• "A d'autres l'univers paraît honnête.
    II semble honnête aux honnêtes gens parce qu'ils ont des yeux châtrés. c'est pourquoi ils craignent l'obscénité. ils n'éprouvent aucune angoisse s'ils entendent le cri du coq ou s'ils découvrent le ciel étoilé. en général, on goûte les "plaisirs de la chair" à la condition qu'ils soient fades.
    Mais, dès lors, il n'était plus de doute : je n'aimais pas ce qu'on nomme "les plaisirs de la chair", en effet parce qu'ils sont fades.
    J'aimais ce que l'on tient pour "sale". je n'étais nullement satisfait, au contraire, par la débauche habituelle, parce qu'elle salit seulement la débauche et, de toute façon, laisse intacte une essence élevée et parfaitement pure. la débauche que je connais souille non seulement mon corps et mes pensées mais tout ce que j'imagine devant elle et surtout l'univers étoilé..."

  • Ma mere

    Georges Bataille

    À la mort de son père, Pierre tombe sous la griffe d'une femme terrifiante et sulfureuse, à l'adoration dévoratrice : sa mère. Initié par elle à l'orgie et la débauche, l'adolescent découvre une vie de perdition où se mêlent honte, jouissance, dégoût et respect. Face à un monde en dérive, perverti, comment aimer encore et apprendre à grandir ?

    Roman posthume, Ma mère est l'un des textes les plus scandaleusement beaux de Georges Bataille, qui disait de lui-même : « Je ne suis pas un philosophe, mais peut-être un saint, peut-être un fou. »

  • Au point de départ de ce bref essai rédigé en 1930 et paru dans la revue Documents, un fait divers : au Père-Lachaise, un certain Gaston F., après avoir fixé le soleil, "reçut de ses rayons l'ordre impératif de se trancher un doigt". Ce qu'il fait aussitôt, avec les dents. À partir de ce cas, Bataille étudie le geste de Van Gogh se tranchant l'oreille, qu'il éclaire et par l'analyse de son oeuvre et par la comparaison avec les rituels sacrificiels d'automutilation des sociétés primitives. Ce qui le conduit à élaborer une réflexion sur le sens du sacrifice dans nos sociétés modernes, vu comme l'action qui peut rompre l'homogénéité habituelle de la personne, imposée par la société. Au-delà de la réflexion sur l'oeuvre et la vie de Van Gogh, qui préfigure le texte d'Antonin Artaud, Van Gogh, le suicidé de la société, on retrouve dans cet essai très dense beaucoup des thèmes fondamentaux qui ont nourri l'oeuvre de Bataille. En annexe, nous reproduisons le compte rendu des Annales médico-psychologiques qui étudie le cas de Gaston F.

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  • L'érotisme

    Georges Bataille

    Les êtres qui se reproduisent, les êtres reproduits, sont des êtres distincts entre eux, séparés par un abîme, une fascinante discontinuité. Mais, individus mourant isolément dans une aventure inintelligible, nous gardons la nostalgie de la continuité perdue. L'activité sexuelle de reproduction, dont l'érotisme est une des formes humaines, nous la fait retrouver ; au moment où les cellules reproductrices s'unissent, une continuité s'établit entre elles pour former un nouvel être à partir de leur mort.
    C'est aussi par la mort, la mort violente, que cet effort de libération s'est manifesté dès l'origine des activités de l'homme. Mais le désir de meurtre met en cause toute l'organisation de communautés fondées sur le travail et la raison. D'où la naissance d'interdits, à quoi s'oppose, ou plutôt s'ajoute, en un dépassement nécessaire, leur propre transgression. Guerre et chasse rejoignent ici l'inceste ou l'orgie sacrée...

  • Penser ce qui excède la possibilité de penser, gagner le point où le coeur manque, les moments où l'horreur et la joie coïncident dans leur plénitude, où l'être nous est donné dans un dépassement intolérable de l'être qui le rend semblable à dieu, semblable à rien.
    Tel est le sens de ce livre insensé. les trois récits rassemblés ici sont l'expression la plus concise de la terrible exigence d'un homme qui avait voué sa vie et son écriture à l'expérience des limites.
    à travers le blasphème et l'indécence, c'est bien la voix la plus pure que nous entendons et le cri que profère cette bouche tordue est un alléluia perdu dans le silence sans fin.

  • La part maudite

    Georges Bataille

    Lors de la parution de La Part maudite, en 1949, Georges Bataille révélait qu'il travaillait depuis dix-huit ans à l'élaboration de cette représentation du monde, dont, seize ans auparavant, " La notion de dépense " - publiée dans la revue La Critique sociale - constituait une première approche.
    Pour Georges Bataille, La Part maudite abordait, " en dehors des disciplines particulières, un problème [...] à la clé de tous ceux que pose chaque discipline envisageant le mouvement de l'énergie sur la terre - de la physique du globe à l'économie politique, à travers la sociologie, l'histoire et la biologie [...]. Même ce qui peut être dit de l'art, de la littérature, de la poésie est en rapport au premier chef avec le mouvement [...] de l'énergie excédante, traduit dans l'effervescence de la vie ".
    Le sens le plus intime de cette entreprise est donné par le fait que cette ébullition du monde, voué à l'" abandon ", à l'" écoulement " et à l'" orage ", est conçue à l'image de celle qui n'a cessé d'animer la vie de l'auteur. Aussi La Part maudite occupe-t-elle une place centrale dans l'oeuvre de Georges Bataille.

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  • "Expérience intérieure", paradoxalement nommée, puisqu'elle culmine dans une fusion de l'intérieur et de l'extérieur, du sujet et de l'objet, l'inconnu comme "objet" communiquant en elle avec un "sujet" abandonné au non-savoir, Bataille en décrit ainsi le mouvement : "c'est jouer l'homme ivre, titubant, qui, de fil en aiguille, prend sa bougie pour lui-même, la souffle, et criant de peur, à la fin, se prend pour la nuit".
    L'itinéraire profondément désordonné de Georges Bataille (1897-1962), qu'il soit spirituel, politique ou littéraire, répond, par-delà les limites du convenu, à la volonté de révéler une vue souveraine, dégagée des servitudes qu'impose la vie.

  • Sous le patronage du désir et de la mort, de la volupté et de l'horreur, Georges Bataille explore les passions irrépressibles de l'homme. À travers une histoire intuitive de la peinture, depuis la Préhistoire jusqu'au Surréalisme, il jette une lumière implacable sur notre grandeur et notre tragique. Pour qu'au seuil de la raison, le coeur exulte.

    L'ultime ouvrage de Georges Bataille, dans lequel il livre le sens caché de son art, aux souffles poétique et philosophique saisissants.

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  • Georges Bataille avait un grand projet : élaborer, à partir d'une critique de l'utile, une économie générale qui désaliène l'homme rivé au travail et restitue sa « part maudite » - la consumation, libre, gratuite.
    Il fait l'hypothèse d'un temps originaire où le monde se serait donné à l'homme dans un pur rapport d'immanence et d'immédiateté. Le monde était alors l'intime de l'homme, il était excès, il était passion : « Le monde intime s'oppose au monde réel comme la démesure à la mesure, la folie à la raison, l'ivresse à la lucidité ».
    Désormais, dans le monde transcendant - ce monde où l'homme rivé au travail s'invente des fins hors de lui et à atteindre dans l'avenir - l'érotisme permet de redécouvrir la possibilité de dépenses d'énergie sans cette utilité immédiate qui nous asservit. L'érotisme enfièvre, dépense, gaspille. Puisque sur lui seul l'avenir n'a pas de prise, il est « la voie la plus puissante pour entrer dans l'instant ».
    Cet ouvrage est extrait du tome VIII des OEuvres complètes de Georges Bataille.

  • Le bleu du ciel

    Georges Bataille

    " dans cette nuit opaque, je m'étais rendu ivre de lumière ; ainsi, de nouveau, lazare n'était devant moi qu'un oiseau de mauvais augure, un oiseau sale et négligeable.
    Mes yeux ne se perdaient plus dans les étoiles qui luisaient au-dessus de moi réellement, mais dans le bleu du ciel de midi. je les fermais pour me perdre dans ce bleu brillant : de gros insectes noirs en surgissaient comme des trombes en bourdonnant. de la même façon que surgirait, le lendemain, à l'heure éclatante du jour, tout d'abord point imperceptible, l'avion qui porterait dorothea... "

  • " La littérature est l'essentiel, ou n'est rien. Le Mal - une forme aiguë du Mal - dont elle est l'expression, a pour nous, je le crois, la valeur souveraine. Mais cette conception ne commande pas l'absence de morale, elle exige une " hypermorale ". La littérature est communication. La communication commande la loyauté : la morale rigoureuse est donnée dans cette vue à partir de complicités dans la connaissance du Mal, qui fondent la communication intense. La littérature n'est pas innocente, et, coupable, elle devait à la fin s'avouer telle. L'action seule a les droits. La littérature, je l'ai, lentement, voulu montrer, c'est l'enfance enfin retrouvée. Mais l'enfance qui gouvernerait aurait-elle une vérité ? "

  • « L'oeuvre poétique de Georges Bataille est restée à l'écart, non parce qu'elle manquerait de qualité, mais plus certainement parce qu'elle représente un danger pour la poésie. Elle n'en conteste pas seulement les manières, elle les déchire, les salit ou bien les rend dérisoires. Ainsi la poésie est attaquée dans sa nature même et bientôt pervertie ou, plus exactement, souillée. On se protège de cette souillure mentale en l'attribuant aux sujets souvent obscènes ou scatologiques, alors qu'il s'agit d'une chose tout autre - qu'il s'agit d'un saccage interne faussant les articulations ordinaires du poème pour leur faire desservir leur propre élan. Il y a de la brutalité dans ce retournement : une façon de trousser le vers pour exhiber sa nudité sonore scandée à contresens de ce qu'il dit. » Bernard Noël.

  • Bataille hardi, Bataille novateur, Bataille éloquent. Où classer Georges Bataille ? Sartre et Malraux furent fascinés par les excès de ce « mystique sans dieu ». Rédigée en 1948, cette Théorie de la religion nous plonge, entre Éros et Thanatos, dans l'univers paradoxal d'un philosophe-artiste pour qui un concept vaut un cri.

  • Les livres de Bataille sur l'art, peu nombreux, sont connus : son Manet, essentiel, son Lascaux ou la naissance de l'art ; et aussi, quoique différemment, ses Larmes d'Éros qui ne constituent certes pas à proprement parler un livre sur l'art, mais que l'art illustre surabondamment (qui fait à l'art une part non pas illustrative mais presque conceptuelle).
    On connaît beaucoup moins, par contre, pour ne pas dire du tout, ses « courts » écrits sur l'art, nombreux ceux-ci (il convient de préciser : les arts de la photographie, de la peinture - Van Gogh, Picasso et Goya, mais aussi Masson, Klee, Ernst, etc., du cinéma - Bunuel et Dali, Eisenstein) ; des articles pour la plupart, publiés avant guerre dans la maintenant prestigieuse, mais à l'époque hétérodoxe ou frénétique revue Documents (quelques articles définitifs, entre autres : « OEil », « Le gros orteil », « Métamorphose », « Le jeu lugubre », « Informe », « Les écarts de la nature ») ; après guerre, en partie dans la revue Critique. Des préfaces plus rarement.
    Ici rassemblés pour la première fois, ces textes témoignent du constant souci de Bataille de « voir » auquel l'art invite certes, mais auquel Bataille a toujours, en toute matière invité, auquel il enjoint, et dont il n'est pas loin de faire une condition supplémentaire de la pensée.
    Dans certains de ces textes, il est question de l'art pour lui-même, de la question qu'en tant que tel l'art pose. Dans d'autres, de la pensée, en tant que l'art pense et se pense.

  • Le coupable est un récit d'une expérience " mystique " paradoxale, formé à partir des pages d'un journal rédigé de 1939 à l'été de 1943.
    Cette expérience, en dépit des apparences troublées par les événements, n'appartient pas à une religion définie. paradoxale, elle ne s'oppose nullement à l'érotisme : elle se joue néanmoins dans l'extase ; immorale, elle n'a d'autre possibilité que la chance. c'est une sorte de jeu sans refuge, égarement, angoisse au départ, essentiellement violence rentrée.
    Au coupable est joint l'alleluiah, invitation brûlante à l'érotisme de l'amant à l'amante.

  • Réunis ici (dans les tomes V et VI) et augmentés de nombreux inédits, l'Expérience intérieure, Le coupable et Sur Nietzsche, rédigés de 1939 à 1944, sont d'abord le journal d'une expérience : expérience de l'extase, du non savoir, de l'érotisme, expérience de la guerre, expérience de Nietzsche tout à la fois.
    Jusqu'à sa mort, Bataille tentera de prolonger ce journal en Somme athéologique : rééditions, adjonctions, préfaces, plans de parution, ébauches marquent cette oeuvre sans cesse reconsidérée, sans cesse en projet, sans cesse en dialogue avec cette autre " somme ", La Part maudite.
    Les annexes du tome VI replacent dans leur contexte plusieurs inédits ou des articles parus en revues, directement contemporains de " l'expérience ".
    On y trouvera également tous les plans et projets de Bataille pour compléter cette Somme athéologique.

  • " Je dirais volontiers que ce dont je suis le plus fier, c'est d'avoir brouillé les cartes [.
    ], c'est-à-dire d'avoir associé la façon de rire la plus turbulente et la plus choquante, la plus scandaleuse, avec l'esprit religieux le plus profond. " G. B.
    Michel Surya, écrivain et biographe de Georges Bataille, réunit ici des textes qui n'ont pas été repris (ou l'ont été incomplètement) depuis leur première parution, il y a une cinquantaine d'années et qui sont donc devenus introuvables, des textes récemment identifiés parce que publiés sous divers pseudonymes et des entretiens inédits?.

  • «Parce que le rayonnement solaire est sans contrepartie, parce que le soleil donne la vie pour rien, à la surface du globe, pour la matière vivante en général, l'énergie est toujours en excès. Si l'univers se dilapide ainsi lui-même, l'homme ne peut être que prodigue, "un rieur, un danseur, un donneur de fête". Seule son avarice d'être séparé le sépare de cette vérité solaire ; qu'il la nie, il ne peut cependant dépenser moins : il faut qu' une quantité déterminée d'énergie soit dépensée en pure perte. "Ma volonté décide de la modalité, non de la quantité de la perte." En pure perte, ce peut être l' accroissement du niveau de vie mondial : la multiplication du luxe, ou ce peut être la guerre atomique.
    Si l'oeuvre entière de Bataille développe cette théorie de l'excès ("part maléfique que nous tentons de dépenser pour le bien commun" - Sur Nietzsche), La Part maudite devait en être l'exposé systématique, comme fondement de "l'économie générale", science de l'usage des richesses. Un premier livre, La Consumation, parut en 1949. L' actualité (le plan Marshall, la guerre froide) l'inspire, mais cet ouvrage est d'abord le fruit d 'un long travail, dont ce volume retrace les étapes : La Limite de l'utile (1939-1945), fragments d'une version abandonnée aux marges de "l'expérience intérieure", L'Économie à la mesure de l'univers (1946), "notes préliminaires à la rédaction", enfin Théorie de la religion (1948), qui fait de la religion (fût-elle athéologique) l'ordinatrice de la dépense, en tant qu'elle est "recherche de l'intimité perdue, effort de la conscience claire pour devenir en entier conscience de soi". Les Conférences et les Annexes (Sade et la morale, La Religion surréaliste, Les Problèmes du surréalisme, une Notice autobiographique) qui complètent ce volume annoncent la suite, restée inédite, de La Part maudite : Histoire de l'érotisme (1951) et La Souveraineté(1954), qu'on trouvera dans le tome VIII de ces oeuvres complètes, avec les Conférences sur le non-savoir.» Thadée Klossowski.

  • «Historiens, sociologues, ethnologues ou rêveurs, économistes et philosophes (dussent-ils traîner les pieds), artistes ou poètes et nous qui passons par là sommes conviés à cet étrange banquet de la pensée. Son actualité et sa force ne vont pas manquer de remuer.
    Les deux derniers volumes des oeuvres complètes de Georges Bataille couvrent une activité décisive et considérable : elle tient en cent vingt-sept longs articles, aujourd'hui méconnus, écrits entre 1944 et 1949 (tome XI), 1950 et 1961 (tome XII) : "Seule la mort se dérobe à l'effort d'un esprit qui s'est proposé de tout embrasser." La plus grande partie d'entre eux a été rédigée pour la revue que Bataille fonde et dirige à partir de 1946, Critique. Mais d'autres ensembles au ton très singulier (pour Troisième convoi ou Botteghe Oscure) se dégagent et font cavalier seul. Pour mieux marquer le mouvement de la pensée, l'ordre chronologique a été ici suivi.
    Voici donc regroupée et lisible cette impressionnante somme qui, au fond, sert d'exercice préparatoire, d'escorte et de commentaire permanent aux livres imprimés : pour Bataille, le premier sous son nom date, on le sait, de 1943, il a alors quarante-sept ans ; c'est L'expérience intérieure.
    On assiste ici à une extraordinaire dépense énergétique qui couvre les dix-huit dernières années de sa vie. Toutes les polémiques, tous les débats de l'époque, toutes les amitiés y figurent en première ligne : Breton, Sartre, Heidegger, Char, Prévert, Blanchot, Beckett, Miller, Camus, Masson, Leiris... Les études sont longues, attentives, fouillées. Elles prétendent donner un aperçu de l'esprit humain dans tous les domaines. Elles révèlent une pensée en travail, en état de recherche, d'excitation et de jeu, au jour le jour. À mi-route entre la parole vive et le livre, elles évoquent le rythme, la pulsation et parfois, ponctuation aidant, la respiration de "l'imperceptible colère du bonheur" qui les porte.» Francis Marmande.

  • Paru dès 1933 dans la revue La Critique sociale, " La structure psychologique du fascisme " était considéré par Georges Bataille comme le " fragment " d'un ensemble plus important dont le titre aurait été " Le Fascisme en France ". L'accélération des circonstances - politiques et personnelles - l'empêcha malheureusement de mener à bien son projet. Ce long article témoigne de l'audace méthodologique de Georges Bataille, qui, aux outils conceptuels de la sociologie, adjoint ceux de la phénoménologie allemande, ainsi que ceux de la psychanalyse freudienne. Car il ne faut pas moins, selon lui, que tous ces moyens réunis pour comprendre et interpréter la nature du régime fasciste.

  • «"Je me sens très seul à chercher, dans l'expérience du passé, non les principes mis en avant, mais les lois ignorées qui menèrent le monde et dont la méconnaissance nous laisse engagés sur les voies de notre malheur." (L'Histoire de l'érotisme.) "Si la vision du monde actuel donnée dans la pensée liée au primat de la subjectivité consciente se répandait, le monde des choses échapperait au gouvernement déraisonnable d'une pensée objective incessamment faussée par le jeu d'une subjectivité inconsciente." (La Souveraineté.) Voici donc ce projet d'une suite à La Part maudite, avec L'Histoire de l'érotisme (1950-1951), première version abandonnée de L'Érotisme, et La Souveraineté (1953-1954), dont ne parurent que quelques chapitres donnés à des revues. S'y ajoutent, prolongeant encore le tome précédent de ces oeuvres complètes, des souvenirs sur le surréalisme (1951 - portraits de Leiris, Breton, Aragon, Artaud) et des conférences (1951-1953) sur Le non-savoir, Le sacré au XXe siècle, L'angoisse du temps présent... Les Annexes donnent le texte de quelques articles utilisés dans la rédaction de La Souveraineté. Signalons enfin, dans les Notes, quantité de plans et d'ébauches : pour un livre sur l'érotisme (La Phénoménologie érotique, Sade et l'essence de l'érotisme, De l'angoisse sexuelle au malheur d'Hiroshima) ; pour Le Système inachevé du non-savoir (L'Athéologie) ; pour un livre sur Albert Camus (A .C., la Morale et la Politique, La Sainteté du Mal...) ; finalement, pour une première rédaction de La Souveraineté, sous le titre éloquent de Nietzsche et le communisme. Tous ces textes (où paraissent dans une lumière éblouissante les figures de la prostituée, de Sade, Nietzsche ou Staline...) se composent en un mouvement de connaissance violente, à la mesure de "ce moment souverain où l'impatience et la connaissance se confondent", "moment de grandeur inconditionnelle où le silence se fait, où la tête qui ne tourne pas est plus forte que la douleur, où la pensée a la pureté du vice".» Thadée Klossowski.

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