• Armand Abécassis propose une relecture originale des Evangiles, et de la vie et de l'enseignement de Jésus, un juif parmi les siens.

    Analysant les Evangiles à la lumière du contexte historique dans lequel ils furent écrits, Armand Abécassis, philosophe et exégète reconnu de la religion juive, rétablit ici nombre de vérités sur Jésus : comme ses disciples, il était juif et est resté juif de sa naissance à sa mort. Pour prier et enseigner, il n'a jamais mis les pieds ailleurs que dans une synagogue. Il parlait l'hébreu et l'araméen. Il portait les franges à son vêtement comme tous ses coreligionnaires. A l'exemple des prophètes qui l'ont précédé et des rabbins qui lui étaient contemporains, il a juste essayé d'affronter à sa manière la crise la plus grave de son peuple en Galilée d'abord, en Judée ensuite et à Jérusalem enfin.
    Une nouvelle lecture, originale mais de plus en plus admise, de la vie, de l'enseignement et du rôle du juif Jésus.
    Prix Spiritualité d'aujourd'hui 2020.

  • Il n'existe pas un seul chapitre des Evangiles qui ne s'appuie sur la tradition orale et écrite juive. Les Chrétiens continuent encore aujourd'hui d'ignorer la Torah. Le temps est arrivé pour eux de remédier à ces ignorances coupables à cause de leurs conséquences historiques.

    Tous les auteurs des Saintes Ecritures chrétiennes - appelées encore Nouveau Testament - étaient juifs, à l'exception de Luc. Quelles que soient les modifications postérieures de leurs écrits, apportées par les communautés chrétiennes, il est normal de penser qu'ils étaient nourris de la tradition juive authentique. Peut-on, dès lors, comprendre leur enseignement en ignorant le Judaïsme ?
    En vérité, je vous le dis, le temps du dialogue fraternel et sans complaisance est là, au seuil du troisième millénaire. Si le Jubilé signifie, dans la Torah, l'année de la libération, libérons-nous d'abord, Juifs et Chrétiens, de nos ignorances réciproques. Mettons-nous à l'étude de toute la présence juive dans la spiritualité évangélique afin de mieux définir le rôle de l'Eglise dans le monde et dans le siècle qui s'ouvre bientôt.

    Armand Abécassis est professeur de philosophie générale et comparée à l'université Michel de Montaigne (Bordeaux-III). Ses écrits et ses enseignements témoignent d'un dialogue fécond entre Judaïsme et Christianisme.
    Il est l'auteur, entre autres, de La Pensée juive.

  • Moïse sait qu'il va mourir. Dans quelques heures, sur le mont Nébo, le Prophète qui a libéré les Hébreux de leur esclavage devra remettre son âme à Dieu. Il ne verra même pas la Terre de Canaan vers laquelle il les a guidés depuis quarante ans. Et pourtant il mérite d'y entrer ! Plus que tout le peuple, plus que tous les Prophètes, plus que tous les Sages, plus que tous les prêtres. Sa mort imminente apparaît alors comme triplement injuste : comment pourrait-elle le frapper lui, l'être exceptionnel, oser le faire disparaître en dehors de la Terre promise, et dans la solitude ? À l'ange de la mort qui se présente devant lui, Moïse s'écrie : « Écarte-toi de moi. Il n'est pas question de te remettre mon âme ! » Dans un ultime face-à-face avec Dieu, Moïse va ainsi refuser la mort et se livrer à une discussion passionnée pour faire valoir son droit à l'immortalité. A-t-il réussi ? Nul ne connaît sa tombe aujourd'hui. On sait seulement qu'il a disparu sur le mont Nébo, dans le pays de Moab, en face de Jéricho. Mais qui l'a accompagné ? Qui a creusé sa tombe pour son dernier sommeil ? Qui a recouvert son cercueil de terre ? Qui a procédé à l'oraison funèbre ? Qui a fait les dernières prières ? Est-il réellement mort ? Est-il monté au Ciel ? Et, si c'est le cas, a-t-il ensuite ressuscité ? Les histoires rapportées ici sont toutes extraites du Midrash.Depuis l'époque du Talmud, les rabbins ont imaginé les nombreux dialogues que Moïse aurait entretenus avec Dieu avant de mourir, en les reliant aux questions humaines fonda-mentales. Étonnamment modernes, ils font partie intégrante de la tradition juive.

  • Le judaïsme considère que les Juifs ont à porter leur projet éthique et spirituel non seulement en tant que personnes mais aussi en tant que peuple. Un peuple capable de témoigner devant les autres peuples que le politique, l'économique et le social peuvent être fondés sur la morale portée par une aspiration spirituelle.
    Armand Abecassis, philosophe et exégète du judaïsme de renom, retrace dans un récit d'une grande fluidité, avec le souci de s'adresser à tous de manière objective, l'histoire foisonnante du peuple juif, une aventure unique dans l'histoire de l'humanité. Une histoire multimillénaire qui a façonné une grande partie de notre monde actuel, et dont l'influence philosophique, historique, culturelle, artistique, spirituelle est profonde. Ce faisant, il en explique les coutumes, les différents courants, l'évolution de la pensée, les fêtes et les pratiques. Il n'élude pas les grandes questions contemporaines.

  • De grands événements bibliques se jouent autour d'un puits, c'est-à-dire dans une proximité essentielle avec l'eau, dans des lieux de conflits et de réconciliation, de relations hostiles ou amicales entre des groupes ou des personnes. Spécialiste de la tradition juive, bon connaisseur du Nouveau Testament et du Coran, Armand Abécassis explore systématiquement ces rencontres inédites autour d'un puits, où s'engage l'aventure de la paix ou de la guerre, de la justice ou de l'injustice, du droit de tous ou de l'inégalité maintenue, de l'amitié ou de la violence, de l'accueil ou du rejet de l'étranger, de la place des femmes. Les divergences entre les trois monothéismes - mais aussi peut-être les moyens de les surmonter - se dessinent déjà là, à travers les deux vocations d'Israël et d'Ismaël, où s'enracine la distinction entre judaïsme et islam, ou encore à travers les deux réponses, juive et chrétienne, à la quête humaine de paix, que l'auteur lit dans la rencontre entre Jésus et la Samaritaine. Du puits de Sodome au puits de Jacob, du puits d'Isaac au puits de Moïse, du puits de Rébecca au puits de la Samaritaine, le partage de l'eau - pour désaltérer, pour arroser, pour purifier - en apprend beaucoup sur l'origine de la violence et l'instauration de la paix.

  • Le propos général de ce livre vise à justifier l'emploi du pluriel dans le titre. Armand Abécassis s'emploie à montrer qu'au cours de l'histoire, et ce dès le temps des Patriarches, les judaïsmes se multiplièrent et se diversifièrent.
    Le thème de l'interprétation fournit le fil directeur de cette histoire des lectures de la Bible, histoire des interprétations faisant l'histoire même des juifs (notamment les péripéties et les avatars des rapports entre le politique et le religieux) en montrant comment l'alliance, scellée dans le désert, entre un Dieu et son peuple, se reconfigure au fur et à mesure des interprétations.
    La première partie est consacrée à l'analyse du fait prophétique en suivant les itinéraires (de vie et conceptuel) des prophètes successifs, et la seconde s'attache aux interprétations politiques résultant des circonstances historiques, particulièrement le retour des Juifs après la captivité à Babylone. La fin de l'ouvrage explore de façon très fouillée les élaborations des prêtres et des rabbins (avec des exemples et des extraits savoureux et utiles) et décrit ce qu'est le talmud dans ses deux parties, Mishnah et Guemara.
    La grande réussite de ce livre est de donner à la Bible une intelligibilité à la fois intérieure et extérieure. En suivant Armand Abécassis, on comprendra que parler du judaïsme, c'est admettre les principes de la création, de la révélation et de la messianité, ainsi que l'importance et l'obligation des rites quotidiens, quelle que soit l'interprétation qu'on leur donne.

  • La mystique du Talmud

    Armand ABECASSIS

    • 12-21
    • 28 August 2014

    Après la destruction du Temple de Jérusalem par les Romains en 70, les Pharisiens, tout en restaurant et en réunifiant le judaïsme, ont fait " une barrière autour de la Torah " afin de la préserver des tourments de l'Histoire. Pour cela, ils l'ont habillée de commentaires successifs : la Michnah, interprétée elle-même par la Guemara', l'ensemble formant le Talmud dont il existe deux versions, celles de Jérusalem et de Babylone.
    Le Talmud, classé par la tradition juive au deuxième rang des textes sacrés après la Bible, a été abusivement considéré au cours des siècles comme une glose ayant pour unique fonction de permettre l'exégèse des Ecrits saints afin d'en déduire la loi pratique et le devoir du fidèle. Il est temps de dire que les Pharisiens ont été également les dirigeants de cercles mystiques, les héritiers de grands courants de pensée qui se sont exprimés à travers l'apocalyptique juive et les textes de la Merkabah. Dans les écrits qu'ils nous ont laissés, les spéculations métaphysiques se mêlent continuellement au commentaire.
    Dans cette étude sur l'origine, la formation et la fixation du Talmud, Armand Abécassis démontre pourquoi et comment les Sages qui le rédigèrent ne pouvaient expliquer véritablement la Loi sans tenir compte de sa dimension spirituelle. Il étaye son argumentation par de nombreuses traductions de textes dont le Séfer Yetsirah (Livre de la Formation du Monde).

  • Si l'histoire juive s'énonce selon quatre étapes : la Torah, le Talmud, le Zohar, et enfin la fondation de l'État d'Israël, le monde juif contemporain doit faire face à trois défis : le souvenir innommable de la Choah, la rencontre du politique et de l'éthique à travers la reconstruction de l'État d'Israël, et celle de l'Orient et de l'Occident à travers les Ashkenazim (juifs occidentaux) et les Shephardim (juifs du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord). C'est dans ce contexte de confrontations multiples de l'homme avec le temps, de l'homme face à l'autre, que le professeur Armand Abécassis situe le sens profond de la fête juive. La mise en commun des expériences individuelles transfigurées par la liturgie festive, en vue d'un véritable dialogue entre les êtres et les peuples, telle est la vraie dimension de la fête qui permet à l'homme de lutter contre son propre oubli de l'humain. De Pessah, la Pâque juive, à Tich'a Be'ab, l'auteur trace le chemin difficile où s'affrontent la liberté guidée par la Loi et les forces de l'aliénation.

  • L'essence de la fête juive réside dans le partage, la mise en commun des expériences individuelles en vue d'un véritable dialogue entre les êtres et les peuples. Ces « temps du partage » qui rythment le calendrier judaïque, le professeur Armand Abécassis les a présentés dans un premier tome allant de Pessah, la Pâque juive, à Tich'a Be'ab. Ce second volume comprend la deuxième partie du cycle à travers lequel l'homme est amené à se confronter régulièrement au Temps et à l'Autre : du Nouvel An juif, Roch Hachanah, à Pourim, en passant par Kippour, Souccot, Hanouccah...

  • Les racines de l'Occident sont bibliques, c'est-à-dire d'abord juives : c'est en effet la Torah qui, à travers le christianisme, lui a fourni ses principales valeurs. Dans cette synthèse de l'Univers hébraïque, Armand Abécassis remet en cause la conception du progrès linéaire et dialectique de l'histoire intellectuelle de l'Occident, selon laquelle le judaïsme aurait dépassé le polythéisme, le christianisme aurait absorbé et transcendé le judaïsme, la crise du christianisme aurait donné naissance à l'humanisme, et ainsi de suite. À partir du monothéisme biblique, il s'attache à montrer, au contraire, que ce qui se manifeste à la fin est toujours donné à l'origine. Sur le plan de l'interprétation des textes bibliques et sur le plan du contenu et des idées, le dialogue entre la spiritualité hébraïque et l'histoire païenne n'a jamais cessé.

    Habité par sa tradition et fasciné par le regard que les autres ont porté sur elle, Armand Abécassis se montre avant tout soucieux, au long de cette ample réflexion, de mettre de l'ordre dans le savoir et de ramener l'ensemble de la culture occidentale vers le Livre.

  • Reconnu comme l'une des plus hautes autorités du judaïsme, spécialiste de la tradition biblique, Armand Abécassis signe ici son livre le plus personnel : un livre de souvenirs, entre hymne à un pays aimé, le Maroc, et hommage à des figures croisées : maître talmudique, épicier sans instruction ou projectionniste haut en couleur - silhouettes disparues, toutes dessinées avec la plus grande tendresse.
    Au fil des pages, il est question de Casablanca à l'époque du protectorat français, d'une rue où se trouvent dix synagogues, d'enfants juifs et musulmans qui vivent, rient et pleurent ensemble - les uns souvent avec les autres, les uns parfois contre les autres.
    Évocation d'une jeunesse passée dans un dénuement ensoleillé, aventure de la découverte d'une culture religieuse mais aussi républicaine, livre de partage et d'espérance, Rue des Synagogues nous entraîne dans le temps retrouvé d'un Maître.

  • L'antijudaïsme de l'Église s'exprime de manière virulente dans l'image que Jean a donnée de Judas, le " traître " qui a " livré " Jésus, faisant ainsi porter sur le peuple juif l'accusation de déicide.
    Si Judas n'avait pas livré Jésus, que serait-il arrivé ?
    Le fils de Dieu serait-il mort ? Le christianisme serait-il né ? D'après les théologiens de l'Église et déjà les apôtres, le fils de Dieu devait mourir afin d'apporter le salut au monde. Sans Judas, ce projet divin ne se serait jamais accompli.
    Reprenant les textes des Évangiles, à la lumière des écrits juifs et hébreux, Armand Abécassis nous restitue, dans son époque et son espace, la véritable histoire de Judas et révèle une complicité privilégiée entre le maître et l'apôtre maudit. À l'instar d'un autre " Judah ", qui vendit son frère Joseph afin de le sauver des mains meurtrières de ses frères et pour qu'il accomplisse sa destinée messianique en Égypte, Judas " livra " son maître à l'Institution afin qu'il soit reconnu en tant que Messie. Ce fut un échec. Jésus fut crucifié et Judas mourut tragiquement, le même jour. À la vie, la mort, tel était le lien unissant l'apôtre véritable à son maître, à son Rabbi. Judas fut bien le disciple préféré, le seul parmi les apôtres à ne pas douter que Jésus fut réellement le sauveur universel.
    Une réhabilitation fascinante de l'apôtre Judas, maudit par l'Église depuis près de deux mille ans.

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