• Un an après

    Anne Wiazemsky

    "La traque des étudiants se poursuivait boulevard Saint-Germain et rue Saint-Jacques. Des groupes de jeunes, garçons et filles mélangés, se battaient à mains nues contre les matraques des policiers, d'autres lançaient différents objets ramassés sur les trottoirs. Parfois, des fumées m'empêchaient de distinguer qui attaquait qui. Nous apprendrions plus tard qu'il s'agissait de gaz lacrymogènes.

    Le téléphone sonna.

    C'était Jean-Luc, très inquiet, qui craignait que je n'aie pas eu le temps de regagner notre appartement. 'Écoute Europe numéro 1, ça barde au Quartier latin !' Nous étions le 3 mai 1968." Anne Wiazemsky

  • Un jour de juin 1966, j'écrivis une courte lettre à Jean-Luc Godard adressée aux Cahiers du Cinéma, 5 rue Clément-Marot, Paris 8e. Je lui disais avoir beaucoup aimé son dernier film, Masculin Féminin. Je lui disais encore que j'aimais l'homme qui était derrière, que je l'aimais, lui. J'avais agi sans réaliser la portée de certains mots.

  • «Au printemps 1967, avec le cachet de La Chinoise, je me suis offert un appareil photo : un Pentax et deux objectifs, un 50 et un 150 mm. Je n'avais pas d'autre ambition que celle de photographier mes proches, ceux que j'aimais. Ils faisaient des films et ça devient très vite une habitude que de me balader, sur les plateaux et à côté, avec mon Pentax en bandoulière.»

empty