• Ce livre, longtemps interdit, est devenu légendaire.
    Le festin nu est une descente aux enfers de la drogue - morphine, héroïne, cocaïne, opium...
    Sujétion, délivrance et rechute, tel est le cycle qui constitue l'un des problèmes du monde moderne. suite d'épisodes enchevêtrés et disparates où se mêlent hallucinations et métamorphoses, clowneries surréalistes et scènes d'horreur à l'état pur, cauchemars et délires poético-scientifiques, érotisme et perversions, le festin nu est d'une veine à la fois terrifiante, macabre, et d'un comique presque insoutenable.

  • Junky

    William Seward Burroughs

    «On devient drogué parce qu'on n'a pas de fortes motivations dans aucune autre direction. La came l'emporte par défaut. J'ai essayé par curiosité. Je me piquais comme ça, quand je touchais. Je me suis retrouvé accroché. La plupart des drogués à qui j'ai parlé rapportèrent une expérience semblable. Ils ne s'étaient pas mis à employer des drogues pour une quelconque raison dont ils pussent se souvenir. Ils se piquaient comme ça, jusqu'à ce qu'ils accrochent. On ne décide pas d'être drogué. Un matin, on se réveille malade et on est drogué».
    Premier ouvrage de Burroughs, Junky décrit la réalité crue d'un héroïnomane en errance, doué du regard terriblement lucide de l'écrivain. De New York à Mexico, William Lee, double romanesque de l'auteur, fait l'expérience de la came, de la privation, de la prison et de la fuite ; il apprend «l'équation de la came», qui n'est ni une jouissance ni un plaisir, mais un mode de vie. Un livre qui fit scandale lors de sa première publication, et qui laisse présager l'oeuvre à venir.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Catherine Cullaz, Jean-René Major et Philippe Mikriammos et révisé par Philippe Mikriammos. Édition d'Oliver Harris.

  • Après avoir achevé Le Festin nu, William Burroughs s'est lancé dans une longue période expérimentale.
    Dans la petite chambre du Beat Hotel de la rue Gît-le-Coeur, où il s'est installé, naît le projet d'une oeuvre ambitieuse et risquée qui prend la forme d'un triptyque : La Machine molle, qui paraît en 1961, Le Ticket qui explosa, écrit cette même année, et Nova Express, écrit en 1964. "Je tente de créer une mythologie nouvelle pour l'ère spatiale. Je sens que les vieilles mythologies sont définitivement brisées et ne sont pas adaptées au temps présent", disait Burroughs au sujet de cette trilogie.
    Norman Mailer y voyait "un Enfer qui peut-être nous attend, produit final et apogée de la révolution scientifique". Comme Dante et Milton, Burroughs s'est employé à représenter la position de l'homme dans l'univers - une position intenable, déchirante et absurde.

  • Le héros de Queer s'appelle Lee, comme le personnage de Junkie (le premier roman de Burroughs, qu'il avait à l'origine précisément signé du pseudonyme de William Lee). Le caractère autobiographique de ce texte est donc confirmé, d'autant plus que Burroughs rappelle dans sa préface qu'il a passé la fin des années 40 à Mexico, comme son héros. Comme d'habitude cependant chez Burroughs, la fantaisie phagocyte la réalité. Queer est en effet le récit halluciné d'une errance, d'un mal de vivre incurable qui a pour toile de fond un Mexique couleur de cauchemar, avec son soleil obsédant, ses étendues de tôles ondulées et toute une faune pittoresque et violente... Lee, héros désenchanté, erre de bar en bar, noyant son désespoir dans l'alcool, dans la drague, à la fois avide et indifférent, spectre sur qui on sent en permanence peser la menace d'une dissolution. Son seul repère : Allerton, jeune homme indolent jaloux de son indépendance, mais aussi secrètement flatté d'être l'objet de la convoitise de Lee. A force de séduction, de prévenance et de ténacité, Lee parviendra à ses fins et accompagnera ensuite son compagnon dans une étrange expédition à travers l'Amérique du Sud à la recherche d'une mystérieuse drogue, le Yage, connue pour ses pouvoirs télépathiques. Queer est essentiellement une peinture du manque, le récit d'une douloureuse tentative de sevrage. Par delà son exotisme sulfureux, ce roman est la remarquable radiographie d'une détresse sans autre recours que l'écriture. Né à Saint-Louis en 1914, mort en 1997 à 83 ans. A la fin de ses études, il émigre à New York, plonge sciemment dans le monde de la pègre et devient intentionnellement héroïnomane. Parallèlement, à l'université de Columbia, il fait la connaissance de Ginsberg et de Kerouac.
    Vers 1950, Burroughs commence à écrire. Il tue sa femme accidentellement dans un exercice à la Guillaume Tell raté et s'éclipse en Amérique du Sud. En 1954, il s'installe à Tanger qu'il ne quittera qu'en 1964. Ses intoxications se font de plus en plus aigües. Après sa désintoxication entreprise à Londres, il se remet à l'écriture. C'est en 1975 que Burroughs est reparti vivre à New York, où il est devenu une des " stars " de la " scène new-yorkaise ". Gourou de la Beat Generation, éminence grise controversée de l'avant-garde internationale, prophète sombre à l'humour des plus noirs, William Burroughs a eu une influence avec laquelle peu d'écrivains vivants ont rivalisé. Cette édition de Queer au format de poche coïncide avec le 25è anniversaire de la première publication de ce titre aux Etats-Unis. " J'avais donc écrit Junkie dans une intention assez évidente : relater en termes très précis et aussi clairs que possible mon expérience de la drogue. J'escomptais être publié, reconnu et bientôt riche.
    Kerouac venait de publier The Town and The City, quand je commençai à écrire Junkie. Je me souviens d'ailleurs de lui avoir écrit, sitôt son bouquin sorti, que désormais, la gloire et la richesse lui étaient acquises. Comme on le voit à l'époque, je ne connaissais rien au métier d'écrivain. Les motivations qui me poussèrent à écrire Queer étaient plus complexes et viennent seulement de m'apparaître. Pourquoi vouloir relater avec tant de minutie des souvenirs aussi pénibles, aussi déplaisants, aussi déchirants ? Si j'ai bel et bien écrit Junkie, j'ai l'impression que mon existence se trouve transcrite dans Queer.
    J'ai également pris grand soin de m'assurer les moyens de continuer à écrire, histoire de mettre les choses au net... l'écriture peut fonctionner comme vaccination préventive... " W.S.Burroughs. Février 1985

  • « Nous nous connaissons depuis 1945, nous vécûmes ensemble pendant quelques mois en 1953 dans l'idyllique Lower East Side d'avant la guerre du Vietnam entre les avenues B & C dans la 7è Rue Est, que connurent Kerouac, Corso et d'autres amis, où nous avons assemblé le texte des Lettres du Yagé et de Queer et nous avons eu une affaire de coeur. », confie Allen Ginsberg dans sa préface.
    De Rome en décembre 1953 à Copenhague en août 1957, le futur auteur du Festin nu écrit à l'auteur de Howl des lettres qui sont des fictions minuscules. Ce n'est pas seulement l'esprit de cet écrivain cosmopolite, dont l'existence est aussi picaresque que ses oeuvres, qui nous est révélée par ces lettres, mais aussi un authentique journal de bord de son écriture.

  • En janvier 1953, William Burroughs entreprit une expédition de sept mois dans les jungles d'Amérique du Sud pour y trouver du yage, légendaire plante hallucinogène de l'Amazone. Au-delà d'une étude anthropologique, il en profite pour balayer de son regard satirique les régimes politiques locaux. A partir de ses carnets et des lettres qu'il envoie à Allen Ginsberg, Burroughs compose un récit qui fut dans un premier temps publié dans des magazines. Dans cette nouvelle édition, le professeur Oliver Harris est retourné aux manuscrits d'origine afin de raconter la surprenante genèse du texte et d'établir pour la première fois son importance culturelle dans la quête de cette drogue utilisée par les Indiens. Cette édition comporte également des textes inédits de Burroughs et de Ginsberg, lesquels nous permettent de mieux comprendre les déambulations des deux écrivains dans le monde de l'exploration et de l'écriture.

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