• Un récit où les failles intimes de l´être font apparaître en filigrane dans le vécu de chaque personnage l´empreinte, la trace laissée par la violence terriblement banale des liens affectifs et amoureux, lorsqu´il est question d´affronter sans détour le visage de son irrémédiable solitude... Manipulateur, cynique et désabusé, Franck s´est en effet longtemps joué des autres sans jamais chercher à se remettre en cause lui-même. Mais la faille est là. En se découvrant elle finit par révéler aussi peu à peu celle de tous ceux qui l´entourent. Invisible à la surface, une sorte de vortex se met à remuer profondément les âmes de Philippe, de Gina et d´Anya, faisant éclater dans leurs replis intimes chacune de ces solitudes pour en extraire une forme de vérité... Le vortex est un tourbillon creux qui se produit dans un fluide en écoulement. C´est le principe même du cyclone. Un mouvement physique violent qui se déclenche à la seconde, comme le moindre événement peut lui aussi venir perturber le cours stable de l´écoulement du Temps. Mais il peut être aussi la décision que chacun de nous doit prendre pour bouleverser le cours des choses ou au contraire rétablir l´ordre dans le désordre. Comme s´il n´y avait jamais en rien ni début ni fin mais seulement un principe d´harmonie vers lequel le fait de tendre demeure le seul but raisonnable et ultime.

  • Un récit tout en finesse qui tisse par touches impressionnistes le tableau délicat d´une enfance écorchée en explorant l´univers secret d´une petite fille submergée par la tristesse de la mort de sa petite soeur. Le deuil prend alors le visage d´une traversée qui les emmène, sa mère et elle, dans un voyage rédempteur pour naviguer à contre-courant de l´oubli... Où va-t-on, quand on pense aller ? Il n´y a pas d´un côté l´oubli, et de l´autre, l´autre côté de l´oubli. Il y a juste l´espace interminable de l´absence qui oblige les mots à ressusciter les morts, les passions éteintes, les morceaux d´enfance, les désirs vite chassés d´un revers de main qui viennent alors s´agripper à la force du poignet, s´épancher, s´oublier justement dans ce lent mouvement d´abandon qui balaye tous les rivages comme une immense lame de fond. Dans le grand cahier les mots s´alignent en épuisant tout leur sens. Le problème pour la petite Maud, c´est de tirer à elle le fil de l´histoire. Elle a beau déployer l´amour, réemployer le vide au coeur des mots, suppléer au vide avec l´amour puis dévider l´amour avec ses mots, cela ne suffit pas toujours à redessiner, nette, la ligne d´horizon.

empty