Leo Scheer

  • On peut lire La Logique et l'Amour, et autres textes comme un livre sur l'amitié et l'amour, sur ce que la pensée leur doit.

    On y rencontre des êtres et des oeuvres que lient des affinités électives, des solidarités intellectuelles et des influences croisées.

    On y revit les moments d'une époque dont un fameux mois de mai fut le symbole.

    On y retrouve Lacan, Sollers, Bataille, Quignard, Klossowski, Vuarnet, Foucault, Le Brun, Genet, Pachet.

  • En 1955, Eric Rohmer, qui n'est encore que critique, publie une étude retentissante dans les Cahiers du cinéma : " Le celluloïd et le marbre ", enquête sur les arts observés du point de vue du dernier-né d'entre eux, le cinéma.
    En octobre 2009, alors que son oeuvre, devenue l'une des plus importantes de son époque, est achevée, il donne un entretien-fleuve à Noël Herpe et Philippe Fauvel. C'est l'occasion pour lui de reprendre sa réflexion sur la littérature, la peinture, la musique, l'architecture, confrontées cette fois à son expérience de cinéaste - mais aussi de livrer quelque chose de son intimité intellectuelle et sensible.
    Ce volume réunit les deux temps. Il met en vis-à-vis le texte de jeunesse et la parole du vieil homme jetant un dernier regard sur ce qui fut le coeur de sa vie : ce qu'il a nommé, naguère, le goût de la beauté.

  • Les images - films et photographies - prises à la libération des camps d'extermination nazis, ont bouleversé notre relation à l'image en général. Elles ont constitué les preuves de ce à quoi il eût été impossible de croire sans elles. Dans Nuit et Brouillard, Alain Resnais en fait un usage exemplaire. Plus problématique est l'évocation de la Shoah dans les films de fiction inévitablement marqués par une mise en scène artistique de l'horreur, laquelle a toujours suscité de sévères critiques.
    C'est pourquoi l'accueil unanimement enthousiaste du film de Laszlo Nemes, Le Fils de Saul, qui s'expose aux mêmes reproches que La Liste de Schindler ou La vie est belle peut être interprété comme un symptôme. Un verrouillage théorique a été imposé au public, ralliant des personnalités concernées par le sujet, habituellement en désaccord.
    Si Le Fils de Saul est considéré comme le chef-d'oeuvre sur Auschwitz, faut-il comprendre qu'il est temps de s'intéresser à d'autres sujets et que la Shoah est enfin passée de l'Histoire à l'histoire de l'art ?

    Écrivain, cinéaste, plasticien, Alain Fleischer a publié plusieurs de ses romans, nouvelles et pièces de théâtre aux Éditions Léo Scheer, ainsi qu'une monographie consacrée à son oeuvre d'artiste, La Vitesse d'évasion (2003).

  • Majorettes

    Charles Fréger

    " Charles Fréger est né en 1975, il vit à Rouen.
    Il a choisi de se confronter à la présence d'autrui à travers la pratique du portrait. Il ne s'agit pas, pour lui, de réaliser des portraits psychologiques ou pittoresques pour donner une image personnalisée ou anecdotique de différents individus. Il préfère aborder les personnes de l'extérieur, par leur inscription sociale. Il va sur le terrain, à la rencontre des sujets, sur le lieu même de leur activité, et, d'une certaine façon, il questionne leur " peau " sociale, c'est-à-dire tout ce qui, d'une appartenance ou d'un choix, se traduit en gestes, tenues, costumes.
    Une part repérable de la socialisation passe par la tenue, l'uniforme qui est à la fois, un outil adapté à des activités précises et la marque de reconnaissance d'une identité. C'est dans ce sens qu'il a entrepris ses séries de Portraits photographiques et uniformes, titre générique qu'il donne à son travail. Après ses séries volontairement resserrées Water-polo, Pattes blanches ou Miss, nul mieux que son approche des majorettes n'explicite son projet : entre 1999 et 2001, Charles Fréger a photographié une soixantaine de formations de majorettes sur une aire géographique définie, la région Nord-Pas-de-Calais.
    Sa démarche systématique ne vise pas à réaliser une série d'icônes, à la recherche d'une image définitive, emblématique de ce que serait une majorette. Il s'agit au contraire de considérer son sujet comme un tout où chaque image, chaque cadrage, chaque fond choisi, chaque modèle, chaque lieu représenté apporte sa part à l'ensemble du projet. C'est ce qui en explique l'ampleur, la diversité et aussi la subtilité.
    Chaque photographie, jouant de la transparence et de la retenue, ajoute une touche au tableau final. Le nuancier des signes et des attitudes dresse une peinture aboutie et éclairante des majorettes aujourd'hui. " Didier Mouchel.

  • De 2001 à 2004, Pierre Guyotat a donné à l'université Paris-VIII Saint-Denis, dans le cadre de l'Institut d'Études Européennes, devant un auditoire composé de jeunes étudiants en grande partie étrangers, un cours d'"Histoire de la langue française par les textes", qui est ici retranscrit dans sa quasi-intégralité.
    Lectures commentées, éléments d'une pensée de la langue et de l'Histoire, récits de la vie intérieure, sociale, politique, des grands auteurs et de la scolarité de Pierre Guyotat, dans la continuité de ses derniers livres, Formation et Arrière fond, permettent de renouveler l'idée que l'on se faisait des grands textes classiques et, en offrant une vue unique de la relation que l'auteur d'Éden, Éden, Éden entretient avec eux, de remonter aux sources d'une oeuvre, la sienne, qui ne cesse de s'inventer.
    L'ensemble forme une anthologie à la fois intime et universelle : parcours de savoir et d'imagination dans l'Histoire de la France et de l'Europe, et au-delà - le Nouveau Monde, l'Empire ottoman, la Chine... Du Serment de Strasbourg à Paul Claudel, de Rutebeuf à Buffon, de Montaigne à Tocqueville, de la science à la peinture, à la musique, à l'architecture et aux lois, d'Ézéchiel à l'Henry V de Shakespeare, c'est toute une tradition occidentale qui est ici exposée librement et liée à l'actualité immédiate, par un des créateurs les plus puissants du dernier demi-siècle.

  • Lisette model

    Sam Stourdzé

  • La défaite du rouge-gorge - 2001 - 23 minutes Lucie est une jeune femme d'une trentaine d'années, timide et introvertie.
    Au cours d'une fête, elle rencontre Bertrand dont elle s'empresse de tomber amoureuse. Impatiente de vivre le grand amour, elle projette sur lui la foule de ses espoirs et de ses attentes. Portraits filmés (extrait) - 2002 - 1 min. 04. Collection Fonds national d'art contemporain. Face caméra, douze personnes racontent chacune un souvenir. Chamonix - 2002 - 13 minutes Réalisé à la suite des Portraits filmés, Chamonix reprend le même dispositif sur le mode fictionnel : neuf souvenirs réunis sont interprétés par des comédiens.
    Ritratti (extrait) - 2003 - 1 min. 34. Une version italienne des Portraits filmés tournée à Rome.

  • Les verticaux

    Romaric Sangars

    Vincent Revel, journaliste parisien, écrivain raté, trentenaire désabusé, rencontre deux êtres qui vont relancer sa fièvre initiale. Le premier est une jeune femme inspirée : Lia Silowsky, habitée par une forme de mysticisme où se mêlent chants bulgares et visions oniriques. Le second, Emmanuel Starck, est un aventurier revenu s'installer à Paris après avoir beaucoup voyagé, expert en hacking comme en arts martiaux, hanté par les traditions d'une chevalerie résolument obsolète. Avec eux, Vincent se livre à des sabotages symboliques plus proches du happening que de l'attentat, tandis que son intérêt pour Lia se mue en authentique passion.

  • Dans Les Contes de la folie ordinaire, Charles Bukowski dit que les prostituées sont titulaires d'un secret que les hommes ont oublié : la vérité. Jean-Luc Godard relie son obsession du cinéma - art des signes vrais - et de la prostituée en une métaphysique qui lui est propre, que l'on retrouve particulièrement dans son film Une femme coquette.
    Il y joue le rôle du miché de la prostituée, incarnation de la vérité face à la coquette qui, de l'autre côté de la rue, joue à la putain. Lulu, l'opéra d'Alban Berg, adapté de La Boîte de Pandore de Frank Wedekind, tend aux bourgeois et aristocrates autrichiens le miroir de leurs propres fantasmes obscènes, ceux qu'ils gardent à l'abri de leur intériorité, avant de détruire l'objet de leur désir, la belle Lulu. La prostituée, en rendant publique l'hypocrisie de la société bourgeoise sur le point du sexe, lui ôte tout pouvoir. C'est pourquoi on s'attache à la condamner quand, portant des attributs extérieurs de séduction, elle racole dans la rue. DansUlysse, James Joyce montre comment Leopold Blum, en traversant une expérience initiatique, devient un véritable héros : il doit aller chercher Stéphane Dedalus dans le bordel de Bella Cohen. Pour lutter contre les hallucinations - ses désirs secrets - qui l'assaillent, il doit se raccrocher à la vérité de son amour pour sa femme Molly.
    Chester Brown, dans son roman graphique Vingttrois prostituées, révèle que passer un moment avec une putain, c'est passer un moment avec soi-même, comme on passerait un moment face à un miroir.
    On y est nu, confronté à son reflet, obligé de prendre en charge son propre désir.
    À partir de ces exemples, loin d'être tous cités ici, Laurent de Sutter démontre que la rencontre avec une prostituée fait dérailler l'ordre par lequel un homme tente de ne pas s'effondrer à chaque coin de rue. Elle rend impossible la poursuite d'une existence qui prétend être gouvernée par la raison, comme s'il s'agissait d'un dossier à régler.
    Au contraire, la vérité est dans la perte de cette règle. De même qu'elle affole l'ordre social du travail et de l'argent, ou même l'ordre policier de la rue, la prostituée affole l'ordre individuel du sujet.

  • La plasticité au soir de l'écriture est un manifeste particulièrement éclairant pour qui tente de comprendre l'un des mouvements directeurs de la philosophie française de ces cinquante dernières années.
    Dans cette autobiographie intellectuelle, Catherine Malabou revient sur l'héritage de la déconstruction en partant du motif fondamental de la pensée de Jacques Derrida, l'écriture. À travers une confrontation de cette pensée avec celles de Hegel et de Heidegger, elle montre comment le concept de plasticité tend aujourd'hui à se substituer aux schèmes du graphe et de la trace. Le dialogue entre " graphique " et " plastique " qui se noue alors s'étend à différentes disciplines et met au jour, de l'anthropologie à la neurobiologie, des enjeux théoriques décisifs.

  • Nous souffrons, paraît-il, d'un excès, d'une prolifération d'images : corps soumis à des modèles hygiéniques, politique " spectaculaire ", irradation permanente de notre vie quotidienne par la publicité, " réalités virtuelles ", etc.
    Mais s'agit-il encore d'images ? Rien n'est moins certain, car une image convoque toujours un dehors, ce qu'elle présente au regard est toujours comme en dehors d'elle-même. Or, notre époque ne souffre-t-elle pas, précisément, d'un manque de dehors ? Il nous faut réinterroger toutes les catégories qui ont servi à définir ce qu'est l'image afin de répondre à ces questions : qu'est-il arrivé aux images lorsque le Capital s'est substitué à Dieu et à l'Etat ? Sont-elles devenues athéologiques et apolitiques ? Quels rapports se nouent entre les " réalités virtuelles " et le régime d'immanence sans dehors que construit notre capitalisme hyperspectaculaire ? Quelle politique, quel art seraient capables de s'y opposer ?

  • Ce livre est composé de deux textes de nature très différente, et qui pourtant portent le même titre : La Femme couchée par écrit.
    Entre ces deux parties, une interface : ni une préface ni une postface, ni un texte qui ouvre ni un texte qui clôt, un texte entre-deux, central, qui distribue vers l'avant et vers l'après, et qui tente de dire pourquoi un même titre peut être donné - ou donner lieu - à deux objets littéraires différents. La Femme couchée par écrit est d'abord un bref essai sur le personnage de Roberte dans l'oeuvre littéraire et picturale de Pierre Klossowski.
    De l'autre côté de l'interface, le deuxième texte, identiquement intitulé La Femme couchée par écrit, est une nouvelle où il est question du contrat proposé aux jeunes femmes qui poseront nues, non plus pour un peintre mais pour un écrivain.


  • Aucune figure de l'histoire du cinéma n'a été à la fois vilipendée et adulée comme Roberto Rossellini (1906-1977). Fondateur du néoréalisme avec Rome ville ouverte, inventeur du cinéma moderne avec Paisà, précurseur de la Nouvelle Vague avec Voyage en Italie, pionnier d'une télévision utopique avec La Prise de pouvoir par Louis XIV, il a été le héros d'un cinéma né de la sensibilité et de l'intelligence de l'individu, indépendant des clichés et de l'industrie.
    Cette biographie, la première du cinéaste, fait découvrir un homme de passions, charmeur irrésistible, intellectuel cosmopolite, homme de la Renaissance et du XXe siècle, maître à penser, aventurier romain, qui a le premier affirmé que le cinéma était affaire de morale. Tag Gallagher a passé quinze ans à enquêter sur la réalisation et la réception - tumultueuses toutes deux - des films de Rossellini, parlant à tous ceux qui l'ont connu. Sa recherche dissipe bien des mythes de l'histoire du cinéma. Rossellini a vécu intensément dans le présent; sa vie et ses films sont inséparables. Vittorio Mussolini, Anna Magnani, Federico Fellini, Ingrid Bergman, François Truffaut, Jean Rouch et bien d'autres sont parmi les personnages qui croisent son chemin. Auteur de l'étude critique John Ford, The Man and His Films, saluée comme le meilleur livre sur Ford, Tag Gallagher publie en France dans les revues Trafic et Cinéma.



  • Si l'histoire du surréalisme ne peut pas être sans préjudice tout entière identifiée à André Breton, à qui peut-elle l'être alors dont on ne fait plus aucun cas chaque fois qu'on l'écritoe Si surprenante que soit la réponse, et pour le surréalisme lui-même: à Antonin Artaud.
    De l'union des deux hommes eût pu naître un autre surréalisme, un surréalisme qui n'eût pas cédé sur l'excès qu'il était à l'origine. En même temps, cette union était impossible qui n'a duré en tout et pour tout que le temps d'un numéro de la revue La Révolution surréaliste, le no 3, «Fin de l'ère chrétienne», peut-être le plus beau. Les différends qui les opposaient étaient trop profonds. Qu'ils portent sur la possible/impossible politisation du mouvement, ce qu'on n'ignore pas. Ou qu'ils portent sur les deux points doctrinaux du surréalisme: l'automatisme et le rêve. De ces deux points, et des conceptions à la fois semblables et différentes que s'en firent Breton et Artaud, se disputant moins sans doute le surréalisme qu'ils ne disputèrent de la fidélité de celui-ci à sa règle native, Paule Thévenin dispute à son tour, dans ce livre essentiel resté inédit, avec un scrupule de tous les instants qui lui ressemble et une connaissance à laquelle elle seule, éditrice des oeuvres complètes d'Artaud, pouvait prétendre.


  • Bibliomanies

    Daniel Wilhem


    Karl Kraus demande à un écrivain d'inventer une langue qui, hors
    du livre, resterait sans emploi. Borges ouvre une bibliothèque totale,
    où toutes les oeuvres sont l'oeuvre d'un seul auteur, qui est intemporel
    et anonyme. Pasolini, qui sent sa mort venir, qui sait que son époque
    ne viendra pas, réécrit mot à mot un livre de sa jeunesse, qui était
    la meilleure, qu'il veut nouvelle. Artaud, à qui Paulhan réclame un
    livre, répond par une lettre ouverte, plus ouverte encore que celle
    qu'il destinait vingt ans plus tôt à Rivière.
    Il n'y a rien de plus littéraire que ces inventions (des esquives, des
    réserves, des répliques, des ratures, des surenchères, des diableries)
    qui contrarient les gens de lettres. On voudrait écrire et aimer les
    livres. On voudrait lire, commenter, collectionner et se vouer à la
    multitude des livres. On se retrouve un jour, dans le cours de ses
    oeuvres, quelle que soit la valeur qu'on leur donne, quelle que soit
    la fin qu'on leur suppose, devant le livre unique, qui doit cependant
    disparaître et que les bibliomanies de certaines modernes nous poussent,
    nous aident peut-être, à sacrifier.


  • suivant son fil d'ariane, éric duyckaerts expérimente l'errement (de sa pensée), convoquant tour à tour de grands noms de la culture classique (le vinci, le corbusier...) et des héros populaires (tintin, trenet...).
    ici il réfléchit sur le mystérieux phénomène du mouvement des astres, là il interroge la pertinence de la mesure en art, ailleurs il dessine une esthétique de la promenadologie - où le vagabondage prend sa forme la plus concrète. ce recueil composé de six textes constitue une réflexion sur la nature labyrinthique du savoir, à travers la philosophie, l'oeuvre d'art ou encore la mathématique, dont le point de départ est le plus souvent un questionnement sur les mots.
    théorie des ensembles, paradoxes, métaphores, inventions plastiques... : une érudition plaisante et ludique qui, à l'instar des performances de l'artiste, cherche à décoder le langage, à mettre en relief les modes d'appréhension d'une réalité foisonnante, sans jamais se départir d'humour et de fantaisie.

  • Parties communes

    Eric Rondepierre

    Ce livre est composé de deux séries de photographies : « Parties communes » (2005-2007) et « Loupe/Dormeurs » (1999-2002) - en tout une vingtaine de photos - ainsi que d'un texte de présentation. Le cinéma est convoqué dans ces photographies mais ce ne sont pas des détournements d'images de film, comme l'artiste a pu le faire pendant quinze ans. Ces séries témoignent d'une deuxième période dans l'oeuvre de Rondepierre. Le cinéma est toujours présent mais il fait partie d'un ensemble qui l'englobe. Les prises de vues ont été réalisées par l'artiste et à l'intérieur de ces images s'insèrent des images de film. Soit parce qu'il s'est pris lui-même en train de travailler et de regarder à la loupe un morceau de pellicule (« Loupe/Dormeurs »), soit parce qu'une image de cinéma est superposée à une prise de vue « normale », comme une sorte de vision qui s'intégrerait à la réalité urbaine quotidienne (« Parties communes »). À l'instar de sa formation pluridisciplinaire, Éric Rondepierre mêle plusieurs éléments à ses photographies. Dans « Loupe/Dormeurs », l'image est entièrement tramée d'un roman de 156 000 signes. Chaque photo est un roman, illisible à une distance normale, d'où la nécessité de faire des gros plans de ces photographies pour que le lecteur comprenne ce qu'il ne peut voir dans les reproductions normales. Dans « Parties communes » (dernière série à ce jour), l'écriture est absente ; néanmoins l'artiste joue sur la tension entre deux registres : la photo couleur et le cinéma muet noir et blanc (ou sépia). L'image cinéma apparaît dans la distance qui la sépare d'un monde coloré contemporain, mais elle se donne comme « réelle » en transgressant les lois de la perception : une folie du regard.

  • Métaphysique d'alien

    Collectif

    Pour toute une génération, la saga des films consacrés à Alien, « le huitième passager » est devenue emblématique du monde en devenir. La nature de sa monstruosité est si puissante qu'il a fini par pénétrer la pensée des philosophes dont il a marqué la jeunesse. Ce recueil s'attache ainsi à montrer l'épouvante que suscite notre rapport au réel, tel que nous l'avons domestiqué. Dans la violence de ce prédateur, nous nous percevons nous-mêmes, avec notre rage destructrice. L'alien est certes inhumain, mais il partage avec la proie que nous sommes un pouvoir d'anéantissement qui nous imite en tant qu'envahisseur de la nature.
    L'alien, meurtrier des dieux, nous extermine, mais laisse vivre les chats et les androïdes auxquels il est indifférent. Dans cette valorisation de l'animal et de la machine au détriment des humains, il semblerait que se dévoile une autre vie, sous les traits d'une femme. En elle, se rejouent une chance, une hybridation avec l'univers pour laisser monter comme une « nouvelle alliance », un nouvel avenir des machines associées aux hommes.

    Métaphysique d'Alien réunit des textes d'Elie During, Jean-Clet Martin, Raphaël Bessis, Charles H. Gerbet, Laurent de Sutter, Frédéric Neyrat, Marika Moisseeff, Antoine Hatzenberger, Véronique Bergen et Peter Szendy.

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