L'herne

  • LES CAHIERS DE L'HERNE ; cahier Pascal Quignard Nouv.

    L'oeuvre de Pascal Quignard est multiple par la diversité des domaines artistiques dans lesquels il excelle ; musique, dessin, cinéma, littérature... Le Cahier de L'Herne se propose d'explorer ces différentes facettes en retraçant l'itinéraire artistique de Pascal Quignard ; son parcours de musicien et ses nombreuses créations originales, ses collaborations avec compositeurs, scénaristes, musiciens et metteurs en scène dans le cadre de performances artistiques, son oeuvre littéraire tout à fait inclassable, qui oscille entre roman, essais philosophique, autobiographie, écrits historiques, poésie... Nous dévoilons par ailleurs dans ce volume, le manuscrit inédit du Petit Cupidon, plusieurs textes inédits et de nombreux dessins en couleur de Pascal Quignard.

  • Tablée

    Pierre Michon

    Tablée est l'histoire de deux tableaux qui à l'origine ne formaient qu'une seule pièce peinte par Édouard Manet en 1878. Coupé en deux le tableau sans nom donna naissance à deux toiles retravaillées : l'une, Le coin de Caféconcert exposée actuellement à la National Gallery de Londres, l'autre, intitulée Au café, fait partie des collections du musée Oskart Reinhart à Winterthur (Suisse). Nul ne connaît la raison qui poussa Manet à procéder à cette « opération chirurgicale ». En 2005, le musée Oskart Reinhart décida de réunir pour la première fois depuis leur création ces deux tableaux ; il fut alors donné l'occasion à Pierre Michon de s'exprimer sur ces deux oeuvres. Ainsi rédigea-t-il Tablée, publié ici pour la première fois en France.


    « Je n'ai pas besoin d'inventer le nom du personnage central, c'est la Table, la table de marbre qui porte les bières, le café, l'absinthe au fond et sa carafe, le petit vase à allumettes du premier plan. Qu'est-ce qu'une table ? C'est un opérateur spatial et un médiateur social merveilleux, une césure entre les corps, qui espace les corps les uns des autres et les distribue, qui fait des corps des antagonistes pacifiés. La table semble prendre de la place aux hommes ; mais non, en réalité elle en donne. »

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  • Élisée Reclus fut d'abord un grand géographe, l'un des plus éminents de son temps. On lui doit une « Une nouvelle géographie universelle », en 19 volumes, qui fit longtemps autorité et qui lui valut, à l'instar de Pasteur, une gloire universelle. Il fut également anarchiste. Il le proclama urbi et urbi. Ce qui lui valut divers inconvénients, dont la prison et le bannissement (il mourra à Bruxelles). Après la proclamation de la Commune, le 18 mars 1871, il s'engagera comme volontaire dans la Garde Nationale et sera fait prisonnier, le fusil à la main, par les Versaillais. Il était géographe et anarchiste, pour les mêmes raisons. Ce qui peut paraître paradoxal. Comme Pierre Kropotkine, qu'il préfaça, son communisme libertaire se nourrit de la science. C'est l'étude rationnelle des sociétés humaines, de l'aménagement de l'espace, de la production et de la distribution des ressources qui justifie son adhésion aux idéaux anarchistes. Il est anarchiste par réalisme. Il y voit, à la fois, la conséquence nécessaire et inévitable de la révolution sociale et l'aboutissement de ses recherches sur la vie effective des hommes à la surface d'une planète qu'il parcourra inlassablement.

  • Intéressant les uns, agaçant les autres, l'oeuvre et la personne de Michel Houellebecq se caractérisent par une forme très particulière de résistance, qui vient entre autres de ce qu'elles déjouent nos systèmes habituels de coordonnées et qu'elles multiplient les contradictions. Situer Michel Houellebecq implique peut-être de se demander d'abord où il n'est pas. Écrivain polygraphe, explorant tous les genres (roman, poésie, essai - le présent Cahier révèle qu'il s'est même, jadis, essayé au théâtre), il multiplie aussi les échappées hors du domaine littéraire : au cinéma, en musique - ses textes ayant suscité des adaptations (d'Iggy Pop à Carla Bruni en passant par Jean-Louis Aubert), et dans l'art également - comme artiste à part entière ou comme objet d'inspiration. Omniprésent dans les médias à chacune de ses parutions, journaliste à ses heures, capable de tribunes politiques ravageuses, il est sans doute aussi le seul écrivain à pouvoir assurer la Une d'un grand quotidien pour la sortie d'un recueil de poésie (Libération, lors de la sortie de Configuration du dernier rivage).

  • L'anarchisme, au moins tel que je le comprends, est une tendance de la pensée et de l'action humaines qui cherche à identifier les structures d'autorité et de domination, à les appeler à se justifier, et dès qu'elles s'en montrent incapables, à travailler à les surmonter. Loin d'avoir " échoué ", il se porte très bien. Il est à la source de beaucoup de progrès - très réels - des siècles passés, y compris depuis les années 1960-1970. Des formes d'oppression et d'injustice qui étaient à peine reconnues, et encore moins combattues, dans un passé récent, ne sont plus considérées aujourd'hui comme tolérables. C'est une réussite, pas un échec. N. C.

  • Quand Paul Celan (1920-1970) s'établit à Paris à l'été 1948 ses poèmes ne sont connus que d'une poignée de gens ; à sa mort, en avril 1970, son nom est associé à l'une des oeuvres poétiques les plus importantes de la littérature allemande. Pourtant, aborder cette oeuvre, a fortiori pour un lecteur francophone, n'a rien d'évident : si les poèmes relèvent bien d'une écriture qui réclame pour elle une "obscurité congénitale" la critique a aussi pu contribuer à en obscurcir le sens.
    Il faut donc sans cesse reprendre le travail de lecture d'après les coordonnées que Celan a fixées, en partant de ce qu'il appelle "l'accent aigu de l'actualité", inséparable de "l'accent grave de l'histoire" et de "l'accent circonflexe de l'éternité". Appuyé sur de nombreux documents inédits (lettres, traductions et notes privées) qui éclairent sa vie et ses choix poétiques, ce volume donne accès à un "autre" Celan qui se situe tant dans une tradition dont il discute la pertinence que dans une époque qu'il guette avec une acuité implacable, attrapant dans son écriture les mots, les textes et les personnes de son temps.
    Juif, Celan a ancré son écriture dans l'événement de l'extermination des siens pour en faire une arme critique et analytique, esthétique aussi. Grâce aux contributions de spécialistes de l'oeuvre, cette entreprise est placée dans un réseau de discussions critiques qui l'éclairent depuis des positions multiples : linguistique, traductologique, philosophique et biographique mais aussi historique et poétique, etc.

  • S´adressant à la fois aux amateurs et aux chercheurs, ce Cahier comporte des inédits de l´auteur et des textes rares, des études approfondies par des spécialistes, des articles critiques, des entretiens, des témoignages et une volumineuse correspondance. Il offre l´occasion de revenir sur les aspects marquants d´une oeuvre littéraire remarquablement cohérente mais aussi de révéler sa diversité en arpentant des territoires encore peu explorés.

  • Dans cette série d'interventions prononcées entre la publication d'Empire et celle de Multitude, deux volumes qui ont été salués par la critique internationale et qui ont probablement changé le regard que nous portons sur la mondialisation, Antonio Negri revient sur un certain nombre de points essentiels pour sa propre analyse. Il s'agit, dans un regain de précision qui n'exclut ni la ferveur politique ni la passion du monde, de construire des instruments nouveaux pour penser notre présent à la hauteur de ce qu'il est : irrémédiablement différent, complexe, difficile. Mais il s'agit aussi de réaffirmer tout à la fois la nécessité de comprendre et celle de s'indigner devant l'injustifiable, et de nourrir envers et contre tout l'idée d'une autre manière de vivre ensemble parce que le présent est porteur de révoltes, d'espoirs et de progrès.
    Dans cette fascinante généalogie de la pensée négrienne, dans ce « laboratoire » mis à disposition des lecteurs, lentement, certains concepts prennent forme ; des hypothèses émergent - d'abord de manière seulement esquissée, puis avec plus de force ; des argumentations se construisent.
    Traversées de l'Empire est à la fois un précieux texte permettant d'aborder de manière différente l'une des pensées majeures de la critique politique du xxie siècle, et la trace passionnante d'une pensée en train de se faire, procédant par à-coups, reprises, corrections et nuances, et n'hésitant pas à remettre à l'ouvrage ce qui semblait tenu pour acquis : le récit d'une aventure intellectuelle autant que celui d'une remarquable analyse critique de actualité.

  • Maurice Blanchot (1907-2003) est l´un des écrivains et des penseurs majeurs du XXe siècle, mais il reste peu connu du grand public du fait de sa radicale discrétion, par son refus de toute interview, toute photo ; sa vie ressemble - du moins en apparence - à une incarnation possible de l´effacement. Donner une certaine visibilité à ce retrait, en comprendre la nécessité : tel peut être le premier objectif de ce Cahier.
    Le Cahier présentera ainsi des documents exceptionnels, totalement inédits, à commencer par des photos de Blanchot. Il ne sera pas une étude universitaire de plus. Il est destiné à un large public qui connaît peu ou mal Blanchot et qui chercherait des repères, des incitations pour aller plus avant dans la lecture de l´ensemble de son oeuvre. S´il importe de lire l´oeuvre de Blanchot, c´est qu´elle nous appelle non seulement à questionner le temps présent, mais à entrer dans une représentation inédite et paradoxale de l´espace littéraire. Cette écriture, qui désarçonne son lecteur, tente de repousser les limites du langage et de la pensée, en nous invitant par des moyens qui lui sont propres à accueillir ce qui sans fin se dérobe.

  • Walter Benjamin

    Collectif

    • L'herne
    • 6 November 2013

    Trente ans après la parution du premier volume collectif sur Benjamin en France, il est temps de revenir sur l´auteur en prenant en compte la distance historique qui nous sépare maintenant de son oeuvre.
    Le présent volume, qui s´organise autour de l´interrogation sur les matériaux biographiques et historiques avec lesquels il a façonné sa pensée, cherche à accomplir une reconstruction historique à laquelle viennent s´ajouter des lectures attentives aux formes de présentation qu´il a adoptées. Cette enquête collective s´intéresse aussi bien aux sources de Benjamin qu´à son style, qu'à la fécondité théorique de l´oeuvre.
    L´entrée en matière par les formes d´expression autobiographique qui permettent d´exploiter la tension entre ses dimensions philosophique et littéraire, est en cela stratégique : elle ouvre la voie à des réflexions très actuelles autour de la problématique de l´image.

  • " Français, vous êtes trop éclairés pour ne pas sentir qu'un nouveau gouvernement va nécessiter de nouvelles moeurs ; il est impossible que le citoyen d'un Etat libre se conduise comme l'esclave d'un roi despote [...]. En accordant la liberté de conscience et celle de la presse, songez, citoyens, qu'à bien peu de chose près, on doit accorder celle d'agir, et qu'excepté ce qui choque directement les bases du gouvernement, il vous reste on ne saurait moins de crimes à punir, parce que, dans le fait, il est fort peu d'actions criminelles dans une société dont la liberté et l'égalité font les bases [...]. " Sade.

  • Soumise à son destin de flashes, de star et de bête curieuse, mais plus soumise encore à son instinct d'animal femelle parfaitement libre de son sang et de ses impulsions, telle était Brigitte Bardot. C'est alors qu'on tenta de lui imposer des devoirs. Ayant tous les droits païens : choisir, apprécier, aimer, quitter. On tenta de lui imposer des devoirs chrétiens : " travailler, épouser, aimer son métier, élever, etc. ". Elle ne s'y trompa pas, elle refusa. Elle prit les droits naturels de sa beauté, de sa nature, et refusa les faux devoirs avec une belle énergie de guéparde. On la dota d'hommes qu'elle rejeta un jour, de rôles qu'elle se borna à interpréter, de malaises qu'elle se refusa à ressentir ouvertement.

  • Lévi-Strauss, le passage du Nord-Ouest, cet essai est centré sur le séjour à New York de Claude Lévi-Strauss dans les années de guerre et sur les bouleversements de pensée qui en furent induits. En prenant distance d'avec le désastre européen, après deux guerres suicidaires, et en contact avec la culture américaine et celle de l'exil, la recherche anthropologique y trouva un tout autre sens qui donna naissance au structuralisme. Le propos de Claude Imbert est de repérer le trajet entre Tristes Tropiques (1958) et La Voie des masques (1975), qui se poursuit sur l'échiquier des villes, Paris, Sao Paulo, New York et Taxila, mais aussi sur la trace des cultures amazoniennes dont les peintures corporelles perpétuent une vivante archéologie. C'est aussi un itinéraire mental, lié à la mission de l'ethnographe et à l'épreuve du retour. Il s'agit de saisir ce qui court sous les mots, les mythes, les peintures faciales, au seuil de la vie humaine et de tout langage ; ce qui métamorphose les bruits en sons, les odeurs en parfums, l'environnement en itinéraires mythiques, les plumes et les nacres en signes d'affinité, et le soleil couchant en éventail de couleurs.

  • "Il faudrait qu'un homme ne souffre que du mal qu'il se fait à lui-même. Il faudrait qu'il soit impossible de voler un homme. Ce que l'on possède réellement, on l'a en soi. Il faudrait que ce qui est en dehors d'un homme soit entièrement dépourvu d'importance. Abolissons la propriété privée, et nous aurons alors le vrai, le beau, le salutaire individualisme. Personne ne gâchera sa vie à accumuler des choses, et des symboles de choses.
    On vivra. Vivre, c'est ce qu'il y a de plus rare au monde. La plupart des hommes existent, voilà tout".

  • Désobeir

    Henry David Thoreau

    • L'herne
    • 2 July 2014

    Après avoir passé quelques jours en prison pour avoir refusé de s'acquitter d'une taxe destinée à financer la guerre contre le Mexique et la politique esclavagiste, Thoreau développe dans un court pamphlet le concept de Désobéissance civile, compris comme le refus d'être complice d'un pouvoir injuste et de nourrir ce pouvoir en coopérant, qui inspirera Martin Luther King et Gandhi.

  • La guerre futuriste est une mobilisation totale contre les valeurs politiques, morales et culturelles du passé; elle permet à marinetti de rompre les ponts avec la décadence, d'être de plain-pied dans la réalité qui n'est plus la conséquence du passé mais son contraire.
    Il repère un ennemi immédiat - les empires centraux "moribonds" - et un objectif facile - l'irrédentisme ; mais surtout il identifie, dans la technique au service du mythe, l'avènement traumatique de la modernité. [. ] marinetti n'est décidément pas facile à cerner. il est de "droite" ou plutôt d'"extrême droite", lorsqu'il en appelle au droit du plus fort, au reniement de la solidarité de classe, à la loi martiale contre les pacifistes et les traîtres, à la destruction de l'ennemi et pas seulement à sa défaite.
    Il est de "gauche ", ou plutôt d'"extrême gauche" parce qu'à ses yeux la guerre doit mener à la dissolution de tout ordre préétabli, y compris celui des non-belligérants comme l'eglise - d'oú sa fronde pendant la période fasciste contre les compromis et la corruption du régime.

  • Bonnefoy

    Collectif

    • L'herne
    • 30 April 2010

    On ne présente pas Yves Bonnefoy : son oeuvre poétique et théorique, à laquelle il faut ajouter son oeuvre de traducteur, commencée dans les années 50 et qui s´étend donc sur près de 60 ans, est d´une importance considérable tant du point de vue de la poésie elle-même que par sa réflexion sur les caractéristiques propres à la poésie au sein de la littérature, sur le langage, sur la création artistique.


    Cette oeuvre immense a, comme il se doit, engendré une immensité d´ouvrages critiques et de volumes collectifs d´hommage ou d´analyse. Toute la variété de l´oeuvre d´Yves Bonnefoy est prise en considération dans l´éventail des contributions, sans qu´on ait cherché à en dresser un panorama exhaustif : l´oeuvre poétique, la lecture critique des oeuvres d´art - peinture et musique -, mais aussi les traductions de Shakespeare et les préfaces qui les accompagnent. Un cahier iconographique constitué par des photos personnelles d´Yves Bonnefoy pour la plupart inédites accompagne cet ensemble de textes.

  • Comment finira le capitalisme ? Il ne sera probablement pas renversé par une révolution, mais son système mondial de création de richesses et de valeurs va lentement se déchirer, abandonnant des régions et des populations entières à elles-mêmes - ce processus est d'ailleurs entamé. Ainsi, le capitalisme mondialisé sera lentement mité par l'expansion d'une « zone interdite » englobant les laissés-pour-compte [...].
    Comment concilier l'esprit de l'utopie et les obligations de la vie de salarié ? Peut-être en remettant au goût du jour la « transhumance » [...] Qu'est-ce qui est vraiment révolutionnaire ? , etc.
    Sorte de Guy Debord américain, Hakim Bey est devenu une référence obligée de la contre-culture, en inventant un concept qui a fait le tour du monde, la « Zone d'Autonomie Temporaire ». Les TAZ, comme on les appelle, proposent de rassembler des êtres dans des lieux réels ou virtuels, où les lois et les règles de la société sont momentanément suspendues, autour d'un projet politique ou créatif. Les communautés hippies ont échoué à durer. Les TAZ n'ont pas une telle ambition, éphémères par définition et par choix.
    S'inspirant des écrivains de la « beat generation » américaine, Hakim Bey est d'abord et avant tout un poète à la manière de Guy Debord.
    Lire Hakim Bey est une aventure : à chacun de s'y risquer, d'aller se perdre dans ces petits labyrinthes de prose psychédélique, pour y puiser son miel...

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