Rivages

  • La métamorphose, tout vivant y passe. C'est l'expérience élémentaire et originaire de la vie, celle qui définit ses forces et ses limites. Depuis Darwin, nous savons que toute forme de vie - l'être humain compris - n'est que la métamorphose d'une autre, bien souvent disparue. De notre naissance à notre alimentation, nous en faisons tous l'expérience. Dans l'acte métamorphique, changement de soi et changement du monde coïncident. Affirmer que toute vie est un fait métamorphique signifie qu'elle traverse les identités et les mondes sans jamais les subir passivement. Cet essai novateur jette les bases d'une philosophie de la métamorphose.

  • Rebelle de naissance, toujours joyeusement subversive par son art, Catherine Deneuve est la figure exquise pour toutes celles et tous ceux qui désirent commencer leur vie sans avoir jamais à courber la nuque. Une leçon de liberté, de fantaisie, de choix souverains, de fidélité à l'anarchisme de l'enfance. (Arnaud Desplechin)

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  • Elles sont parmi les habitants les plus nombreux de notre planète et pourtant la philosophie les a négligées, voire haïes : les plantes ont depuis toujours été la cible d'un snobisme métaphysique. Malgré le développement de l'écologie, la démultiplication des débats sur la nature ou sur les questions animales, les plantes - leur forme de vie, leur nature - restent une énigme pour la philosophie. En mêlant exemples tirés de la philosophie, des sciences naturelles et de l'art, ce livre s'efforce de pénétrer le mystère de ces êtres singuliers.

  • Est-ce que notre aptitude à juger, à distinguer le bien du mal, le beau du laid, est dépendante de notre faculté de penser ? Tant d'années après le procès Eichmann, Hannah Arendt revient dans ce bref essai, écrit en 1970, à la question du mal. Eichmann n'était ni monstrueux ni démoniaque, et la seule caractéristique décelable dans son passé comme dans son comportement durant le procès et l'interrogatoire était un fait négatif : ce n'était pas de la stupidité mais une extraordinaire superficialité. La question que Hannah Arendt pose est : l'activité de penser en elle-même, l'habitude de tout examiner et de réfléchir à tout ce qui arrive, sans égard au contenu spécifique, et sans souci des conséquences, cette activité peut-elle être de nature telle qu'elle conditionne les hommes à ne pas faire le mal ? Est-ce que le désastreux manque de ce que nous nommons conscience n'est pas finalement qu'une inaptitude à penser ?

  • «La religion de mon temps» sort en mai 1961, au moment Pasolini commence sa carrière cinématographique. Il revient d'Inde où il s'est rendu avec Alberto Moravia et où l'a rejoint Elsa Morante. C'est à elle qu'il le dédie. Son amie est mystique, et même catholique. Il a, lui, avec la religion un rapport plus complexe, dont témoigne en particulier ce recueil. Comme dans tous ses recueils, Pasolini utilise la poésie de plusieurs façons : intime, politique, descriptive, sociale, provocatrice, réflexive. Invectives et prières, clamées ou murmurées, confessions et dénonciations, contemplations et méditations, récits et dialogues alternent dans ces poèmes animés comme il aimera le dire plus tard d'une « vitalité désespérée ». Témoin, compagnon, amoureux des pauvres, il tente de décrire un monde de la nuit et de la misère, riche d'une lumière qu'il ne sait pas avoir.

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  • Dans cet essai, Emanuele Coccia s'interroge sur la sensibilité, sur la vie sensible. Mais si la sensibilité est si évidemment présente en nous, si elle est l'évidence même, si nous cherchons, par tous les moyens, à jouir d'elle et à jouir avec elle, comment se fait-il que la philosophie lui ait comme tourné le dos ? Ce livre est donc en premier lieu une réhabilitation de la sensibilité. Car cette réhabilitation est urgente. De fait, par la sensibilité nous tenons au monde et le monde tient à nous. Mais cette réhabilitation prend aussi la forme d'une réflexion inattendue sur l'image - cette modalité par laquelle nous rendons sensibles les idées. L'image n'est-elle pas la forme sensible de l'autre ? A travers de brefs paragraphes qui invitent au rêve et à la méditation, cet essai riche et stimulant s'articule en deux parties qui tendent, la première à définir ce que nous appelons sensibilité, vie sensible ; la seconde à penser le rapport de l'image et de la sensibilité.

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  • « J'appellerai littéralement dispositif tout ce qui a, d'une manière ou d'une autre, la capacité de capturer, d'orienter, de déterminer, d'intercepter, de modeler, de contrôler et d'assurer les gestes, les conduites, les opinions et les discours des êtres vivants. Pas seulement les prisons donc, les asiles, le panoptikon, les écoles, la confession, les usines, les disciplines, les mesures juridiques, dont l'articulation avec le pouvoir est en un sens évidente, mais aussi, le stylo, l'écriture, la littérature, la philosophie, l'agriculture, la cigarette, la navigation, les ordinateurs, les téléphones portables, et, pourquoi pas, le langage lui-même ». Le dispositif nomme un ensemble de praxis, de savoirs, de mesures, d'institutions dont le but est de gérer, de gouverner, de contrôler et d'orienter, en un sens qui se veut utile, les comportements, les gestes et les pensées des hommes. Nous sommes pris dans des dispositifs : nous nous transportons, nous nous parlons, nous nous rapportons à nous-mêmes à travers des dispositifs. Nous appartenons aux dispositifs tout autant qu'ils font partie de nos vies. Mais qu'est-ce qu'un dispositif et comment situer l'analyse qui pourrait nous en délivrer ? Dans ce texte bref et incisif, Giorgio Agamben ne se contente pas de poser la question mais explique comment elle s'est posée à lui.
    On peut lire son essai comme une leçon de méthode, comme une analyse de notre société, comme une nouvelle orientation pour fonder l'anthropologie. C'est que l'analyse des dispositifs débouche sur une enquête d'une grande portée : « Il y a donc deux classes : les êtres vivants (ou les substances) et les dispositifs. Entre les deux, comme tiers, les sujets. J'appelle sujet ce qui résulte de la relation, et pour ainsi dire, du corps à corps entre les vivants et les dispositifs ».

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  • Haïr l'indifférence, c'est à la fois haïr l'acceptation des choses comme elles vont et détester la confiance faite aux experts, qui n'est autre que la paresse qui contribue au cours des choses.
    L'indignation ne suffit pas, si elle n'est que simple mouvement du coeur. Elle commande l'analyse.
    Les axes de réflexion de ce regroupement de textes sont autant de pistes pour aujourd'hui : la politique et les politiques ; l'éducation des peuples ; la liberté et la loi ; les maux de l'État italien ; contre la guerre. Des textes qui remontent pourtant presque tous aux années 1917 et 1918. C'est à cette époque que Gramsci forge les principaux éléments de sa théorie.

  • Regardez les murs de la ville : ils regorgent d'écrits et d'images qui nous disent comment mieux vivre, comment être nous-mêmes, comment devenir moraux. Pour qui sait la regarder, la publicité est porteuse de la morale publique. Si c'est le cas, il faut revenir avec plus de soin sur ce qui relie espace public et publicité. Le premier a mobilisé l'attention des philosophes et des sociologues; la seconde a attiré la foudre des moralistes. Et pourtant, la publicité exprime la valeur morale à venir. Pour le reconnaître, il faut opérer une véritable conversion du regard : la morale n'est pas refermée dans le rapport que nous entretenons avec les hommes et les femmes qui nous entourent ; elle est aussi, et pour une grande part, dans le rapport que nous avons avec les choses.

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  • La guerre n'est que la poursuite de la politique par d'autres moyens. Le premier acte de guerre est de désigner l'ennemi. La guerre est un acte de violence destiné à contraindre l'adversaire à se soumettre à notre volonté. La guerre est un jeu d'interaction entre incertitudes, frictions et hasards. C'est à la fois un acte d'intelligence politique, un calcul de probabilités et une disponibilité au risque.
    Le livre de Clausewitz (1780-1831) est le classique de la guerre moderne. Cette édition propose, dans une nouvelle traduction, les parties fondamentales du Vom Kriege, pour permettre au lecteur d'accéder à cette oeuvre majeure, dans une forme abrégée mais fidèle à la structure originelle.

  • J'ai dit à mes débuts qu'il ne fallait pas plus de quatre heures - et encore, quand on n'est pas doué - pour apprendre la mise en scène, et je le pense toujours.
    Il suffit de quatre heures pour apprendre ce qui est nécessaire : à quoi correspondent les objectifs, la petite grammaire sur la direction des regards, comment réaliser les mouvements d'appareil, la profondeur de champ. Claude Chabrol Du choix du sujet à l'écriture du scénario de la recherche d'un producteur à l'aventure du tournage de la direction d'acteurs à celle des techniciens de la finition du film à la sortie en salles - le service après vente -, Claude Chabrol nous donne une vision chaleureuse et caustique de son métier.

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  • « La marche est aux loisirs ce que labourer et pêcher est aux travaux industrieux : quelque chose de simple et primitif ; cette activité nous met en contact avec la terre maternelle et la nature élémentaire, elle ne requiert aucun dispositif complexe ni excitation superflue. » De la simple déambulation à la plus aventureuse randonnée, la marche, pour Leslie Stephen, pionnier de l'alpinisme et père de Virginia Woolf, est d'abord et avant tout une activité poétique et philosophique ; un lieu de ressourcement où le marcheur fait l'expérience de sa vitalité. Ce texte est suivi d'un souvenir de Virginia sur son père.

  • Le 27 avril 1985, Emmanuel Levinas prononce une conférence sur le thème de l'individu intitulée « De l'unicité ». À l'heure des bilans, comment la conscience de l'individu européen peut-elle véritablement demeurer en paix ? Le texte de Levinas est une invitation à penser « l'individu humain » dans sa subjectivité propre d'être unique, dans son « unicité d'unique ». Sans rompre avec la rigueur des formes logiques du langage, Levinas revient sur des questions qui lui sont chères : telles que l'amour du prochain et la justice. La réflexion éthique ouvre désormais un horizon politique. Inédit

  • En quelques pages, Truman Capote prouve dans cette nouvelle sa puissance émotionnelle, loin du mythe de l'écrivain star adepte des colonnes mondaines. Un jeune garçon, Bobby, doit quitter la ferme de son enfance pour rejoindre les bancs de l'école. Derrière le masque de la fiction, on retrouve la nostalgie et la mélancolie qui planent sur toute l'oeuvre de Capote. Un petit bijou de délicatesse.

  • Depuis la fête qui entretient une relation contemporaine avec la boulimie, jusqu'à la nudité ; depuis le problème du corps glorieux des béats, qui ont un estomac et des organes sexuels mais qui ne mangent pas et ne font pas l'amour, jusqu'à la figure nouvelle d'une identité impersonnelle imposée à l'humanité par les dispositifs de la biométrie ; le point de fuite vers lequel convergent tous ces thèmes est le désoeuvrement. Il ne faut pas entendre ce terme comme oisiveté ou inertie, mais comme le paradigme de l'action humaine et celui d'une nouvelle politique. C'est la pratique même de ce désoeuvrement qui définit le no man's land où se meut une écriture qui est tout à la fois, pensée et littérature, divagation et fiche philologique, traité de métaphysique et note sur les moeurs.

  • Au moment même où il achève son grand cycle Homo Sacer, Agamben offre une réflexion sur la littérature et la création qui déplace le coeur de l'esthétique vers une réflexion plus vaste sur notre présence au monde.
    Qu'est-ce que raconter ? Pourquoi raconte-t-on ? Qu'est-ce qui est en jeu dans la littérature, quel est donc ce feu que le récit a perdu et qu'il cherche coûte que coûte à retrouver ? Dans dix essais admirables consacrés à l'acte de création, Agamben revient sur sa définition par Deleuze comme « acte de résistance » : l'acte qui libère l'oeuvre de la puissance dans le geste même où elle libère sa puissance. Comme dans ses écrits précédents, l'interrogation obstinée sur le « mystère » de la littérature, menée jusque dans ses aspects les plus matériels (la transformation de la lecture dans le passage du livre à l'écran) s'entremêle à une méditation sur l'autre mystère de la modernité : celui de l'éthique et de la politique. Car comme le révèle le dernier Foucault, l'esthétique entendue comme esthétique de l'existence est désormais une des formes majeures de l'éthique.

  • "Profaner c'est restituer à l'usage commun ce qui a été séparé dans la sphère du sacré." Cette définition offre au lecteur le fil d'Ariane qui lui permettra de s'orienter à travers les neuf petites proses théoriques dans lesquelles Giorgio Agamben a recueilli les motifs les plus urgents et les plus actuels de sa pensée en une sorte de dernier compendium. Avec un bonheur retrouvé son écriture se meut entre littérature et philosophie.

  • Ce texte fondamental de Sandor Ferenczi, l'un de ses plus célèbres, est d'une terrible actualité. Car en décrivant deux processus névrotiques essentiels chez l'enfant - l'identification à l'agresseur, la prématuration psychique face à la folie adulte et au terrorisme de la souffrance -, il signe le retour en force de la théorie de la séduction, une séduction liée aux pratiques violentes et passionnelles des parents face aux besoins de tendresse physique émanant des enfants.

  • Dans ce court texte écrit en 1926 pour la revue de T. S. Eliot, Virginia Woolf s'interroge sur cette expérience particulière dont personne ne parle, dont le langage peine à rendre compte mais que tout le monde connaît : la maladie. Lorsqu'on tombe malade, constate-t-elle, la vie normale interrompt son cours réglé pour laisser place à un état de contemplation où le corps reprend ses droits et où l'univers apparaît soudain dans son indifférence totale à la vie humaine.

  • Du rôle de l'argent dans les rapports entre les sexes jusqu'à l'utopie d'un Éros fait de réciprocité, par exaltation (et non par effacement) des singularités qualitatives, Georg Simmel, ce classique de la sociologie moderne, parcourt ici le vaste champ des déterminations qui conditionnent le masculin et le féminin, et envisage les changements d'optique qui permettraient de les déconditionner. Sa réflexion passe aussi bien par une phénoménologie des comportements quotidiens (La Psychologie de la coquetterie) que par une série d'interrogations générales sur la culture féminine, ce lieu de toutes les convergences et toutes les bifurcations possibles. Georg Simmel offre l'exemple d'une sociologie en liberté qui, loin de s'enliser dans le positivisme, joue simultanément de toutes les ressources qu'offre l'imagination militante alliée à l'analyse exacte.

  • Les essais regroupés ici fournissent un aperçu non seulement sur les livres que possédait Walter Benjamin, mais aussi sur le type même du collectionneur.
    Les curiosités qu'il déballe sous nos yeux - livres pour enfants, abécédaires, rébus, témoignages rédigés par des malades mentaux - attestent toutes un refus de dissocier le texte de l'iconographie, ou plus généralement de la matérialité du livre.

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  • Leo strauss se penche sur la signification du nihilisme allemand, qu'il considère comme la base culturelle du national-socialisme. C'est la seule fois oú il parle du nazisme, lui qui en a connu les premiers signes en tant qu'allemand et en tant que juif. son analyse est simple et lumineuse. il démontre que loin d'être un phénomène lié à la folie d'un chef capable de sidérer un peuple entier, le nazisme est enraciné dans l'histoire de l'allemagne moderne et dans l'histoire de la modernité. sa critique s'inscrit dans la tradition philosophique classique et dans la tradition biblique, l'une et l'autre radicalement opposées au nihilisme contemporain.
    La crise de notre temps est tout entière là, avec les moyens, donnés par la tradition, de la surmonter. ce livre est composé de trois essais : " sur le nihilisme allemand ", 1941, " la crise de notre temps ", 1962, et " la crise de la philosophie politique ", 1962.

  • Selon une tradition antique, quatre divinités président à notre naissance : «Daïmon» (le Génie divin), «Tychè» (la Fortune), «Éros» (l'Amour) et «Anankè» (la Nécessité). Et nous devons leur payer un tribut tout au long de notre vie. Goethe, lui, y ajoute «Elpis »(l'Espérance). Giorgio Agamben, par une étude du concept d'aventure dans la littérature médiévale et la philosophie jusqu'à Deleuze, montre comment, dans le réseau de ces cinq instances, se joue l'aventure humaine, où se révèle pour chacun son éthique singulière.

  • Aphorismes

    Karl Kraus

    Partant de la femme, de la différence entre l'homme et la femme, ce recueil se conclut par un retour sur l'enfance. Entre les deux il y a toute la panoplie du monde : la morale, l'érotisme, le christianisme, la presse, le théâtre, la politique, la bêtise, etc. La succession des thèmes y est autant désinvolte que réfléchie. Il ne s'agit pas en effet d'un recueil disparate, une simple succession de bons mots mais d'un véritable traité : à la fois système du monde et sa déconstruction.
    Kraus révèle ici en raccourci tout le chatoiement de sa pensée : il est irritant et enthousiasmant, réactionnaire et progressiste, injuste et pertinent. Impertinent toujours !
    Contrairement à ce que laisserait penser son titre, qui induit une pensée ramassée en quelques mots, on trouve dans Aphorismes des réflexions qui font parfois plus d'une page, comme si Kraus se moquait lui-même du cadre qu'il se donnait : " Un aphorisme n'a pas besoin d'être vrai, mais il doit dépasser la vérité. " Ou encore : " L'aphorisme ne recouvre jamais la vérité ; il est soit une demi-vérité, soit une vérité et demie. " On sent là une pensée en gestion, résolue à ne pas se fixer sur une vérité unique mais cherchant l'équilibre du monde dans l'oscillation perpétuelle des choses.

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