• Le moral d'Éric, anthropologue, n'est pas au beau fixe. Sa femme devenue paranoïaque lui impose une quatorzaine drastique. Lorsqu'il rencontre par hasard Kevin, ami de jeunesse perdu de vue, c'est l'occasion rêvée de s'échapper.

    Kevin est devenu survivaliste. Il se prépare à une fin du monde imminente. Éric constate que sa doctrine n'est qu'une énième négation de la complexité de l'être humain. Dictature technologique ou survivalisme, seules voies radicales (et ridicules) entre lesquelles il nous soit donné de choisir.

    Pourtant, Éric se laisse prendre au jeu, il apprend à chasser, à fabriquer un arc, rencontre d'autres survivalistes. Peu à peu, la distance se réduit. Jusqu'à ce que tout tourne mal...

    Dystopie ? À peine. Satire hilarante d'un présent définitivement malade ? Assurément.

    Anthropologue, Eric Chauvier est né en 1971. Il a déjà publié, aux éditions Allia, Anthropologie(2006),Si l'enfant ne réagit pas (2008), Que du bonheur, La Crise commence où finit le langage (2009), Contre Télérama (2011), Somaland (2012), Les Mots sans les choses (2014), Les Nouvelles Métropoles du désir (2016), Le Revenant (2018) et Laura (2020).

  • Tout semble opposer Éric et Laura. Si la réussite sociale de celui-ci n'a pas tenu toutes ses promesses, la déchéance de Laura est totale, aussi bien sur le plan amoureux que professionnel. En dépit de la colère ressentie face à l'impossibilité de communiquer, déclinée en impossibilité d'aimer, Éric tâche pourtant d'interroger ce fossé qui les sépare, à l'aune de ce qui les unit.

    Dans ce portrait de Laura, Éric Chauvier se lance finalement dans un examen autocritique d'une grande honnêteté, outrepassant les clichés qui trop facilement opposent l'intellectuel à ses sujets issus d'une autre classe sociale. À travers le récit d'un amour non advenu, ou survenu trop tard, l'anthropologue s'efforce de raconter autrement les fractures qui divisent la France d'aujourd'hui.

    Anthropologue, Eric Chauvier est né en 1971. Il a déjà publié, aux éditions Allia, Anthropologie(2006),Si l'enfant ne réagit pas (2008), Que du bonheur, La Crise commence où finit le langage(2009), Contre Télérama(2011), Somaland(2012), Les Mots sans les choses(2014), Les Nouvelles Métropoles du désir(2016) et Le Revenant(2018).

  • Et si Baudelaire revenait parmi nous ? S'il flânait de nouveau dans nos ruelles ? En l'occurrence à Paris, comme en son temps. Dans ce récit haletant, Baudelaire resurgit sous la forme, non du dandy qu'il incarna jadis, mais du vagabond, misérable hère qui assiste, affalé sur le bitume, à la valse de nos contemporains et essuie leur mépris. Lui qui redoutait tant de se sentir inférieur à ceux qu'il dédaignait, le voici hué, puis bientôt hissé à la tête d'une parade de zombis avant de connaître le destin d'une âme suppliciée. Par vagues réminiscences, lui parvient le souvenir de son être passé et de son oeuvre. "La rue assourdissante autour de moi hurlait", écrivait-il jadis dans son poème À une passante.

    Anthropologue, Eric Chauvier est né en 1971. Il a déjà publié, aux éditions Allia, Anthropologie (2006), Si l'enfant ne réagit pas (2008), Que du bonheur, La Crise commence où finit le langage (2009), Contre Télérama (2011), Somaland (2012), Les Mots sans les choses (2014) et Les Nouvelles Métropoles du désir (2016).

  • A travers La Crise commence où finit le langage, Éric Chauvier tente de saisir les raisons de l'essor de la "crise" qui, plus qu'un mal de notre temps, apparaît comme le nouveau mode de désignation de la catastrophe auquel sembleraient vouées l'Histoire et l'espèce humaine.Loin de consentir à un tel fatalisme, l'auteur entreprend de mettre à jour ce qui se cache derrière le mot "crise" dans la mesure où ce terme semble avant tout être agité comme un paravent voué à décourager toute tentative de compréhension du phénomène qu'il recouvre. Prenant à rebours la logique médiatique qui appréhende le phénomène à "un degré hollywoodien", Éric Chauvier choisit, à partir d'une focale microsociologique, de soutirer d'un fait banal de la vie quotidienne l'élément révélateur du fonctionnement d'un système.Prenant ses racines dans le langage, c'est à une crise de la culture que nous sommes confrontés. En affirmant que "l'accès à la raison anthropologique de la crise n'est pas la chasse gardée d'une élite de spécialistes", Éric Chauvier contribue, par l'intermédiaire de cet ouvrage, à alerter ses contemporains sur la nécessité impérieuse de se réapproprier le langage.

  • À mi-chemin du récit et de l'étude sociologique, Anthropologie est une enquête en creux, née de l'impression suscitée par le regard d'une jeune Rom qui s'adonne à la mendicité devant un centre commercial. Troublé par ce visage, qui éveille en lui toutes sortes d'interrogations, l'auteur évite d'abord la rencontre. Il se contente d'analyser les propos que tiennent ses proches au sujet de cette fille. Cette expérience, lui semblant insuffisante, il décide finalement de rencontrer celle qui est à l'origine de son trouble. Mais elle disparaît justement à ce moment-là. Il tente alors de la retrouver et de percer le secret de cette figure devenue obsédante, dont il est peut-être amoureux.À la façon du héros de Mr. Arkadin d'Orson Welles, il part à la recherche de tous ceux qui ont pu la croiser et recueille leurs témoignages. Mais ces paroles fragmentaires, parfois contradictoires, ne lui permettent pas d'éclaircir le mystère. L'enquête ne peut cependant se réduire à un échec.Cette quête minutieuse, traque d'une absence, constitue un programme en soi, une discipline de vie. Il s'en dégage un tableau sociologique de la France contemporaine et de ses "exclus". Avec cet ouvrage, Éric Chauvier jette les bases d'une nouvelle façon de concevoir et de pratiquer l'anthropologie.

  • "Travailler dans l'événementiel", en d'autres termes dans "ce qui fait le buzz". Tel est le souhait de Younes, adolescent de 16 ans de la Seine-Saint-Denis. Quant à vous, peut-être habitez-vous dans une "ville­monde", où le flâneur ne flânerait plus mais participerait au flux mondial d'information. Ces concepts surplombants, plaqués sur des faits ou sur des groupes sans pouvoir les relier à l'expérience individuelle, voilà ce contre quoi Éric Chauvier s'insurge. Dans un même élan, il déboulonne quelques-uns des grands penseurs du monde social. Pierre Bourdieu, Claude Lévi-Strauss ou encore Michel Foucault en prennent pour leur grade. Mais aussi les gender studies tant à la mode ou encore les théories du care. Freud s'était en son temps inquiété de l'usage intempestif des termes de psychatrie, tels que "paranoïa" ou "schizophrénie". Non par élitisme mais par peur du danger que cela représentait : employer des mots lourds de sens pour les appliquer à des situations et des personnes qui ne présenteraient aucun des critères cliniques à même d'en justifier l'emploi. Éric Chauvier dénonce à sa suite les dommages de la vulgarisation scientifique. Plus encore met-il au jour les faux effets d'autorité qui en découlent. Dans la bouche de tout un chacun, le mot n'a pour le moins rien à voir avec la chose, voire ne désigne pas grand-chose. Et pourtant on en use et en abuse comme d'une drogue. L'auteur émaille sa dénonciation d'anecdotes personnelles - par exemple, la confrontation avec un neurologue suite à l'AVC de sa femme -, qui non seulement éprouvent la validité de sa pensée mais font sentir au lecteur l'évidence de cette "maladie du langage" dont tout un chacun souffre.

  • Interpellé par un article sur la "mocheté" de la banlieue paru dans un "hebdomadaire de la capitale", en l'occurrence Télérama, Eric Chauvier dresse un tableau de la réalité quotidienne des zones périurbaines contemporaines. Sous la forme d'un carnet de notes à mi-chemin entre l'écrit littéraire et l'enquête ethnologique, il définit l'essence de cette société demeurant habituellement dans l'ombre. Il la met en lumière sous le "clair de lune des réverbères". L'auteur, lui-même résident de cette périphérie méprisée, en est justement un des acteurs. C'est pourtant bien à une étude sociologique qu'il s'attelle, renfermant moult anecdotes ironiques, cyniques ou bien tout simplement drôles - depuis le traditionnel jogging et les rencontres improbables dans des hypermarchés anonymes jusqu'à la gestion des excréments animaux. Ce faisant, il exprime sa révolte contre le jugement de classe déguisé en jugement esthétique émis par des journalistes bien-pensants. Fort d'une argumentation originale, limpide et pleine d'humour, ce témoignage persuade par son réalisme et sa poignante véracité.

  • "C'est que du bonheur", une phrase en apparence anodine, mais qui vient ponctuer, telle une grinçante ritournelle, l'ouvrage d'Éric Chauvier. Cinq mots, inéluctablement associés au souvenir d'une ex-petite amie, le cas X, qui vit de relations sociales superficielles et se contente de satisfactions futiles dans l'acquisition de biens matériels. La phrase de X passe d'abord inaperçue (l'amour rend aveugle) et agit comme un écran illusoire. Mais, suite à leur rupture, l'impossibilité évidente de s'en accommoder saute aux yeux de l'auteur. L'emploi de l'expression "c'est que du bonheur" devient alors, pour lui, l'occasion d'une réflexion plus approfondie sur le langage.Cette phrase stigmatise et écarte, tels des trouble-fête, tous ceux qui n'adhèrent pas à l'idée d'un bonheur artificiellement construit. Pour sortir d'une telle impasse, il devient de plus en plus impérieux et nécessaire, selon l'auteur, de tracer une voie nouvelle. Car tenter d'exister, ne serait-ce qu'en marge et hors des sentiers battus, est aussi la promesse d'un bonheur ou du moins d'une joie réellement authentique.

  • Dans la ville natale de l'auteur, trois adolescentes agressent un homme, ou plutôt un type, représentant caractéristique d'une classe d'êtres fashion. Témoin de ce lynchage, Éric Chauvier vient au secours de l'homme mais, déjà, les silhouettes des jeunes filles se sont éclipsées. La victime décline toute aide puis se dirige vers un bar, le bien-nommé Dark Rihanna, "bar-club très tendance", avaient décrit les journaux au moment de son ouverture. Le narrateur la suit, pénètre à son tour dans ce temple mondialisé - décoration new-yorkaise, murs de briques vertes, plafonniers industriels, le tout orné de reproductions d'oeuvres de Basquiat et de Keith Haring, de photographies de William Burroughs ou de Jack Kerouac. La clientèle du bar compose une collection de types : du "gentleman farmer hyperurbain" à la jeune femme un peu queer en passant par une fausse Patti Smith et une Debbie Harry plus réussie. Étranger dans la ville qui l'a vu grandir, l'anthropologue tente de saisir ce qu'il voit sans parvenir à en être lui-même acteur. Comment dans ces conditions devenir l'"observateur participant" prôné par l'ethnologie moderne ? Chauvier souhaiterait commander une bière. Ce qui semble peine perdue, tant les codes du lieu lui échappent.Devant le jeu de références remâchées qui s'étalent sous ses yeux, de Booba à Rihanna, Éric Chauvier explore avec une ironie pour le moins radicale les failles des représentations, la terreur tapie ou calfeutrée de ces nouvelles métropoles du désir. Parviendra-t-il à consommer ? Dans son non-genre, ce livre est une merveille.

  • Peut-on observer et analyser la souffrance humaine avec la distance qu'exigent les sciences sociales ?C'est cette question qui hante le narrateur, anthropologue salarié pour évaluer le fonctionnement d'une institution pour adolescents en rupture familiale. Il observe les habitudes de vie dans ce lieu clos, les rapports entre éducateurs et adolescents afin d'en pointer les dysfonctionnements.Aux frontières des genres - récit intime, essai d'anthropologie, fiction familiale - cet ouvrage inclassable présente une forme inédite. Les méthodes des manuels et les grandes théories des sciences sociales conduisent l'auteur à l'impasse. Pour répondre au malaise provoqué par la voix irréelle et désaffectée de l'étrange Joy, il néglige le caractère "froidement scientifique" de sa mission, et son étude va se focaliser sur le comportement singulier de cette adolescente. Ce n'est pas son histoire qui le trouble, c'est la souffrance qu'elle dégage et qui résonne en lui.Nos existences sont reliées les unes aux autres par des anomalies que nous nous efforçons d'étouffer afin de mieux nous en protéger. Si l'on parvient à les sonder, elles constituent une communication des plus subtiles.

  • Une conversation du regard.
    Éric Chauvier se démarque radicalement des canons académiques de l'anthropologie.
    À l'opposé de la fabrication d'un monde-objet déconnecté des aspérités du réel, s'appuyant sur Wittgenstein et Merleau-Ponty, il recentre dans cet essai vivifiant l'ambition anthropologique autour de l'écoute et de la transmission de l'ordinaire éprouvé sur le terrain.
    En orientant le regard vers les ruptures de familiarité qui surgissent lors des rencontres avec des interlocuteurs débarrassés de leur masque d'informateurs ; en concentrant toute l'attention sur les jeux de langage à l'oeuvre dans ces moments spécifiques ; en revendiquant un appariement des consciences entre narrateur et lecteurs par l'écriture même de l'enquête, il pose les attendus épistémologiques et immédiatement politiques de la pratique anthropologique.
    Avec ce livre, conçu comme un arrière-plan théorique de toute sa démarche narrative - et, plus largement, des sciences humaines -, il établit la nécessité de restituer l'anthropologie au coeur de l'espace public.

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