• Un virus antimoderne se niche au coeur même de la modernité. Il s'attaque à la production d'images, ce que Masci nomme "la culture absolue", autre force propulsive, aux côtés de la technique, de la modernité. À l'essor effréné de la technique fait écho la promesse réitérée par les images d'un "homme nouveau". Or, le virus antimoderne réintroduit dans les images un contenu et donc de la croyance, aussi bien sentimentale que morale. Il ébranle leur statut d'artefact, de faux-semblant. Or, que devient une société où les images ont cessé de faire "comme si" ? Où elles invitent à croire en leur réalité ? D'autant lorsque nous assistons, aujourd'hui, aux premiers balbutiements d'une fusion entre la technique et cette réalité imaginaire, source d'une superstition nouvelle.

    Né en 1967 à Pérouse, Francesco Masci a suivi des études de philosophie en Italie et en Allemagne. En 1994, il s'installe à Paris. Les éditions Allia ont publié en 2005 ses Superstitions, en 2011 Entertainment ! Apologie de la domination et en 2013 L'Ordre règne à Berlin. Il écrit directement en français.

  • Une biographie de ce logicien autrichien, né en 1889, mort en 1951, qui influença le mouvement appelé le Cercle de Vienne. Certaines de ses oeuvres furent découvertes après sa mort.

  • Qu'est-ce que Derrida nomme « déconstruction » ? Que signifie « visage » pour Levinas, « mort de l'homme » pour Foucault ? De quoi parlent le « pragmatisme » de James, la « phénoménologie » de Husserl, « l'anthropologie structurale » de Lévi-Strauss ? Comment comprendre le « devenir animal » chez Deleuze, « l'agir communicationnel » chez Habermas ? Dans ce livre vous attendent des réponses vivantes, claires et directes.
    Maîtres à penser propose un voyage en vingt épisodes dans la philosophie contemporaine, du début du xxe siècle à nos jours. Courants, concepts, écoles de pensée y sont présentés avec l'immense talent de pédagogue de Roger-Pol Droit.
    Sous sa plume, les grands théoriciens s'incarnent, deviennent les personnages d'une époque tourmentée, qu'ils façonnent et transforment. En exposant leurs combats et leur influence, il vous ouvre les portes des grands débats actuels.

  • La Praxis est le point de départ et le point d'arrivée du matérialisme dialectique. Ce mot désigne philosophiquement ce que le sens commun appelle : la vie réelle, cette vie qui est à la fois plus prosaïque et plus dramatique que celle de l'esprit spéculatif. Le but du matérialisme dialectique n'est autre que l'expression lucide de la Praxis, du contenu réel de la vie et, corrélativement, la transformation de la Praxis actuelle en une pratique sociale consciente, cohérente et libre. Le but théorique et le but pratique - la connaissance et l'action créatrice - sont inséparables.

  • Le combat pour les droits de l'homme a beaucoup changé depuis la déclaration de 1789. Tour à tour, Kant, Fichte, Hegel et Marx, ont réfléchi aux principes du texte qui a inauguré le monde contemporain. De l'adhésion enthousiaste du jeune Fichte, à la dénonciation marxiste d'une idéologie mystificatrice, en passant par la discrimination kantienne et la rationalisation hégélienne, la philosophie allemande a incarné tout le destin philosophique des droits de l'homme. À une époque où la conscience de l'humanité cherche à fonder, sinon une vraie réconciliation des peuples, du moins leur cohabitation élémentaire, sur l'affirmation universelle du droit des individus, il est peut-être nécessaire de revenir à la méditation initiale des philosophies des droits de l'homme.

  • La publication des enseignements donnés de 1919 à 1928, qui correspond à la décennie phénoménologique de Heidegger, permet aujourd'hui de se faire une idée précise de la genèse du chantier et du livre «Etre et temps» et fournit de nouveaux critères au travail d'interprétation.

  • Philosophe, traducteur et exégète de la Bible, Moses Mendelssohn (1729-1786) fut le plus éminent initiateur de la Haskala allemande, ce mouvement des Lumières dans la pensée et la littérature hébraïques. Son itinéraire religieux et philosophique, ses rapports avec Lessing, Dohm et Michaelis, ses disciples et les réactions juives et non juives à son oeuvre jusqu'à aujourd'hui.

  • Gilles Deleuze (1925-1995), est une des figures les plus controversées et les plus séduisantes de la philosophie contemporaine. Sa pensée, synonyme pour beaucoup de l'événement-Mai 68, semble avoir été oubliée par les milieux philosophiques institutionnels. Génie rusé ou innocent tricheur: à quoi tient la singularité de ce penseur excentrique?

    Ce livre essaye de répondre à cette question en soutenant que l'inactualité et le décalage de Deleuze sont une conséquence de sa conception de l'être immanent, de son désir de coupler de façon systématique une philosophie ""égalitaire"" de la Pensée-Culture à une philosophie ""univoque"" de l'être-Nature.

    Dans cette perspective, les concepts deleuziens (intensité, synthèses, séries, corps-sans-organe, pli, réseau, rhizome, éternel revenir de la différence, etc.) sont éclaircis et rattachés, dans leur nouveauté, à la grande tradition philosophique occidentale.

    Apparaît alors une image presque classique de l'auteur de Différence et répétition, L'anti-Oedipe, Nietzsche et la philosophie et Spinoza et le problème de l'expression.

  • La philosophie de tradition analytique, née à la fin du siècle dernier des critiques de l'idéalisme en Allemagne et en Grande-Bretagne, a connu des développements très variés au vingtième siècle, du réalisme à l'empirisme logique et à la philosophie linguistique. Aujourd'hui, elle semble avoir éclaté, aussi bien dans ses méthodes que dans ses doctrines, en de multiples tendances. Le but de cet ouvrage est de présenter cette diversité, non seulement dans les domaines classiques, comme la philosophie de la logique et du langage, la philosophie des mathématiques ou la théorie de la connaissance, mais aussi dans ceux où la contribution de la philosophie analytique est moins connue, en métaphysique, en philosophie de la religion, en philosophie de l'esprit, en éthique, en esthétique, en philosophie politique ou en histoire de la philosophie. Mais il s'agit aussi de révéler, à travers ces développements, la continuité d'une tradition et d'un style, qui incarne, au sein de l'espace pluriel de la philosophie contemporaine, l'une des figures du rationalisme.

  • Les Objections et les Réponses ne sont pas les protocoles d'un débat qui se serait déroulé après publication des Méditations et comme à l'extérieur d'elles. Dès le début, l'oeuvre maîtresse de la métaphysique moderne s'est voulue tripartite.

  • Les auteurs de cet ouvrage (J.-F. Bordron, A. Bouvier, C. Giolito, D. Maingueneau, F. Cossutta) viennent d'horizons différents (sémiotique, sociologie cognitive, histoire de la philosophie, analyse du discours), mais ont en commun le souci de ne pas réduire les oeuvres philosophiques à leurs seules structures doctrinales, et prennent en considération leurs dimensions spécifiquement langagières et discursives. Ils s'interrogent sur la nature de l'argumentation philosophique, et proposent des modèles théoriques, permettant de relier les contraintes qu'une doctrine se donne dans la recherche de sa légitimité, avec les formes expressives présidant à leur mise en oeuvre. Le cartésianisme offre, à ce titre, un exemple particulièrement éclairant, puisqu'il prétend refuser le recours aux figures de rhétorique comme aux procédés scolastiques, et veut élaborer des formes d'expression qui garantissent simultanément la véracité et la communicabilité de son propos. En étudiant la langue, les modes d'exposition, les genres, les formes énonciatives et narratives adoptées par Descartes dans ses écrits, les contributions ici réunies montrent que, sous la clarté revendiquée d'une langue qui se voudrait celle de la raison même, s'opère un travail discursif complexe. Le philosophe doit, en effet, simultanément, dire au plus près et au plus juste ce qu'exige l'enchaînement nécessaire des raisons, et composer avec les reformulations ou les voix multiples qu'imposent la conversion du lecteur et les stratégies d'institution de la doctrine. Ce travail dans l'ordre du discours n'est pas dissociable de l'effort consenti pour philosopher, et c'est le mérite d'une théorie de l'argumentation philosophique de montrer comment une pensée fait oeuvre.

  • Cet ouvrage se propose d'introduire à quelques lectures majeures de Kant, en prenant pour fil conducteur le problème du dualisme kantien de la matière (l'a posteriori) et de la forme (l'a priori). Ce qui fait problème dans ce dualisme, c'est la soumission humiliante de la pensée à son autre, la matière de la connaissance, reçue passivement par les sens, et non produite par la raison. La présente étude entreprend, d'une part, de manifester la fécondité de ce problème dans la genèse des grandes philosophies allemandes, sur une période qui s'étend du poskantisme (Fitche, Schelling, Hegel) jusqu'au débat de Davos (Heidegger, Cassirer). Il souligne, d'autre part, que le dualisme peut être interprété moins comme un obstacle à l'unité du savoir ou à la primauté de la raison, que comme le ressort même de l'activité créatrice de l'homme.

  • Le but du présent ouvrage est d'introduire à la philosophie de Charles Sanders Peirce (1839-1914), à travers une question longtemps restée mystérieuse : celle de la logique du vague. Ce thème semble assurer l'unité de cette oeuvre complexe et multiforme, dont on commence à entrevoir la portée. Il a été longtemps impossible d'écrire en philosophe sur Peirce : celui-ci, considéré comme pionnier de la sémiotique, réduit au rôle de précurseur, de la logique contemporaine ou du positivisme logique, est en fait l'auteur d'un système ambitieux qu'il tenta toute sa vie d'édifier. La présente enquête, fondée sur un examen précis de ces textes méconnus, consiste à aborder la théorie générale du signe et de la signification, en liaison avec les problématiques de Husserl, de Frege ou de Russell. Le départ en est fourni par l'examen de la part assignée dans la sémiotique à la grammaire pure : celui-ci mène, par la dérobade du sens, à la pragmatique de la proposition, puis à l'invention du sujet logique, pour aboutir à la théorie de la quantification qui permet de nommer le vague. Le lecteur français peut dès lors disposer d'une entrée dans un projet philosophique d'envergure, dont l'inventivité logique et la profondeur métaphysique évoquent Leibniz. Sa contribution à la philosophie analytique contemporaine apparaît à travers ce thème du vague qui en fournit l'accès privilégié.

  • Il n'est, entre les commentateurs de Hobbes, qu'un point d'accord : le mythe de Léviathan qui donne forme à sa théorie de l'État, constitue une figure majeure de la modernité politique. Au philosophe anglais est attribuée, selon les interprétations, la paternité du totalitarisme ou du libéralisme. On le déclare tantôt apôtre des régimes autoritaires, tantôt avocat des droits de l'individu. Sa défense de la monarchie masquerait, pour certains, une apologie de tout pouvoir établi de facto quand s'y dévoilerait, pour d'autres, une justification anticipée du despotisme éclairé ou encore un plaidoyer en faveur de l'État de droit protecteur des libertés et du bien-être des personnes. Qu'est-ce donc que cette souveraineté absolue dont Hobbes propose la théorie ? Quels rapports entretient-elle avec le fait historique de l'absolutisme ? Comment comprendre qu'elle ait pour principal point d'appui la notion de contrat social ? De quelles conceptions juridiques est-elle porteuse ? Rien, à cet égard, ne va de soi et si la doctrine politique de Hobbes révèle contradictions ou apories, encore convient-il d'en prendre l'exacte mesure afin d'en apprécier la fécondité. C'est alors qu'il peut apparaître que le discours de Hobbes sur la souveraineté doit être lu comme discours du pouvoir légitime et que, par là, s'y annonce le caractère absolu et libérateur de l'État moderne.

  • De 1830 à nos jours, la pensée allemande a été traversée par de nombreux courants : le marxisme, l'École de Francfort, le néo-kantisme, la phénoménologie... Au-delà de cette diversité apparente, l'auteur met en évidence certains thèmes récurrents qui témoignent d'une spécificité et de la vitalité de la pensée allemande.

  • Contre les simplifications, plus ou moins habituelles, du récit de la querelle du vide qui s'est déroulée en France de 1645 à 1648, cet ouvrage s'efforce d'en souligner le foisonnement. Il analyse aussi bien la diversité des prises de position adoptées par ses différents protagonistes, Pascal tout le premier, que les recompositions majeures qu'elle a permis d'opérer dans le champ de la philosophie. Souvent oubliée et exclue de ce récit, l'oeuvre de Gassendi a joué, en outre, et il a paru indispensable de le rappeler, un rôle déterminant dans cette entreprise de recomposition. La complexité historique du processus de constitution de la science moderne, au confluent d'une configuration sociale et d'une configuration intellectuelle spécifiques, en apparaît avec d'autant plus de force.

  • Le destin du nom, de l'oeuvre et de la pensée de Spencer constitue l'une des curiosités les plus remarquables de l'histoire intellectuelle du monde moderne. Son système de l'évolution, dont la diffusion internationale commence dès 1860, va devenir la bible séculière du développement occidental, tout spécialement aux Etats-Unis.

  • Une histoire et un panorama de la philosophie en Amérique latine depuis la conquête coloniale jusqu'en 1997.

  • Cette philosophie de la connaissance qui s'inspire du développement des mathématiques et de la logique de la fin du XIXe siècle fut élaborée entre 1910 et 1920. Elle renoue avec la tradition empiriste anglaise (Locke, Berkeley, Hume) en dérivant la connaissance humaine des données de la perception et en fournissant un style à la philosophie anglo-saxonne contemporaine.

  • L'exégèse des "Pensées" se contente d'ordinaire, conformément au dessein de Pascal qui est de « prouver absolument Dieu », de privilégier deux approches de l'argumentation référant le désir de savoir la vérité à la certitude de la religion dont dépend pour l'homme la connaissance de sa nature. On insiste d'une part sur le nécessaire dépassement de la philosophie humaine par la vérité, irréductible à la raison naturelle enfermée dans l'interminable dispute entre le dogmatisme et le pyrrhonisme, d'autre part sur l'inanité des preuves de Dieu procédant à la façon des démonstrations géométriques, physiques ou même métaphysiques. Mais c'est là négliger que la spécificité des Pensées, tant à l'égard des livres des philosophes que par rapport aux autres écrits de Pascal, tient à l'identification dans cet écrit de la recherche de la vérité à un impératif de caractère absolu, imposé par la fin de la nature humaine. En faisant de cet impératif le principe d'une relecture des fragments de Pascal, on éclaire d'un jour nouveau l'impuissance de la philosophie, qui repose sur l'illusion selon laquelle la vérité serait l'objet d'un simple enjeu théorique, quand elle doit être uniquement celui d'un désir engageant la destination même de l'homme.

  • Le nom de Comte est attaché à la philosophie de la science qui se réfère au positivisme. Mais le comtisme reste à redécouvrir : la pensée de Comte s'efforce de réaliser l'ambition philosophique de réunir les savoirs et de fonder une éthique, une polit

  • Le thème de la sexualité est présent dans l'oeuvre de Rousseau de façon insistante, qu'il s'agisse de donner à l'amour et à la jalousie la charge d'engendrer les premiers liens sociaux et langagiers, d'imposer à la vertu la tâche de surmonter les désirs, de justifier la domination des hommes sur les femmes, ou même de confesser impudiquement quelques manies et fantasmes érotiques. Mais ce thème paraît d'abord marginal et décoratif, lié surtout au caractère passionné et romanesque de l'auteur, voire à son exhibitionnisme morbide. L'étude présente établit, au contraire, le statut théorique de la sexualité, sa fonction explicative à l'intérieur de la philosophie de Rousseau. Il apparaît, en effet, que le philosophe conçoit une nouvelle forme de causalité à partir de la réflexion qu'il mène sur la révolution pubertaire de l'adolescent et sur la psychologie féminine, dans les Livres IV et V d'Émile. Cette nouvelle conception associe le mécanisme et le finalisme, et propose la figure d'une causalité énigmatique. Mais cette causalité nouvelle ne se borne pas à expliquer les émois du désir humain, elle concerne l'humanité dans son histoire et devient le modèle du passage de la nature à la civilité ; du coup, la misogynie rousseauiste prend une dimension inattendue, car c'est au nom de sa différence insurmontable (y compris ses vices incorrigibles) que la femme devient l'avenir de l'homme, chargée de la mission d'humaniser l'humanité.

  • Hume a fait de l'expérience la seule base pour une science de la nature humaine. Au sein d'une telle science, la morale ne se réduit pas à la question de la distinction du vice et la vertu. En prenant appui sur l'ensemble des oeuvres de Hume (Le traité, Les enquêtes, Les essais, L'histoire), le présent ouvrage l'aborde, en articulant à la fois les passions humaines, les estimations morales, le droits, l'histoire, les obligations, le langage, les motifs des hommes et leurs caractères. La morale est, en effet, l'oeuvre d'une régulation spontanée plutôt que d'une normativité préconçue ou importée d'autres juridiques - système artificiel de règles de droit, issu de l'inventivité des intérêts partiaux - et l'agencement éthique - point de la correction des estimations partiales. Faire place à cette double genèse d'obligations suppose, en même temps, de démystifier les instances pourvoyeuses de devoirs moraux, notamment la religion et les idéologies politiques partisanes. Une fois libéré le champ d'un échanges social réglé, s'ouvre la possibilité d'une réforme publique et privée, où la tension vers la vertu relève, pour les individus, du raffinement et de l'ajustement, plutôt que de l'imposition violente ou du perfectionnement indéfini.

  • C'est un fait que Bergson eut des responsabilités politiques pendant la Première Guerre mondiale, ce qui mettait le métaphysicien en position d'intervention active pour des enjeux aussi déterminants de la politique du siècle que le destin de la révolution russe, la création du foyer national juif en Palestine ou l'entrée des Etats-Unis sur la scène de l'histoire mondiale.

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