Manuella

  • Ce n'est qu'en 1976, plus d'un siècle après son invention par Louis Ducos du Hauron, que la photographie en couleur accède officiellement au statut d'oeuvre d'art avec l'exposition de William Eggleston au MoMA. Cette consé­cration intervient alors qu'autour de lui, à New York, Ernst Haas ou Saul Leiter utilisent la couleur déjà depuis plusieurs décennies.

    En Europe, où règne aussi l'exclusivité artistique du noir et blanc, l'Italien Luigi Ghirri, dans les années 1970, et le Français John Batho, dès 1963, s'engagent dans la couleur. « Je voulais savoir, déclare ce dernier, ce que la photographie pouvait avoir à dire au sujet de la couleur. »

  • « Ce qu'on commence à comprendre, c'est qu'ici tout communique. Les découpages, les romans, les vidéos, les photographies : ce sont toujours des portraits, et ces portraits, qu'ils soient ou non parlants, sont toujours des histoires contenues, du langage ramassé sur lui-même. Et derrière ces portraits, il y a une main qui décortique, ôte la graisse comme on dit, le surplus, l'inessentiel, qui rassemble, taille, coupe au bon moment, fait entendre tout ce qui est passé sous silence à la surface de quelques mots et, à la surface du silence, tout ce qui parle encore ».
    Bertrand Schefer.

    V. M. Tout cela nous ramène au palais des glaces, ce labyrinthe aussi attirant qu'angoissant.

    L. M. Palais des glaces, oui, où les miroitements des fictions minuscules, des récits possibles sont comme des éclats de mica qui projettent des lumières - d'étoiles mortes ? trop lointaines ? Où est-ce que, les relayant, ces éclats réactivent les récits et les remettent au présent, sans se soucier de ce qui est vrai ou faux, luxe ou toc dans ce palais où la transparence des glaces ne s'oppose pas à l'opacité des signes ?

    V. M. Dans le palais des glaces, à cause de l'effet boule disco, on ne sait plus très bien s'il s'agit de reflets, ou de reflets de reflets. J'aime cette idée du toc juxtaposé à de la « vraie » poussière d'étoiles, sans qu'on puisse faire la différence. La beauté des êtres est dans cet alliage entre minerai véritable et pâle imitation.

    Entretien avec Laurent Mauvignier.

  • The medium is the message (Marshall McLuhan). C'est ce que Mathilde Roman explore dans ce livre alors que nombre d'artistes aujourd'hui jouent du «?médium?», avec tout ce que cela peut signifier, tant sur le plan politique, sociologique ou historique que sensible.

  • Entre recherche, art et politique, ce livre est une contribution à la bataille qui s'engage au début du XXIe siècle pour reconstruire des futurs, dans une époque hantée par des idéologies de fin du monde.

    Camille de Toledo a invité Aliocha Imhoff et Kantuta Quiros, deux théoriciens de l'art, fondateurs de la plate-forme curatoriale « le peuple qui manque », à élaborer collectivement une pensée pour des temps ouverts, des « temps potentiels » pour lutter contre cette réalité de la finitude, de la mélancolie, de l'absence d'espoirs

  • Curating qu'on traduit souvent par commissariat d'exposition n'a pas de véritable équivalence en français. Il signifie monter une exposition, exposer les oeuvres des artistes, mais plus précisément il pose la question de la forme de l'exposition. Que veut dire en effet organiser une exposition d'art contemporain ? Est-ce qu'il y a une forme spécifique à l'exposition, qui serait celle du musée ou de la galerie conçue comme un cube blanc, le fameux « white cube », où on installerait les oeuvres ?
    N'y a-t-il pas d'autre formes que l'exposition peut prendre ? Créations d'espaces, dispositifs, ou paradigmes du théâtre ou de la performance, ou même de l'opéra, ce sont toutes ces pistes que ce petit livre se propose d'explorer, dans un esprit aussi informé que critique, avec trois protagonistes, un penseur, un praticien et une artiste, qui se trouvent au coeur de ces questions et interrogent au quotidien cette pratique et ce médium qu'est l'exposition.

  • Caractérisée par son aspect éphémère, l'exposition d'oeuvres d'art finit toujours par disparaître pour ne rester dans la mémoire qu'à travers les traces que sont les catalogues et les archives.

    Parmi ces archives les vues d'exposition jouent un rôle à la fois singulier et déterminant.

  • Ce livre dresse un panorama de la performance française depuis son essor dans les années 1960, jusqu'à aujourd'hui.
    Ces 12 entretiens avec 12 artistes qui ont marqué l'histoire du médium sont autant de témoignages sur le contexte de création de ces oeuvres. Le choix de ces artistes majeurs dans leur domaine permet de rassembler et de confronter une pluralité de définitions, de formes, d'intentions, et d'inviter à une lecture multiple du médium tout en ouvrant à la compréhension de ses contextes. Car à travers l'histoire de la performance, c'est aussi une partie de l'histoire de l'art qui se raconte.
    Ces grands entretiens illustrés sont précédés d'une large introduction, qui explore l'histoire de la performance et met en perspective ses enjeux artistiques, théoriques, esthétiques et philosophiques.
    Complété de plusieurs index (artistes, lieux, publications), il est conçu comme un ouvrage de référence, inédit en France, et un outil de travail pour les artistes, les historiens d'art et tous ceux qui s'intéressent à l'histoire trop méconnue de ce médium.

  • Conversations

    Collectif

    Ce livre réunit 79 conversations avec des artistes, des écrivains, des architectes, des musiciens, des philosophes, des photographes, des designers, des scientifiques et des cinéastes, menées depuis le début des années 90 par hans ulrich obrist.
    En suivant le modèle encyclopédique de l'entretien conçu comme un fructueux échange d'idées, ces conversations dessinent un paysage de trajectoires, de pensées, de projets, de faits et de récits qui produisent une histoire inédite de l'art et de la culture au tournant du xxe et du xxie siècle.

  • Les voies du curating

    Hans Ulrich Obrist

    • Manuella
    • 22 September 2015

    Hans Ulrich Obrist partage ici sa passion pour le métier de curator dont il est l'un des pionniers et qu'il a contribué à inventer.
    Se fondant sur sa propre expérience - depuis la première exposition qu'il a organisé dans la cuisine de son appartement de Zurich en 1991, jusqu'à son projet « Conversations » qu'il mène depuis plusieurs années avec de nombreux artistes, créateurs, penseurs et acteurs du monde des arts - il poursuit sa réflexion sur la nature même du curating, ses origines et ses spécifités.
    Convoquant les artistes dont il se sent proche, parmi lesquels Gerhard Richter et Gilbert & George, mais aussi des personnalités qui l'ont influencé, comme Diaghilev ou Pontus Hulten, se référant à la création des premiers musées publics au xviiie siècle, il traverse les siècles et les continents, nous emmène d'une exposition à l'autre, et signe un essai brillant, créant des liens entre les époques et les artistes.
    Les Voies du curating nous éclaire sur une pratique animée par la cutiosité, la mobilité et le questionnement permanent. Une pratique qui est tout sauf une posture figée. Autant de chemins qui contribuent à dessiner une façon d'être au monde pour mieux penser et inventer l'avenir.

  • Saisons

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    Saisons est une célébration de la nature " qui reste immobile au coeur des tempêtes ", " qui ne sait pas ce qu'est l'inquiétude " et qui pourtant passe sans bruit, aussi fragile que la destinée humaine. Source de connaissance, la nature a son langage qu'Etel Adnan comprend et retranscrit. Ainsi elle la rend présente à notre conscience, nous remet au coeur des rythmes et de la polyphonie du monde. Car " la nature aide à devenir humain.
    " L'observation des éléments - le soleil, le vent, la pluie - est l'occasion d'un dialogue intérieur entre l'esprit et les sens, d'une méditation percutante sur le monde. L'auteur nous livre ses intuitions sur les mythes et l'Histoire, les guerres et l'amour, le silence et le langage, la mort et la renaissance. Tels des haïkus, les fragments qui composent ce recueil claquent sur la page comme autant de moments de révélation.
    Sa foi en l'homme, en la transcendance de l'esprit et en l'énergie de la création est servie par une écriture colorée et limpide. Elle témoigne d'une confiance inaltérable et la puissance des mots et la force de l'amour. Saisons donne des raisons d'espérer et invite à faire oeuvre de résistance dans la fureur du monde actuel. " Penser, ce n'est pas contempler, mais rendre compte. "

  • Eugénie Paultre, jeune philosophe et jeune peintre, interroge dans ce livre le curateur Hans Ulrich Obrist à propos de son parcours et de sa relation à l'art. Au fil de ces cinq conversations qui s'étendent d'octobre 2014 à juin 2017, il évoque les nombreuses personnalités qui l'ont influencé dès ses débuts et montre comment ce sont les rencontres avec les artistes, les écrivains (Fischli et Weiss, Gerhard Richter, Christian Boltanski, Edouard Glissant, Etel Adnan...), mais aussi avec les commissaires d'expositions, tels Harald Szeemann ou Kasper König qui lui ont permis de forger sa vocation.
    Ce recueil d'entretiens dresse un panorama des pratiques artistiques contemporaines et montre comment celles-ci ont évolué sur plus de trente ans. Il offre aussi des pistes pour comprendre le climat artistique d'aujourd'hui après la période de mondialisation intense qu'a connu le monde de l'art durant ces dernières années.
    Ce livre est enfin celui de l'intervieweur « interviewé », de celui qui après avoir interviewé des centaines d'artistes, d'architectes, d'écrivains et de musiciens, accepte de se livrer avec sincérité dans le renversement des rôles que lui propose Eugénie Paultre.

  • Depuis le milieu des années 1990, Hans Ulrich Obrist s'entretient régulièrement avec Ai Weiwei.
    Artiste, poète, architecte, commissaire d'exposition, expert en antiquités chinoises, éditeur, urbaniste, collectionneur, bloggeur, Ai Weiwei ne cesse d'élargir le concept d'art.
    Avec une oeuvre en déplacement et en renouvellement permanent, Ai Weiwei met la critique de la société, de l'histoire et de la politique chinoise au coeur de son travail.
    En 2005, il crée un blog sur lequel il s'exprime en toute liberté et qui sera consulté chaque jour par des centaines de millier de personnes, jusqu'à son interdiction en 2009.
    Depuis Ai Weiwei est menacé par les autorités chinoises jusqu'à son arrestation en avril 2011.
    Au cours de leurs échanges, ils ont évoqué toutes ces dimensions de son travail et ce qui les relie entre elles.
    Ce recueil est une introduction à la pensée et à l'oeuvre artistique extraordinairement complexes de Ai Weiwei.
    Dans l'un de leurs entretiens, il décrit son approche de la manière suivante : « En fait, nous faisons partie de la réalité, et si nous n'en prenons pas conscience, nous sommes totalement irresponsables. Nous sommes une réalité productive. Nous sommes la réalité, mais faire partie de la réalité implique de produire une autre réalité ». Il s'agit d'un manifeste artistique et politique. Ai Weiwei nous rappelle combien l'action culturelle et politique est essentielle à notre époque.
    Ai Weiwei s'exprime ici avec le ton très libre qui le caractérise. Il parle avec énergie et humour de son travail, de son pays, de ses parents, de son enfance. Il revient sur sa collaboration avec les architectes Herzog et de Meuron pour le stade olympique de Pékin, évoque ses projets. Au fil des mots apparaît un personnage habité par l'énergie de la création, un personnage toujours en mouvement que rien ne semble pouvoir arrêter. Un homme exemplaire qui oppose sa liberté à toute forme de bêtise et d'oppression.

  • Dans les salons du Train Bleu, Robert Crumb et Hans Ulrich Obrist mènent une discussion à bâton rompu. Le maître de l'underground américain évoque son enfance, sa passion pour le cartoon et Walt Disney, comment il a découvert les surréalistes à l'adolescence et notamment Dali et Chirico.
    Robert Crumb s'est toujours tenu à l'écart des réseaux traditionnels de production et de commercialisation, préférant la liberté créatrice à l'assujetissement économique.
    Face aux difficultés qu'il rencontre à faire circuler son travail, il crée ses propres réseaux et défend résolument la culture underground comme seul terrain d'expression possible.
    Ces expériences fondatrices ont façonné un personnage à la parole libre et, au-delà de l'auteur de bandes dessinées cultes, on découvre un homme surprenant qui déplore la déshumanisation de l'architecture, la professionalisation et la standardisations des métiers artistiques à laquelle il oppose la chaleureuse proximité des amateurs.
    Collectionneur compulsif depuis l'âge de 9 ans, il possède plus de cinq mille 78 tours. Les muiques du monde entier antérieure aux années 30 sont soigneusement classées dans son atelier du Sud de la France. Car en musique aussi, il préfère la sincérité, l'incarnation authentique dans un terroir à la technique fabriquée qu'on veut nous imposer.
    Ainsi se trace le portrait inattendu d'un homme qui a traversé toutes les tribulations politiques et artistiques de la deuxième moitié du xxe siècle, un portrait qui éclaire son oeuvre d'un jour nouveau.

  • Conversation avec Nil Yalter est le premier volume d'une collection d'entretiens inédits créée en lien avec le prix d'honneur AWARE pour les artistes femmes, remis chaque année depuis 2017 à une plasticienne, liée à la France, pour l'ensemble de sa carrière. Cette collection poursuit les objectifs du prix : donner une visibilité à des artistes femmes dont les carrières ont pâti des biais de genre. Nil Yalter a reçu le prix AWARE 2018 ex-aequo à l'unanimité avec Vera Molnár, dont l'entretien sera publié en 2020. Cette première parution de la collection sortira en octobre 2019, au moment où ouvrira une grande exposition sur l'artiste au MAC VAL.

  • Jamais je ne peux dessiner jamais peindre jamais écrire, l'unique activité acceptée - quelques mois plus tard - la lecture, le tricot avec des aiguilles en bois et la broderie.

  • Fan-tan

    Wei Wei Ai

    Acteur majeur de la scène artistique internationale, Ai Weiwei propose dans ce catalogue de son exposition au Mucem - qui présente le plus gros ensemble d'oeuvres jamais réuni en France - un voyage artistique, autobiographique, culturel, historique et politique.

  • « "Pessimistes, qu'aviez-vous donc espéré ?" écrivait Scutenaire.
    Je ne suis ni pessimiste ni optimiste. Je tente de rester fidèle à un principe : désirer tout, n'attendre rien. » Dans cet entretien Raoul Vaneigem, fidèle à ses principes de générosité et de créativité, nous invite à voir dans la période actuelle de mutation les signes avant-coureurs de l'émergence possible d'une nouvelle civilisation. Il montre comment inventer une nouvelle société humaine qui ne repose plus sur l'exploitation de l'homme et de la nature, mais qui soit fondée sur une alliance des forces de la vie et de la nature.

  • Dans le train entre Zürich et Paris, Hans Ulrich Obrist donne l'occasion à Paul-Armand Gette de parler de son travail et de ses influences.
    Passionné de sciences - aussi bien de botanique, d'entomologie que des sciences du langage-, Paul-Armand Gette se réfère tout autant à Linné - à qui l'on doit la classification des espèces - qu'à Lewis Carroll. On découvre ainsi comment il s'est emparé du terme de « nymphe » qui fait référence aux nymphes de Cranach mais aussi aux nymphéas de Monet, et qui traverse toute son oeuvre, comme un point d'origine. La nymphe dans toutes ses acceptions : à la fois divinité secondaire des rivières, état intermédiaire entre la larve et l'insecte - que l'on appelle également « imago » - et nom donné aux petites lèvres du sexe féminin.
    Ainsi, au fur et à mesure du voyage, les fils de cette oeuvre complexe se dénouent. Une oeuvre qui recrée le lien perdu entre art et science, une oeuvre où plaisir des mots et érotisme se mêlent intimement. Une oeuvre savante qui interroge notamment avec acuité la question du modèle en art.
    Né en 1933, Paul-Armand Gette est un fin connaisseur de l'histoire de l'art moderne et contemporain. Cette conversation est une véritable rencontre avec cet artiste exigeant, qui nous livre une vision radicale de l'art et de la vie. Secret et trop méconnu, il a récemment été mis à l'honneur par le musée Rodin (fin 2011).

  • Silence trompeur

    Marcelline Delbecq

    • Manuella
    • 4 February 2015

    Les 17 textes rassemblés dans ce recueil parlent d'images existantes ou d'images potentielles. Avec une grande puissance évocatrice Marcelline Delbecq fait apparaître sous nos yeux des scènes dont on ne sait plus si elles sont réelles ou imaginaires.
    En invoquant ainsi des images, essentiellement des photographies, mais aussi des films et des tableaux, elle interroge le jeu qui se crée entre elles et nous, ce jeu où notre regard est actif et leur donne vie. Au point que, comme dans les textes de Jorge Luis Borges, on ne sait plus si nous sommes regardeurs ou regardés, rêveurs ou rêvés ? Sommes-nous en train de lire des textes qui nous racontent des images ou sommes-nous en train de regarder des images que ces mots nous font imaginer ?
    L'écriture de Marcelline Delbecq se situe au coeur de ce lien intime qui se tisse entre les mots et les images. Ce lieu mystérieux où les images parlent et où les mots font image, sans jamais pouvoir se réduire l'un à l'autre. Que le silence soit celui des mots ou celui des images, c'est bien un silence trompeur.

  • Remarqué dès ses premières expositions, Adel Abdessemed a rapidement bénéficié d'une reconnaissance internationale au fil des rétrospectives que lui ont consacrées des institutions aussi prestigieuses que le P.S.1 Contemporary Art Center à New York, le Mamco à Genève, le MIT List Visual Arts Center à Cambridge et le Centre Pompidou à Paris.

    Se définissant comme un « artiste des actes », Abdessemed s'inspire de l'actualité politique, religieuse et sociale pour exprimer l'énergie extatique, la violence, les convulsions du monde. Souvent célébré pour la force immédiate de ses images, parfois sujet à la polémique, son travail est tissé de références complexes qui renvoient simultanément aux événements contemporains et au temps long de l'histoire des formes et des représentations.

    Les neuf essais de ce volume sont autant de points de vue qui ouvrent des perspectives à la fois historiques, philosophiques et esthétiques sur une oeuvre qui interroge puissamment notre humanité.

  • L'anti-ville

    Stefano Boeri

    • Manuella
    • 20 February 2013

    L'architecte et urbaniste italien Stefano Boeri propose une réflexion critique sur les évolutions de l'espace urbain et les nouvelles façon de l'habiter en ce début de xxie siècle.
    En s'appuyant sur les recherches en urbanisme menées par son laboratoire Multiplicity, et en prenant des exemples dans toute l'Europe, il interroge les mécanisme de la fragmentation et de la dissipation urbaine. Comment les architectes, les aménageurs, les politiques, mais aussi les bouleversements technologiques ont créé les conditions d'émergence d'une « anti-ville », non seulement à la marge, mais au coeur-même de nos villes.
    L'Anti-ville fait le constat d'un changement de frontière entre ville, milieu rural et banlieue, avec l'émergence d'un nouveau genre de « zones tampon » : ni ville, ni banlieue, ni ruralité, mais pourtant lieu de vie de millions de personnes, habitat dispersé sans réelle conception du territoire, habitat uniformisé.
    L'anti-ville se développe partout, défigurant un paysage urbain hérité de siècles d'histoire, menaçant la cohésion sociale et favorisant la fragmentation de nos sociétés.
    Les quatre essais qui constituent ce livre proposent une réflexion sur ce que signifie « faire de la ville aujourd'hui ». Il s'en dégage une nouvelle vision de l'espace urbain contemporain et de ses implications sociales et sociétales. Une interrogation sur les métamorphoses des imaginaires, du vivre ensemble, sur le renouvellement du pacte social, qui contribue à définir un nouvel atlas du territoire.

  • Pièces test, 1 à 5

    Henri Lefebvre

    • Manuella
    • 19 October 2018

    Deux dates, 1968 et 2008, deux principes, celui de l?ébauche et de l?inachevé, ont présidé à l?écriture des Pièces test, 1 à 5.
    En 1968, Sol LeWitt disposait dans des boîtes en verre, initialement destinées à la présentation de pâtisseries, des esquisses miniatures de sculptures (Test pieces) réalisées par mort prématurée d?Eva Hesse, en 1970, conféra à ces Test pieces, dès lors référencées sous le titre Three Untitled Glass Cases, un statut d??uvres d?art à part entière.
    En 2008, sur l?invitation d?Henri Loyrette, alors pré- sident-directeur du Louvre, Pierre Boulez réalisait une exposition prenant pour thème l??uvre comme fraction d?une ?uvre inachevable, ?uvre : fragment. Partant du principe qu?une ?uvre ne peut être achevée, tout au long de sa vie de compositeur Pierre Boulez voulut « abolir la frontière entre c?est encore l??uvre. L?esquisse, le projet, la partition? ne pas empêcher une ?uvre, l?ouvrir à toutes les possibilités en la maintenant dans l?amorce, ne pas la condamner aux Partitions d?expositions d?histoires, maquettes d??uvres formulant la perte et le manque, les Pièces test, 1 à 5 prolongent le travail amorcé plus tôt avec Les Unités perdues et

  • Women house

    ,

    • Manuella
    • 9 November 2017

    L'exposition «?Women House?» est la rencontre de deux notions : un genre - le féminin - et un espace - le domestique. L'architecture et l'espace public ont été masculins, tandis que l'espace domestique a été longtemps l'espace des femmes : cette évidence historique n'est pourtant pas une fatalité et l'exposition «?Women House?» nous le montre.

    L'exposition et le catalogue fonctionnent de concert, avec des essais qui explorent certains des thèmes les plus importants et communs aux artistes présentées. La notion de corps-maison définie dans les années 1960 et 1970 est parcourue par Giovanna Zapperi («?Our bodies, ourselves?») ; la tente-manifeste et les différents sens de ses nomadismes fictionnels sont explorés par Flavia Frigeri («?Fictions nomades?»). Gill Perry parle de la maison-peau et des différentes formes d'empreintes de l'espace («?Traces du foyer et changement de peau?») ; Gabriele Schor parcourt la notion de femme au foyer dans l'histoire et l'histoire de l'art («?Sur la mort de la femme au foyer?»). Lucia Pesapane enfin s'interroge sur la présence des hommes artistes dans cette histoire de la représentation de l'espace domestique («?Et les hommes?? Petite histoire du domestique au masculin?»).

  • Sous forme d'évocations brèves et laconiques, Henri Lefebvre dresse une liste d'oeuvres inachevées, disparues, oubliées, détruites ou parfois même jamais réalisées.
    Cet inventaire des manques s'élève en une mélopée incantatoire qui, l'espace d'un instant, rend présentes ces « unités » perdues pour l'histoire de la création et de la pensée humaines.
    Mais son véritable pouvoir est de faire oeuvre nouvelle, récitatif dont le rythme résonne en nous comme celui d'une unité retrouvée.

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