• L'homme se tient sur une brèche, dans l'intervalle entre le passé révolu et l'avenir infigurable. Il ne peut s'y tenir que dans la mesure où il pense, brisant ainsi, par sa résistance aux forces du passé infini et du futur infini, le flux du temps indifférent.
    Chaque génération nouvelle, chaque homme nouveau doit redécouvrir laborieusement l'activité de pensée. Longtemps, pour ce faire, on put recourir à la tradition. Or nous vivons, à l'âge moderne, l'usure de la tradition, la crise de la culture.
    Il ne s'agit pas de renouer le fil rompu de la tradition, ni d'inventer quelque succédané ultra-moderne, mais de savoir s'exercer à penser pour se mouvoir dans la brèche.
    Hannah Arendt, à travers ces essais d'interprétation critique - notamment de la tradition et des concepts modernes d'histoire, d'autorité et de liberté, des rapports entre vérité et politique, de la crise de l'éducation -, entend nous aider à savoir comment penser en notre siècle.

  • Notre siècle a totalement transformé le statut de l'homme ; celui-ci est désormais un membre d'un ensemble qui le dépasse, et dont il ne peut s'échapper. il vit dans un monde où la technique prend de plus en plus d'importance, et où le politique s'impose sans possibilité d'écart ou de fuite. Ce monde est également celui des pires violences, de la barbarie généralisée. Hannah Arendt commence ici sa réflexion sur l'originalité radicale de notre époque. Elle pose les bases d'une réflexion qui permettra, peut-être, de se donner les moyens d'éviter les dérapages vers la violence aveugle, en comprenant en profondeur la dimension de "l'homme moderne". Un nouvel humanisme ?

  • Penser, c'est apprendre à désobéir, à ne pas se soumettre ou obéir à des idéologies. Ce recueil en grande partie inédit d'essais, interviews, conférences, discours, critiques littéraires, depuis un essai sur le travail et l'action jusqu'à des textes sur la liberté et la condition humaine, en passant par un remarquable "Hannah Arendt par Hannah Arendt", montre ce que penser librement veut dire : sans appuis ou garde-fous, sans les piliers de la religion, de la morale, de la politique ou de la philosophie, interroger sans répit au lieu d'offrir des réponses figées.

  • Marx par Arendt : un petit livre crucial à l'heure des grandes inégalités, de la menace d'une précarité généralisée, et de la radicalisation des mouvements anticapitalistes. Sur la fin de sa vie, Arendt projetait un essai sur l'auteur du Capital ; elle n'eut pas le temps de le mener à bien ; ce texte, longtemps inédit, devait en constituer le coeur et faire le lien entre ses deux essais majeurs : Les origines du totalitarisme et Condition de l'homme moderne.

  • Pas de changement politique sans au préalable un changement social. Tel est le but d'une révolution : vivre, plutôt que survivre. Dans cet essai inédit qui résonne avec les colères actuelles, Arendt nous invite à nous organiser nous-mêmes pour nous emparer de l'action politique et ne plus la déléguer aux partis. Retrouver ce qui anima les deux grandes révolutions, la française et l'américaine : un désir passionné, chez les citoyens, de participer aux affaires publiques.

  • Ce livre rassemble trois textes de Hannah Arendt qui se situent dans le sillage immédiat de son ouvrage majeur, Les origines du totalitarisme (1951), qu'il contribue à éclairer et à prolonger. Deux articles de 1953, Compréhension et politique et Religion et politique, développent une analyse plus fine du phénomène totalitaire. Le texte central, La nature du totalitarisme, est la matière des conférences que Hannah Arendt donna en 1954 à la New School for Social Research. L'auteur prolonge les réflexions du Système totalitaire et poursuit l'analyse de la terreur et du caractère singulier du totalitarisme. La préface de Michelle-Irène Brudny-de Launay a pour double objet de retracer la réception originale de l'oeuvre de Hannah Arendt en France et d'analyser l'importance comme les limites de la conception arendtienne du totalitarisme, en la situant au sein d'une problématique désormais générale.

  • Depuis la Seconde Guerre mondiale, le «réfugié» préfère en général l'appellation de «nouvel arrivant» ou d'«immigré», pour marquer un choix, afficher un optimisme hors pair vis-à-vis de sa nouvelle patrie. Il faut oublier le passé : sa langue, son métier ou, en l'occurrence, l'horreur des camps. Elle-même exilée aux États-Unis au moment où elle écrit ces lignes dans la langue de son pays d'adoption, Hannah Arendt exprime avec clarté la difficulté à évoquer ce passé tout récent, ce qui serait faire preuve d'un pessimisme inapproprié.
    Pas d'histoires d'enfance ou de fantômes donc, mais le regard rivé sur l'avenir. Mais aux yeux de ces optimistes affichés, la mort paraît bien plus douce que toutes les horreurs qu'ils ont traversées. Comme une garantie de liberté humaine.

  • Hannah Arendt entreprend dans les années 1950, à la demande de son éditeur allemand, la rédaction d'un ouvrage sur la politique. Les textes qui composent ce grand projet, qui n'a finalement jamais abouti, revêtent un intérêt capital pour la compréhension de l'oeuvre tout entière : ils ont été écrits à une période charnière au cours de laquelle ont été rédigés les ouvrages majeurs de la philosophe.
    À ces textes réunis dès 1995 sous le titre Qu'est-ce que la politique ? s'ajoute ici un ensemble de textes inédits en français, écrits par Arendt en anglais en 1953-1954, qui se situent dans la lignée de La Crise de la culture et reprennent les grands jalons de notre tradition philosophique politique, de Platon à Marx.
    Cette nouvelle édition critique, sous la direction de Carole Widmaier, confère, sans artifice et sans systématicité excessive, une unité à des aspects de la pensée d'Arendt qui, dans le reste de son oeuvre, sont à peine effleurés ou traités séparément les uns des autres. En mettant ces textes en perspective en les confrontant à des ouvrages fondamentaux d'Arendt ( Les Origines du totalitarisme, La Crise de la culture, Condition de l'homme moderne, La Vie de l'esprit, etc.), elle apporte un nouvel éclairage sur l'oeuvre de la philosophe allemande.

  • Est-ce que notre aptitude à juger, à distinguer le bien du mal, le beau du laid, est dépendante de notre faculté de penser ? Tant d'années après le procès Eichmann, Hannah Arendt revient dans ce bref essai, écrit en 1970, à la question du mal. Eichmann n'était ni monstrueux ni démoniaque, et la seule caractéristique décelable dans son passé comme dans son comportement durant le procès et l'interrogatoire était un fait négatif : ce n'était pas de la stupidité mais une extraordinaire superficialité. La question que Hannah Arendt pose est : l'activité de penser en elle-même, l'habitude de tout examiner et de réfléchir à tout ce qui arrive, sans égard au contenu spécifique, et sans souci des conséquences, cette activité peut-elle être de nature telle qu'elle conditionne les hommes à ne pas faire le mal ? Est-ce que le désastreux manque de ce que nous nommons conscience n'est pas finalement qu'une inaptitude à penser ?

  • Dispersé jusqu'à présent en trois volumes, Les origines du totalitarisme retrouve son unité dans la réunion des trois parties qui le constituent. L'ensemble est accompagné d'un dossier critique qui donne à la fois des textes inédits préparatoires ou complémentaires aux Origines, comme «La révolution hongroise», un débat avec Eric Voegelin, des extraits de correspondances avec Blumenfeld et Jaspers.
    Pour Eichmann à Jérusalem, rapport sur la banalité du mal, des correspondances avec Jaspers, Blücher, Mary McCarthy, Scholem éclairent l'arrière-plan de l'écriture de l'ouvrage et la violente polémique qu'il a suscitée.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean-Loup Bourget, Robert Davreu, Anne Guérin, Martine Leiris, Patrick Lévy et Micheline Pouteau et révisé par Michelle-Irène Brudny-de Launay, Hélène Frappat et Martine Leibovici. Édition publiée sous la direction de Pierre Bouretz.

  • La gloire posthume est le lot des inclassables. On n'a mesuré l'importance de Walter Benjamin qu'après sa mort. Au croisement de la biographie, de la philosophie politique et de la critique littéraire, Hannah Arendt retrace ici le destin et l'itinéraire spirituel d'un homme pris dans "les sombres temps". Elle analyse ses rapports tourmentés avec la judéité et le marxisme, son amour de Paris et de la flânerie ainsi que ses relations complexes avec les intellectuels de son temps. Plongeant au plus intime de l'oeuvre, elle décortique la façon, unique, que Benjamin avait de "penser poétiquement". Philosophe elle-même inclassable, Hannah Arendt était la plus apte à saisir la subtilité de cette figure.

  • Ce volume contient :
    Introduction, par Philippe Raynaud La Condition de l'homme moderne - De la révolution - La Crise de la culture - Du mensonge à la violence Glossaire des principaux concepts

  • La poésie fut la grande affaire de sa vie : pendant près de quarante ans, de 1924 à 1961, moment du procès Eichmann, Hannah Arendt ne cessa d'en écrire. Ses poèmes, où l'on croisera les figures de Martin Heidegger et de Walter Benjamin, parlent d'exil, d'amour et de mort, de nature et de nostalgie. Rassemblés ici pour la première fois, souvent totalement inédits, ils nous font pénétrer dans le jardin secret de la plus grande philosophe du XXe siècle.

  • Réfugiés, apatrides, parias, personnes déplacées, sans droits... Hannah Arendt nous aide, en onze essais sur les questions de l'assimilation et de la coexistence des peuples, à penser le monde d'aujourd'hui, les déplacements de population et la remontée de l'antisémitisme. Ce livre culte de la grande philosophe, qui contient plusieurs essais célèbres (sur la place des Juifs, Stefan Zweig, Kafka, ou encore le fameux "Nous autres réfugiés") était introuvable depuis de nombreuses années.

  • Vies politiques

    Hannah Arendt

    Les Vies politiques auxquelles ces essais sont consacrés n'ont en commun que l'époque au cours de laquelle elles se sont déroulées. Ainsi, Martin Heidegger, Karl Jaspers, Hermann Broch, Walter Benjamin, Bertold Brecht, Rosa Luxemburg et Jean XXIII par exemple, ont tous vécu ce que l'un d'eux, Brecht, appela de « sombres temps ».
    L'objectif principal de ce livre n'est cependant pas de dénoncer un mal d'époque mais de réfléchir un peu de « la lumière incertaine, vacillante et souvent faible que des hommes et des femmes, dans leur vie et leur oeuvre, font briller dans presque n'importe quelles circonstances ».

  • Juger : une activité humaine en apparence simple, que certains réduiraient volontiers à sa forme courante judiciaire ou à ses aspects logiques. Hannah Arendt, au contraire, discerne dans cette activité éthique ce qui permet d'agir selon des valeurs et de résister à l'inacceptable : elle met ainsi en évidence l'importance politique de ce verbe performatif.

    D'où vient la « faculté de juger » ? Quelle est sa place en philosophie ? Les « Conférences sur la philosophie politique de Kant » indiquent sa source principale : la Critique de la faculté de juger de Kant. Hannah Arendt relit, réinterprète, prolonge la tradition critique au-delà du cadre kantien et met à l'épreuve sa propre philosophie politique. Livre posthume, Juger n'en est pas moins la pièce maîtresse de la pensée arendtienne.

    Suivi de deux essais interprétatifs par Ronald Beiner et Myriam Revault d'Allonnes.

  • Sur la liberté, les responsabilités civiques, le bonheur, l'effilochement de la pensée avec l'avènement du capitalisme triomphant, la pensée de Marx, la révolution ou encore la guerre froide, un nouveau recueil de la grande philosophe composé de textes inédits en français : essais, interviews, conférences, discours et critiques, depuis un très important essai qu'elle consacra à Karl Marx jusqu'à ses réflexions sur la guerre froide et l'assassinat de Kennedy.

  • Le 4 décembre 1975, lorsque Hannah Arendt meurt, assise devant sa machine à écrire, un carnet repose sur l'étagère, soigneusement recouvert d'un tissu bleu gris. Rédigé par sa mère Martha, y sont consignées, de 1906 à 1918, les douze premières années de la future grande philosophe. Publié ici pour la première fois, il dessine le portrait d'une fillette surdouée puis rebelle, exprimant peu ses émotions et passionnée de littérature dès son plus jeune âge. Il est suivi de quatre textes totalement inédits de Hannah Arendt : un conte de 1929 et trois paraboles énigmatiques, denses, riches en métaphores, qui, écrites vers 1938, lors de son exil parisien, annoncent une pensée politique qui prendra son envol quelques années plus tard.
    Edition bilingue.

  • La langue maternelle

    Hannah Arendt

    « Seule demeure la langue maternelle » c'est un entretien avec Gu¨nter Gaus paru à la Télévision allemand le 28 octobre 1964. Dans ce texte Hannah Arendt souligne sa pensée politique par rapport aux problèmes du déracinement, de l'appar- tenance surtout à la langue d'origine, qui même dans les situations plus difficile résiste comme une façon particulière de regarder le monde. Dans une situation politique critique, la pensée a le pouvoir de prévenir les fausses valeurs et fausses croyances et, par suite, celui de nous préparer à la faculté du jugement, ce qui est la plus politique des activités mentales. Pour toutes ces raisons, auxquelles il faut ajouter la fonction de régulation éthique, nous voyons que la pensée conserve d'importantes affinités avec l'action, la politi- que et le monde des apparences. Bien qu'elle découvre, en visitant les décombres de la tradition philosophique, les raisons pour lesquelles la pensée s'est toujours opposée à l'action et à la politique, Hannah Arendt se refuse à croire qu'elle n'ait pas une place propre dans la vie de l'homme commun. Dans le deuxieme essai ici proposé «Compréhension et politique» du 1953, Arendt aborde la question de la ruine du sens commun. Pour elle, l'effondrement de la société de classes a mené à la désolation des individus, c'est-à-dire à leur déracinement social et culturel. Perdus, ils se sont alors repliés vers le totalitarisme qui présentait une certaine cohérence. Son autre ouvrage majeur est un essai sur le procès d'Adolph Eichmann, l'un des exécutants de la solution finale. Dans Eichmann à Jérusalem, elle décrit le gradé nazi comme un homme ordinaire, privé de conscience, illustrant la fameuse idée de la « banalité du mal ». Montrant avec force qu'Eichmann se contentait d'obéir aux ordres. Ses derniers ouvrages sont, eux-aussi en prise directe avec l'époque. Le totalitarisme n'est plus politique, il est désormais économique : le capitalisme triomphe. Ce sont La Condition de l'homme moderne et La Crise de la culture. Elle y critique la suprématie du monde du travail. Suprématie qui exerce une pression de plus en plus forte sur les individus:chacun doit se battre pour sur- vivre. Cette déshumanisation soumet le citoyen au diktat de l'économie et appauvrit sa réflexion politique. C'est tout l'espace public qui en pâtit.

  • Le charisme de Hitler, la responsabilité politique, le nationalisme, la nature du totalitarisme, le fascisme, l'art de terroriser les populations : ce nouveau recueil de la grande philosophe, dont certains textes sont inédits en français, complète «La Philosophie de l'existence» et manifeste, à chaque page, ce qui l'anima toute sa vie : la passion de comprendre.

  • Tome 1 : Ce journal, qui a accompagné Arendt depuis 1950 et pendant vingt-trois ans, n'est pas un journal intime auquel elle confie ses pensées, mais le journal-atelier dans et par lequel elle invente sa pensée. Elle y fait flèche de toutes les langues, selon le moment et la chose ; et de tous les styles, de l'aphorisme au poème, du résumé fulgurant au chantier du commentaire. Elle va droit au but, du plus strict au plus tendre, en prise sur toute l'histoire de la philosophie. On assiste ici à l'invention féminine d'un nouveau genre philosophique : le registre probe et somme toute heureux des exercices préliminaires à l'accouchement d'un pensée. Tome 2 : Septembre 1951 : " Trois aspects à distinguer. L'aspect historico-mondial : on en fait pas d'omelette sans casser d'oeufs. L'aspect moral : ce que tu ne veux pas qu'on te fasse, ne l'inflige à personne d'autre non plus. L'aspect politique : l'affaire d'un seul est l'affaire de tous. " Mai 1952 : " Ne suis que l'une / de ces choses / de ces infimes / issue / d'exubérance. / Serre-moi en tes mains, / qu'elles surgissent / exultant / jusqu'au succès / quand tu as peur. " Février 1955 : " Machiavelli lehrt, ' "how not to be good ", weil " godness " sich verbirgt, vin der öffentlichichen Sphäre zurückzieht, im Verborgenen " blüht " etc. Mars 1955 : " Dès lors qu'on a commencé à penser, les pensées arrivent comme des mouches et elle nous sucent le sang. " Novembre 1968 : " L'Etre se manifeste comme la Pensée (Martin Heidegger). ET comment se manifeste la pensée ? "

  • Est-ce que notre aptitude à juger, à distinguer le bien du mal, le beau du laid, est dépendante de notre faculté de penser ? Tant d'années après le procès Eichmann, Hannah Arendt revient dans ce bref essai, écrit en 1970, à la question du mal. Eichmann n'était ni monstrueux ni démoniaque, et la seule caractéristique décelable dans son passé comme dans son comportement durant le procès et l'interrogatoire était un fait négatif : ce n'était pas de la stupidité mais une extraordinaire superficialité. Une curieuse et authentique inaptitude à penser. La question que Hannah Arendt pose est : l'activité de penser en elle-même, l'habitude de tout examiner et de réfléchir à tout ce qui arrive, sans égard au contenu spécifique, et sans souci des conséquences, cette activité peut-elle être de nature telle qu'elle conditionne les hommes à ne pas faire le mal ? Est-ce que le désastreux manque de ce que nous nommons conscience n'est pas finalement qu'une inaptitude à penser ?

  • écrits juifs

    Hannah Arendt

    Ce volume rassemble la totalité des écrits qu'Hannah Arendt a consacrés, sinon à la « question juive », du moins aux « affaires juives », lesquelles tiennent une place importante dans son oeuvre. Ils s'étalent sur quatre décennies, des années 1930 aux années 1960. Témoin et victime de l'antisémitisme, c'est en tant que Juive, en revendiquant son donné, sa judéité, que s'avança toujours celle qui vécut aux sombres temps brechtiens. Si les sionistes avaient à ses yeux le mérite d'avoir compris qu'il était urgent pour les Juifs de s'engager dans l'action afin de faire face aux dangers qui les menaçaient, nombre des articles ici présentés sont cependant extrêmement critiques à leur égard. Arendt leur reprochait principalement leur absence d'analyse des fondements de l'antisémitisme en Allemagne, leur totale méconnaissance de la réalité arabe - pour elle, compte tenu de la situation géographique de la Palestine, la question la plus urgente était de parvenir à un accord avec les peuples arabes frontaliers -, enfin leur désintérêt pour les Juifs européens - les sionistes n'ayant eu dès le départ aucune politique concernant la diaspora. Loin, donc, de partager leur objectif d'établissement d'un État-nation juif, Hannah Arendt plaçait ses espoirs dans un système de gouvernement fédéral, seule alternative à ses yeux à la « balkanisation » de la région. Ce qui frappe à la lecture de ce volume, c'est, sinon l'aspect « prophétique » de la réflexion arendtienne, du moins le fait que son propos soit hélas toujours d'actualité.

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