• En 1986, paraissait le premier livre Autres Amériques de Sebastião Salgado aux éditions Contrejour, un ensemble de photographies, fruit de nombreux voyages entre 1977 et 1984 qui revisitaient l'Amérique Latine en évoquant la persistance des cultures paysannes et indiennes. La force de conviction des photographies en noir et blanc, leur puissance plastique, la maquette de Lélia Salgado présentant la plupart des images en doubles pages participèrent au succès de ce livre qui reçut le Prix du Premier Livre Photo, fut édité en quatre langues puis épuisé en quelques mois.

    Ce livre devenu mythique au fil du temps, est enfin publié à nouveau accompagné des textes originaux de l'époque de Sebastião Salgado, Alan Riding, Gonzalo Torrente Ballester et d'un texte de Claude Nori racontant sa genèse.

    Par son oeuvre monumentale en noir et blanc sur des projets pensés sur le long terme, par la puissance esthétique de ses photographies, son engagement auprès des populations opprimées et son combat en faveur de la planète, Sebastião Salgado est aujourd'hui le maître incontesté du reportage dans la tradition humaniste.

    Né au Brésil, économiste de formation, il photographie et parcourt le monde depuis 1973 pour les agences SIpa, Gamma et Magnum avant de fonder avec son épouse Lélia, l'agence Amazonas Images. Il est nommé ambassadeur de bonne volonté pour l'Unicef en 2001. Ses livres les plus importants sont :Autres Amériques en 1984, La main de l'homme, en 1993, Exodes en 2000 et Genesis en 2013. En 2014, Wim Wenders et le fils du photographe, Juliano Ribeiro Salgado ont réalisé un documentaire sur le travail de Sebastião Salgado Le Sel de la Terre qui a reçu le prix spécial Un Certain Regard au festival de Cannes 2014.

    Lorsque je commençai ce travail, en 1977, après avoir accompli un périple de plusieurs années en Europe et en Afrique, mon unique désir était de retourner chez moi, dans cette chère Amérique Latine, sur ma terre brésilienne qu'un exil quelque peu forcé m'avait contraint d'abandonner.

  • À la fois roman et enquête, THE BIG GOODBYE raconte la fin de l´époque glorieuse du cinéma américain. Un merveilleux requiem. CHINATOWN est le sacré graal du cinéma des années 70. Voici pour la 1ère fois l´incroyable vraie histoire de sa fabrication. Sam Wasson, auteur du très bon livre 5è AVENUE, 5 HEURES DU MATIN (Audrey Hepburn et DIAMANTS SUR CANAPE) raconte l´histoire définitive de personnages hauts en couleurs et de cette époque de cet âge d´or d´Hollywood des années 70.

  • Le premier roman graphique sur Tina Modotti, la grande photographe du siècle dernier, artiste, révolutionnaire, figure emblématique de la femme libre, amante et modèle du photographe américain Edward Weston.

    Ce bel ouvrage est une nouvelle proposition artistique concentrée sur « Les années mexicaines » : le récit des circonstances et événements de cette période (1923-1930) où se sont forgés les axes forts de sa vie.

    Elle a 27 ans lorsqu'elle arrive au Mexique accompagnée d'Edward Weston, photographe déjà célèbre, qui lui enseigne son art car elle veut devenir photographe. Mexico, en pleine période post-révolutionnaire, connaît alors un formidable bouillonnement culturel célébrant la culture populaire portée par les peintres muralistes comme Diego Rivera. Artistes et intellectuels venus du monde entier se retrouvent au coeur de ce mouvement marqué aussi par une aspiration à la liberté des moeurs. Côté professionnel, Tina acquiert très vite une renommée, participe à des expositions, ses photographies sont publiées dans les magazines. Elle approfondit son approche réaliste avec sa touche personnelle plus humaniste et symbolique avec un parti pris militant et en s'éloignant du formalisme pur cher à Weston. Leurs idées divergent et il rentre aux états-Unis. Mais en quoi ce livre se différencie-t-il des autres biographies ?

    C'est d'abord un récit à deux voix, où deux femmes inspirées par la vie de Tina Modotti racontent cette période emblématique. Marie-Claude Chauveau avec un texte incluant le récit des événements mais surtout des carnets intimes et de nombreux dialogues imaginés, des citations de lettres réelles ou d'articles de journaux évoquent le foisonnement culturel de l'époque concernée. Marie Ciosi ne se contente pas d'illustrer les scènes du récit. Ses illustrations approfondissent et nous en disent plus sur l'ambiance survoltée de cette histoire et de la culture indienne. En noir et blanc ou en couleur. Crayons, peinture, encres, tout concourt à rendre la richesse des images, qu'il s'agisse de dessiner des photographies signées Tina Modotti ou Edward Weston, les fresques des muralistes ou des scènes inspirées de la vie mexicaine.

  • Il y a un avant et un après Welles, tant l'auteur de ­Citizen Kane­ a laissé sa marque dans l'histoire du cinéma et a inspiré des vocations. Ce livre questionne son héritage. Où ses images sont-elles imitées et comment son cinéma se prolonge-t-il dans d'autres oeuvres­ ? Qu'est-ce qui, de Welles, passe chez d'autres cinéastes­ ?

  • Après ses débuts dans la sphère underground de Toronto, à la fin des années 1960, David Cronenberg s´est imposé comme un auteur majeur capable de passer, avec une aisance rare, du mainstream à l´expérimental, sans perdre, pour autant, sa singularité de cinéaste. Son oeuvre met en scène des corps mutants façonnés par la science et la technologie, comme dans La Mouche ou Crash, ou simplement victimes de l´environnement dans lequel ils évoluent. À travers eux, le cinéaste explore les zones insoupçonnées de l´inconscient et interroge la nature, à la fois transgressive et libératrice, du fantasme. La Transgression selon David Cronenberg analyse l´oeuvre d´un observateur de la nature humaine qui, par le biais du corps, redéfinit notre propre rapport au monde, à l´esthétique et à la morale.

  • Depuis toujours, l'homme entretient une relation étroite avec le jardin.
    Espace à la fois clos et ouvert sur le territoire qui l'entoure, le jardin lui offre la possibilité de faire un pas de côté, de tenter d'autres manières d'être au monde, loin des modèles politiques ou existentiels dominants.
    Aujourd'hui, il se peut que le jardin soit là pour nous rappeler que c'est poétiquement, comme le dit Hölderlin, que nous habitions autrefois cette terre, ou pour nous sortir de la solitude dans laquelle la foi dans le progrès et la technologie nous ont enfermés. Retrouver à contre-courant le chemin du jardin, c'est, dès lors, retourner à nous-mêmes ou à cette marge d'humanité qui résiste en nous.
    Au fil des pages, on se promène dans des jardins célèbres-Bomarzo et Ninfa en Italie ; Versailles et la Vallée-aux-Loups en France, Sissinghurst, en Angleterre-, mais aussi dans des enclos verdoyants plus intimistes et cachés. Par l'évocation de ces lieux et de poètes qui, comme Philippe Jaccottet, Chateaubriand, Hermann Hesse ou Vita Sackville-West, ont exploré la question du paysage et le rapport entre la poésie et la nature, cet ouvrage propose une réflexion sur la place que le jardin occupe dans la modernité ; Il nous éclaire sur les raisons qui poussent les hommes à cultiver des parcelles de terre destinées à devenir « des petits mondes, des mondes parfaits ».

  • Le livre ABBAS KIAROSTAMI réunit pour la 1ère fois une série d´entretiens et conversations avec le cinéaste, conduite par le critique de cinéma Godfrey Cheshire. Réalisé dans les années 90, le film couvre toute sa carrière de ses oeuvres de jeunesse, invisibles avant leurs restaurations récentes, ainsi que tous les chefs-d´oeuvre tels que le Trilogie de Koker (Où est la maison de mon ami ? Et la vie continue et Au travers des oliviers), Close-Up, Le Goût de la cerise ou encore Le vent nous emportera. Le livre revient film après film sur l´oeuvre de ce grand réalisateur, le tout agrémenté de photos rares et inédites, pour être in fine une leçon de cinéma à part entière !

  • Yasujirô Ozu (1903-1963) est un des plus grands cinéastes au monde. Son oeuvre est unique et touche, comme certains le disent, à un « au-delà » du cinéma. Comment cet homme en est-il venu à créer une oeuvre cinématographique si forte à la portée si universelle ?
    Dans ces Carnets défilent l'insouciance de la jeunesse et la fascination pour les comédies américaines « sophisticated » des années 30, l'expérience de la guerre et de ses horreurs (1938-1939) puis enfin, la maturité et l'accomplissement d'une oeuvre exceptionnelle (années 50-60), avant que la mort ne vienne (1963).
    C'est dans une traduction intégrale, révisée et augmentée par rapport à la version parue en 1996, que la pensée « ozuienne » s'offre aujourd'hui au lecteur. La magnifique préface, écrite à l'époque par le cinéaste Alain Corneau, a été conservée.

  • Sigrid Weigel est un des plus grands spécialistes de l'oeuvre de Walter Benjamin, et nous présente dans ce livre l'analyse détaillée de certains aspects fondamentaux de la production du philosophe et critique allemand. Organisé en un avant-propos suivi par 10 chapitres divisés en trois grandes parties, le livre aborde une série de questions qui vont du rapport entre le sacré et la création, à l'interprétation de textes de Goethe, Brecht et Kafka, jusqu'à la théorie de l'art, des images et des médias. Paru en Allemagne en 2008, le livre s'est vite imposé comme un de textes de référence sur la pensée de Walter Benjamin : avec cette traduction française, il deviendra aussi en France un des livres incontournables pour tous ceux qui s'intéressent à l'oeuvre de cet auteur fondamental de la première moitié du XXe siècle.

  • Sont ici réunis cinq grands entretiens avec des figures de l'effervescence théorique d'une époque où la psychanalyse conversait à bâtons rompus avec les autres disciplines : Foucault, Dumézil, Duby, côté philosophie, anthropologie, histoire ; Changeux et Thom, côté biologie, épistémologie.
    On y rencontre le scientifique aux prises avec son objet et ce qui résiste à sa saisie. On interroge, on ferraille. L'enquête est sérieuse, le ton enjoué. Les voix vibrent, l'énonciation est fulgurante. Échanges et frottements font saillir les articulations, les jointures impossibles et l'inattendu. Le projet d'une nouvelle science de l'homme fait l'épreuve de ses failles. Ce réel indissoluble est la matière de ces entretiens menés par Ornicar ?, revue du Champ freudien.

  • Comment faire face à « un monde imparfait » ? Telle est la question que se pose le jeune Gilles Caron, appelé en 1960 à faire son service militaire en Algérie, dans une lettre à sa mère. Devenu reporter au sein de l´agence Gamma, il photographiera nombre de situations de con its durant la seconde moitié des années 1960, jusqu´à sa disparition en 1970 au Cambodge, à l´âge de trente ans. Ce livre propose un parcours à travers quelques-uns de ses reportages entre 1967 et 1970, d´Israël au Tchad, en passant par le Vietnam, le Biafra, Mai-68, l´Irlande du Nord et Prague. Un chapitre est consacré à ses photographies de tournage (notamment Baisers volés de François Truffaut et Week end de Jean-Luc Godard). Les historiens de la photographie Guillaume Blanc, Clara Bouveresse et Isabella Senuita éclairent le contexte historique et les conditions de production de ces images, pour certaines devenues célèbres, et leur diffusion par la presse à laquelle elles étaient destinées.

  • Le livre - Abécédaire Ingmar Bergman de A à Ö propose 145 clés d´entrée dans la vie et l´oeuvre du cinéaste, relatant moult anecdotes et faits méconnus. Un ouvrage pratique et de référence sur l´auteur du Septième Sceau, Persona et Fanny et Alexandre.

  • Günter Anders était, comme il devait le rappeler lui-même, un penseur chassé de toutes les frontières et c´est à partir de cette condition que nous pouvons comprendre une vie intellectuelle inquiète qui a traversé les événements, souvent dramatiques, d´une grande partie du siècle dernier. De cette situation, Anders réussit à produire une réflexion intellectuelle très riche, fondée sur une base théorique d´une grande importance, à partir aussi d´une formation philosophique qui a vu une comparaison variée avec la phénoménologie, l´anthropologie philosophique (dont il peut être considéré comme l´un des premiers et des plus radicaux représentants), l´existentialisme, l´éthique technologique. Ce recueil de textes, notamment de jeunesse, veut permettre d´approcher la figure d´un penseur qui offre encore aujourd´hui des pistes importantes pour pouvoir réfléchir de manière critique sur la dynamique de la civilisation technologique et sur les enjeux environnementaux de plus en plus urgents.

  • L´art est-il utile à quelque chose ? Doit-il nous faire réfléchir ? Nous élever vers de belles pensées ? Ou simplement nous procurer du plaisir et de l´apaisement ? Voici quelques questions (et bien d´autres !) que l´on pourra se poser, adultes et enfants, pour échanger et débattre ensemble.

  • Comment peut-on aborder la notion de beauté aujourd'hui ? Après plus de vingt siècles de réflexions sur un plan esthétique, philosophique ou poétique, elle apparaît toujours aussi mystérieuse et difficile à définir.
    Sur la terre ou dans l'univers, partout nous contemplons de belles choses : un paysage, un ciel étoilé, des reflets colorés sur l'eau, de la neige qui tombe, un animal, le visage d'un homme, d'une femme, un regard... Mais derrière ces apparences, nous sommes amenés à nous interroger : regardons-nous toutes ces merveilles de manière objective ou subjective ? La beauté existe-t-elle par hasard ou provient-elle d'une force divine ? Est-elle supérieure à la nature lorsqu'elle est artistique ? Quelle est son utilité ? Peut-elle faire progresser nos sociétés ? Autant de questions qui, depuis l'Antiquité, ont fait réagir, converser et écrire des philosophes, des écrivains, des poètes, des peintres, des historiens de l'art et des penseurs de toutes les disciplines et nous éclaire sur l'importance de la beauté dans nos existences.

    La Beauté est un choix de textes de quatre-vingts auteurs, de l'Antiquité jusqu'au monde contemporain, parmi lesquels Sapho, Platon, Héraclite, saint Augustin, Hölderlin, Shelley, Madame de Staël, Victor Hugo, Nietzsche, Baudelaire, Poe, Van Gogh, Delacroix, Marcel Proust, Simone Weil, Kandinsky, Tanizaki, Marguerite Yourcenar, François Cheng...

  • La Vénus encordée

    Carles Diaz

    • Poesis
    • 15 March 2019

    La Vénus encordée est un journal imaginaire qui aurait été rédigé en 1943 par Rose Valland (1898-1980), attachée de conservation au musée du Jeu de Paume, à Paris. Figure héroïque oubliée de l'histoire, Rose Valland, au péril de sa vie, y raconte son rôle dans le sauvetage de plus de soixante mille oeuvres d'art et objets patrimoniaux spoliés par les nazis durant l'Occupation. Elle nous confie ses peurs et ses colères contre la folie destructrice, mais aussi ses joies, et l'espoir qui jamais ne la quitte.
    Ce journal où alternent poèmes et prose transmet la passion pour la beauté tout en mettant en lumière la valeur inaliénable de la culture et de l'art. Dans le contexte de ces années sombres, il nous élève, nous exhorte à l'humanisme, et constitue une tentative de rétablir le sacré de la vie.
    Le titre du livre est inspiré d'une photographie de la Vénus de Milo, enserrée par des cordages, en attente de son évacuation destinée à la protéger de la guerre. Le cliché fut pris en 1939 lors du déménagement de la galerie Daru, au Louvre.

  • Auteur phare de la littérature allemande, Wolfgang Koeppen signe avec La mort à Rome, un roman polyphonique, nerveux et troublant. Après ce texte, que son plus grand défenseur, le critique Marcel Reich-Ranicki considère comme le sommet de sa carrière, il n'écrira plus de fictions ; sans doute à cause du sentiment d'éloignement qu'il ressentait vis-à-vis de son propre peuple.
    L'auteur dresse le portrait d'une famille allemande en exil à Rome après la Seconde guerre mondiale : Siegfried Plaffrath, jeune compositeur, est en Italie pour assister à la première de sa symphonie organisée par le couple Kürenberg. Dans cette Rome en ruine, Siegfried désespère et ne sait comment aménager son errance, lui qui est issu d'une famille qui s'est compromise pendant la guerre. Il culpabilise et rejette son passé comme son avenir.
    À Rome, il va croiser les membres de sa famille, ses parents - les Plaffrath, nationaux- allemands bon teint, ralliés pour la forme au régime de Bonn mais qui déplorent, en privé, les concessions qu'il a fallu faire à la démocratie occidentale -, son cousin qui cherche à devenir prêtre et surtout, l'oncle terrible, l'ancien dirigeant nazi, Gottlieb Judejahn. Criminel de guerre réfugié dans un pays arabe, il est à Rome pour négocier des contrats d'armements et compte bien revenir s'intégrer en Allemagne à laquelle il s'identifie et qui continue à le reconnaître comme l'un des siens, à l'image des parents de Siegfried, toujours solidaire de l'oncle nazi.
    Dans La mort à Rome, Wolfgang Koeppen sonde les tourments de la société allemande d'après-guerre en confrontant la génération des nazis impénitents à la suivante dans la ville des Césars, de Mussolini, de la mythologie antique et de la Chrétienté.

  • La nueva novela est un ouvrage majeur de la littérature contemporaine en langue espagnole. Publié à compte d´auteur par le poète et artiste Juan Luis Martínez en 1977 au Chili, un pays alors sous dictature, La nueva novela n´est pas un recueil de poèmes, c´est un objet d´art, mis en page et fabriqué par son auteur, composé de textes et d´images (collages, dessins, photographies) qui se répondent, dans lequel divers objets sont ajoutés (hameçons, drapeau, papier buvard) et diverses opérations effectuées (comme d´ajourer une page afin d´y produire une transparence locale), nécessitant l´intervention de la main sur chaque exemplaire imprimé. Proclamant la disparation de l´auteur (dont le nom est rayé en couverture), multipliant les références, les jeux intertextuels et les réécritures, La nueva novela est un livre insituable, dont la légèreté apparente dissimule le vide central, celui du signe privé de son sens, qui est aussi celui que creuse la dictature.

  • Un humain écrit des poèmes et se pose des questions. Un humain n´est pas comme un robot qu´on pourrait programmer et qui obéirait à tous les ordres. Mais les humains sont-ils tous pareils ou différents ?

  • Françoise Etchegaray dresse ici un portrait très vivant du grand réalisateur Éric Rohmer, avec beaucoup d´anecdotes sur les tournages et les montages des films. Ce livre est donc à la fois un hommage à l´un des maîtres de la Nouvelle Vague et un précis de cinéma. Où l´on s´aperçoit que plusieurs des grands films de Rohmer ont été tournés avec trois personnes et sans préparation.

  • « Dans la galerie des sosies, on croise des stars de cinéma, des personnalités de la musique, de la politique, du sport. mais jamais d´intellectuel.l.es. La ou le disciple cite, paraphrase, commente, copie la pensée du maître, mais laisse son corps de côté. » C´est d´abord pour leur caractère surprenant que Philippe Artières a voulu publier ces photographies d´un « sosie » de Michel Foucault, mort en 1984, dont l´oeuvre irrigue son propre travail. Réalisées en 2020 durant le premier confinement, elles rendent irrévérencieusement hommage à un philosophe qui s´intéressa aux processus de « subjectivisation » et aux corps comme objets historiques.

  • Sans que nous en ayons toujours conscience, nos yeux exercent une forme d´intelligence immédiate. Au fil du hasard, ils ne cessent de se laisser captiver à tout moment. L´intuition photographique examine l´art de traduire en images ces moments de présence. Arnaud Claass y commente son activité d´observateur de la vie, des impressions visuelles, des pensées. Une rue londonienne, un orage à Venise, une image de reportage vue dans la presse, des visites d´expositions, des errances à travers la campagne, la méditation sur un concept, des films du cinéma indépendant ou grand public, la photographie africaine contemporaine, les étrangetés du système de l´art : tels sont certains des sujets abordés. À ce texte viennent s´ajouter, sur un registre nettement plus introspectif, les brèves notes de Regard perdu. L´auteur y cerne les conséquences provoquées sur la nature de son regard par la perte récente de son épouse Laura.

empty