CNRS Editions

  • Statistiques ethniques contestées par les sociologues, disputes homériques entre historiens sur Aristote au Mont-Saint-Michel, tirs croisés contre Galilée hérétique et Galilée courtier, polémiques cristallisées par Black Athena, ouvrage prétendant revisiter l'histoire de l'Égypte antique... Les chercheurs en sciences sociales raffolent des controverses qui donnent du piquant à une vie académique souvent monotone. Ces débats font-ils pour autant avancer la connaissance ? Ne seraient-ils que des dialogues de sourds entre spécialistes défendant leur part de vérité ? En revenant sur ces querelles emblématiques, les études réunies dans cet ouvrage semblent confirmer le jugement de Schopenhauer : " En règle générale, celui qui débat ne se bat pas pour la vérité mais pour sa thèse... "

  • Biologie de synthèse, nanotechnologies, liste sans fin de nouveaux gadgets électroniques, de nouveaux artefacts robotiques... La course permanente à l'innovation irresponsable impose au corps social de se soumettre aux développements de multiples nouveautés technologiques. Appauvrissement des ressources, accroissement de la pollution, surveillance toujours plus méticuleuse des États et des individus, solitude au travail, en sont le résultat. Surmonter ces problèmes exige de revenir sur l'idée de nature, en prenant conscience qu'il n'y a pas une nature en soi, à notre service, dans laquelle nous pourrions puiser sans fin, mais que l'idée que nous nous faisons d'elle s'est constituée progressivement depuis la fin du XVIe siècle. C'est cette fabrique de l'idée de nature à l'époque moderne et de ses conséquences qui fait l'objet de ce livre. Pourquoi avons-nous abandonné notre existence et notre responsabilité pour la fascination du détour technologique ? Résolument à contre-courant, l'auteur rend possible une critique et un dépassement de l'emprise " inéluctable " de l'innovation, de l'économie libérale utilitariste et de la technique sur notre avenir.

  • La question du temps, et de sa mesure, est une question très ancienne, et qui peut donner l'illusion d'être simple. Il est, pour Aristote, la dimension du successif, l'aspect mesurable du mouvement. Il devient, pour Galilée, une véritable variable physique : il peut être inclus dans des équations. Pour Newton, il est absolu, valable en tout point de l'Univers, ne dépendant de rien d'autre que de lui-même.

    La question du temps, et de sa mesure, est une question très ancienne, et qui peut donner l'illusion d'être simple. Il est, pour Aristote, la dimension du successif, l'aspect mesurable du mouvement. Il devient, pour Galilée, une véritable variable physique : il peut être inclus dans des équations. Pour Newton, il est absolu, valable en tout point de l'Univers, ne dépendant de rien d'autre que de lui-même.

    Puis vient cette révolution qu'est la théorie de la relativité d'Einstein (restreinte puis générale), dont la conséquence la plus notable est peut-être qu'elle remet en cause cet objet particulier. L'espace et le temps sont désormais indissociables, " l'écoulement du temps " dépend des dimensions spatiales : l'espace dans lequel nous évoluons n'est plus un espace à trois dimensions, mais bien à quatre inséparables. Le temps ne s'égrène plus de manière uniforme partout et pour tous : nous avons, chacun, notre temps propre, fonction de nos trajectoires respectives, et du champ gravitationnel dans lequel nous baignons.

    Les conséquences de cette théorie sont considérables. Pourtant, en dehors de quelques cas d'école devenus classiques, la richesse des effets physiques réellement observables du temps relativiste demeure largement ignorée et leur compréhension souffre souvent d'idées fausses. Pierre Spagnou se penche sur chacun de ces effets et, de la prédiction théorique à la démonstration clairement détaillée, en montre la profonde originalité, et l'irréductible étrangeté.

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