Gallimard

  • Patti Smith a qualifié ce livre de «carte de [son] existence». En dix-huit «stations», elle nous entraîne dans un voyage qui traverse le paysage de ses aspirations et de son inspiration, par le prisme des cafés et autres lieux qu'elle a visités de par le globe.

    Après Glaneurs de rêves (2014), Patti Smith nous propose un nouveau livre inclassable, profondément sensible et sincère, illustré par les photographies en noir et blanc qu'elle prend depuis toujours, et qui confirme qu'elle est l'une des artistes actuelles les plus singulières.

  • «Un cahier inédit de Paul Valéry constitue en soi un événement éditorial. Or sa date en accroît l'impact, qui le réinsère, commencé le "20 août 33", parmi les quelque 260 Cahiers connus.
    L'année 1933 est, on le sait, scellée au coeur de l'Histoire. Valéry recueille et note les échos d'une actualité marquée par l'accession d'Hitler au pouvoir.
    La densité des fragments, qui maintient vive la réflexion abstraite, révèle que se peaufine cependant pour une proche parution le Degas Danse Dessin et que se profilent un "Alphabet" et un "Dialogue des choses divines" en perpétuel inachèvement. Un vécu plus intime dans le même temps affleure : l'évocation du "Tristan" de Wagner est trace d'une passion non partagée, l'aphorisme dédié à "l'insulte" et à "l'injure" masque un ressenti amer, le détail d'une "visite à Monzie" est rappel de son importance. Se mêlant à l'écriture, dessins et aquarelles émaillent superbement les pages.
    Condensé d'un mois de vie, riche des préoccupations et aspirations de Valéry, le cahier "août 33" se pare des attraits d'un vrai faux journal. L'intention s'en laisse entendre : "Décrire ce qu'on a vu, éprouvé etc. c'est fabriquer au moyen d'éléments discrets [...] un composé qui peut reproduire [...] quelques-unes des propriétés du moment original [...].» Micheline Hontebeyrie.

  • «Ma trajectoire est bizarre, de la petite gardienne de vaches dans sa vallée jusqu'à l'hôtel de ville de Stockholm. Comme bien souvent, je me sens à côté de moi-même.» Cest par ces mots, illustrant son origine et l'itinéraire d'une vie consacrée à la littérature, que Herta Müller a commencé son discours de réception du prix Nobel de Littérature en 2009. Un parcours qu'elle retrace dans ce long entretien en évoquant pour la première fois ce qui inspire son écriture : ses expériences, le langage, et la violence d'un quotidien sombre et oppressant sous la dictature roumaine.
    À travers des images inoubliables, Herta Müller mesure de façon inédite l'impact sur l'individu d'un système coercitif emblématique du siècle dernier.

  • "Ni Européens, ni Africains, ni Asiatiques, nous nous proclamons Créoles. Cela sera pour nous une attitude intérieure, mieux : une vigilance, ou mieux encore, une sorte d'enveloppe mentale au mitan de laquelle se bâtira notre monde en pleine conscience du monde." Publié en 1989, cet éloge de l'identité créole, cette quête lyrique "d'une pensée plus fertile, d'une expression plus juste, d'une esthétique plus vraie", fonde un art poétique qui devait très vite, dans une illustration magnifique, donner des oeuvres importantes : Raphaël Confiant a reçu le prix Novembre pour Eau de Café (1991), Patrick Chamoiseau le prix Goncourt pour Texaco (1992).

  • « Si une intelligence extraterrestre se rapprochait de notre globe terrestre, elle apercevrait depuis les lointains [...] un point bleu pâle : notre planète. [...] Mais son regard s'attarderait en outre sur de minuscules feux lumineux que les nuages et les intempéries ne peuvent pas obscurcir. Ces étincelles brillent elles aussi d'un bleu irisant. Elles sont la trace de grands esprits comme Socrate et Voltaire. » C'est sous ce patronage philosophique que se placent d'emblée Alexander Kluge et Ferdinand von Schirach, pour cette conversation entre intellectuels qui a pour ambition de parler du monde contemporain, avec ses périls et ses espoirs. Appartenant à des générations distinctes, mais ayant tous deux une formation du juriste, ces deux plumes allemandes devisent en toute amitié de l'état des choses, et convoquent l'héritage de grands esprits et d'artistes comme Kleist, Truman Capote ou le cinéaste Michael Haneke - sans hésiter à puiser également dans leurs expériences personnelles, et notamment l'enfance, pour interroger le sens de l'Histoire.

    Ces références, et l'empreinte qu'elles ont laissée dans la pensée de chacun, font de ces entretiens un témoignage singulier, où deux pensées se croisent, se questionnent et se nourrissent mutuellement. À la fois dialogue philosophique et réflexion politique, cette conversation peut également se lire comme une proposition de nouvelle définition de l'humanisme.

  • «Au printemps 1967, avec le cachet de La Chinoise, je me suis offert un appareil photo : un Pentax et deux objectifs, un 50 et un 150 mm. Je n'avais pas d'autre ambition que celle de photographier mes proches, ceux que j'aimais. Ils faisaient des films et ça devient très vite une habitude que de me balader, sur les plateaux et à côté, avec mon Pentax en bandoulière.»

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