L'arche

  • On avait toujours dit que les astres étaient fixés sur une voûte de cristal pour qu'ils ne puissent pas tomber.
    Maintenant nous avons pris courage et nous les laissons en suspens dans l'espace, sans soutien, et ils gagnent le large comme nos bateaux, sans soutien, au grand large. et la terre roule joyeusement autour du soleil, et les poissonnières, les marchands, les princes, les cardinaux et même le pape roulent avec elle.

  • " Tu crois que je veux porter tes enfants sous ma peau, les nourrir avec mon sang. te faire un fils et prendre ton nom ! Au fait, quel est ton nom ? Je ne l'ai jamais entendu, ton nom - tu n'en as même pas, probablement. Je serais "Mme la gardienne" ou "Mme Durand", chien qui portes mon collier, laquais qui as mes armes sur tes boutons ! Moi, te partager avec ma cuisinière, être la rivale de ma propre servante ! Oh ! Oh ! Oh ! Tu penses que j'ai peur et que je veux filer ! Non, maintenant, je reste, souffle le vent, tombe la foudre ! " (Mademoiselle Julie).

    " Ainsi je me promène comme un bourreau et anthropophage. Quel métier d'être écrivain : d'avoir à tuer et de vendre comme un boucher. " Ces mots écrits en 1898, Strindberg (1849-1912) les a envoyés, après le divorce de sa deuxième femme, à sa fille Kerstin qui habitait alors chez sa grand-mère en Autriche. Peu importe que la fille n'ait que quatre ans et ne sache pas lire. Écrire fut pour Strindberg un acte magique : avant tout comptait l'acte lui-même. C'est par là qu'il a sauvé sa vie et s'est libéré de la peur de devenir fou. En quelque sorte, il n'y a dans son oeuvre qu'un seul personnage principal : lui-même, dans toutes ses variations, transformations, évolutions. Mais attention : talent oblige, il était parfaitement conscient, et son oeuvre le montre, qu'il faisait partie d'un monde et d'une époque auxquels il ne pouvait pas échapper.

  • Jonathan Jeremiah Peachum est un homme d'affaires qui exploite la misère et la pitié humaines en équipant les mendiants vrais ou faux de Londres. Il est scandalisé par l'idée que sa fille Polly projette d'épouser le bandit Mackie. Pourtant ce mariage contre nature a lieu dans une écurie de Soho, où se retrouvent, entre autres, le pasteur Kimball et le chef de la police Brown.

  • Fantasmâlgories

    Klaus Theweleit

    • L'arche
    • 3 February 2016

    Ce livre, encore inédit en France, est devenu un livre incontournable et unique en son genre. Mêlant allègrement histoire, psychanalyse et gender studies, il nous plonge au coeur de l'âme virile et de sa dérive fasciste, avec de nombreuses illustrations (de l'affiche de propagande à la planche de Comics). Un mélange absolument détonant.

  • Décolonisons les arts ! est un manifeste artistique et politique. La première prise de parole écrite publiée du collectif « Décoloniser les arts » : un collectif d'artistes qui lutte contre les discriminations dans les arts vis-à-vis des populations minorées et postcoloniales.
    L'ouvrage se compose de trois essais des contributrices principales, qui reviennent sur les enjeux de cette publication, partant du constat de l'absence de cultures minorées dans les théâtres de France. Ces textes sont suivis d'entretiens menés auprès de 12 artistes, répondant du point de vue de leur propre pratique artistique dans sa dimension décoloniale.

  • Les dialogues de 3 films majeurs de l'enfant terrible du cinéma allemand.
    Maman Küsters apprend que son mari, ouvrier dans une usine chimique, s'est suicidé après avoir tué son patron.
    La presse à scandales harcèle la veuve.
    Pression médiatique, conflits de classe et engagement politique s'entremêlent avec brio dans ce drame.
    Franz, jeune homme d'origine modeste, gagne une importante somme d'argent au loto.
    Il s'entiche alors d'Eugen, jeune bourgeois aux goûts de luxe.
    Eugen usera de ses charmes pour lui inculquer les bonnes manières tout en le pillant, menant ainsi Franz à sa perte.
    Emmi, veuve d'une soixantaine d'années, rencontre Ali, jeune immigré, dans un café.
    Il s'installe chez elle dès le lendemain et ils se marient.
    Leur romance à contrecourant scandalise l'Allemagne des années 70.
    Comment cette relation résistera-­-t-­-elle à l'intolérance et aux préjugés ?

  • Le Bouc. Jorgos, ce " Grec de Grèce " nouvellement arrivé dans une bourgade bavaroise, suscite autant le mépris racial que les fantasmes sexuels. Faite d'une série de séquences brèves, la pièce est le patient tissage d'un réseau associatif de mots et de phrases, rhétorique quotidienne dans et par laquelle s'annonce le meurtre rituel de " l'autre ".

    Les Larmes amères de Petra von Kant. Modéliste réputée, Petra von Kant tisse autour d'une jeune femme qu'elle emploie comme mannequin un rêve d'amour sans homme ni barrière de classe.

    Liberté à Brême. Madame Gottfried, née Timm, veuve Miltenberger (Geesche dans la pièce), fut décapitée publiquement le 21 avril 1831 à Brême pour avoir empoisonné à l'arsenic quinze personnes de son entourage. De ce fait divers qui en son temps défraya la chronique, Fassbinder tire une tragédie agressivement naïve de la vie bourgeoise.

  • Il faut que les reproductions s'effacent devant ce qui a été reproduit, la vie en commun des hommes, et le plaisir procuré par leur perfection doit être porté au plaisir plus élevé de voir traitées comme provisoires et imparfaites les règles mises en évidence dans cette vie en commun. C'est en cela que le théâtre laisse le spectateur productif, par-delà le regard porté sur le spectacle. Dans son théâtre, puisse le spectateur jouir comme d'un divertissement de ses terribles et interminables travaux, qui sont censés lui assurer sa subsistance, ainsi que de l'effroi de son incessante métamorphose. Qu'il s'y produise de la façon la plus légère ; car le mode d'existence le plus léger est dans l'art. » (Brecht)

  • À travers trois essais consacrés à Sigmund Freud et la pop, Klaus Theweleit raconte comment le neurologue viennois trouva dans l'inconscient le « Stairway to Heaven » qui révolutionna la pensée au XXe siècle et fit vaciller de son socle de marbre le sujet cartésien. Il s'intéresse à son parcours et ses méthodes cliniques - largement contestées et novatrices (dont l'usage de drogues) - qui marquèrent un vrai tournant dans l'histoire de la pensée en général et plus particulièrement en psychanalyse. En sociologue iconoclaste, Theweleit, qui appelait Freud le « Motherfucker » dans son ouvrage Fantasmâlgories, s'emploie à désacraliser cette statue du Commandeur de la psychanalyse, en reliant haute culture et culture.

  • Fassbinder l'insurgé. Et Richter son héritier. En agent provocateur, il part de la figure iconoclaste du réalisateur allemand pour interroger la radicalisation de nos sociétés, la montée des violences de toute sorte, l'exclusion et les discriminations, et poser des questions cruellement absentes de nos débats publics. Pointant la peur comme terreau fécond où prospèrent les extrémismes politiques, il met les sociétés européennes face à leurs responsabilités et l'impasse de leurs systèmes. Que faire face à la terreur ? Rester dans un cocon bien chaud qui nous déresponsabilise ? Prétexter l'enrouage de la machine sans se rendre compte que le machiniste est l'agent de sa propre aliénation ? Quelle place reste-t-il pour un sursaut de conscience dans un corps politique et social moralement exsangue ? Je suis Fassbinder est d'une fureur vigoureuse et non violente.

    Dans Sept secondes un chasseur-bombardier américain chargé de missiles largue son chargement mortel sur un pays lointain. Son pilote, un père de famille texan, croit en la mission civilisatrice de la guerre et remercie Dieu chaque jour de combattre du « bon côté ». À plusieurs voix, Falk Richter décrit l'équilibre précaire de la terreur dans un système d'ingérence des états occidentaux, le quotidien de la destruction de masse et l'atroce banalité du mal.

  • Toujours inspirée de Lewis Caroll, cette nouvelle création est la suite des aventures d'Alice dans Alice et autres merveilles. La fillette a désormais 7 ans et demi; elle a mûri depuis sa chute dans le terrier du lapin. Elle prend cette fois un autre chemin : celui du miroir de son salon qu'elle décide de traverser pour découvrir le monde inversé qu'il cache au-delà de sa surface. Avec fantaisie et curiosité, et à rebours de toute logique conventionnelle, elle effectue ce passage initiatique et apprend à lire les cartes d'un réel mouvementé où la vie se joue comme une partie d'échecs. Un univers jubilatoire où le langage croise le merveilleux, pour tous à partir de 8 ans.

  • Dialogues d'exiles

    Bertolt Brecht

    • L'arche
    • 13 June 1997

    Le passeport est la partie la plus noble de l'homme.
    D'ailleurs, un passeport ne se fabrique pas aussi simplement qu'un homme. on peut faire un homme n'importe oú, le plus étourdiment du monde et sans motif raisonnable ; un passeport, jamais. aussi reconnaît-on la valeur d'un bon passeport, tandis que la valeur d'un homme, si grande qu'elle soit, n'est pas forcément reconnue.

  • Antigone

    Bertolt Brecht

    • L'arche
    • 1 March 2000

    Antigone face à Créon. Dans la tragédie de Sophocle, le conflit entre le souverain de Thèbes et la fille d'Oedipe mène inévitablement à la destruction. Les deux protagonistes de la famille des Labdacides campent implacablement sur leurs positions. Hegel y voyait l'incarnation du tragique : le défenseur de la raison d'État contre la protectrice de la dignité familiale, deux causes ayant les mêmes droits s'affrontent avec force et se détruisent.
    De retour d'exil en 1947, Brecht s'intéresse au sujet, considérant dans un premier temps le drame de Sophocle comme un refus de la tyrannie et une approche de la démocratie. Au cours de son travail, il actualise la pièce : la force inéluctable du destin est effacée et la violence apparaît au premier plan. L'essentiel ici pour Brecht est de montrer la violence qui accompagne le délabrement des plus hautes sphères de l'État.

  • La noce

    Bertolt Brecht

    La Noce est la plus longue et la plus jouée des pièces en un acte que Brecht écrivit en 1919, à l'âge de vingt-et-un an. Inspiré par les foires de sa ville natale d'Augsbourg et par les fêtes de la bière de Munich, il raconte ici un moment clé de la vie de chacun, le repas de noces.
    Créée en 1926 à Francfort, la pièce rencontre un demi-succès mais fait scandale. Dans la deuxième partie des années vingt, probablement dans le contexte d'un projet cinématographique non réalisé, Brecht intitule son manuscrit La Noce chez les petits bourgeois, ce qui en rétrécit un peu le « champ d'application ».
    La pièce n'ayant jamais été publiée du vivant de Brecht, les éditeurs allemands ont choisi après sa mort de garder ce titre, correspondant, semble-t-il, à l'image (vraie et fausse) de terreur de la bourgeoisie alors attribuée à l'auteur.
    Nous publions ici la version de 1919, que l'on retrouve dans l'édition allemande des oeuvres complètes.

  • Dans les années 1970 en Allemagne, Franz se laisse séduire par Leopold alors qu'il avait rendez-vous avec sa petite amie Anna. Commence alors pour le jeune homme une vie recluse au foyer de son compagnon. Mais un jour Anna et Véra, transsexuelle et ex-compagne de Leopold, ressurgissent dans la vie des deux amants.

  • Renate quitte le pays

    Pina Bausch

    • L'arche
    • 11 May 2016

    «Renate quitte le pays», telle une opérette, est une pièce qui flirte avec les spectateurs. Gai et élégant, c'est peut-être la pièce la plus amusante que Pina Bausch ait jamais créée. Une oeuvre encore inconnue du public et emblématique du théâtre dansé, qui marie Hollywood à Wuppertal. (DVD trilingue inclus)

    Ajouter au panier
    En stock
  • Dans cet ouvrage célèbre, paru en 1929 en Allemagne et brûlé peu de temps après par les nazis, Erwin Piscator dresse un bilan de son travail de metteur en scène et directeur de théâtre pendant les années 1920. Il y définit le rôle décisif que peut jouer le théâtre pour éclairer le prolétariat et propose un répertoire composé de drames collectifs qui s'émancipent de l'esthétique naturaliste. En véritable précurseur, il expérimente sur ses propres scènes des techniques nouvelles, essentiellement cinématographiques et architecturales. Il est ainsi le premier à intégrer des matériaux documentaires, des projections-vidéos, des marionnettes, ou introduire sur scène des échafaudages en guise de décors.

    La présente édition contient un cahier illustré avec des iconographies d'époque, des reproductions de scénographies ou maquettes de spectacles, des photographies d'acteurs, des affiches et des croquis.

    Traduit de l'allemand par Arthur Adamov avec la collaboration de Claude Sebisch.

  • Café Müller

    Pina Bausch

    • L'arche
    • 23 September 2010

    " La mémoire a conservé peu de choses de ce spectacle, sinon la certitude de quelque chose de capital, quelque chose qu'on se doit de dire, et qui là est dit, une fois pour toutes, mieux que jamais, et si raidement, si purement, qu'on en tremble, qu'on en a la parole coupée, et qu'on sort le coeur blessé et pansé, baigné d'une effluve de larmes. " Hervé Guibert Cet enregistrement de Café Müller a été réalisé en 1985 avec Pina Bausch qui en outre a supervisé toute la production du film. Un document historique.

  • Abc de la guerre

    Bertolt Brecht

    • L'arche
    • 29 April 2015

    La première édition de cet ouvrage remonte au temps de l'ancienne RDA. Brecht y présente ce qu'il nomme des « photogrammes » : des images de guerre mises en relation de façon saisissante avec de courts textes, souvent sous forme de petits poèmes. Un ouvrage qui ne vise pas à documenter le second conflit mondial mais qui éclaire de façon sensible toutes les guerres.

  • Il y a des mythes dans l'histoire de la danse et la création du Sacre du printemps de Stravinsky par les Ballets russes de Diaghilev figure parmi eux. Juste avant la Première Guerre mondiale, la création en 1913, au Théâtre des Champs-Élysées, fut un scandale retentissant qui marqua le début de la danse moderne, du moins celle du XXe siècle. Parce que le scandale fut si éclatant, la chorégraphie de Nijinski tombait presque dans l'oubli et devenait, à tort, secondaire. La musique de Stravinsky, en revanche, s'imposa et fut interprétée par d'autres chorégraphes célèbres, parmi eux Martha Graham et Maurice Béjart. En 1975, dans la pluvieuse ville de Wuppertal, Pina Bausch relevait le défi.
    " C'est une série de cérémonies de l'ancienne Russie ", a précisé le compositeur. " Le Sacre du printemps ne comprend pas d'intrigue ", ajouta-t-il. C'est exactement ce qu'on sent quand on regarde la captation du mythique spectacle de Pina Bausch. Il y a un centre autour duquel se déroule l'action. Il fait chaud, la tension entre hommes et femmes est palpable et quelqu'un doit consentir à un sacrifice. Mais qui ? Une femme, mais laquelle ?
    La distinction entre Pina Bausch et les chorégraphes antérieurs fut là : ses danseurs et danseuses dansent jusqu'à la frontière de l'épuisement. Vêtus de peu, la terre noire leur colle à la peau. Oui, jusqu'au point où ça commence à faire mal. Un document unique des débuts de Pina Bausch, un enregistrement authentique d'une des chorégraphies les plus marquantes du XXe siècle.

  • Depuis presque trois décennies, la grande dame de wuppertal exerce son influence sur le monde théâtral, d'abord dans son pays puis, avec un succès grandissant, dans le monde entier.
    Pina bausch a incontestablement créé un nouveau style de danse et, au-delà, un genre théâtral inédit : le théâtre dansé. ce théâtre est visuel et acoustique, il appartient à " l'empire des sens ". c'est la raison pour laquelle presque toutes les publications qui étaient consacrées à cette oeuvre réunissaient beaucoup de photos mais disaient peu sur les origines des différentes pièces, donnaient peu d'éclaircissements sur le sens de l'ensemble, son contexte historique et dramaturgique.
    Norbert servos, qui a accompagné la naissance du théâtre dansé de pina bausch depuis ses débuts dans les années 1970, tente, pour la première fois, une démarche quasi " encyclopédique ". il décrit et analyse trente pièces et réunit plusieurs interviews avec pina bausch dans lesquelles elle s'explique sur son travail. ce livre, illustré par de nombreuses photos, est indispensable pour tous ceux qui voudraient comprendre l'oeuvre de pina bausch et plus généralement le théâtre de notre époque.

empty