Filigranes

  • Sans que nous en ayons toujours conscience, nos yeux exercent une forme d´intelligence immédiate. Au fil du hasard, ils ne cessent de se laisser captiver à tout moment. L´intuition photographique examine l´art de traduire en images ces moments de présence. Arnaud Claass y commente son activité d´observateur de la vie, des impressions visuelles, des pensées. Une rue londonienne, un orage à Venise, une image de reportage vue dans la presse, des visites d´expositions, des errances à travers la campagne, la méditation sur un concept, des films du cinéma indépendant ou grand public, la photographie africaine contemporaine, les étrangetés du système de l´art : tels sont certains des sujets abordés. À ce texte viennent s´ajouter, sur un registre nettement plus introspectif, les brèves notes de Regard perdu. L´auteur y cerne les conséquences provoquées sur la nature de son regard par la perte récente de son épouse Laura.

  • Cavale

    Nicolas Comment

    Photographe, auteur et musicien, Nicolas Comment est un habitué des voyages sentimentaux et autres errances photobiographiques. Ses séries ont pour théâtre Mexico, Prague ou Tanger, ces lieux mythiques, antres littéraires. "Cavale" s´inscrit dans cette tradition de la "déambulation psychogéographique". Balade géopolitique, fiction intime. Nous sommes en 2019. Laura Serani, directrice artistique du festival Planche(s) Contact invite Nicolas Comment en résidence artistique à Deauville. Ainsi commence "Cavale" : une série photo-littéraire protéiforme qui se lit comme un tableau à entrées multiples contant la cavale imaginaire d´une femme qui se libère de ses liens

  • Archives photographiques de l´immigration polonaise dans le bassin houiller du nord de la France, dans les années 1920/1930. Né en 1904 dans la région industrielle de la Ruhr (Allemagne), de parents originaires de Pologne, Kasimir Zgorecki émigre dans le Nord de la France avec sa famille à l´âge de 18 ans. Mineur de fond pendant quelque six mois, il se tourne ensuite vers la photographie professionnelle et reprend en 1924 le studio de son beau-frère à Rouvroy, dans le Pas-de-Calais. Sa carrière principalement axée autour des portraits de la population polonaise de la région - dont l´immigration est liée à l´industrie lourde du charbon et de l´acier - devient vite florissante. Zgorecki s´investit notamment dans la photographie d´identité, devenue obligatoire sur les cartes des étrangers travaillant en France en 1917. Exposition de Kasimir Zgorecki, présentée au Jeu de Paume - Château de Tours du 6 juin au 25 octobre 2020 (vernissage le 5 juin).

  • Carnets de la ZAD

    Philippe Graton

    La ZAD de Notre-Dame-des-Landes de´fraie la chronique depuis plusieurs anne´es et personne n'en a jusqu'alors re´ve´le´ la ve´ritable nature. De 2014 a` 2019, Philippe Graton a parcouru la ZAD de l'inte´rieur, photographiant au moyen-format argentique cet univers et la vie quotidienne de cette socie´te´ alternative. Cet engagement dans la dure´e nous donne aujourd'hui une oeuvre photographique exceptionnelle, une restitution unique et historique de cette expe´rience marginale dont l'inte´re^t n'a jamais e´te´ aussi actuel. Ce livre de´voile plus de quatre-vingts photographies ine´dites, ainsi qu'une retranscription des notes de terrain de l'auteur, a` suivre comme une aventure.

  • New York ; années 50

    Jean Bizien

    Jean Bizien débarque aux États-Unis en 1946. Très jeune homme. Il découvre le pays par une ville?: New York. Une cité faite de centaines d'autres villes, de milliers de Villages d'Irlande, d'Italie, de Russie, de Chine, du Mali, d'Afrique du Sud, du Mexique, du Brésil... Des milliers de villages, des millions d'hommes, des milliers d'habitudes différentes, des milliers de fêtes, de langues, des centaines de couleurs de peau, des millions de démarches, une seule langue pour parler ensemble. Une seule ville pour vivre ensemble. New York est un miracle. Des millions d'hommes si différents se côtoient, vivent, commercent en paix. New York est un miracle sombre et joyeux. La paix et la justice humaine sont très relatives. Pour pouvoir vivre ensemble, inventons autre chose?? Une ville haute et plus verticale. Et pourtant les humains photographiés par Jean Bizien sont des villageois dans une ville aux immeubles immenses. Jean Bizien a saisi la danse de tous ces peuples qui se côtoient dans la ville. Ce sont des villageois. Ils prennent leur temps, posent leurs journaux sous leurs fesses et regardent la vie bouger. Ils jouent aux dames, couverts de gros pardessus laineux. Ils dorment dans la rue pour se reposer, l'après-midi. Par misère parfois. New York est familière, dure et douce. Elle se transforme en ville méditerranéenne. En ville froide et enneigée. En ville de plaisir et de fête. En ville d'enfants, qu'ils soient des adultes ou de vrais enfants. En ville d'hommes seuls, qui se protègent des larmes avec des journaux sous le dos ou les mains fermées sur leur visage. Jean Bizien est là pour recueillir toute cette humanité. Son appareil est comme une bouteille de vin qui a emprisonné les saveurs et les amertumes, les images et les élans d'une époque. Il a ouvert, il y a peu de temps, le bouchon du temps. Soixante ans avant, soixante ans après. [...] Olivier Couqueberg

  • Auteurs : Siouzie Albiach, Mariano Bocanegra, Alejandro León Cannock, Florence Cuschieri, Juliette George, Marta Gili, Giovanni Battista Martini, Audrey Mot, Fabien Vallos, Juliette Vignon. En 1960, Lisetta Carmi choisit d´abandonner sa carrière de pianiste pour s´emparer de la photographie. Elle participe alors aux mouvements contestataires de gauche, en réaction à la montée néo-fasciste et réactionnaire des années 1960. Inspirée par ce contexte, elle utilise l´appareil photographique comme un outil politique d´expérience et de partage avec celles et ceux qui aspirent à une reconnaissance dans l´espace social du commun. Sa série Les Travestis, notamment, dépeint avec douceur et complicité la vie d´une communauté transidentitaire de travestis dans l´ancien ghetto de Gênes. Son regard se pose également sur le monde ouvrier. Ses séries consacrées au port de Gênes captent l´intensité du corps à l´oeuvre et sa rencontre avec celui, gigantesque et dévorant, de l´industrie portuaire.

  • Roma

    Bernard Plossu

    « Au début des années soixante-dix, passage à Rome, pendant un hiver froid et pluvieux?; aucune photo de bonne, j'avais un grand-angle?! sauf deux ou trois à Pompéi silencieuse et vide sous la pluie merveilleuse...
    Plus tard, en 1979, ayant enfin compris la force discrète du 50 mm, venant des hauts plateaux de Taos au Nouveau-Mexique ou j'habitais, je retrouve à Rome Claude Nori, et là, c'est le choc visuel : est-ce le fait d'habiter dans le désert qui fait que cette ville me fascine en comparaison??
    Disons que les images de l'Ouest américain sont souvent horizontales et que celles des rues de Rome sont souvent verticales?! et que m'imprègne aussi très fortement l'oeuvre romaine de Corot, auquel je pense si souvent là-bas... Corot qui m'a marqué définitivement par sa sobriété.
    Les années passeront, jusqu'au retour en Europe, et je suis dorénavant sous l'influence très forte du mouvement de peinture appelé 'La Scuola Romana' (Mafai, Scipione, Pirandello, Antonietta Raphael, Afro) : des merveilles qui m'inspirent beaucoup.
    Nombreuses visites : Rome m'attire sans arrêt, j'y vais presque chaque année et je photographie en désordre, surtout rien de systématique ni d'organisé?! Quartier par quartier, n'écoutant que mon instinct et surtout ma passion : je suis amoureux fou de cette ville et, en même temps, de toutes les petites îles italiennes ou je vais aussi le plus souvent possible?! » B.P.

  • Depuis une quarantaine d'années, Françoise Huguier est une rapporteuse d'images reconnue. Des images capturées dans les coulisses des défilés de mode, dans les bagages d'un reportage au Japon, dans les limbes de l'Afrique fantôme, dans les soutes de la Sibérie, dans les arrière-boutiques de la société coréenne. Ce que l'on sait moins, c'est qu'elle est aussi une insatiable glaneuse d'objets, la plupart ramenés de ses tribulations, dont la collection transforme sa maison en un gigantesque cabinet de curiosités. Rendez-vous insolite et inédit, l'exposition Les curiosités du monde de Françoise Huguier invite à se laisser surprendre par la découverte de son univers, une incroyable collection d'objets bigarrés, des plus mystérieux aux plus étrangement familiers.Des tableaux, des bijoux, des bibelots, des affiches de cinéma, des vêtements, des fanzines, de la vaisselle, des masques, des livres, des poupées, des tapis, des coquillages... Autant d'objets, qui, grands ou petits, spectaculaires ou discrets, prennent tout leur sens lorsque Françoise Huguier raconte leur histoire. « Ça c'est une étoile rouge en tôle que j'ai trouvée sur une tombe dans un goulag de Sibérie. » Et ça ? « Une poupée vaudou que je suis la seule à pouvoir toucher. Sinon gaffe à la malédiction ! » Et ça ? « Une théière que j'ai achetée à un jeune Touareg à Tombouctou.» En regard de son travail photographique, Françoise Huguier présente une sélection d'objets insolites et poétiques qu'elle a glanés dans le monde entier.

  • En ouvrant en juin 1983 un travail d'une année à Saint-Jean-Brévelay et dans les communes environnantes du Morbihan, le photographe Guy Hersant répondait en voisin lorientais d'alors, à une commande de la BPI* du Centre Pompidou à Paris.
    A cette l'époque, la campagne bretonne bruisse sous le vent d'une modernité qui déferle depuis les années soixante en remembrement, en mécanisation, en stabulations libres et en salles de traite, en ensilage de maïs, en bâtiments d'élevages qui s'affranchissent de la vieille architecture des fermes, en décohabitation des jeunes agriculteurs d'avec les anciens, en coopératives, en Politique agricole commune de ce qui était encore la Communauté économique européenne.
    La mission photographique avait pour but de témoigner de ce grand virage de la Bretagne agricole dont le Groupe d'études en sociologie rurale du CNRS** -- organisme partenaire du projet avec la BPI - avait déjà observé les amorces dans la commune à partir justement de ces années soixante.

  • Pascale Ogier

    Emeraude Nicolas

    "Il y a 30 ans nous quittait Pascale O., tout juste récompensée pour son rôle dans Les nuits de la pleine lune de Rohmer. Elle fêtait ses vingt-cinq printemps, j'avais soufflé mes douze bougies ; nous étions demi-soeurs.
    Le temps passe, les photos dorment ici et là, dispersées, parfois cachées, et cependant personne n'oublie. (Re)cherches,(re)découvertes, rencontres, (ré)assemblage : livre-hommage.
    Partage brut de cette quête de page en page ; noms, dates et lieux délivrés à la toute fin, trouvailles et curiosité partagées. Contribution précieuse de sa mère Bulle. Et touchante de Jim Jarmusch, Olivier Assayas, Jean-Jacques Schuhl, Marc'O, Marguerite Duras, Frédéric Mitterrand, Dominique Issermann, Alice Spring, Tchéky Karyo, Pascal Greggory, Feodor Atkine, Elli (& Jacno), et plus encore.
    Court passage mais dense parcours que celui-ci. Naissance en 1958, Cannes en 60, L'american Center en 66, le Flore, la Coupole, mai 68, Barbet Schroeder, Charles Bukowski, Wim Wenders, les années 70, Cannes encore, Jacques Rivette, Eric Rohmer, Jacques Derrida, les années 80, Le Palace, Alain Pacadis, la Mostra de Venise...
    Aventurière assidue, bûcheuse fêtarde, philosophe rebelle, muse gracieuse, intemporelle avant-gardiste... fragile héroïne." Emeraude Nicolas.

    Textes de Fredéric Mitterand, Philippe Azoury, Dominique Païni, Jim Jarmusch, Olivier Assayas, Cristina Bertelli...

  • Braguino est le nom d'un petit village en Sibérie, où vivent aujourd'hui en autarcie deux familles issues d'une communauté de vieux-croyants orthodoxes, qui refusent l'autorité de l'Etat et de l'Eglise. Clément Cogitore est parti à leur rencontre, à la recherche de cette "communauté impossible" et recluse.
    Plongé dans une installation conçue comme une forêt photographique et filmique, le spectateur sera invité à "vivre une expérience de la sensation, une traversée d'un monde où le paysage, le végétal, l'humain et l'animal cohabitent dans un ensemble chaotique, brutal, libre et lumineux.

  • Certains photographes contemporains conçoivent leurs oeuvres comme des enquêtes menées sur le terrain (ou au sein des archives) et les dispositifs de restitution qu'ils proposent (livres, sites web ou installations) tendent à entraîner le spectateur dans un questionnement du réel. Leurs démarches signent ainsi un renouveau des pratiques photographiques documentaires.
    Les oeuvres de Lewis Baltz, Gabriele Basilico, John Davies, Emmanuel Pinard, Bertrand Stofleth, Thom & Beth Atkinson, Geoffroy Mathieu, Stéphanie Solinas, Mathieu Pernot, Catherine Poncin... illustrent cette tendance. Elles gagnent à être analysées selon un modèle pragmatique qui s'écarte de conceptions dualistes de la représentation et viennent dialoguer avec les méthodes adoptées en sciences humaines.

  • La figure mythique de Robert Frank a infléchi l'histoire de la photographie et du cinéma. Son oeuvre, exemple rare de fusion entre récit du monde et récit de soi, a contribué à démolir des catégories de jugement devenues obsolètes.
    Arnaud Claass médite sur l'intensité si singulière des images de l'artiste et sur ses exigences formelles. Il examine les chemins qu'il a suivis et les univers visuels et littéraires qui l'ont nourri. Il scrute sa quête d'authenticité, son rapport à l'exil et à l'espérance, ses complicités intellectuelles.
    Au-delà du bouleversement opéré par Les Américains puis par The Lines of My Hand, l'opposition de Frank au modèle surplombant du photographecinéaste comme prétendant à la vérité se maintient à travers plus de soixante années de création. C'est pourquoi son travail continue d'être une référence pour d'innombrables jeunes artistes rétifs aux commandements académiques de notre temps.

  • « Un art en transition », « un art incertain » : divers travaux récents ont insisté sur la nature sinon indéfinissable, du moins imprécise et instable du médium photographique. Et tout cela en dépit des innombrables interrogations sur l'ontologie de ce medium, qui ont pendant longtemps constitué l'essentiel des écrits sur la photographie, avant de faire aujourd'hui un retour remarqué. (1) Affronter directement la question, comme cela est si souvent le cas, conduit à des impasses, certes parfois fertiles dans la mesure où elles permettent de formuler nombre d'hypothèses, mais impasses tout de même. Mais peut-être la réponse à ces interrogations ontologiques et à leur persistance se trouve-t-elle dans ce tourniquet incessant. La photographie, ce serait ce médium dont on ne cesse de se demander ce qu'il est, « au fond »...Certes les autres formes d'art connaissent aussi ces interrogations sur leur nature même. Mais nulle autant que la photographie n'en a fait l'essentiel de ses préoccupations, une quasi-définition : la photographie serait cette pratique artistique dont l'objet et les moyens se déplacent sans cesse, parfois fort loin des formes habituelles de l'art.

  • Dorica castra

    Mathieu Pernot

    Reliées par leurs motifs, comme les pièces d'un grand puzzle cartographique, elles créent des continuités de paysages et des lignes d'horizon qui permettent un cheminement du regard à travers les régions de France. Une chaîne de montagnes improbable s'est constituée dans laquelle les sommets des Pyrénées cohabitent avec ceux des Alpes et du Massif Central. Le littoral s'est développé par des collages successifs d'images de bords de mer où les côtes Atlantique pouvaient voisiner avec celles de la Manche ou de la Méditerranée. Des ponts de différentes générations traversent la carte, tout comme les routes, voies ferrées ou fleuves.

  • Rômania

    Mathieu Pernot

    Ce livre publie pour la première fois le travail réalisé par Mathieu Pernot en Roumanie en 1998 dans le cadre d'une bourse de la Villa Médicis hors les murs. Ce voyage, qui constitue un épisode singulier dans le travail de l'auteur, révèle avec simplicité la force des lieux et la puissance des visages auxquels il a fait face. Ces photographies offrent un glissement silencieux sur la réalité des communautés tsiganes d'Europe de l'Est.

    Les photographies publiées dans ce livre ont été réalisées en 1998 lors d'un voyage en Roumanie. Vingt années se sont écoulées avant que ¡'apprivoise ces images et les exhume du classeur où elles étaient conservées à l'état de négatifs. Un temps long et nécessaire pour me défaire du sentiment de ne pas avoir été au-delà d'un simple effleurement du réel. Il m'est aujourd'hui impossible de nommer les personnes ou d'identifier les endroits qui figurent sur ces pages. Je ne perçois rien d'autre que le souvenir de rencontres éphémères, la force des lieux et la puissance des visages qui m'ont fait face. Ces images ont été faites dans un autre temps de l'histoire de la photographie. À la fin d'un siècle où il fallait développer les clichés en chambre noire pour les voir apparaître. Une époque où le modèle ne voyait pas instantanément l'image qui était faite de lui. Un temps où le photographe pouvait lui-même décider d'attendre des années pour les révéler. M.P.

  • Chantal Nedjib, consultante en image par la photographie, et Sophie Bernard, journaliste spécialisée en photographie, se sont associées pour écrire un guide pratique des prix, résidences, bourses et autres récompenses professionnelles dédiées à la photographie. Ce livre s'adresse principalement aux photographes et mécènes, et plus largement à l'écosystème de la photographie.
    Un ouvrage mode d'emploi pour décrypter les règles et usages des prix afin d'en tirer le plus grand bénéfice et éviter les pièges.

    Partant du constat que les prix, résidences et bourses photographiques sont de plus en plus nombreux, les auteures ont voulu comprendre les ressorts de cet engouement, l'intérêt des mécènes à les créer, la motivation des photographes à y participer.

    Pour étayer leurs points de vue, elles ont interrogé deux cents professionnels - responsables d'institutions, commissaires d'exposition, éditeurs, galeries, photographes, observateurs, mécènes, journalistes et collectionneurs - sur l'impact des principaux prix français reconnus dans le secteur de la photographie. Soixante-dix d'entre eux ont apporté leurs éclairages et commentaires :

    - Quels regards ces acteurs portent-ils sur les prix ?

    - Les jugent-ils indispensables ou simplement utiles ?

    - Comment évaluer la qualité et le succès d'un prix ?

    - Quels bénéfices en tirent les entreprises, mécènes, partenaires, photographes, institutions, galeries, festivals, etc.

    Conçu comme un outil «pratique», ce livre cherche à tirer des enseignements et à proposer des informations, axes de réflexion et conseils pratiques à ceux qui postulent aux prix et à ceux qui veulent en créer ou y participer d'une manière ou d'une autre. En fin d'ouvrage, le lecteur trouvera un recensement des principaux prix jouissant d'un rayonnement et de la reconnaissance de la profession en France.

  • Ce livre intitulé Aller et retour dans la chambre blanche, réunit un ensemble d'une cinquantaine de photographies dont certaines inédites, commentées de la main de l'artiste et issues du livre La disparition des Lucioles paru en 1982, ainsi que d'autres, iconiques ou moins connues, mais qui relèvent toutes d'une même logique du déplacement.
    Cette relation au déplacement à l'oeuvre dans les photographies présentées intervient ainsi dans le déplacement physique de Denis Roche, entre l'ici (le lieu où il appuie sur le déclencheur) et l'ailleurs (l'endroit où il n'est pas ou plus), comme dans la manipulation de son appareil photographique qu'il n'hésite pas à retourner ou à détourner de ses usages, de ses cadrages habituels ou de sa qualité signifiante. Cet appareil, récurrent dans bon nombre de ses photographies, peut alors s'envisager comme une extension et une incarnation de l'artiste, ou bien encore comme un questionnement de l'acte photographique. Au-delà de ce seul déplacement physique, ce déplacement apparaît également dans sa dimension temporelle, entre rapprochement ou espacement des prises de vue, dans la distance entre le temps vécu et le temps représenté, comme dans le transfert du regard du photographe à un instant donné à celui d'un regardeur à un tout autre moment.

  • Au cours de ces dernières années, je suis régulièrement intervenue auprès des institutionnels de la diffusion artistique et des futurs « managers » du marché de l'art. J'ai pu constater qu'il y avait peu d'outils simples et efficaces pour les artistes eux-mêmes, au coeur de la culture, du marché.
    Mon premier livre « exposition mode d'emploi » paru chez Filigranes Éditions, s'adressait aux professionnels du monde de l'art, à ses organisateurs et diffuseurs ; celui-ci se veut un outil au service de l'artiste plasticien, du photographe, du designer plasticien, du vidéaste plasticien, et de ses créations. Il lui permet de se définir au sein du marché de l'art, de savoir protéger ses créations, de comprendre les relations avec ses premiers représentants (galeries, curators, agents) et les acteurs successifs du marché.
    Du premier cercle introspectif sur l'organisation professionnelle du créateur, j'ouvre à chaque nouveau cercle un peu plus la description des relations de l'artiste avec ses différents interlocuteurs. De l'artiste avec sa galerie, ses curators, ses collectionneurs, avec les foires d'art contemporain, les maisons de vente mais aussi avec les institutions publiques et les entreprises. De la création à la diffusion et enfin à la vente, chaque cercle décrit sa propre organisation et dévoile de multiples conseils stratégiques et juridiques simples.

  • Avec ce nouveau livre, Arnaud Claass revient à la forme du recueil de textes brefs.
    Ces notes décrivent l'exercice infatigable de son attention visuelle. Tour à tour photographe au travail, marcheur dans la nature ou dans les rues, il tente de clarifier les conditions de son expérience. Il revient également sur des oeuvres photographiques en premier lieu, mais aussi picturales, cinématographiques, vidéographiques ou relevant des nouvelles technologies, vues ou revues en galerie, au musée, sur la page, à l'écran.
    Comme toujours, son écriture se prolonge ici et là, au gré d'une pensée vagabonde, par des développements plus serrés : il aborde aussi bien ses perplexités quant au devenir des paysages qu'il traverse, à l'évolution du jugement de goût, au système de l'art et de son enseignement, que sa sidération devant le traitement de l'actualité à chaud par les grands médias.
    Plus que jamais, bien plus qu'au strict domaine de l'art, c'est à la centralité de la photographie qu'il s'adresse ici, dans toute son amplitude, comme moyen de considérer le monde et comme objet de notre propre considération.

  • Sous la direction de Michelle Debat et Paul-Louis Roubert. Auteurs?: Stéphanie Airaud, Jean-Paul Avice, Alain Bernardini, Claire Bras, Jean-Paul Fourmentraux, Michel Guérin, Jacinto Lageira, Thierry Pozzo, Olga de Soto.

    Alors que l'image photographique participe depuis les années 1980 des formes artistiques les plus contemporaines, la pensée théorique qui l'a accompagnée arrive à un certain épuisement et appelle à un renouvellement de ses champs d'investissements. Suite au développement exponentiel de l'univers numérique et sous l'influence des cultural studies, des recherches sur la physiologie de la perception, de la théorie de l'action et de l'intérêt croissant pour les théories du spectateur, nous voyons aujourd'hui de nouvelles pistes théoriques s'ouvrir à la pensée conceptuelle non seulement de la photographie en tant qu'objet et processus technique mais aussi et surtout de l'image photographique en tant qu'objet agissant et interagissant.

    Dès 2013, un projet de recherche d'excellence Labex Arts-H2H, proposait comme objet de recherche une nouvelle approche de la «?théorie de l'action photographique?» et en 2015 ouvrait la réflexion, à partir de l'action photographique, aux recherches croisées de différents champs épistémologiques au cours d'un colloque intitulé «?Quand l'image agit?!?» dont le présent ouvrage restitue les actes et les ouvertures. [...].
    M. D. - P.-L. R.

  • Gilles Coulon est invité cette année en résidence à Vichy pour la 5e Edition du Festival Portrait(s), membre de Tendance Floue il aborde la ville d'un oeil résolument humaniste. Durant ces mois d'hiver 2018, ces moments de répit pendant lesquels la ville se met en pause, Gilles Coulon s'est intéressé au dedans, à la vie intérieure des vichyssois, à leur relation aux autres, à leur relation au monde.
    En association avec le CAVILAM-Alliance française, centre d'enseignement du français langue étrangère de référence internationale, qui accueille chaque année plus de 4 000 stagiaires et étudiants étrangers à Vichy, il a pu, entrer dans les maisons, dans les cuisines, dans les chambres et percer l'intimité de ces familles d'accueil et de ces étudiants déracinés le temps d'un apprentissage.
    Il résulte de ces face-à-face en huis clos, une série de portraits contrastés qui mêlent pudeur, partage, exil, quotidien et ailleurs.
    Dans ces espaces privés, Gilles Coulon nous raconte la fragilité et la force du lien qui relie les peuples. Leur capacité à vivre ensemble et à se comprendre envers et contre tout. Leur résilience.
    Il nous livre des portraits puissants qui nous rappellent à ce que nous sommes. Un travail poétique et généreux qui capte l'invisible.
    Pas de Lost in Translation ici. Le langage est celui de l'âme.

  • "La première fois que Guillaume Geneste m'a montré ses photos pour en faire ce livre, je savais qu'elles ne seraient pas de celles qui s'évertuent dans les albums à illustrer l'image attendrissante de l'idée de famille, mais je n'imaginais pas qu'elles porteraient à ce point d'incandescence le brûlant sujet du bonheur en famille, si intraitable sujet qu'il met au même seuil d'impasse l'artiste chevronné et l'amateur naïf, les désarme de tout savoir technique ou esthétique, au risque de l'impudeur sentimentale, si mal prisée en photographie... Il lui a fallu le long temps d'une pratique, restée privée jusqu'à ce jour, pour que sa collection de photos révèle ce qui s'y joue de tout autre à travers le temps, qu'elles exposent le geste dont il subvertit les poncifs du genre pour exprimer cette chose à la fois ravissante et scandaleuse qu'est la félicité simple de vivre ensemble. On y voit sans concession ce qui se montre le moins dans l'album, le plus secret des tendresses, la nudité, l'assouvissement des étreintes, enlacement, encorbeillement des corps enfantins, chairs épousées de joie, la merveille renouvelée et toujours étonnante du quotidien partagé avec la femme aimée, bébés puis enfants peu à peu - si vite - grandis : tout ce qui se trame sans bruit de passion dans la chambre ou la cuisine, la rue, sur les routes, la plage ; lieux familiers à la photo de famille." [...]

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