de « malaise dans la civilisation » n'est pas nouveau, mais il a retrouvé aujourd'hui en Europe une intensité sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. La saturation de l'espace public par des discours économiques et identitaires est le symptôme d'une crise dont les causes profondes sont institutionnelles. La Loi, la démocratie, l'État, et tous les cadres juridiques auxquels nous continuons de nous référer, sont bousculés par la résurgence du vieux rêve occidental d'une harmonie fondée sur le calcul. Réactivé d'abord par le taylorisme et la planification soviétique, ce projet scientiste prend aujourd'hui la forme d'une gouvernance par les nombres, qui se déploie sous l'égide de la « globalisation ». La raison du pouvoir n'est plus recherchée dans une instance souveraine transcendant la société, mais dans des normes inhérentes à son bon fonctionnement. Prospère sur ces bases un nouvel idéal normatif, qui vise la réalisation efficace d'objectifs mesurables plutôt que l'obéissance à des lois justes. Porté par la révolution numérique, ce nouvel imaginaire institutionnel est celui d'une société où la loi cède la place au programme et la réglementation à la régulation. Mais dès lors que leur sécurité n'est pas garantie par une loi s'appliquant également à tous, les hommes n'ont plus d'autre issue que de faire allégeance à plus fort qu'eux. Radicalisant l'aspiration à un pouvoir impersonnel, qui caractérisait déjà l'affirmation du règne de la loi, la gouvernance par les nombres donne ainsi paradoxalement le jour à un monde dominé par les liens d'allégeance.

  • « Qui augmente sa connaissance augmente son ignorance » disait Friedrich Schlegel.
     
    « Je vis de plus en plus avec la conscience et le sentiment de la présence de l'inconnu dans le connu, de l'énigme dans le banal, du mystère en toute chose et, notamment, des avancées d'une nouvelle ignorance dans chaque avancée de la connaissance » nous dit Edgar Morin.
     
    Ainsi a-t-il entrepris dans ce livre de patrouiller dans les territoires nouveaux de la connaissance, où se révèle un trio inséparable : connaissance ignorance mystère.
     
    A ses yeux, le mystère ne dévalue nullement la connaissance qui  y conduit. Il nous rend conscient des puissances occultes qui nous commandent et nous possèdent, tels des Daimon intérieurs et extérieurs à nous. Mais, surtout, il stimule et  fortifie le sentiment poétique de l'existence.

  • Le couple est une danse. Les amants évoluent ensemble et le tempo qui berce leur mouvement est scandé de crises et, souvent, d'insatisfactions. Aujourd'hui, on attend tout, parfois trop, du couple. Pourtant, la vie à deux n'est pas un conte de fées, l'amour ne suffit pas à garantir le bonheur ni l'épanouissement que l'on recherche.
    Un pacte inconscient, des règles implicites, des mythes familiaux et des fantômes scellent les partenaires à leur insu. Les remises en question sont inévitables. Mais c'est à ce prix que le couple évolue : il se nourrit de ses propres crises.
    A travers des histoires de couples au bord de la rupture venus le consulter, Serge Hefez, thérapeute conjugal et familial, raconte et explique ce pas de deux qui confronte, entrechoque et fait valser un homme et une femme, deux hommes ou deux femmes, avec ou sans enfants. Il dévoile les coulisses et les enjeux de la vie à deux.
    Ce livre est un plaidoyer pour le couple. Ni moralisateur, ni attaché à la tradition, il montre comment, lorsque deux personnes prennent le risque de transformer une relation, cette relation possède à son tour le pouvoir de les transformer.

  • Du temps

    Norbert Elias

    Montres, agendas, horaires : le temps semble être une contrainte à laquelle nul ne peut échapper. Nous avons le sentiment que « le temps passe » mais le temps n'existe pas en soi, affirme Norbert Elias. Il est avant tout un symbole social, résultat d'un processus d'apprentissage qui s'est étendu sur des millénaires. Dans quel but les hommes ont-ils eu besoin de déterminer le temps ? Comment la conscience du temps a-t-elle fini par devenir une seconde nature ? Dans cette vaste exploration de l'expérience du temps au cours des âges, Norbert Elias nous invite à réfléchir sur un aspect fondamental du « processus de civilisation ».

  • Stéphane Hessel, 94 ans, a dit Indignez-vous ! et Engagez-vous ! Ses appels ont touché près de deux millions de Français et été traduits partout en Europe. Edgar Morin, 90 ans, a indiqué La Voie (70 000 ex.) pour exposer en tous domaines de la vie sociale et politique la meilleure façon, selon lui, de « changer le changement », en cessant de ressasser les solutions éculées, partisanes ou en trompe-l'oeil. Grand résistant, Hessel a salué à maintes reprises en Morin son frère de lutte et le metteur en forme du soulèvement des consciences et de l'engagement qu'il préconise. Tous deux ont marié leur ardeur et leur réflexion dans ce manifeste appelant à l'imagination et à l'exigence citoyenne pour redonner un horizon à ce siècle, un avenir à cette planète, une espérance à tous ceux à qui elle est ici et maintenant refusée.

  • Durant des décennies, il a été d'usage d'associer libéralisme économique et libéralisme politique, économie de marché et démocratie. Mais l'évolution du capitalisme, entre accroissement vertigineux des inégalités et emballement des politiques identitaires, contredit chaque jour un peu plus cette vision optimiste.
    Contrairement à une idée reçue, l'État apparaît comme un enjeu central pour les néolibéraux, en ce qu'il permet une réorientation des politiques publiques en faveur des plus riches et que, naguère régulateur, il est désormais devenu l'instrument même de la dérégulation économique. Servira-t-il aussi d'ultime rempart répressif à l'oligarchie face aux troubles que sa politique aura causés ?
    Retour inquiet d'un quinquagénaire sur l'échec de sa génération, élevée dans l'idée du progrès à venir et aujourd'hui confrontée à une crise protéiforme, cet essai montre comment la généralisation à tous les champs de l'activité humaine de ce qui est présenté comme la « rationalité économique » est à l'origine de l'instabilité actuelle. Mais aussi qu'à rebours de ce que les tenants du néolibéralisme aimeraient faire croire, le coeur du problème demeure politique plus qu'économique. Ce qui ouvre un espace à l'action.
     
    Gilles Dorronsoro est professeur de science politique à l'université Panthéon-Sorbonne. Il a notamment codirigé avec Olivier Grojean, Identités et politique : De la différenciation culturelle au conflit, Paris, Presses de Sciences-po, 2014.

  • «  Entre sa correspondance éprise d'une liberté exubérante et contradictoire, et ses romans et contes ciselant ses regrets d'autres siècles, l'ennui et la sottise de l'esprit bourgeois, Flaubert, ermite et mondain, apparaît comme l'un des colosses de son temps. Il n'aime pas le port mais la haute mer. Ses hautes vagues, ses creux et ses houles. L'acteur-auteur y nage et s'y noie, par les champs et par les grèves bretonnes, dans les boues et les gouffres des chantiers d'Haussmann, dans les bordels du  Caire et les jupons des courtisanes de la rue Saint-Honoré, dans les silences orageux partagés avec sa mère, son jardinier ou son chien, dans le secret de ses amours londoniens avec miss Herbert, ou celui, très officiel et ô combien tempétueux, avec Louise Collet... Mystique et queutard, gourmand et ascétique, il cerne le sujet invisible, le rien, cet autre univers qui, comme la terre, se tient en l'air sans être soutenu, le silence de la littérature .
    J'enquête, mes mots ricochent sur les siens, l'onde s'écarte en cercles de plus en plus grands, puis disparaît à l'horizon, lui qui recule à mesure que l'on s'avance.  »

  • Entre Saint-Barth et Neuilly-sur-Seine, les voyages en grande bourgeoisie des sociologues et des journalistes offrent le plus souvent des prises de vue impeccables. Pourtant, l'enquête inédite et cocasse de Kevin Geay dévoile un monde bien moins lisse.
    Du coeur du bois de Boulogne au conseil municipal du très chic XVIe arrondissement, des salons privés des beaux quartiers aux couloirs des lycées de l'Ouest parisien, le jeune sociologue a arpenté les lieux emblématiques de cette bourgeoisie dont il dresse un portrait inattendu. Celui d'hommes et de femmes qui composent avec la présence des prostituées lors de leur promenade en famille au Pré-Catelan, se font chahutés par leurs élus et se désintéressent des soubresauts de la vie politique, quitte à partir en week-end les jours d'élections.
    Ce livre, riche en entretiens et en situations inattendues, révèle un milieu attaché à ses valeurs, mais conscient qu'à ne rien lâcher il risque de tout perdre.
     
    Sociologue rattaché à l'Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (IRISSO - Université Paris Dauphine/PSL*), Kevin Geay a reçu le prix du Jeune chercheur de la Fondation Dauphine (2016) pour ses travaux sur les rapports au politique des classes supérieures.

  • Le 19 juillet 2014, le journal Le Soir révélait à Bruxelles que selon des estimations américaines, britanniques et belges, la France, la Belgique, le Royaume-Uni, l'Italie, la Pologne et les États-Unis pourraient perdre entre 43 et 50 % de leurs emplois dans les dix à quinze prochaines années. Trois mois plus tard, le Journal du dimanche soutenait que trois millions d'emplois seraient condamnés à disparaître en France au cours des dix prochaines années.
    L'automatisation intégrée est le principal résultat de ce que l'on appelle « l'économie des data ». Organisant des boucles de rétroactions à la vitesse de la lumière (à travers les réseaux sociaux, objets communicants, puces RFID, capteurs, actionneurs, calcul intensif sur données massives appelées big data, smart cities et robots en tout genre) entre consommation, marketing, production, logistique et distribution, la réticulation généralisée conduit à une régression drastique de l'emploi dans tous les secteurs - de l'avocat au chauffeur routier, du médecin au manutentionnaire - et dans tous les pays.
    Pourquoi le rapport remis en juin 2014 au président de la République française par Jean Pisani-Ferry occulte-t-il ces prévisions ? Pourquoi le gouvernement n'ouvre-t-il pas un débat sur l'avenir de la France et de l'Europe dans ce nouveau contexte ?
    L'automatisation intégrale et généralisée fut anticipée de longue date - notamment par Karl Marx en 1857, par John Maynard Keynes en 1930, par Norbert Wiener et Georges Friedmann en 1950, et par Georges Elgozy en 1967. Tous ces penseurs y voyaient la nécessité d'un changement économique, politique et culturel radical.
    Le temps de ce changement est venu, et le présent ouvrage est consacré à en analyser les fondements, à en décrire les enjeux et à préconiser des mesures à la hauteur d'une situation exceptionnelle à tous égards - où il se pourrait que commence véritablement le temps du travail.
    Bernard Stiegler, philosophe, est notamment l'auteur de la Technique et le Temps, Mécréance et discrédit, Ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue, États de choc. Bêtise et savoir au XXIe siècle. Depuis 2006, il dirige l'Institut de recherche et d'innovation (IRI) et préside l'association Ars Industrialis, Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l'esprit.
     

  • Philippe Sollers : « Je n'ai jamais songé à me marier.Sauf une fois.
    Et une fois pour toutes.
    Cette aventure singulière, et très passionnée, méritait, je crois, d'être racontée en détail. »
     Julia Kristeva : « Nous sommes un couple formé de deux étrangers. Notre différence nationale souligne encore mieux une évidence qu'on se dissimule souvent : l'homme et la femme sont des étrangers l'un à l'autre. Or le couple qui assume la liberté de ces deux étrangers peut devenir un véritable champ de bataille. D'où la nécessité d'harmoniser. La fidélité est une sorte d'harmonisation de l'étrangeté. Si vous permettez que l'autre soit aussi étranger que vous-même, l'harmonie revient. Les « couacs » se transforment alors en éléments de la symphonie. » Du mariage considéré comme un des beaux-arts rassemble quatre dialogues (échelonnés de 1990 à 2014) entre Julia Kristeva et Philippe Sollers, à travers lesquels ils nous transmettent leur expérience d'écrivains et d'intellectuels engagés au regard de la rencontre amoureuse et du couple. 

  • Qu'est-ce que le genre ? Comment les identités sexuelles et les rapports entre hommes et femmes sont-ils construits, et comment se transforment-ils ? Quel rôle jouent, dans ces processus, la politique et les mobilisations collectives, l'économique et le social, mais aussi le langage et l'inconscient ? Historienne mondialement reconnue, Joan W. Scott a imposé l'idée selon laquelle le genre ne constitue pas seulement un domaine d'investigation : c'est un instrument critique destiné à transformer la réflexion dans tous les secteurs. Pour elle, il se situe au coeur de toute relation de pouvoir et traverse l'ensemble des dynamiques à l'oeuvre dans la société. Ce volume réunit les grands essais de Joan W. Scott sur le genre publiés entre 1986 et 2011. Ces textes renouvellent ainsi l'analyse de questions aussi diverses que le sécularisme, la laïcité, la démocratie, la représentation de l'État et de l'identité nationale, ou encore celle du marxisme et des classes sociales. À l'heure où les études sur le genre se multiplient, Joan W. Scott s'interroge sur l'avenir du féminisme. Elle s'inquiète de la manière dont cette catégorie est si souvent vidée de ses implications radicales. Et montre comment elle peut continuer à nous inciter à penser autrement.

  • En 1972, un jeune philosophe alors âgé de vingt-cinq ans publiait un livre au titre retentissant : Le Désir homosexuel. Ecrit sous l'influence de Gilles Deleuze, et profondément marqué par le bouillonnement politique et intellectuel qui a suivi en France la révolte de mai 68, l'ouvrage s'inscrivait aussi dans le sillage des émeutes homosexuelles de Stonewall, à New York en 1969, et de la naissance, aux États-Unis, d'un mouvement gay et lesbien qui se pensait comme subversif et voulait révolutionner la société.
    Ce livre est vite devenu un classique dans le monde entier, et notamment aux Etats-Unis où il a trouvé récemment une nouvelle jeunesse lorsque les penseurs de la Queer Theory ont revendiqué son héritage.
    Près de trente ans après sa parution, le livre de Guy Hocquenghem a bien quelque chose à nous dire, à la fois parce qu'il nous aide à comprendre le regain que vient de connaître ce qu'il appelait la "paranoïa anti-homosexuelle", et parce qu'il incite ceux qui portent les revendications gays et lesbiennes sur la scène publique à s'interroger sur l'évolution actuelle qui tend à la normalisation et à l'intégration.
    Guy Hocquenghem est mort du sida en 1988.

  • Que vais-je devenir ? Serai-je heureux en amour ? Dans mon travail ? Quand et comment vais-je mourir ? Que réserve l'avenir à ceux que j'aime ? À mon pays ? À l'humanité ? À la planète ?
    À toutes ces questions, les hommes ont longtemps cherché - et cherchent encore - les réponses dans des techniques à l'efficacité incertaine - les astres, les cartes, les lignes de la main, le hasard... Aujourd'hui, dans un monde de plus en plus interdépendant, des machines ultra-performantes semblent à la veille d'être vraiment capables de prédire notre destin. En anticipant nos comportements dans bien des domaines, elles menacent d'instaurer une dictature de la prédiction, au profit de quelques puissances. Car le savoir sur l'avenir a toujours été un instrument de pouvoir.
    Pour ma part, je ne veux pas croire que notre liberté sera ainsi définitivement perdue. Il me paraît au contraire possible de prévoir son propre avenir. Non pour s'y soumettre, mais pour décider du cours de sa vie. Pour être à l'avant-garde de soi même.
    Je vous livre ici ma méthode, faite de raison et d'intuition, pour vous aider à déchiffrer ce que sera votre destin, notre destin. 
     

  • Sur le fil de l'asile

    Pascal Brice

    Un jour de juin 2014, un homme s'assoit par terre au
    milieu des migrants qui ont fui les guerres, les dictatures
    et les persécutions. Il les écoute, prenant la mesure de la
    situation humanitaire de la « jungle » de Calais. Il s'agit de
    Pascal Brice, diplomate, petit-fils de réfugiés.
    En prenant la tête de l'Office français de protection des
    réfugiés et apatrides (Ofpra) en 2012, il trouve une administration
    à bout de souffle, qui a vu les demandes doubler
    en cinq ans, quand l'attend encore une crise de l'asile en
    Europe d'une ampleur sans précédent. Alors, il décide de
    tout faire pour améliorer le sort de ces personnes meurtries
    par la violence de l'exil, en les aidant à surmonter les
    obstacles qui se dressent devant eux avant de pouvoir
    obtenir la protection de la France.
    De Lampedusa à Calais, de Lesbos à Munich, d'Agadez
    à Valence avec l'Aquarius, en passant par Beyrouth et
    Paris, Pascal Brice nous fait découvrir les destins des
    migrants, les visages de celles et ceux qui les accompagnent,
    les conflits qui bouleversent le monde, l'atmosphère
    des campements, loin des clichés. Il nous rappelle
    combien il reste nécessaire et possible d'agir en ces temps
    de doutes sur notre capacité à accueillir. Le récit inédit
    d'une aventure humaine autant que d'un combat pour que
    la France et l'Europe soient pleinement un refuge.
     
    Pascal Brice a été nommé directeur général de l'Ofpra en
    2012, à la veille d'une crise de l'asile sans précédent en Europe.

  • Les comptes à rebours s'égrènent : menaces écologiques, explosion démographique avec les migrations qui en découlent et paraîssent immaîtrisables ; révolution numérique qui bouleverse l'organisation des sociétés et l'économie mondiale. Dans un contexte de désordre géopolitique. Hubert Védrine dresse un état des lieux lucide du temps présent : les Occidentaux ont perdu le monopole de la conduite des affaires d'un monde semi-chaotique, sans gouvernance globale et agité de soubresauts constants. Quelles sont les lignes de conflit à venir ? Comment les prévenir ? L'Union européenne et la France seront-elles à la hauteur de cette nouvelle donne géopolitique ? Pour répondre à ces questions, le détour par une analyse clairvoyante des bouleversements à l'oeuvre, de la conjonction de crises qu'ils provoquent et des scénarios de sortie possibles s'impose.
    C'est ce que propose Hubert Védrine dans ce nouvel essai, suivi de ses interventions publiques majeures entre 2013 et 2018. Après Face à l'hyperpuissance, Le Temps des chimères et Dans la mêlée mondiale, il met au jour, en responsable expérimenté, les contradictions et les enjeux de notre époque pour que nous prenions conscience des urgences.

  • La SNCF telle qu'on ne vous l'a jamais racontée.
    En 2013 et 2015, à Brétigny-sur-Orge et à Eckwersheim, la société nationale a vécu deux déraillements mortels. Bilan  : 18 morts. Quatre pannes majeures ont paralysé la gare Montparnasse pendant plusieurs jours entre l'été 2017 et janvier 2019. Chaque année, deux milliards de minutes se perdent dans les trajets du quotidien et les TGV. Plus de 10  % du réseau ferré est ralenti pour cause de vétusté.
    Le drame de la SNCF  : son destin dépend de facteurs politiques qui lui sont souvent étrangers. Il se décide dans les cabinets ministériels, entre les partenaires sociaux, l'administration et les barons régionaux. À sa tête, Guillaume Pepy, un des énarques les plus doués de sa génération, a vu passer trois présidents de la République, cinq Premiers ministres et cinq ministres des Transports.
    Marie-Christine Tabet et Christophe Dubois ont enquêté pendant deux ans au coeur de l'entreprise la plus connue et la plus secrète de France. Ils ont recueilli les témoignages de voyageurs, de cheminots, de cadres de l'entreprise, de syndicalistes, de parlementaires, d'anciens ministres. Ils ont eu accès à des pièces des dossiers judiciaires mais aussi à des rapports internes. Et leur récit fait froid dans le dos.
    Toutes les grandes crises récentes vécues par la SNCF sont les symptômes de la mort d'un modèle industriel français. À la veille de l'enjeu de l'ouverture à la concurrence, l'entreprise retrouvera-t-elle une seconde vie  ?
     
    Rédactrice en chef du Parisien-Dimanche, Marie-Christine Tabet est notamment l'auteur d'EDF, un scandale français (Robert Laffont, 2004), avec Laurence de Charette, L'Argent des politiques, avec Christophe Dubois (Albin Michel, 2009), Grâce à Dieu, c'est prescrit (Robert Laffont, 2017).
    Grand reporter à la télévision, Christophe Dubois a notamment écrit Les islamistes sont déjà là (Albin Michel, 2004), Sexus politicus (Albin Michel, 2006), avec Christophe Deloire, et plus récemment Où sont passés nos espions ? (Albin Michel, 2017), avec Éric Pelletier.

  • Dans une époque de plus en plus bruyante, alors que la technique et les biens matériels ne cessent d'étendre leur emprise, c'est certainement une gageure que de vouloir écrire un livre consacré au silence. Pourtant, le monde émet tant de bruits que la recherche de quelques gouttes de silence n'en devient que plus nécessaire.
    Pour le cardinal Robert Sarah, à force de repousser le divin, l'homme moderne se retrouve dans un grand silence, une épreuve angoissante et oppressante. Le cardinal veut rappeler que la vie est une relation silencieuse entre le plus intime de l'homme et Dieu. Le silence est indispensable pour l'écoute de la musique de Dieu : la prière naît du silence et y revient sans cesse plus profondément.
    Dans cet entretien avec Nicolas Diat, le cardinal s'interroge : les hommes qui ne connaissent pas le silence peuvent-ils jamais atteindre la vérité, la beauté et l'amour ? La réponse est sans appel : tout ce qui est grand et créateur est formé de silence. Dieu est silence.
    Après le succès international de Dieu ou rien, traduit dans quatorze langues, le cardinal Robert Sarah entreprend de redonner au silence ses lettres de noblesse.
     
    LE TEXTE EST SUIVI D'UN ENTRETIEN EXCEPTIONNEL AVEC DOM DYSMAS DE LASSUS, PRIEUR À LA GRANDE CHARTREUSE ET MINISTRE GÉNÉRAL DE L'ORDRE DES CHARTREUX
     
     
     Né en juin 1945, le cardinal Robert Sarah est une des figures les plus importantes du monde catholique d'aujourd'hui - il est le numéro trois du Vatican.
    Spécialiste reconnu de l'Église, écrivain, Nicolas Diat est l'auteur d'un livre de référence sur le pontificat de Benoît XVI, L'Homme qui ne voulait pas être pape (Albin Michel, 2014).
    Le cardinal Robert Sarah et Nicolas Diat ont publié chez Fayard en 2015 un premier livre, Dieu ou rien. Entretien sur la foi.
    Né en mars 1956, dom Dysmas de Lassus est prieur au monastère de la Grande Chartreuse, et ministre général de l'ordre des Chartreux, fondé par saint Bruno en 1084.
    Entré à la Grande Chartreuse à l'âge de vingt ans, il en fut maître des novices pendant de nombreuses années. Selon la tradition, le prieur ne sort jamais du désert de la Chartreuse.

  • Alors que la croissance matérielle exponentielle se heurte aujourd'hui aux limites de la planète, des regards inquiets, voire accusateurs, se portent sur la technoscience et le capitalisme. C'est oublier que la science, la technique et l'économie ont fait alliance dans le cadre d'une conception prométhéenne du progrès. Le dynamisme de cet idéal d'émancipation par la connaissance et la domination a fait la modernité. Il faut donc interroger ce cadre. 
    Si la prise en compte des contraintes écologiques passe par des mesures concrètes, elle exige aussi un renouvellement philosophique : l'élaboration d'une pensée post-prométhéenne. 
    Pour contribuer à celle-ci, François Flahault propose une archéologie de l'idéal prométhéen ; il montre comment, sous couvert de rationalisme, celui-ci est travaillé par la démesure. La vision prométhéenne de l'homme et de la société répond au désir d'exister ; elle a servi aussi bien l'imaginaire romantique, le positivisme, le communisme que l'idéologie ultralibérale de la droite américaine. En analysant les erreurs fondamentales du prométhéisme, François Flahault ouvre des pistes qui permettront de penser autrement : ce que nous sommes et nos relations avec l'environnement naturel et social.Philosophe, directeur de recherches au CNRS, François Flahault anime un séminaire d'anthropologie générale à l'École des hautes études en sciences sociales. Il a récemment publié Le Sentiment d'exister (Descartes & Cie, 2002) ou encore La Pensée des contes (Anthropos, 2001). Il est notamment l'auteur de Le Paradoxe de Robinson. Capitalisme et société (Mille et une nuits, 2005) et « Be yourself ! ». Au-delà de la conception occidentale de l'individu (Mille et une nuits, 2006).

  • Voici le chemin d'un homme
    Voici la pensée qui s'est formée au cours de ce cheminement et qui a produit une oeuvre majeure.
    Ce parcours fut continu, accompli dans une curiosité
    jamais assouvie, un questionnement permanent, un lien
    inséparable entre la vie et l'oeuvre, une lente gestation de la pensée complexe, mais il fut discontinu dans les recommencements et les renaissances qui ont scandé sa vie tous les dix ans.
    Ce livre d'entretiens accordés par Edgar Morin à
    Djénane Kareh Tager montre l'unité d'une oeuvre à travers
    sa diversité, l'unité d'une vie à travers ses vicissitudes.
    Dans Mon chemin, c'est l'homme qui parle, sans dissimuler ses émotions ni ses passions. Il nous dit sa propre expérience de la vie, de l'amour , de la poésie, de la vieillesse, de la mort.
    Edgar Morin est né à Paris en 1921, d'une famille de nationalité italienne, d'ascendance judéo-espagnole. Son adolescence est marquée par la montée en puissance du nazisme, les procès
    staliniens de Moscou, la marche somnanbulique vers la guerre.
    A 20 ans, sous l'Occupation, il entre à la fois au parti communiste et dans la résistance gaulliste. Après la guerre, c'est une vie qui
    se poursuit dans la résistance au stalinisme, à la guerre d'Algérie, à toutes les barbaries.
    Djénane Kareh Tager est journaliste.

  • Aux quatre coins du monde, la barbarie qui s'abat sur les femmes est terrifi ante et nécessite à tout prix d'être combattue. Mais elle ne doit en aucun cas nous empêcher de regarder l'autre mouvement d'émancipation et de progrès que celles-ci connaissent. En Occident, les femmes ont acquis une position sans précédent. Contrairement aux discours rebattus, c'est plutôt chez les hommes que le bât blesse. Échec scolaire, retrait du marché du travail, célibat. De plus en plus, les symptômes de leur malaise s'accumulent. Dans un monde où la réussite dépend des diplômes et des compétences interpersonnelles, leur sort ne fait qu'empirer... mais jusqu'où ?
    Les garçons sont-ils victimes d'une « féminisation » du monde ? Ou bien nostalgiques d'un privilège mâle injuste et révolu ? C'est à ces questions que tente de répondre Laetitia Strauch-Bonart dans cet essai informé et à contre-courant. Mêlant sociologie quantitative, économie et neurosciences, elle nous invite à explorer la « catastrophe silencieuse » à laquelle nous assistons, passifs.
    Et si, nous pousse-t-elle à concéder, les hommes non seulement n'étaient plus le « premier sexe », mais sur le point de devenir obsolètes ?
    Laetitia Strauch-Bonart est essayiste, chroniqueuse au Point et rédactrice en chef de la revue Phébé. 

  • Penser autrement

    Alain Touraine

    Après avoir étudié, dans ses livres précédents, les grands changements qui ont transformé notre vie personnelle et collective, Alain Touraine choisit ici de se consacrer à la nécessaire transformation de notre manière de penser ces changements. Car l'idée même de société est en crise : la mondialisation sous toutes ses formes, les désirs libérés des interdits ont entraîné l'écroulement de l'édifice social. La définition du bien et du mal dans notre société n'est plus du ressort des institutions ; la conscience de soi l'emporte sur la conscience des règles : le sujet devient créateur de lui-même.
    À partir d'une critique de ce qu'il nomme le Discours interprétatif dominant, qui a cherché à imposer, tout au long du XXe siècle, l'idée d'une société sans acteurs, soumise à des déterminismes surtout économiques, Alain Touraine invite le lecteur à découvrir que le seul principe permettant d'évaluer les conduites de chacun et les situations sociales est la reconnaissance des droits, politiques, sociaux et culturels, de tous les êtres humains, reconnus comme des êtres libres et égaux. Il appelle à repenser l'individu en tant que sujet, clé de voûte d'une sociologie reconstruite. Là où certains dénoncent l'individualisme, l'auteur vante la subjectivation, qui passe par la défense des droits de chacun contre tous les modes d'intégration sociale. L'unité des conduites sociales n'est plus imposée par la société ou la culture, mais par le sujet, porteur de droits universels vécus dans des situations sociales et culturelles particulières.
    La dépendance des femmes, le rejet des minorités et les difficultés des jeunes à l'école et au travail sont les trois principaux domaines de la vie sociale dans lesquels le retournement nécessaire de la pensée sociale que propose Alain Touraine trouve ses champs d'application.

  • Aujourd'hui, en France, une grossesse sur trois n'est pas prévue ; parmi elles, une sur deux donne lieu à un avortement. Le nombre des interruptions volontaires de grossesse se révèle d'une étonnante stabilité : environ 215 000 par an. L'on pourrait croire qu'avec les améliorations apportées dernièrement par le texte de loi de Martine Aubry en 2001, qui rallongeait notamment le délai d'IVG de deux semaines, la question de l'avortement est enfin réglée. Or, il n'en est rien. Contre l'idée communément admise, la banalisation annoncée (et redoutée) de l'avortement n'a pas eu lieu. Le droit revendiqué par les femmes, dont il était question à l'origine de la lutte, bientôt acquis, s'est transformé en une tolérance, et la tolérance en faiblesse. Aujourd'hui, ce n'est plus la loi qui est remise en cause, mais sa pratique. Et lorsque la mise en oeuvre de la loi vacille, ce sont les femmes qui trinquent.
    Il existe désormais un écart entre la vision donnée par le texte juridique et sa mise en pratique sur le terrain. L'accès à l'avortement est de nos jours extrêmement difficile, les informations manquent, les mauvaises volontés font alliance avec des conditions d'accueil déplorables, les moyens attribués à l'activité d'IVG dans les hôpitaux se réduisent comme peau de chagrin, les médecins se détournent de la pratique, peu motivés par l'acte et sa rémunération. Les femmes d'aujourd'hui ont fort à faire lorsqu'elles décident d'avorter.
    Trente ans après le vote de la loi Veil en 1975, un état des lieux de la pratique de l'avortement s'imposait. L'auteur a recueilli les témoignages de celles qui ont décidé d'interrompre leur grossesse pour des raisons à chaque fois uniques et singulières afin de révéler la manière dont elles ont vécu l'acte médical et ce qu'il a changé à leur vie de femme. Elle a enquêté dans les plannings familiaux, dans les centres autonomes et les services hospitaliers où sont quotidiennement pratiqués des IVG ; elle a interrogé des médecins et leurs équipes sur cette question de santé publique qui souffre d'un abondon politique. Et dont l'avenir est plus qu'incertain : dans dix ans, qui fera encore des avortements ?

  • "Qu'ont à nous dire les petites filles aux prénoms tirés de l'Évangile, aux boucles d'oreille arrachées, aux lendemains sans avenir, qui fuient Mossoul dans les bras de leurs parents pour échapper aux djihadistes ? Que, cette fois, c'en est fini des chrétiens à l'endroit même où est né le christianisme.Que, pendant des siècles, ils ont survécu en vain comme otages de la domination musulmane, mais aussi du colonialisme européen. Que la mondialisation a brisé leur résistance. Que nous venons de les sacrifier à la guerre impériale de l'Amérique contre l'islam, à la guerre civile qui dévore sunnites et chiites. Que leur catastrophe est la nôtre, car avec eux sont anéantis notre plus ancienne mémoire, notre seul espoir de médiation entre l'Occident et l'Orient.Et que nos croisades revanchardes comme nos lamentations humanitaires leur sont amères car, jusque dans leur agonie, nous continuons à les instrumentaliser dans la négation de notre dette de civilisation à leur égard. Irak, Syrie, Égypte, Israël, Palestine, Liban, Jordanie, Turquie, Arménie : ce livre éclaire l'actualité à travers vingt siècles d'histoire et permet de comprendre pourquoi cette tragédie signe notre suicide moral."J.-F.C.Chroniqueur depuis trente ans des chrétiens d'Orient, Jean-François Colosimo continue ici après Dieu est américain, l'Apocalypse russe, le Paradoxe persan, son enquête sur les métamorphoses de Dieu en politique, publiée aux éditions Fayard.

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