Presses de l'Ifpo

  • Âpre, gris et austère côté Léjà, rouge, vert et doré côté Nuqrah, noir, brillant et suave côté djebel, le Hauran est un pays de contrastes. De ceux-ci est né un patrimoine d'une exceptionnelle richesse : faut-il rappeler que le théâtre romain le mieux conservé se trouve à Bosra, qu'un empereur de Rome est originaire de Shahba, qu'un magnifique nymphée est blotti au creux du wadi de Qanawat, ou encore que le musée de Suweida' renferme des trésors ? Les vestiges archéologiques de ces villes relatent une histoire mouvementée, mais ne disent que peu de choses des plus de trois cents villages de la région, autres acteurs fondamentaux de cette épopée. Et pourtant, il suffit de se rendre dans leurs vieux quartiers, de suivre les ruelles, d'escalader les monticules de blocs de basalte ou de pénétrer dans des cours dont les entrées ont été condamnées : habitations petites et grandes, temples, églises, monastères, mosquées, birkeh, citernes, mastabas, bâtiments encore mystérieux, tous les éléments constitutifs des villages existent encore, souvent dissimulés sous des constructions plus récentes. Le présent ouvrage est entièrement consacré à cette région de la Syrie du Sud. Les contributions des auteurs témoignent de l'intérêt des récents travaux sur l'habitat villageois et son environnement. En fonction des compétences de chacun, les problématiques ont été traitées au moyen de prospections, d'études territoriales, architecturales ou d'analyses du décor sculpté, sans oublier la création et la mise au point de nouveaux outils à l'aide de logiciels SIG. D'une perception territoriale large à une approche plus serrée des techniques de construction, en passant par l'organisation des villages et des habitations qu'ils contiennent, cet ouvrage permet d'esquisser avec de plus en plus de précision l'aspect des campagnes, des agglomérations et des habitations rurales du Hauran aux périodes classique et médiévale. The Hawran is a land of contrasts : harsh, grey, and austere in the Laja ; red, green, and gold in Nuqrah ; black, soft, and shining in the Jabal. These contrasts have given birth to an exceptionally rich heritage : the best-preserved Roman theatre is found at Bosra, an emperor of Rome was born in Shahba, a magnificent nymphaeum nestles in the hollow of the wadi at Qanawat, and the museum of Suweida' holds many treasures. The archaeological remains of these towns tell a colourful story, but they say little about the more than three hundred villages of the region, the other fundamental actors of this epic. Yet one only has to visit their old quarters, follow their narrow streets, climb the mounds of basalt blocs, or penetrate courtyards whose entrances have been sealed : small and large residences, temples, churches, monasteries, mosques, birkeh, cisterns, mastabas, still-mysterious buildings-the elements of the villages still exist, often hidden under more recent constructions. The present work is devoted entirely to the region of Southern Syria. The authors' papers demonstrate the interest of recent studies on village habitat and its environment. According to each scholar's specific skills, problems have been addressed by means of surveys, architectural and territorial studies, or analyses of sculpted decorations-not forgetting the creation and refinement of new tools with the help of GIS programmes. From a broad territorial overview to a more focused approach to construction techniques, via the organisation of the villages and the dwellings they contain, this volume allows us to sketch with ever greater precision the features of the countryside, settlements, and rural dwellings of the Hawran in the classical and medieval periods.

  • Phénomènes sociaux de grande ampleur, les pèlerinages ne sauraient être réduits à leur seule dimension religieuse. Ils participent en effet pleinement aux mobilités qui traversent la région, alimentant le développement touristique et les échanges commerciaux. Carrefours éphémères, évènements extraordinaires, les pèlerinages forment un creuset où viennent se croiser non seulement les hommes, mais également les biens et les idées qui essaiment au retour des pèlerins, entraînant des transformations matérielles, politiques, voire psychologiques, importantes et souvent durables. Rassemblant des foules parfois immenses, accompagnés d'intenses activités festives, ils sont à la fois défis à l'ordre public et mises à l'épreuve de l'espace public urbain qu'ils transforment et remodèlent. Les contributions réunies dans ce volume s'attachent à rendre compte, en multipliant les situations observées et les angles d'approche, de cet événement polymorphe qu'est le pèlerinage au Maghreb et au Moyen-Orient. Phénomène universel, il revêt dans cette vaste région maints traits spécifiques et il y demeure l'un des principaux vecteurs de l'intégration communautaire.

  • Par ce choix d'inscriptions grecques et latines de la Syrie, une équipe d'historiens offre au lecteur curieux du passé des documents variés et souvent inattendus, qui portent sur la période comprise entre le IIIe siècle av. J.-C. et le XIe siècle apr. J.-C. Certains de ces documents intéressent l'histoire politique, les institutions, l'économie, la vie militaire, la piété ou l'organisation du réseau routier. D'autres nous parlent simplement des hommes : ainsi, l'épitaphe de cette Gauloise, née à Rouen, épouse d'un officier, qui mourut dans le Hauran, à l'autre bout de l'Empire. La difficulté du quotidien est aussi révélée par une étonnante chronique sur mosaïque qui signale que le 27 janvier 499 « il y eut de fortes neiges et les arbres à olives du territoire d'Apamée se rompirent ». Les hommes chantaient la générosité de la terre en des formules enthousiastes, tels ces vers latins - précédés d'une croix - gravés sur la façade d'un pressoir : « Tu vois les sucs pareils au nectar, présents de Bacchus, que la vigne a produits, revigorée par un chaud soleil ». Les hommes de l'Antiquité ont beaucoup confié à la pierre ; leurs inscriptions, gravées sur divers supports ou dessinées sur les tapis de mosaïque, constituent l'une des sources majeures de l'histoire de la Syrie. Scrupuleusement replacés dans leur contexte archéologique, géographique et historique, tous ces documents invitent à la découverte d'un pays et d'une histoire.

  • L'ouvrage inaugure la nouvelle collection de l'Institut, Les Cahiers de l'Ifpo. Cette première édition des Cahiers de l'IFPO est consacrée aux espaces partagés et pratiques de rencontre au Liban, sans que prédomine, à nos yeux, dans les notions de partage et de rencontre, le caractère positif ou neutre de l'un, la valeur de mise en commun ou de division pour l'autre. À travers ce recours à une métaphore idéelle qui relie espace et pratique, ce sont différentes formes de relations et de liens sociaux qui sont ici présentées, selon des échelles variées mais au plus près des situations de sociabilité, depuis l'usage du téléphone portable et les visites de condoléances jusqu'aux relations « inter-communautaires » au sein d'une entreprise ou dans la Montagne libanaise. La territorialisation des appartenances combine un registre complexe où se mêlent la symbolique des lieux, leurs liens à l'histoire communautaire et nationale, leurs formes d'appropriation, parfois violentes, et les réalités sociologiques par essence fluctuantes. Tel quartier de la capitale qualifié de « sunnite » ou de « chrétien » est en proie à des enjeux d'autant plus redoublés que le « socle » communautaire sur lequel se sont construites ses affiliations politiques et ses représentations symboliques s'est largement effrité depuis ces trente dernières années. Le système électoral en vigueur, qui maintient le lien politique et symbolique à la localité d'« origine », entretient cette fixation « communautaire » tout en lui faisant subir des distorsions du fait des évolutions démographiques qui concourent à rendre plus homogènes ou hétérogènes les populations de ces lieux. Les études et témoignages rassemblés dans cet ouvrage permettent de saisir un état du communautarisme libanais qui ne peut être dissocié de la crise politique qui a secoué le pays entre l'assassinat de Rafic Hariri, le 14 février 2005, et l'élection d'un nouveau président de la République le 25 mai 2008. La recherche sur les différents avatars de ce communautarisme, depuis la fin de la guerre civile en 1990, a tenté de scruter ses actualisations dans les différents domaines du politique, sans vraiment prendre en compte ses conséquences au niveau des relations sociales, si ce n'est par le recours aux notions générales de « polarisations », « crispations » ou « replis » communautaires. L'apport de cet ouvrage est précisément de déplacer la réflexion sur le terrain des pratiques sociales à travers des situations précises et localisées, loin des stéréotypes et des amalgames.

  • De Pétra à Baalbek, en passant par Palmyre, la pierre est omniprésente au Proche-Orient. Presque tous les monuments de la région sont issus des carrières et la plupart de leurs caractères techniques sont étroitement dépendants des conditions géologiques et des techniques propres à ces exploitations. Comment imaginer l'usage de mégalithes à Baalbek si la roche locale n'avait présenté que des strates fragmentées et de faible épaisseur ? Si la production en série modulaire des blocs des fortifications hellénistiques de la côte méditerranéenne a été décidée, c'est grâce à la relative homogénéité des grès dunaires. L'absence de colonnes monolithes en gypse dans les sites de la vallée de l'Euphrate syrien ne tient pas à une décision architecturale, mais à l'impossibilité d'extraire de longs monolithes dans cette roche. La bichromie des monuments d'époque islamique se trouve essentiellement dans les zones géologiques où l'on peut extraire, à peu de distance, du calcaire clair et du basalte. Les pierres décoratives importées de diverses contrées présentent également des aspects spécifiques à leur type de gisement et à leur mode d'exploitation. Tel est le cas des colonnes de marbre cipolin dont l'esthétique finale est déjà déterminée, dès la carrière, par la manière d'isoler leur volume dans la masse rocheuse en anticipant la position de leurs veines vertes et grises. Par ailleurs, que sait-on sur les carriers antiques et médiévaux de la région ? Très peu de chose, si l'on en juge par l'extrême rareté des études historiques et archéologiques qui abordent ce thème. Les sources antiques et médiévales sont quasiment muettes à leur sujet. Les archéologues les assimilent souvent aux mineurs qui ne font que briser la roche pour en extraire le minerai sans intervenir sur la suite du processus de fabrication, alors que les carriers sont, au contraire, en interrelations étroites avec les chantiers de construction : ils exécutent les commandes après avoir défini pour les constructeurs, les possibilités techniques et esthétiques de la production de leur carrière. La rareté des informations sur les carrières de pierre tient d'abord au manque de sensibilisation des archéologues à leur sujet : peu connaissent la problématique archéologique des chantiers d'extraction et les résultats potentiels que peut apporter leur fouille stratigraphique. Les méthodes de fouille doivent être également adaptées aux carrières. Mais, dans la périphérie des zones urbaines, face à la transformation rapide des anciennes carrières en dépotoir, il est indispensable d'engager des prospections et des inventaires. Ces investigations doivent être accompagnées de descriptions précises des structures rocheuses encore visibles dans ces sites. Il existe pour cela un vocabulaire bien spécifique à ce domaine mais très mal connu, aussi bien en français qu'en arabe. L'objectif du présent ouvrage est de proposer un outil linguistique et technique illustré afin d'élargir les recherches dans cette discipline, où elles ne sont qu'embryonnaires. La technicité du sujet impliquait la présentation de nombreuses illustrations et une édition en format réduit pour faciliter l'usage de ce glossaire sur le terrain. Malgré tous nos efforts en vue de l'exhaustivité, il restera néanmoins quelques lacunes, dont nous prions les lecteurs de bien vouloir nous excuser.

  • Cet ouvrage présente l'histoire de l'urbanisme de Beyrouth entre la période de l'indépendance et le début de la guerre civile libanaise. Il met l'accent sur l'ambitieuse présidence réformiste de Fouad Chéhab, moment fondateur de la construction de l'État au Liban, souvent invoquée, admirée, regrettée, parfois aussi décriée pour ses échecs et ses ambitions déçues, notamment dans le domaine social et urbanistique. Cette période mérite d'être analysée pour elle-même plutôt que comme un âge d'or, une parenthèse ou la cause des malheurs qui l'ont suivi. L'urbanisme fut une des utopies de l'époque. Ce livre s'efforce de restituer l'originalité de cette période dans un cadre plus large, celui de l'urbanisme dans les pays arabes accédant à l'indépendance. Il insiste sur la dimension politique des projets urbains et sur leur contribution à la construction d'un État moderne, garant du développement. Ces plans firent face à l'opposition de forces sociales multiples, allant des habitants mal logés aux spéculateurs fonciers. Il en résulta de nombreux renoncements : Beyrouth est largement restée, à cette époque, une ville en plans. Une place privilégiée est accordée aux professionnels de l'urbanisme, architectes et ingénieurs, qui se reconnurent et s'investirent dans ce projet mais l'infléchirent aussi par leurs conceptions modernistes et élitistes. Face aux experts français, comme le Père Lebret ou Michel Écochard, les professionnels libanais s'imposèrent dans les administrations et les conseils et prirent en charge la conception des plans et leur réalisation. Ils construisirent un imaginaire aménageur qui perdura par delà le temps de la guerre pour hanter les projets et contre-projets de la reconstruction.

  • Bagdad, grande métropole du monde arabo-musulman médiéval et siège du califat abbasside, fut au milieu du ve/xie siècle intégrée à l'empire oriental des Turcs seldjoukides. Restaurateurs du sunnisme, les sultans seldjoukides résidèrent peu à Bagdad, mais ils y fondèrent des institutions nouvelles : les madrasas, encouragèrent l'essor du soufisme et participèrent au développement urbain. Cette étude d'histoire sociale, fondée sur une approche prosopographique des sources arabes, décrit différents groupes élitaires bagdadiens et s'intéresse à leur fonctionnement (distinction, reproduction, rôle des lignages). À travers l'apparition de nouvelles élites administratives et militaires au service des Abbassides, elle retrace le phénomène progressif de redressement califal qui marqua le vie/xiie siècle. L'étude du cadre urbain fait apparaître Bagdad comme une ville en évolution permanente, marquée par l'interaction constante des élites avec le contexte urbain dont elles étaient issues.

  • Présentation
    Fort de la confiance d'Anastase Ier, le moine Sévère, brillant polémiste antichalcédonien et cyrillien de stricte observance, devient patriarche d'Antioche en 512 et se maintient sur ce siège apostolique jusqu'à la mort de l'empereur (518). Dans le cadre formel de l'Hénotique, il entend faire prévaloir son hostilité au dogme des deux natures du Christ, ralliant autour de lui l'ensemble des évêques orientaux, en accord doctrinal avec les patriarches d'Alexandrie et de Constantinople. La constitution de cette « communion sévérienne » nous renseigne sur le fonctionnement institutionnel du patriarcat d'Antioche au début du VIe siècle, sur les principaux organes de son gouvernement, et sur la condition juridique et sociale des clercs et des moines. Parallèlement, les homélies cathédrales de Sévère documentent la liturgie alors en usage à Antioche et son évolution, la topographie religieuse de la ville, ainsi que la société urbaine et sa vie quotidienne, montrant d'ailleurs les limites spirituelles et morales qu'y rencontre encore la prédication chrétienne. Il en va de même pour le diocèse oriental dans son ensemble, où la correspondance du patriarche et diverses sources parallèles font état de résistances païennes, d'évangélisation toujours nécessaire, de dissidences religieuses, notamment juive et manichéenne, et d'oppositions dogmatiques bien localisées. Parfois violentes, ces dernières annoncent d'ailleurs le renversement politique qui sera concrétisé par l'avènement de Justin Ier, la chute de Sévère et la fin de l'Hénotique.

    Armed with the trust of Anastasius I, Severus the monk, a brilliant anti-Chalcedonian and Cyrillian polemicist of strict observance, became Patriarch of Antioch in 512, and remained in this apostolic seat until the death of the emperor (518). Within the formal context of the Henoticon, he intended to ensure hostility to the dogma of the tow natures of Christ, by rallying all the Eastern bishops around himself, in accord with the Patriarchs of Alexandria and Constantinople. The constitution of this «Severan communion» gives us information on the institutional functioning of the Patriarchate of Antioch at the beginning of the 6th century, on the principal organs of its goverment, and on the juridical and social condition of prelates and monks. At the same time, Severus' cathedral homilies document the liturgy in use at Antioch, as well as its evolution, the religious topography of the city, and urban society and its daily life; this, moreover, gives us a glimpse of the spiritual and moral limits that Christianity still encountered there. The same holds true for the entire Oriental diocese, where the Patriarch's correspondance and various parallel sources attest pagan resistances, the continuing need for evangelization, religious dissidence - in particular, Jewish and Manichaean - and highly localized dogmatic oppositions. Sometimes violent, these announce the political reversal that was to be concretized by the coming to power of Justin I, the fall of Severus, and the fall of the Henoticon.


    Sommaire
    Liminaire : La vie de Sévère d'Antioche
    Première partie : Les institutions du patriarcat sévérien
    I. Le siège d'Antioche
    II. Le clergé et les moines
    III. L'Église d'Antioche dans l'Empire : Sévère et les autorités séculières
    Deuxième partie : L'évèque en sa ville
    I. Le temps chrétien : encadrement liturgique du peuple d'Antioche
    II. L'espace chrétien : éléments de topographie religieuse antiochienne
    III. Un projet chrétien pour le peuple d'Antioche : la pastorale de Sévère
    IV. Réalités sociales : les limites de la cité chrétienne
    Troisième partie : Le Patriarche d'Orient
    I. L'autorité d'Antioche
    II. Les événements
    III. La christianisation du diocèse oriental
    Quatrième partie : Oppositions et dissidences
    I. Les Juifs
    II. Les Manichéens
    III. Chrétiens déviants et adversaires christologiques
    Conclusion générale

  • This atlas aims to provide the reader with key pointers for a spatial analysis of the social, economic and political dynamics at work in Jordan, an exemplary country of the Middle East complexities. Being a product of seven years of scientific cooperation between Ifpo, the Royal Jordanian Geographic Center and the University of Jordan, it includes the contributions of 48 European, Jordanian and International researchers. A long historical part followed by sections on demography, economy, social disparities, urban challenges and major town and country planning, sheds light on the formation of Jordanian territories over time. Jordan has always been looked on as an exception in the Middle East due to the political stability that has prevailed since the country's Independence in 1946, despite the challenge of integrating several waves of Palestinian, Iraqi and - more recently - Syrian refugees. Thanks to this stability and the peace accord signed with Israel in 1994, Jordan is one of the first countries in the world for development aid per capita.

  • Maaloula, dernier endroit au monde où se parle la langue du Christ, l'araméen... Lové au creux des montagnes du Qalamoun, le petit village ne cesse de fasciner tous les voyageurs depuis la fin du XVIIIe siècle. En effet depuis cette époque, il demeure une sorte de « lieu commun » orientaliste où se pressèrent érudits et missionnaires européens jusqu'à la première moitié du XXe siècle. Les plus grands orientalistes comme Theodor Nldeke, des aventuriers tels que Richard Burton et même Alexandre Dumas connaissaient l'existence de Maaloula et lui consacrèrent quelques pages. Aujourd'hui, Maaloula est devenu un pôle touristique majeur qui draine pas moins de 150 000 visiteurs annuels, Européens bien sûr mais surtout Iraniens qui viennent chercher en sus du pittoresque des lieux, les illusions d'un retour aux sources. En croisant les archives et les discours sur Maaloula depuis bientôt deux siècles, Frédéric Pichon fait apparaître en même temps que la mémoire chrétienne d'une communauté rurale syrienne, les multiples facettes de l'identité des derniers « Araméens » de Syrie.

  • Avec la reconfiguration territoriale et la mise en place de l'Autorité palestinienne qui ont suivi les accords d'Oslo, puis les bouleversements liés à la seconde Intifada, les orientations et les priorités des ONG palestiniennes ont évidemment évolué, notamment pour celles qui ont un lien avec l'enjeu du « retour à la terre ». PARC, ONG de développement agricole créée il y a plus de vingt ans, reste officiellement rattachée au Parti du peuple palestinien (ex-Parti communiste palestinien), dont elle est issue ; elle s'est professionnalisée et a considérablement étendu son maillage sur la population palestinienne. Elle est reconnue par les bailleurs de fonds internationaux, et son budget dépasse largement celui du ministère de l'Agriculture palestinien. Entre complémentarité et concurrence, comment s'articulent ses relations avec l'Autorité palestinienne ? Quelles sont ses stratégies pour maintenir sa légitimité auprès de la population, mais aussi des bailleurs de fonds ? Ce livre décrit minutieusement les interactions, les rapports de forces et les enjeux de pouvoir qui se créent entre ces divers acteurs. Le cas palestinien s'avère tout à fait spécifique pour ce qui est de la définition du gouvernemental et du non-gouvernemental ; mais cette spécificité même en fait une sorte de laboratoire des rapports entre le secteur associatif et un État en devenir. Avec l'essor des ONG dans les pays du Sud et la valorisation actuelle de la notion de société civile, les ONG sont devenues un objet de recherche majeur. Cette profusion d'études offre parfois d'excellents outils théoriques, dont cet ouvrage tire le meilleur parti, tandis que certaines analyses ne résistent pas à l'épreuve du terrain palestinien...

  • Cet ouvrage, qui est le fruit d'une coopération entre l'Ifpo et la Fondation Ford, examine le décalage existant dans la majorité des pays arabes entre les débouchés de l'enseignement supérieur et les besoins du marché de l'emploi. Sept études de cas sont présentées qui concernent le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, l'Égypte, la Jordanie, la Syrie et le Liban. Toutes soulignent le chômage des diplômés, dont les causes sont multiples et pour partie liées au manque de croissance économique et aux politiques conduites en matière d'enseignement supérieur et de recherche. Tous les auteurs signalent le développement quantitativiste de l'enseignement supérieur au détriment de la qualité, son manque de relation avec le secteur privé et ses méthodes pédagogiques passives et déconnectée des réalités professionnelles d'aujourd'hui. Ces auteurs explorent aussi les pistes d'une sortie de crise pour l'enseignement supérieur en relevant tout de même l'amélioration globale des qualifications de la force de travail dans les différents pays.

  • Most studies on Islamic, Arab, and Ottoman societies and civilizations are trapped into the evidentiary role of the texts that researchers have at their disposal, considerably reducing the role of text and language to a mimetic description of what happened. This book argues that an understanding of social relations primarily implies taking into consideration the textual production of society in terms of the meanings that could be ascribed to the texts themselves, and, second, that the analysis of texts, whatever their societal and institutional contexts, should look at its sources as discursive practices, in order not to reduce them to their preliminary role of bearers of factual evidence. Drawing from a large variety of Ottoman "legal" texts from nineteenth-century Beirut and Damascus, this book avoids ascribing such texts to the normative values of "Islamic law," by documenting instead how various discursive practices concretely operate within a particular terrain. Different levels of practises therefore emerge, all of which documented by the social actors that made their existence possible.

  • Fait unique dans l'histoire des sculptures en basalte de Syrie du Sud, cette publication présente un ensemble cohérent de statues syro-romaines trouvées dans cette région. Situé au coeur du plateau basaltique aride du Ledja (ancienne Trachonitide), le sanctuaire a conservé un nombre important de statues appartenant probablement à sa seconde période de construction. Les fragments récoltés durant les fouilles de la mission syro-européenne, depuis 1998, ont permis la reconstitution d'un groupe de sculptures, anciennement érigées sur un podium cubique sur le parvis du temple. Des indications iconographiques, stylistiques et historiques permettent de dater l'ensemble des deux dernières décennies du Ier siècle apr. J.-C., sans doute dans le cadre du règne dans la région des dynastes orientaux, clients de Rome. Les trouvailles de Sahr permettent d'identifier plusieurs groupes de statues dans les régions historiques de la Syrie du Sud : plus de 30 lieux de trouvailles se répartissent entre la Gaulanitide à l'ouest, la Batanée, la plaine de l'Auranitide et le Djebel al-Arab à l'est. Le rayonnement culturel de cette région, située à la croisée d'intérêts hérodiens, nabatéens et syroaraméens, la largement dépassé ses frontières. Le commerce à longue distance, avec ses routes transcontinentales, semble avoir porté les modèles syriens jusqu'en Arabie du Sud, où l'onretrouve des exemples de ses motifs iconographiques. For the first time in the art history of the southern Syrian basalt sculpture which is difficult to be evaluated, the present publication deals with a coherent find complex of this provincial genre of Syro-Roman statuary. Due to its remote location within the arid basalt plateau al-Ledja (ancient Trachonitis), the sanctuary preserved a major lot of sculpture attributable with rather high probability to the embellishment of temple in its second phase of occupation. The fragments collected during the Syro-Franco-German excavations from 1998 onwards, yielded a reconstruction of a sculptural group, once erected on a cubical podium in the temple's forecourt. Iconographic, stylistic, and historical evidence led to a date of fabrication within the last two decades of the 1st century AD and gain a most probable context with the oriental client dynasts of Rome ruling in that period over the region. The finds from Sahr made it possible to identify further coherent or similar statuary groups in the historical regions of southern Syria. More than 30 findspots distribute from the Gaulanitis in the West, the Batanaea, the Auranitis plain with the Djebel al-Arab in the East. The cultural historical radiance spread far beyond this vernacular area of crossing interests of herodian, nabataean and syro-aramaean interests. Single iconographic motives in southern Arabia obviously adopted the prototypes in southern Syria and they seem to have been transferred by long distance commerce via the the transcontinental trading routes. Erstmalig in der Forschungsgeschichte der kunsthistorisch schwer faßbaren südsyrischen Basaltplastik wird mit vorliegender Publikation ein in sich geschlossener Fundkomplex vorgelegt. Aufgrund seiner abgeschiedenen Lage inmitten des Basaltplateaus al-Ledja (antik: Trachonitis) hat sich in dem Heiligtum von Sahr ein umfangreicheres Skulpturenensemple erhalten, das mit an Sicherheit grenzender Wahrscheinlichkeit der Ausstattung des dortigen Tempels in seiner zweiten Nutzungsphase diente. Die während der syrisch-franzsisch-deutschen Gemeinschaftsgrabung in den Jahren ab 1998 geborgenen Skulturenfragmente ermglichen die Rekonstuktion einer Figurengruppe, die im Vorhof des Tempels auf einem kubischen Podium aufgestellt war. Ikonographische, stilistische und historische Indizien legen eine Datierung in die beiden letzten Jahrzehnte des 1. Jahrhunderts n. Chr. nahe und stellen eine Verbindung mit den orientalischen Klienteldynasten Roms, den Herodiern und Nabatäern, her, die in dieser Zeit über die Region herrschten. Die Funde aus Sahr ermglichten die Identifikation identischer oder ähnlicher Skulpturengruppen in den historischen Landschaften Südsyriens. Die mehr als 30 Fundorte verteilen sich auf die Gaulanitis im Westen, die Batanaea und Trachonitis sowie auf die Aurantinis mit dem Djebel al-Arab im Osten. Die kulturgeschichtliche Ausstrahlung reichte weit über dieses Gebiet sich kreuzender herodischer, nabatäischer und syrischaramäischer Interessen hinaus: Einzelne Bildmotive in Südarabien rezipieren offenbar diese Vorbilder im Süden Syriens. Sie scheinen über den Fernhandel auf den transkontinentalen Karawanenwegen vermittelt worden zu sein.

  • Daniel Schlumberger, archéologue et historien d'art, travailla de 1925 à 1972 du Liban et de la Syrie jusqu'en Afghanistan. Il révéla la profondeur de l'impact de la civilisation et de l'art grecs en Orient, de la Méditerranée à l'Inde, et mit au jour la grandeur de la civilisation kouchane. Il fut successivement membre du service des Antiquités de Syrie et du Liban, directeur de la Délégation Archéologique française en Afghanistan, professeur à l'Université de Strasbourg puis directeur de l'Institut français d'Archéologie de Beyrouth. Certains de ses écrits parmi les plus importants sont ici réédités, accompagnés d'une présentation et d'une bibliographie du chercheur, d'un inventaire des principaux sites sur lesquels il a travaillé, le tout illustré d'extraits de lettres de sa main, de photographies et de plans. À travers ce volume d'une collection destinée à présenter quelques grandes figures de la recherche en Orient, l'Institut français du Proche-Orient rend aujourd'hui hommage à l'un de ses membres les plus éminents.

  • Se fondant sur une riche documentation inédite, cette étude montre que, contrairement à l'idée selon laquelle les biens d'une fondation pieuse (waqf) sont inaliénables, de nombreux biens affectés à des waqfs de Jérusalem entre 1858 et 1917 étaient offerts, vendus, spoliés, donnés en héritage ou transformés en propriétés privées, par des voies légales ou illégales. À partir de nombreuses sources de première main (archives conservées en Palestine, en Jordanie, en Turquie, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni), l'auteur examine les modalités selon lesquelles, dans le cadre du droit musulman et de la législation ottomane, un bien waqf pouvait changer de statut et devenir une propriété privée. Il met en lumière les stratégies et les procédures par lesquelles différents acteurs ont participé à cette transformation et montre comment, à travers divers types de contrats, les gestionnaires des waqfs, ainsi que les représentants des autorités politiques et religieuses locales, du pouvoir ottoman et des puissances étrangères, ont contribué à s'approprier les biens affectés à ces waqfs dans le cadre d'intérêts personnels ou collectifs. Durant les six dernières décennies ottomanes, le paysage foncier de Jérusalem fut ainsi profondément bouleversé.

  • Conçu à partir de la fin du XIXe siècle, le pôle urbain de Sanayeh valorisait la modernité au sein de l'Empire ottoman. Construit sur des dunes de sable, il représentait un défi de l'homme sur la nature. Ce livre, accompagné d'une série de films, propose une vision du quartier des arts et métiers, Sanayeh, tel qu'il est vécu aujourd'hui. Bien que situé au coeur de Beyrouth, Sanayeh dévoile, derrière les immeubles modernes qui entourent désormais le jardin public, un espace plus traditionnel. Une vie rythmée par les cérémonies rituelles et un esprit du lieu marqué par la présence du jardin. En effet, c'est autour du jardin, poumon du quartier, que les connexions à la ville s'opèrent : lieu de rencontre, d'exposition et de camouflage, il permet à ses occupants réguliers de se créer une vie. Ce livre propose un itinéraire de découverte dont les repères sont les pratiques sociales des habitants de Sanayeh - notables du quartier ou gens de peu -, leurs usages de l'espace et leurs rapports au lieu. Cette quatrième édition des Cahiers de l'Ifpo allie le texte à l'image pour faire découvrir, à travers une exploration filmique, un portrait éclaté et vivant du quartier de Sanayeh.

  • En 132/750, les Abbassides s'emparèrent du pouvoir au terme d'un mouvement dénonçant l'injustice des Umayyades. La réforme de l'appareil judiciaire, contribuant à affermir leur légitimité, fut une des réalisations majeures de la nouvelle dynastie. La centralisation de la justice, l'uniformisation juridique et l'étroite association des cadis au souverain firent de la judicature un instrument politique essentiel aux yeux du califat. Les Abbassides ne pouvaient pourtant prévoir les conséquences de cette réforme qui devait, à terme, fragiliser les fondements de leur autorité. En diminuant la dépendance des cadis vis-à-vis des pouvoirs locaux, ils ouvrirent la voie à de nouvelles revendications. Il n'allait plus de soi, désormais, que les cadis tenaient leur autorité judiciaire du calife. Ce livre retrace l'évolution de la judicature et de sa place au sein de l'État abbasside, en restituant les dimensions spatiales, temporelles et sociales de l'administration judiciaire, ainsi que la dynamique des relations entre les cadis d'Iraq et le califat. Lorsque les Abbassides perdirent la réalité du pouvoir au profit des Buyides, en 334/945, la judicature était métamorphosée. D'un fonctionnaire au service de son délégant, le cadi était devenu un magistrat capable de défendre son autonomie judiciaire.

  • Dans cet ouvrage, Colette Establet et Jean-Paul Pascual achèvent leur tour d'horizon de la société ottomane damascène vers 1700. Les inventaires après décès et les comptes de gestion des orphelins mineurs autorisent l'analyse du groupe des agents civils et militaires de l'État, les `askar. Qui sont-ils ? Quels liens entretiennent-ils avec la société des ra`aya ? Peu avant 1700, ce n'est pas le montant moyen de leur fortune qui les distingue, mais la composition de leur patrimoine. Les `askar détiennent plus d'espèces que les ra`aya et, s'ils ne négligent pas les activités urbaines, c'est de la campagne, proche ou lointaine, qu'ils tirent de multiples revenus ; ils sont liés aux waqf dont ils exploitent biens urbains et ruraux. Ils partagent avec l'ensemble des sujets la même vie quotidienne, tout en privilégiant le style de vie des ra`aya les plus prospères. Enfin, les hommes affirment leur statut de `askar : ils détiennent armes et chevaux dont la valeur et la beauté expriment symboliquement l'appartenance à un groupe qui tient à se distinguer de celui des sujets.

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    . - . . . . . 2005 . : . . - - - . 2006 . (Eric Verdeil) ( ) (Ifpo). . (Sébastien Velut) (IRD) .

  • Les steppes du Bilad esh-Sham ont connu entre le IVe et le milieu du IIe millénaire avant notre ère une période d'occupation intense. Le pastoralisme spécialisé fut certainement un des moteurs économiques de cette forme d'utilisation des pâturages limitrophes du désert. La morphologie des établissements fixes construits par les pasteurs de l'âge du Bronze est cependant extrêmement diverse. Cette diversité permet de poser la question de l'organisation sociale pendant cette période. Les sites de la région de Khirbet al Umbashi, dans le « désert noir », à 80 km au sud-est de Damas constituent les vestiges les plus importants des établissements de cette période. Leur étude a été réalisée par une mission syro-française de 1991 à 1996. Les villages et les campements témoignent d'occupations par épisodes plus ou moins longs. On a pu observer six formes différentes d'agglomération : l'organisation et la structure des villages comme l'architecture domestique ou monumentale dénotent des conceptions variées de la construction du cadre de vie. Les techniques hydrauliques, très sophistiquées et merveil leusement conservées, mises en oeuvre pour assurer la survie des hommes et des troupeaux dans un environnement aride, impliquent également des organisations sociales diverses. Enfin les nécropoles très étendues montrent l'importance des lieux de mémoire collective. L'étude résolument pluridisciplinaire aborde les questions d'urbanisme et d'architecture (en particulier le développement des techniques de construction mégalithique) et celle de l'environ nement ancien de la région qui n'a pas changé radicalement de nature depuis le IVe millénaire. Enfin les rapports des hommes avec leurs voisins des régions de la Damascène et du Jourdain, les échanges et les relations privilégiées sont abordés à travers la présentation des objets de la vie quotidienne, céramique, outillage lithique, meules et objets de parure. L'ensemble des documents présentés ici oblige à reconsidérer des questions fondamentales pour cette période : nature de ce que l'on a l'habitude d'appeler « les premières villes » et des phénomènes liés à l'urbanisation (temporalité, formes, fonctions), rôle de la spécialisation des productions (ici à travers le pastoralisme), formation des paysages de la steppe et évolutions de ceux-ci dans une ambiance climatique faiblement variable, nature des échanges régionaux. Les sociétés du Bronze ancien dans le Levant sont très loin d'être homogènes. Sociétés peu hiérarchisées, elles ont des modes de fonctionnement et des fondements socioéconomiques divers que l'on a voulu trop souvent analyser à travers le filtre unique du « degré d'urbanisation » témoignage du « degré de civilisation ». En fait la question posée ainsi n'a plus de sens et c'est la diversité et ses modes d'expression, dans les formes sociales, économiques, urbaines, culturelles, qui doit faire maintenant l'objet d'études archéologiques pour comprendre correctement cette période. Ce sont les résultats de l'enquête de terrain, et la description des vestiges qui forment l'essentiel de l'ouvrage : plutôt que de présenter de nouvelles thèses, nous souhaitons en effet apporter des documents nouveaux, nombreux, qui doivent servir de base à la réflexion collective.

  • Le Canon de la médecine d'Avicenne (m. 1037) est un des monuments de la littérature scientifique médiévale. Dans ce traité de 1500 pages environ, l'auteur se propose de systématiser le savoir médical et de le structurer grâce à des concepts philosophiques majeurs. C'est cette interaction entre médecine et philosophie que nous avons mise en évidence dans le présent ouvrage. Il appert ainsi que le Canon de la médecine s'inscrit dans une vision universelle de la connaissance chère aux grands philosophes arabes médiévaux. Cet aspect systématique n'échappa pas aux savants de l'Occident latin qui disposèrent, dès la fin du XIIe siècle, soit moins de cent cinquante ans après sa rédaction, de la traduction latine qu'en donna Gérard de Crémone. Avec la fondation des universités européennes, cette oeuvre majeure devint la base de l'enseignement médical et philosophique, les maîtres ès arts s'appuyant sur l'un ou l'autre des cinq livres la composant.

  • Sidon est dès la plus haute antiquité l'une des plus importantes métropoles du Proche-Orient. Elle est mentionnée trente-huit fois dans l'Ancien Testament et figure dans la Genèse comme la plus ancienne cité cananéenne, « le premier-né de Canaan ». En raison d'un tissu urbain dense, la ville n'avait jusqu'à maintenant fait l'objet de recherches archéologiques que de façon sporadique ou occasionnelle. La fouille du British Museum sur la parcelle dite « College site » a permis d'atteindre dès la première campagne, en 1998, des niveaux en place du Bronze Ancien. L'un des principaux objectifs du programme était de préciser la stratigraphie de Sidon au IIIe millénaire. Il s'agit maintenant d'étendre largement la surface de fouille pour chaque niveau afin d'obtenir de larges ensembles, dégager un schéma d'urbanisme et mieux comprendre l'organisation générale de l'habitat. Ce volume, qui rassemble tout le matériel découvert en 1998, 2000 et 2001, constitue une base fondamentale pour la compréhension de l'évolution des sites du Levant nord au IIIe millénaire avant notre ère. Sidon has been one of the most important cities of the Near East since the most ancient antiquity. It is mentioned thirty eight times in the Old Testament and appears in Genesis as the oldest Canaanite city, "the first born of Canaan". Because it was densely built up, Sidon has until now never been systematically excavated, with only occasional, sporadic attempts at archaeological investigation. In 1998, during the first season of the British Museum excavations on the piece of land known as the "College site", undisturbed Early Bronze Age levels were exposed. One of our main objectives was to define the stratigraphy of Sidon in the third millennium BC. The aim now is to extend the area of the excavations widely in all levels in the hope of uncovering large architectural assemblages so as to reveal and to increase our understanding of the general organization of the habitat. This volume, which brings together all the material discovered in the 1998-2000 seasons as well as that found in 2001 provides a foundation for understanding the evolution of the sites of the Northern Levant in the third millennium BC.

  • Arados, Arwad en phénicien, est la principale cité de Phénicie du Nord. Elle est localisée sur un îlot doté d'un port bien abrité, à 2,5 kilomètres de la côte à la latitude de la ville moderne de Tartous. Elle nous est moins bien connue que ses voisines du sud, faute de sources littéraires et de fouilles archéologiques : le site a été occupé sans interruption par une agglomération depuis l'Antiquité. La seule source abondante est la monnaie, régulièrement frappée durant l'époque hellénistique. Le corpus rassemble plus de 5 000 pièces qui offrent l'intérêt d'être datées à partir de 243/2. Elles permettent une évaluation annuelle de la production de l'atelier. Confrontée aux événements politiques et militaires qui agitent le royaume séleucide, celle-ci conduit à retracer l'histoire de la cité hellénistique. On découvre alors une communauté habile à utiliser les faiblesses du royaume séleucide et une situation géographique favorable qui fait d'elle une alliée indispensable des rois de Syrie tant que la frontière avec les possessions lagides se situe sur l'Éleuthéros, au sud du domaine continental dominé par l'île. Fidèle aux rois séleucides, elle leur fournit régulièrement un soutien militaire, essentiellement naval, et reçoit en échange concession d'autonomie et alliance officielle, négociant parfois des avantages supplémentaires comme une exceptionnelle concession d'asylie durant les années 241-239. Avec le déclin de la dynastie, Arados accroît ses ambitions régionales, prend possession du territoire de sa rivale continentale, Marathos, voit passer les troupes de Tigrane d'Arménie et finit par choisir le camp de Pompée contre César puis Antoine. Arados subit alors un blocus naval de plusieurs mois. Elle finit par renoncer en 38, réduite à la misère par la famine et l'épidémie, et entre dans l'Empire romain. Sa soumission est reconnue officiellement par l'apposition d'un petit buste de l'empereur devant la représentation d'Astarté sur ses monnaies de bronze. Aradus, Arwad in Phoenician, is the main city in Northern Phoenicia. It is located on a tiny island with an excellent harbour, 2.5 km from the coast, opposite to modern Tartous. Compared to other Phoenician cities of the southern shore, we lack of literary sources and archaeological excavations to inform us about the history of the city. Yet, the preserved ruins show that it was inhabitated without interruption since Antiquity. Further, the city has monetary output from the 250's providing us with a corpus gathering more than 5,000 coins carrying a date since 243/2 BC. This study proposes to examine the annual output of the mint and compares it with political and military events disturbing the Seleucid kingdom. Taking into account both texts and archaeology will allow us to write the hellenistic history of the city. Aradians seem skilled at making the use of Seleucid kingdom weaknesses and of their privileged geographical location that makes them and their continental possessions an essential buffer state with the Lagids' territories of Syria and Phoenicia. During the 3rd and 2nd centuries, they show a constant fidelity to the Seleucids to whom they deliver military supplies, mainly naval, and from whom they receive autonomy, official alliance, and, sometimes, major concessions as asylia during the war between Seleucus II and Antiochus Hierax (241-239). After the turn of the 2nd century, while Seleucid dynasty is declining, Aradus' regional ambitions rise: the city takes the territory of its continental rival, Marathos, meets the army of Tigranus of Armenia crossing its peraia and gives help to Pompeius' camp against Caesar and Antonius. This choice explains the blockade the island had to be subjected to during several months, which led to starvation and disease and persuaded Aradians to surrender in 38. The submission of the city to the Roman Empire is officially engraved on its bronze coins showing Astarte with a small bust of the emperor in front of her.

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