Editions Philippe Picquier

  • Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d'un chagrin d'amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l'art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière.
    Rinco cueille des grenades juchée sur un arbre, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies.
    Un livre lumineux sur le partage et le don, à savourer comme la cuisine de la jeune Rinco, dont l'épice secrète est l'amour.

  • Hatoko a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère. Le moment est venu pour elle de faire ses premiers pas comme écrivain public, car cette grand-mère, une femme exigeante et sévère, lui a enseigné l'art difficile d'écrire pour les autres. Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l'encre, l'enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre. Hatoko répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir : elle calligraphie des cartes de voeux, rédige un mot de condoléances pour le décès d'un singe, des lettres d'adieu aussi bien que d'amour. A toutes les exigences elle se plie avec bonheur, pour résoudre un conflit, apaiser un chagrin. Et c'est ainsi que, grâce à son talent, la papeterie Tsubaki devient bientôt un lieu de partage avec les autres et le théâtre des réconciliations inattendues.

    Née en 1973, Ogawa Ito a écrit des livres pour enfants, des chansons pour le groupe de musique Fairlife, des textes pour des magazines de cuisine et de voyage, et des romans tous devenus immédiatement des bestsellers au Japon et en passe de le devenir en France.
    A découvrir également aux Editions Philippe Picquier Le Restaurant de L'Amour Retrouvé, Le Ruban et Le Jardin Arc-en-Ciel.

  • Trois jeunes soeurs ayant fui l'Iran au moment de la révolution trouvent refuge dans une petite ville d'Irlande. Elles y ouvrent le Babylon Café et bientôt les effluves ensorcelants de la cardamome, des amandes grillées et du miel chaud bouleversent la tranquillité de Ballinacroagh. Car la cuisine persane des trois soeurs fait germer d'étranges graines chez ceux qui la goûtent. Les délicieux rouleaux de dolmas à l'aneth et les bakhavas fondant sous la langue font fleurir leurs rêves et leur donnent envie de changer leur vie.

    Marsha Mehran s'est inspirée de sa propre histoire pour écrire ce roman chaleureux et sensuel où la cuisine joue le plus beau rôle. Et pour que chacun puisse expérimenter la magie de la cuisine persane, une recette accompagne chaque chapitre du livre.

    Marsha Mehran est née à Téhéran en 1977, à la veille de la révolution iranienne, qu'elle a fuie avec sa famille qui s'installe en Argentine, puis aux Etats-Unis et en Australie. Emigrée en Irlande avec son mari, elle a 27 ans lorsque paraît La Soupe à la grenade, qui connaît un succès immédiat. Le roman est traduit en 15 langues et publié dans 20 pays. Suivront Rosewater and Soda Bread et The Saturday Night School of Beauty, avant qu'elle décède en 2014 dans des circonstances mystérieuses.

  • Je mange bien, ne t'en fais pas : quatre récits de coeur et de cuisine Nouv.

    Quatre variations sur les themes du partage et de la nourriture. Le Jardin de Dieu met en scene une jeune femme qui ne peut pardonner a son pere d'avoir annonce le cancer de sa mere autour d'un repas de fete. Dans Les Raisons, une jeune femme prepare pour son mari age un minestrone qu'elle apporte a son chevet à l'hopital. Dans Ble noir, la nouvelle de sa mere mourante ramene en Bretagne, un jeune chef patissier d'un restaurant etoile parisien. Aletenjo relate l'histoire d'un jeune couple homosexuel en voyage gastronomique dans un petit village portugais. Dans ces nouvelles, les plats disent de nous ce que les mots ne peuvent pas dire. Les drames - mort d'une mere, d'un mari, disparitiion d'une soeur, jalousie - se nouent et se denouent autour d'un repas partage.

    Kakuta Mitsuyo nee en 1967 et est laureate d'un grand nombre de prix litteraires. Areno Inoue nee en 1961, est laureate d'un tres grand nombre de prix. Aux editions Picquier : L'Ode au chou saute (2021) Eto Mori nee en 1968, a ecrit un grand nombre de romans, d'essais, d'albums jeunesse et de scenarios d'animes et de manga. Elle est laureate de nombreux prix. Kaori Ekuni, nee en 1964, est laureate de nombreux prix. A lire aux editions Picquier : Dans la barque de Dieu

  • Jin-yi travaille dans un Centre d'étude des primates. Un soir, elle sauve une bonobo des flammes et alors qu'elle la tient sur ses genoux dans la voiture qui les ramène au Centre, un accident la projette à travers le pare-brise et une étrange fusion s'opère : l'esprit de Jin-yi se retrouve coincé dans le cerveau du bonobo, tandis que son corps est emmené à l'hôpital, entre la vie et la mort.Celle qu'on appelle "la reine du crime" coréenne livre un récit captivant qui nous tient en haleine du début à la fin. Mais la vraie originalité de son roman est de déplacer les frontières entre humain et non humain, pour s'interroger sur la relation que nous avons avec les autres êtres vivants qui partagent notre planète, et nous sont à la fois très proches et menacés d'extinction, comme les bonobos.

    Jeong You-jeong est née en 1966. D'abord infirmière, elle réalise son rêve d'enfant de devenir romancière et s'impose rapidement pour l'originalité et l'intensité de ses thrillers. Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma et elle est publiée dans une vingtaine de pays comme la France, l'Allemagne, la Finlande, la Chine, le Japon, le Brésil, etc. Bonobo est son deuxième roman à paraître aux éditions Picquier après Généalogie du mal (2018).

  • Un écrivain est interrompu dans son travail par un ami qui lui propose d'assister à un meurtre. Dans un bas-fond de Tokyo, ils assistent à ce qu'ils croient être un assassinat sordide orchestré par une femme démoniaque, dont son ami va devenir fou amoureux. Enfermé dans sa passion, il se rend compte qu'il est destiné à être sa prochaine proie. Bientôt, il demande à son ami d'être témoin de sa propre mise à mort. Mais le lendemain, de retour chez son ami, l'écrivain découvre celui-ci vivant, qui l'attend... Une intrigue haletante qui fonctionne sur le mystère de messages codés à déchiffrer, un jeu d'apparences trompeuses, une ville labyrinthique... Avec toutes les obsessions de Tanizaki : voyeurisme, jeu de miroirs et mise en abyme... Le roman comme théâtre des illusions.

    Du Tatouage, à Bruine de neige, Tanizaki Jun'ichirô (1886-1965) a revisité toutes les pièces de l'immense maison du roman, en véritable possédé de l'écriture. Si on a souvent eu tendance à le suivre dans la chambre des femmes et du désir sexuel, ses textes sont des machines d'observation et de construction, au service de sa passion pour les langues et les cultures, occidentale, chinoise, autant que japonaise. Tanizaki occupe le sommet de la littérature mondiale à la recherche de l'altérité.

  • La vie est douce à Kamakura. Amis et clients se pressent dans la petite papeterie où Hatoko exerce ses talents d'écrivain public. Tendres, drôles ou tragiques, les destins se croisent sous son pinceau.
    Hatoko s'est mariée et découvre, en compagnie de Mitsurô et de sa petite fille, les joies d'être mère au sein de leur famille recomposée : elle enseigne à l'enfant l'art de la calligraphie comme le faisait sa grand-mère et partage avec elle ses recettes des boulettes à l'armoise ou du thé vert fait maison.
    Mais si Hatoko excelle dans l'art difficile d'écrire pour les autres, le moment viendra pour elle d'écrire ce qui brille au fond de son coeur.
    Après La Papeterie Tsubaki se dévoile une fois de plus tout le talent d'Ogawa Ito pour nous révéler les sources invisibles du bonheur.

    Ogawa Ito est née en 1973. Elle chante, écrit des livres pour enfants, des articles pour des magazines de cuisine et de voyage. Son premier roman, Le Restaurant de l'Amour retrouvé, a été adapté au cinéma au Japon et est devenu un best-seller mondial. Il a reçu en France le prix Eugénie Brazier.

    A découvrir également aux Editions Picquier : Le Restaurant de l'Amour retrouvé, Le Ruban, Le Jardin Arc-en-Ciel, La Papeterie Tsubaki.

  • En attendant la neige Nouv.

    Ce roman, fortement autobiographique, raconte l'enfance puis l'entrée dans l'âge adulte de quatre amis inséparables au nord-est du Tibet. C'est une succession de scènes situées à des moments différents de l'itinéraire de chaque enfant, parfois drôles et souvent touchantes, où tous finissent par s'entrecroiser, même après des années de séparation.

    Roman d'initiation, donc, mais aussi de la désillusion avec, en toile de fond, cette question essentielle : que signifie être Tibétain aujourd'hui ? Et, plus largement, qu'est-ce qu'être adulte et quel lien maintient-on avec son enfance ? La fraîcheur de l'enfance est remarquablement restituée, et les désenchantements de l'âge adulte rendus avec fidélité par l'auteur qui a connu un parcours comparable à celui du narrateur.

    Parmi les écrivains tibétains actuels, Lhasham Gyal est un des plus captivants. Né en 1978 en Amdo (Qinghai), il vit à Pékin depuis la fin des années 1990. Il est vice-directeur de l'Institut de recherche sur les religions au Centre de recherches sur les études tibétaines de Pékin. Il est l'auteur de nombreux essais et récits, d'inspiration souvent autobiographique et tournés vers son pays natal, le Tibet. En attendant la neige est son premier roman.

  • Izumi, jeune mère célibataire, rencontre Chiyoko, lycéenne en classe de terminale, au moment où celle-ci s'apprête à se jeter sous un train. Quelques jours plus tard, elles feront l'amour sur la terrasse d'Izumi et ne se quitteront plus. Avec le petit Sosûke, le fils d'Izumi, elles trouvent refuge dans un village de montagne, sous le plus beau ciel étoilé du Japon, où Chiyoko donne naissance à la bien nommée Takara-le-miracle ; ils forment désormais la famille Takashima et dressent le pavillon arc-en-ciel sur le toit d'une maison d'hôtes, nouvelle en son genre.Il y a quelque chose de communicatif dans la bienveillance et la sollicitude avec lesquelles la famille accueille tous ceux qui se présentent : des couples homosexuels, des étudiants, des gens seuls, des gens qui souffrent, mais rien de tel qu'un copieux nabe ou des tempuras d'angélique pour faire parler les visiteurs ! Tous repartiront apaisés. Et heureux.Pas à pas, Ogawa Ito dessine le chemin parfois difficile, face à l'intolérance et aux préjugés, d'une famille pas comme les autres, et ne cesse jamais de nous prouver que l'amour est l'émotion dont les bienfaits sont les plus puissants.On réserverait bien une chambre à la Maison d'hôtes de l'Arc-en-ciel !

  • j'ai saisi avec force la chance de vivre une foiset cette chance uniqueje la chante, je la dansedit Yu Xiuhua dans un de ses poèmes car elle est toujours comme un oiseau sur un fil, prête à s'envoler, ou à tomber. Chaque jour elle doit décider de vivre, de voir le jour se lever. Pour elle la beauté, la lumière du monde ne sont pas donnés mais à faire naître, jour après jour. Sa vie est si précaire, alors il lui faut faire preuve de volonté, de sauvagerie parfois. Ecoutons sa voix au coeur battant témoigner du bonheur de s'être posée ici, moineau tenant le bleu du ciel dans son bec.

    Yu Xiuhua élève des lapins. Elle a arrêté l'école au collège, est lourdement handicapée et elle est aujourd'hui la poétesse chinoise la plus célèbre au monde.Fille unique de deux parents ouvriers agricoles, son destin était tout tracé : émigrer vers la ville pour devenir ouvrière à l'usine de Iphones de Foxconn. Mais elle publie un jour sur son blog un court poème qui fait le buzz et signe avec un prestigieux éditeur. Elle a aujourd'hui publié quatre recueils, tous des best-sellers.

  • "Tempête Rouge" est le roman de la tragédie tibétaine, ces deux décennies noires de la fin des années 50 au début des années 80. L'auteur campe un anti-héros de lama tibétain arriviste et lâche affublé du nom de "Yak Sauvage Rinpoché". Courtisé par les nouveaux conquérants du Tibet, le voilà promené en Chine lors de tournées politiques - stratégie de séduction pour s'assurer la loyauté des "minorités ethniques". Bientôt pourtant, la révolte gronde au Tibet et le clan prend les armes contre le Parti communiste chinois. La défaite est rapide et cuisante. Il est fait prisonnier. Le voilà la cible des gardiens du camp où il est interné. Yak Sauvage fera partie des rares survivants quand vient la Révolution culturelle et sa violence indescriptible - mais où, au moins, on ne meurt plus de faim.

    Né en 1961, fils de pasteurs nomades, Tsering Dondrup écrit depuis les années 1980 et a fondé une des premières revues littéraires indépendantes. Son poste (dont il a depuis été radié) de directeur du Bureau des archives de la préfecture autonome mongole de Malho, au Qinghai, lui donne accès à des informations confidentielles qui ont nourri les faits relatés dans "Tempête rouge". Il dénonce les ravages de la présence chinoise au Tibet, n'épargnant ni les cadres corrompus, ni les lamas vénaux.

  • Le couteau, c'est le sabre ; celui du général Yamada Otôzo qui commande au Mandchoukouo l'armée d'occupation japonaise en 1944, face à l'armée russe.
    La langue, c'est le goût de la cuisine porté à son paroxysme comme une oeuvre d'art par Chen, cuisnier chinois génial dont le champ de bataille est un simple billot de bois sur lequel il est né.
    Chen risque sa vie en cuisine et les multiples recettes qu'il invente sont autant de recettes de survie.
    Un hymne à cet univers mystérieux du cuisinier-artiste et du général-gourmet, un moyen de prouver qu'il y a d'autres manières de faire la guerre qu'avec des fusils et des sabres. Éloge de la langue aussi, "le plus parfait des organes", celle que l'on cherche à se couper mutuellement, sous la torture ou dans des jeux érotiques.

    "Le Couteau et la langue" a reçu en 2017 le prix Honbul. Il est le premier titre de l'auteur publié en français.

  • Ce roman d'Ogawa Ito, il semble qu'une voix nous le murmure à l'oreille, tendre et gourmande. Une voix qui, même aux heures d'ombre, fait le pari de la vie.
    Cela commence comme un conte par une grand-mère, une petite fille et un oiseau.
    Une grand-mère fantasque et passionnée d'oiseaux trouve un oeuf tombé du nid, le met à couver dans son chignon et donne à l'oiseau qui éclot le nom de Ruban. Car cet oiseau, explique-t-elle solennellement à sa petite-fille, « est le ruban qui nous relie pour l'éternité ».
    Un jour, l'oiseau s'envole et pour les personnes qui croisent son chemin, il devient un signe d'espoir, de liberté et de consolation.
    Ce roman grave et lumineux, où l'on fait caraméliser des guimauves à la flamme et où l'on meurt aussi, comme les fleurs se fanent, confie donc à un oiseau le soin de tisser le fil de ses histoires. Un messager céleste pour des histoires de profonds chagrins, de belles rencontres, et de bonheurs saisis au vol.

  • Dans la banlieue de Tokyo, trois femmes tiennent une petite boutique de plats à emporter. La cuisine y est familiale ; et bien que joyeuses et sympathiques, elles n'ont, pour les clients qui poussent la porte, rien d'extraordinaire. Ce sont des femmes qui prennent de l'âge, des femmes invisibles.
    Mais lorsqu'elles cuisinent, on comprend que se joue quelque chose de profond et d'intime. La cuisine devient le lieu de la réconciliation. Avec le passé d'abord mais surtout avec soi. Car contrairement au discours en vigueur, on ne finit jamais d'être femme. Peu importe notre âge.

    Les choses cachées derrière les choses, les drames ordinaires, les sentiments : voilà les thèmes qu'Areno Inoue explore inlassablement. Mais creusés de façon si profonde, si juste qu'ils en deviennement universels.

    INOUE Areno est née le 2 février 1961 à Tokyo. Elle naît dans une famille passionnée de littérature : son père était un écrivain reconnu, elle deviendra elle-même éditrice avant de se consacrer entièrement à l'écriture au début des années 1990.
    Elle est lauréate d'un très grand nombre de prix littéraires (prix Naoki, prix Bungei, prix Sakunosuke, prix Simase etc) et l'autrice d'une quarantaine de livres dont bon nombre ont été adaptés au cinéma et à la télévision.

  • On passe lentement un col et au bout de la route, dans la forêt, c'est là. La maison de la grand-mère de Mai, une vieille dame d'origine anglaise menant une vie solide et calme au milieu des érables et des bambous. Mai qui ne veut plus retourner en classe, oppressée par l'angoisse, a été envoyée auprès d'elle pour se reposer. Cette grand-mère un peu sorcière va lui transmettre les secrets des plantes qui guérissent et les gestes bien ordonnés qui permettent de conjurer les émotions qui nous étreignent. Cueillir des fraises des bois et en faire une confiture d'un rouge cramoisi, presque noir. Prendre soin des plantes du potager et aussi des fleurs sauvages simplement parce que leur existence resplendit. Ecouter sa voix intérieure.Ce n'est pas le paradis, même si la lumière y est si limpide, car la mort habite la vie et, en nous, se débattent les ombres de la colère, du dégoût, de la tristesse. Mais auprès de sa grand-mère, Mai apprendra à faire confiance aux forces de la vie, et aussi aux petits miracles tout simples qui nous guident vers la lumière.Ce livre qui prend sa source dans les souvenirs d'enfance de l'écrivaine coule en nous comme une eau claire."

    Nashiki Kaho, née en 1959 à Kagoshima sur l'île de Kyûshû, écrit pour les adultes, mais également pour la jeunesse. En 1994, alors qu'elle travaille pour le célèbre psychologue japonais Hayao Kawai, elle lui donne à lire un texte qu'elle s'essaie à écrire depuis deux ans. Il est tellement enthousiaste qu'il l'envoie à un éditeur. Ce premier livre, L'Eté de la sorcière, aura un magifique succès et sera couronné de trois prix, avant d'être adapté au cinéma en 2008.

  • C'est le goût inoubliable de l'enfance que nous livre ici Sheng Keyi, une brassée de parfums et de saveurs venus du plus loin de son enfance dans la campagne du Hunan. L'odeur des eaux dormantes où, se faisant une petite barque d'une bassine en fer, elle va cueillir les fleurs de lotus et les châtaignes d'eau. L'arôme discret des fleurs du jujubier sous lequel elle faisait ses devoirs, celui du riz cuit dans la paille et des beignets d'armoise et de citrouille cuisinés avec les légumes du potager maternel.
    C'est un pays d'étangs et de rizières, où l'on mange à peine à sa faim, où l'on ne possède rien. La petite fille rêve de déployer ses ailes et de découvrir le monde au-delà de la rivière. Et elle y réussira, qui sait, mais entre-temps tout ce qui faisait la joie de son enfance aura été détruit. A la liberté de la petite sauvageonne d'alors répond la rare liberté de ton de la romancière d'aujourd'hui. Sheng Keyi dénonce ardemment les ravages de la modernisation des campagnes chinoises et fait renaître l'éclat des vies humbles qui ont disparu."

    Sheng Keyi naît en 1973 dans un village très pauvre du Hunan où la littérature est un rêve inaccessible. A vingt et un ans, elle part comme tant d'autres enfants de payans tenter sa chance en ville, à Shenzen. Elle décrira la lutte des femmes migrantes pour trouver un emploi dans un premier roman qui lui assure un succès immédiat. Sheng Keyi vit aujourd'hui à Pékin et ses livres traitent de la condition des femmes en Chine avec une rare liberté de ton.
    Déjà paru : Un paradis.

  • Au quatrième mois de l'année 1819, le poète Issa, natte en paille sur le dos et sac de moine mendiant accroché autour du cou, quitte son ermitage de montagne et part en voyage de temple en temple. Nous suivons avec lui un chemin de poésie à travers les paysages du Japon, les rencontres avec les amis et inconnus de passage, les histoires étranges qu'on lui rapporte...
    Cette année-là voit aussi sa petite fille de deux ans, ce rayon de soleil épanoui dans le rire, mourir subitement de la variole. Il m'est difficile de ne pas songer à ce lien d'amour, dévoile Issa. Sur ce monde inconstant où les tristesses sont aussi nombreuses que les noeuds du bambou, le poète garde un regard confiant et émerveillé. Un regard de printemps."

    Kobayashi Issa (1763 - 1827) est un poète majeur de la fin de l'époque d'Edo. Né dans une famille de fermiers, il souffre du remariage de son père et quitte à 14 ans la maison familiale pour Edo. Il y suit l'enseignement d'un poète de l'école Katsushika.
    Il vit de la poésie dans une extrême pauvreté. En 1813, il se marie. Ses enfants et sa femme mourront peu après. Deux remariages n'apportent guère plus de bonheur. Sa maison brûle. A moitié paralysé, vivant dans une remise, il meurt à 65 ans.

  • Depuis un siècle, Le Livre du thé, qui offre une introduction des plus subtiles à la vie et à la pensée asiatiques, s'adresse à toutes les générations. Et ce grand classique, qui a permis naguère de jeter un pont entre l'Orient et l'Occident, n'a rien perdu de sa force et peut encore éclairer notre modernité. Le trait de génie d'Okakura fut de choisir le thé comme symbole de la vie et de la culture en Asie : le thé comme art de vivre, art de penser, art d'être au monde. Il nous parle d'harmonie, de respect, de pureté, de sérénité. Au fond, l'idéal du thé est l'aboutissement même de cette conception zen : la grandeur réside dans les plus menus faits de la vie. Qui cherche la perfection doit découvrir dans sa propre vie le reflet de sa lumière intérieure. Aussi la voie du thé est-elle bien plus qu'une cérémonie : une façon de vivre en creusant aux racines de l'être pour revenir à l'essentiel et découvrir la beauté au cour de la vie.

  • Le paradis dont il est question est une clinique illégale pour mères porteuses gérée selon un système quasi militaire, qui tient autant du centre de détenues, voire de la maison close.
    Les femmes y sont désignées par des numéros, mais se donnent entre elles des surnoms de fruits, comme autrefois les courtisanes de Shanghai.
    Tout est vu par l'oeil innocent d'une jeune fille un peu simple d'esprit : cet univers calcéral punitif, les histoires de ces femmes marquées par la violence masculine, et la solidarité des jeunes mères face aux gardes et à un directeur obèse tout à son business de prison dorée.

    Sans animosité ni colère, ce roman féministe dénonce le pouvoir patriarcal - viols et sélection génétique - dans la Chine contemporaine. Avec des moments de grande tendresse et d'émotion.

    L'auteure, née en 1973 dans le Hunan est l'une de ces nouvelles romancières chinoises très en vue qu'un premier roman a soudain portée au pinacle et qui contribuent à renouveler la littérature chinoise contemporaine. C'était en 2004 avec Filles du Nord, traduit en anglais et encensé par la critique, qui traite de la condition féminine comme jamais personne ne l'avait fait auparavant. Elle est l'auteure de nombreuses nouvelles et de six romans. Un Paradis est le premier à paraître en France.

  • Le Japon est la planète habitée la plus proche de la Terre : pas facile, de prime abord, d'en saisir les codes, d'explorer ses facettes cachées, d'identifier ses tabous et ses obsessions. Des réalisateurs et écrivains nous ouvrent pourtant la voie pour comprendre ce monde si proche et si lointain, pour peu que nous soyons attentifs à ce qu'ils disent entre les lignes ou en pleine lumière. Il est question ici d'un archipel de livres et de films reliés par des passerelles qui permettent de circuler d'un point à l'autre, des premiers pas du roman moderne à l'Age d'or du cinéma. Au terme d'une déambulation en compagnie de Natsume Sôseki, Junichirô Tanizaki ou Ryû Murakami, d'Akira Kurosawa, Mikio Naruse ou Hirokazu Kore-eda, se dessine un portrait du Japon d'hier et d'aujourd'hui.Chaque chapitre est une fenêtre ouverte sur un aspect de la société nipponne, par laquelle je jette un regard d'écrivain."

    Né en 1963, à Limoges, Eric Faye est l'auteur de romans, récits de voyages, récits et nouvelles. En 2010, il reçoit Le Grand Prix du roman de l'Académie française pour Nagasaki, traduit dans une vingtaine de langues. En 2012, il est lauréat de la Villa Kujoyama à Kyôto, une expérience transcrite dans un journal, Malgré Fukushima.

  • Pour les familiers qui fréquentent le lieu clos et magique de son épicerie, Tilo est maîtresse dans l'art ancestral des épices. Elle a reçu ce savoir de "Première mère" sur une île secrète de sa terre natale, l'Inde, au prix de l'obéissance à des règles strictes et dans le respect du service et de la dévotion. C'est ainsi que dans ce quartier d'immigrés d'Oakland, en Californie, elle pratique les mélanges et les incantations, cherche pour chacun l'épice-racine, clef intime qui restaure l'équilibre du corps et de l'âme.

  • Funérailles célestes est une vraie histoire d'amour et de perte, de loyauté et de fidélité au-delà de la mort. Xinran dresse le portrait exceptionnel d'une femme et d'une terre, le Tibet, toutes les deux à la merci du destin et de la politique.

  • Elles ont 7 ou 9 ans à New York. Elles s'appellent Christina, Lucy, Frangie ou Annie... Elles partagent des lits à punaises et des parents chinois qui luttent chaque jour pour les nourrir, leur payer l'école et les faire grandir dans le rêve américain.
    C'est leurs voix qui nous parlent, spontanées, crues, bouleversantes, elles racontent une enfance dans les marges, le racisme et la violence quotidienne, et l'amour immense des parents qui les protège et les étouffe.
    C'est ainsi qu'elles apprennent à sortir de l'enfance avec une audace et une soif de vivre qui éclatent à chaque page.Des gamines inoubliables qui font valser les clichés de la littérature d'immigration, dans ce premier roman d'une énergie folle qui laisse le lecteur étourdi.« Laissez tomber tout ce que vous êtes en train de lire, il n'y a qu'un seul livre, et c'est celui-ci. » The Times

    Jenny Zhang est née à Shanghai en 1983 et a grandi à New York où elle a rejoint ses parents à l'âge de quatre ans. Elle est diplômée de Stanford et a publié deux livres de poèmes et un recueil d'essais.
    Apre Coeur est son premier roman.


    Web site : Jennybagel.com
    Instagram : @Jennybagel

  • Hashi et Kiku, deux bébés abandonnés dans une consigne de gare, passent leur petite enfance dans un orphelinat. La recherche de leur identité les entraînera dans les bas-fonds de Tôkyô, où Hashi se prostitue avant de devenir un chanteur de rock adulé, tandis que Kiku, champion de saut à la perche, se retrouve en prison pour parricide.
    Le roman suit en parallèle les destins des deux frères, décrivant le mécanisme qui les pousse à revivre sans cesse le traumatisme de leur enfance, racontant comment ces enfants purs et attachants passent du statut de victimes à celui de bourreaux.
    Dans un style déroutant mêlant l'horreur au comique, la poésie à des images de bande dessinée, avec une imagination foisonnante évoquant les romans de Gabriel Garcia Marquez, Murakami nous offre une vision de cauchemar du Japon de cette fin de siècle, et un reflet à peine déformé de notre monde moderne qui abandonne ses Enfants tristes. Mais les héros de Murakami, descendants de Nimier, Salinger ou Fitzgerald, ne se suicident plus, ils assassinent.

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