Textuel

  • Mise en scène ou mort en direct ? Le controversé «Falling soldier» de Robert Capa est depuis 50 ans l'objet du plus long procès du photojournalisme : celui de la vérité en image. Vincent Lavoie délivre ici les résultats d'une édifiante investigation sur les méthodes d'authentification de la photographie : parole des témoins, documents d'archives, expertises criminalistiques. À l'heure des débats sur les « fake news », voici un retour passionnant sur la polémique entourant l'image la plus reproduite de l'agence Magnum.

  • Organisé en sept moments chronologiques, ce livre retrace une histoire de la couleur en photographie depuis l'invention du médium en 1839 jusqu'à la fin du XXe siècle, restituant les étapes de sa reconnaissance culturelle.
    Jusqu'à la fin des années 1970, la couleur en photographie est volontiers considérée comme (

  • Voici publiée pour la première fois, à l'occasion de la rétrospective que lui consacre le musée du Jeu de Paume à Paris du 2 juin au 27 septembre 2015, l'autobiographie de Germaine Krull, une des pionnières de la photographie d'avant-garde. Amie de Man Ray, amante d'Eli Lotar, épouse de Joris Ivens, amie d'Eisenstein, correspondante de Benjamin, responsable du service de la propagande de la France libre à Brazzaville, gérante d'un hôtel à Bangkok, Krull a traversé le siècle et connu mille vies.

  • Voici pour la première fois en version française l'ouvrage de Joan Fontcuberta lauréat du Prix national espagnol de littérature catégorie essai en 2011. Dans ce  recueil de 16 essais, le photographe livre une réflexion malicieuse sur la réinvention du média photographique dans le contexte numérique, explorant les notions de réalité et de vérité en photographie à l'heure des polémiques sur les « fake news ».

  • Aujourd'hui consacré comme l'un des photographes majeurs de sa génération, Martin Parr parle néanmoins assez peu de son travail. D se livre ici dans un entretien avec Quentin Bajac et donne les clefs de ce qui fonde la particularité de son approche : un regard social, à la fois ironique et empathique sur les classes moyennes et populaires, les loisirs et pratiques consuméristes de masse et les objets de grande consommation. Sont abordées dans cet entretien illustré sa jeunesse et sa formation au Manchester Polytechnic, les controverses liées à son travail sur la société anglaise des années 1980, sa position particulière entre le monde du photoreportage (au sein de Magnum Photos), celui de la presse et celui de l'art, son attitude à l'égard de l'évolution du monde contemporain, mais également les multiples autres facettes de son travail avec la photographie, devenues aujourd'hui prépondérantes : l'historien, l'éditeur de livres, le commissaire d'exposition et le collectionneur. Si la globalisation, thème cher à l'artiste, est à l'origine d'un certain désenchantement du monde, ses images profondément attachées à l'humain nous accompagnent et nous permettent de l'habiter et de le regarder autrement.

  • Nourris d'une iconographie passionnante qui traverse siècles et continents, les travaux de Thierry Gervais et Gaëlle Morel s'appuient sur l'accès à des collections publiques et privées qui leur ont permis d'analyser des milliers de magazines dans leur forme originale. Ils décodent ici les stratégies de séduction, les discours de légitimation, la diversité des lignes éditoriales selon les supports, et les conditions de production des photos de presse qui ont abouti à la construction d'une mémoire visuelle collective.
    La chronologie de cet ouvrage commence à la fin du xixe siècle avec la création des premiers magazines illustrés de photographies et se termine avec l'usage des iPhones par des grands quotidiens du xxie siècle.

  • De l'image partagée au selfie, l'histoire du basculement vers l'image 2.0.

    Révolution technique autant que phénomène social, le basculement vers l'image numérique appartient au petit nombre des mutations qui ont transformé en profondeur nos pratiques et modifié notre perception du monde.
    Véritable carnet de route de l'expérience numérique, l'ouvrage d'André Gunthert, l'un des meilleurs observateurs de la culture visuelle, propose une première histoire de ces nouveaux usages. Il restitue le détail des débats enregistrés au fur et à mesure de leur éclosion : le journalisme citoyen, la culture du partage, la concurrence des amateurs, la reconfiguration de l'information, l'image conversationnelle, la consécration du selfie.
    Une analyse indispensable pour mieux comprendre la place de l'image fluide - dématérialisée, connectée, partagée - dans l'univers contemporain, avec ses nouvelles fonctions d'expression, de communication ou de socialisation.

  • E. Lotar est un photographe cinéphile, membre du surréalisme et adepte du cinéma d'avant-garde. Ce catalogue invite à redécouvrir son oeuvre.

  • Comment expliquer que Jacques Henri Lartigue soit soudain devenu l'une des icônes de la photographie du XXe siècle ? Tordant le cou à une vision instinctive et naïve de sa pratique, Kevin Moore revisite dans cet essai la formation du photographe et le processus qui l'a érigé en mythe. Contrairement à l'image communément admise, Lartigue n'est pas qu'un amateur talentueux qui s'est attelé à saisir le flux du monde moderne et mécanique et à photographier les moments heureux de sa vie. Il est un précurseur majeur, qui est parvenu à excéder son époque, hybridant une certaine forme de culture visuelle (photographie amateur, presse illustrée, cinéma) et la photographie d'art. Kevin Moore lui rend ainsi sa juste place dans l'histoire de la photographie et lève le voile de suspicion qui empêchait jusqu'alors d'achever sa canonisation.

    L'histoire de Lartigue se laisse conter à l'envi. Fils d'un riche banquier et rejeton de la Belle Époque, il était tant épris d'automobiles et d'avions, de mode et de spectacles, qu'il se mit à photographier jusqu'à l'obsession la vie qui l'entourait. Il photographia d'abord le cercle familial, puis les rallyes en Auvergne, les baigneurs à Deauville et Biarritz, les avions à Issy-les-Moulineaux, les sports d'hiver en Suisse et les courses de voiture à Auteuil. Sans oublier l'incessante parade sociale. Idyllique et enviable, la jeunesse de Lartigue fut une telle suite de bonheurs fabuleux qu'elle en semble presque irréelle. En 1962, Lartigue est en vacances aux États-Unis quand il débarque dans les bureaux d'un agent new-yorkais. Âgé de soixante-neuf ans, il n'est pas plus connu pour ses photographies que pour ses tableaux, or en juin 1963, plus d'une quarantaine de ses premières images est exposée au MoMA. La même année, quelques-unes paraissent dans le magazine Life. Dix ans plus tard, il est l'un des photographes les plus connus au monde.

  • Au fil du xxe siècle, poètes, écrivains, artistes, photographes, collectionneurs, conservateurs et historiens ont contribué à inscrire l'oeuvre d'Eugène Atget (1857-1927) dans l'histoire de l'art. Photographe des petits métiers, des devantures de boutiques, des cours d'immeubles, Atget ne s'est jamais prononcé ou engagé dans aucun mouvement artistique, se retranchant derrière une pratique documentaire.
    Alors qu'il a laissé au monde des milliers d'images, il n'a livré aucun écrit sur sa conception de la photographie, son esthétique, son passé ou son avenir.
    Ce silence a paradoxalement généré une immense productivité.
    Comme annonciateur du surréalisme : il est découvert par Man Ray et dévoilé par Berenice Abbott.
    Comme précurseur de la nouvelle objectivité et de la photographie documentaire, assimilé aux avant-gardes, Atget fait parler et alimente de nombreuses questions :
    Art versus artisanat, art versus document, oeuvre versus archive. Son oeuvre pose magistralement la question de la notion d'auteur.
    Sont réunis pour la première fois une trentaine de textes passionnants, qui tous participent de la reconnaissance atypique parce que posthume du « photographe des photographes ».

  • Ce recueil réunit pour la première fois en langue française un ensemble d'essais parmi les plus significatifs d'Abigail Solomon Godeau, féministe aujourd'hui reconnue comme l'une des plus importantes théoriciennes de la photographie. Un ensemble synthétique et cohérent qui permet d'appréhender toute la richesse de sa pensée, de la critique des canons dans la représentation de la féminité, à la théorie des genres et la culture visuelle en France au 19ème siècle.

  • Cette autobiographie illustrée d'Erwin Blumenfeld, retrace "l'odyssée, singulière, insolite et violente" de l'un des plus grands photographes de mode du XXe siècle. Né à Berlin à la fin du XIXe siècle, de parents juifs, il vécut le double effondrement d'un monde à travers la démence des deux guerres mondiales et n'en réchappa que grâce à une incroyable volonté de vivre. Exposition "Erwin Blumenfeld" au Jeu de Paume (Paris) du 15 octobre 2013 au 26 janvier 2014.

  • Ces entretiens passionnants permettent de saisir les sinuosités de la trajectoire étonnante d'une figure majeure de la photographie contemporaine française.
    Photographe inclassable, au parcours atypique qu'il trace en marge du reportage et des codes de la photographie plasticienne, Bernard Plossu a construit une grammaire photographique qui lui est propre, « pour être, nous dit-il, de plain pied avec le monde et ce qui se passe ».
    L'histoire de Plossu, c'est celle d'un jeune homme issu de milieu aisé, en rupture de ban, d'un autodidacte qui se forme au contact de « maîtres » qu'il choisit parmi ses aînés.
    Les grandes lignes de l'aventure sont connues : l'errance à travers le Mexique qui donnera une quinzaine d'années plus tard Le Voyage mexicain, l'un des livres photographiques majeurs du XXe siècle, le premier reportage dans la jungle, la découverte des beatniks puis des hippies et la pratique de la photobiographie.
    Plossu exhausse des détails, promeut les instants « non décisifs », réhabilite des lumières dont les photographes se défient. Il préfère les petits éditeurs aux grandes maisons, les petits festivals aux grand-messes, les petites épreuves aux grands tirages.
    Cette défiance travaille également son rapport à la culture. Il y a chez lui une forme de violence intérieure à ne pas vouloir dissocier le plaisir de la culture populaire, des arts mineurs, et de l'enseignement de la haute culture, celle qui élève, qui fait grandir : elle sera toujours un objet soumis à l'épreuve de l'expérience.

  • Pierre Mac Orlan, l'auteur du célèbre Quai des brumes, est, sans conteste, au XXe siècle, l'écrivain français qui a consacré le plus de pages à la photographie.
    Or si l'on en croit les histoires de la photographie, il n'existerait pas en France, pour la période de l'entre-deux guerres, de grande figure intellectuelle qui ait contribué à la reconnaissance esthétique de la photographie, comme ont pu le faire László Moholy-Nagy ou Walter Benjamin en Allemagne. Dans les années 1920 et 1930, Mac Orlan a pourtant écrit près d'une vingtaine de textes sur la photographie : articles, recensions de publications, préfaces. Tout ce que le Paris de cette époque compte de photographes importants éveille alors sa curiosité : Eugène Atget, Brassaï, Man Ray, Claude Cahun, Germaine Krull, André Kestész... Il faut ajouter à cela les quelques textes écrits après-guerre sur Willy Ronis, Pierre Jahan ou Marcel Bovis.
    Ces écrits ne sont pas connus des spécialistes et a fortiori du grand public, parce qu'ils n'ont, à ce jour, jamais été réunis. Clément Chéroux les exhume de leur gangue d'oubli et rappelle le rôle critique fondamental que Pierre Mac Orlan a joué : dès la fin des années 1920, il propose un concept novateur, le " fantastique social ", qui offre le chaînon manquant entre un surréalisme à la française et l'expressionnisme allemand et permet de comprendre admirablement ce qui est en jeu dans les recherches photographiques de l'époque Outre l'anthologie illustrée par les plus grands photographes de l'époque, l'ouvrage se compose d'un essai de Clément Chéroux et des photos prises par Pierre Mac Orlan lui-même.

  • Au moment où les premières cabines de photomaton sont apparues en 1928, les surréalistes s'y sont précipités. " C'est un système de psychanalyse par l'image " pouvait-on lire la même année dans la revue Variétés. Très vite ce procédé simple va être détourné de son usage premier, et ouvrir un nouveau champ à l'improvisation et à l'expression artistique.

    Au terme d'un processus psychanalytique de près de 30 mois, au début des années 1980, Baczynsky produira 244 autoportraits automatiques grand format sur lesquels il mime ses sentiments après la séance : la colère, la joie, les pleurs. Il ajoute quelques mots griffonnés au dos de l'image, réflexions, pensées crues ou impertinentes, révélant ainsi les émotions ressenties pendant la séance ou rêves relatés à l'analyste.

    Cet ouvrage montre une sélection des 100 meilleurs portraits qui rappellent l'extraordinaire série de " têtes d'expression " que le sculpteur allemand Franz Xavier Messerschmidt réalisa à la fin du XVIIIe siècle à partir de son propre visage. Dans le contexte de la psychanalyse, Baczynsky nous offre la version photographique d'un nouveau Traité des émotions.

    Une introduction de Clément Chéroux décrypte le geste de l'artiste et l'inscrit dans un demi siècle d'histoire du photomaton, médium à part entière. L'ouvrage est complété d'un essai du psychanalyste Horacio Amigorena.

  • Historien de l'art, professeur à l'université de Bochum, en Allemagne, Herbert Molderings est aujourd'hui, en Europe, l'un des historiens et penseurs de l'image photographique les plus réputés. Depuis maintenant une trentaine d'années, il élabore, à partir d'une recherche historique exigeante, une oeuvre théorique majeure sur l'une des périodes les plus importantes de l'histoire de la photographie au XXe siècle: celle où quelques artistes d'avant-garde-Marcel Duchamp, René Magritte, Laszlo Moholy-Nagy, et d'autres-s'emparent de l'image photographique pour la porter sur les fonds baptismaux de la modernité. Dans le présent volume, Herbert Molderings revient sur ce moment fondateur de l'histoire de la photographie moderne. Il analyse le cheminement de quelques photographes: Brassaï, Ubac ou Umbo, leurs relations avec le Bauhaus ou l'Ecole de Paris, se penche sur l'un des livres clé de Man Ray, ou réexamine les rapports d'André Breton avec l'image photographique. A partir d'une analyse pointue des sources, mais dans un style toujours alerte et accessible à tous, Molderings nous invite à un parcours à travers le modernisme photographique, entre Berlin et Paris, Nouvelle vision et Surréalisme.

  • Il existe peu d'ouvrages de synthèse en langue française sur ce mouvement protéiforme, sans doute parmi les plus novateurs et les plus spectaculaires de la seconde moitié du XXe siècle, qu'est le happening ou la performance.
    À un moment où la mémoire des happenings des années 1960-1980 s'est déjà figée en un certain nombre de récits canoniques, Sophie Delpeux se propose de recontextualiser ces pratiques performatives. Elle réexamine ainsi les productions d'artistes aussi différents que Vito Acconci, Valie Export, Michel Journiac, Gina Pane, Chris Burden, Orlan, Rudolf Schwarzkogler, Allan Kaprow, Carolee Schneemann ou Bruce Nauman.
    Loin des clichés ou des mythologies, elle revient sur l'importance du « geste photographique ». Elle interroge son statut ambivalent entre oeuvre ou document, comme elle interroge celui du corps visible de l'artiste, ou les genres divers auxquels ses images empruntent de la peinture à l'image de presse, en passant par celle de la « réclame ». Sophie Delpeux saisit dans cet essai l'idéologie d'une époque, ses mythologies, des bribes de son histoire, mais aussi une manière singulière de perturber le modèle classique de la représentation.
    Se bâtit avec ces images à la fois une poétique de la disparition et les bases de la photographie contemporaine.

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