Presses Universitaires de France

  • « Descartes ne qualifie sa cosmologie que sous le modeste diminutif d'une "fable du monde". Ceci peut s'interpréter comme l'aveu d'une impuissance de la raison à atteindre l'authentique fabrique du monde. Mais avant d'être une fiction dénuée de toute vérité, une fable est d'abord un récit, comme celui que l'Écriture propose au premier livre de la Genèse. Nous enquêtons ici sur le commentaire cartésien de la Genèse, texte perdu, mais suffisamment avancé pour que Descartes envisageât, en 1640, de le soumettre à l'approbation de la Sorbonne. Qu'y aurait-il montré ? Qu'en concevant le mouvement comme une séparation réciproque des parties de l'étendue, il se conformait à la lettre au récit mosaïque de la création. Descartes s'appuie sur une lecture précise de la Genèse, mais une lecture si originale et si peu orthodoxe qu'il doit presque aussitôt renoncer à en faire une caution pour sa philosophie naturelle. Nous enquêtons donc moins sur cet In Genesim, que sur les raisons de sa disparition. »

  • Le 5 mars 1616, un décret de la Congrégation de l'Index annonçait officiellement la condamnation des idées de Copernic sur le mouvement de la Terre. Cette censure ecclésiastique est devenue l'emblème d'une négation de l'autonomie de la recherche scientifique par les dogmes religieux. Aujourd'hui, la question des relations entre sciences et religions et des appels au « dialogue » entre ces deux domaines pourtant si éloignés par leurs objets et leurs méthodes refait surface.
    Le thème du conflit a dominé les débats qui ont opposé depuis le XVIIe siècle les savants aux autorités religieuses sur des questions d'astronomie, de géologie, d'histoire naturelle ou sur l'origine de l'homme et des religions. Cet essai prend le contre-pied du courant actuellement dominant chez les historiens des sciences qui minimise les conflits les plus connus entre sciences et religions et propose une version oecuménique et édulcorée de l'histoire des rapports entre deux institutions, dont chacune tente d'imposer sa vision du monde, l'une fondée sur la nature, l'autre sur le surnaturel.

  • Y a-t-il une vérité des étoiles ? Le désir de répondre à cette question est inséparable de l'histoire de l'humanité. Les récits mythiques, les révélations religieuses, aujourd'hui les théories scientifiques : autant de pistes dans une quête qui semble aussi nécessaire qu'infinie. Parcourir l'histoire des métamorphoses du ciel, c'est donc revivre les enthousiasmes, les coups de génie, les drames, les révolutions, les stupéfactions et les espoirs qui se sont succédé.
    La condamnation par l'Église de Giordano Bruno au bûcher, en 1600, est un épisode des plus marquants et émouvants de cette chronique. Avec l'avènement de la science moderne et ses « nouvelles vérités », la guerre semblait plus inévitable et violente que jamais. Pourtant, au cours du XXe siècle, l'abbé belge Georges Lemaître, inventeur de la théorie du Big Bang, a su libérer à la fois la recherche scientifique et l'interrogation métaphysique, religieuse ou philosophique. Sa contribution majeure méritait une analyse détaillée accessible à tous.
    Que voyons-nous aujourd'hui en levant les yeux vers le ciel ? Le désir de comprendre est-il satisfait ? En s'enrichissant des découvertes les plus récentes (distorsions spatiales, paradoxes temporels, catastrophes cosmiques, vestiges des commencements, etc.), le ciel se métamorphose encore. Et notre pensée est plus profonde, plus libre et plus apaisée.

  • L'idée selon laquelle la diversité du réel serait sous-tendue par une unité plus profonde est aussi ancienne que la pensée elle-même. Les grandes mythologies le racontent, les premiers philosophes l'affirment, la science moderne en a repris le programme en unifiant d'abord les conceptions du mouvement, de la matière et de l'espace. C'est que le désir d'intelligibilité ne peut sans doute se passer de l'idée du Un. Toutefois, il ne suffit pas d'inscrire pareille tendance dans la nature humaine pour en valider les réalisations. L'unité qu'on proclame peut très bien se révéler fausse, procéder de la simple incantation, du décret ou du fantasme et exercer une fascination toute dogmatique. Reste que si la pensée parvenait à découvrir, dans les miroirs changeants des phénomènes, des relations éternelles qui puissent les résumer, on pourrait certainement parler d'un bonheur de l'esprit. A défaut d'être une trame nécessaire de la pensée, le désir d'unté correspond à une nostalgie, à un appétit d'absolu, à une impatience ontologique. Mais aussitôt exprimé, il s'oppose à l'irréductible dispersion des choses. De là semble naître un divorce entre l'esprit qui désire et le monde qui déçoit. En cette fin de siècle, la puissance de plus en plus affirmée des théories physiques, leur caractère englobant comme leur visée unitaire, incitent à interroger les fondements de la quête de l'unité que poursuivent les physiciens à cerner ses limites et à envisager ses perspectivess actuelles. Texte de couvertureIntroductionI -- Les figures antiques de l'unII -- L'harmonie revendiquée du monde ou la poésie de l'ordreIII -- Prélices et naissance de la physique moderneIV -- L'histoire de la physique comme succession d'unificationsV -- Particules et interactionsVI -- L'unité de la physique en question VII -- Le réductionnissme, conquêtes et obstaclesVIII -- La question de l'unité du tempsIX -- L'idée de matière dans la physique contemporaine X -- La pluralité du vide de la physique contemporaine XI -- Perspectives unitaires dans la physique contemporaineConclusion -- Bibliographie -- Index

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