Flammarion


  • Seul roman du célèbre écrivain irlandais, le«Portrait de Dorian Gray»fut adapté au cinéma avec beaucoup de succès.


  • La scène est au Pirée, qu'éclairent les flambeaux nocturnes de la procession en l'honneur de la déesse Bendis. Attablés dans la maison du vieux Céphale, Socrate et quelques amis entreprennent de discuter des récompenses promises au juste dans l'au-delà. Qui peut le mieux cerner l'essence de la justice ? La sagesse traditionnelle, les mythes anciens semblent impuissants et Socrate a vite raison des prétentions du sophiste Thrasymaque. Alors s'amorce avec Glaucon et Adimante, les frères de Platon placés en position d'interlocuteurs philosophes, un long entretien qui, de la justice dans la cité, remonte vers la justice de l'âme. L'histoire d'Athènes traverse sans cesse ce dialogue puissant, où la proposition d'une cité parfaite et de la royauté des philosophes est à la fois la réponse à la tourmente politique de la démocratie grecque et la recherche métaphysique des vertus de l'âme et des objets de la raison.
    Dans la traduction et le commentaire que je présente ici, j'ai cherché à construire l'équilibre le plus rigoureux possible entre une lecture centrée sur l'histoire et une autre qui prend la métaphysique comme foyer principal. Un des effets de cette perspective est d'éviter une position trop courante aujourd'hui, la dépolitisation de l'oeuvre. L'inquiétude de celui qui aspire à la justice, Platon ne cesse de le rappeler, n'est-elle pas indissociablement éthique et politique ?

  • Manifeste de la philosophie cartésienne, le Discours de la méthode (1637) est tout à la fois le récit d'un cheminement intellectuel et l'illustration magistrale d'un projet : fonder l'unité des sciences et constituer une science universelle. Foyer d'une oeuvre foisonnante, le Discours revendique les droits de la raison contre toute tradition et toute autorité. C'est pourquoi il assigne à la philosophie une tâche : s'élever à la certitude.
    La présente édition, augmentée d'un dossier, entend mettre en évidence le jeu de résonances qui relie le Discours aux autres textes de Descartes.

  • Le Procès

    Franz Kafka

    Il fallait qu'on ait calomnié Joseph K. : un matin, sans avoir rien fait de mal, il fut arrêté. La cuisinière de Madame Grubach, sa logeuse, ne lui apporta pas son petit déjeuner, comme elle le faisait tous les jours vers huit heures. Jamais ce n'était arrivé. K. attendit encore un petit moment et vit, de son oreiller, la vieille dame d'en face qui l'observait avec une curiosité tout à fait insolite. Puis, intrigue en même temps qu'affamé, il sonna. Aussitôt on frappa à la porte et un homme entra, que jamais K. n'avait vu dans cette maison, Svelte et pourtant bâti en force, il était sanglé dans un vêtement noir muni, comme les costumes de voyahe, de toutes sortes de rabats, de poches, de brides, de boutons et d'une ceinture : sans qu'on sût bien à quoi cela pouvait sevir, cela avait l'air extrêmement pratique.
    - Qui êtes-vous ? ditK. en se redressant à demi dans son lit.

  • Paru en 1755, le Discorns sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes peut être considéré comme la matrice de l'oeuvre morale et politique de Rousseau : il y affirme sa stature de philosophe, l'originalité de sa voix, la force de son "système".
    Résoudre le problème posé par l'Académie de Dijon, "quelle est la source de l'inégalité parmi les hommes et si elle est autorisée par la loi naturelle ?" en d'autres termes expliquer que riches et puissants dominent leurs semblables sur lesquels ils n'ont pas de réelle supériorité, exige aux yeux de Rousseau de poser à nouveaux frais la question "qu'est-ce que l'homme ?". Pour cela, il faut comprendre comment s'est formée sa "nature actuelle", si éloignée de ce que serait son état de nature : "Si je me suis étendu si longtemps sur la supposition de cette condition primitive, c'est qu'ayant d'anciennes erreurs et des préjugés invétérés à détruire, j'ai cru devoir creuser jusqu'à la racine."

  • «Le plus grand plaisir qui soit après amour, c'est d'en parler.» Nul n'en a mieux parlé, et plus intensément, que cette «Belle Cordière» dont le Débat, les Élégies et même les Sonnets sont encore injustement méconnus. Ses contemporains ne s'y sont pourtant pas trompés, qui avaient vu en elle une autre Sapho, capable de créer un nouveau langage poétique.
    Cette édition moderne des OEuvres complètes (la seule à comprendre les Écrits de l'originale) permettra de jeter un regard neuf sur l'un des plus grands poètes de la Renaissance.

  • La bête humaine

    Emile Zola


    Des Batignolles à Auteuil, un mécanicien de locomotive
    erre, le couteau en main, hanté par une idée fixe : tuer
    une femme... Dans le train qui mène au Havre, un
    couple poignarde sauvagement un notable du régime
    impérial, avant de le jeter sur la voie. À la Croix-de-Maufras,
    lieu-dit reculé, un garde-barrière empoisonne
    son épouse, dans l'espoir de mettre enfin la main sur
    son magot. La Bête humaine n'est pas seulement le
    grand roman ferroviaire du maître du naturalisme :
    c'est aussi son grand roman du crime - un Dahlia noir
    signé Zola, où chaque personnage semble être tour à
    tour le traqueur et la proie. En 1888, au moment
    d'entamer ce qui allait devenir l'un des volumes les plus
    célèbres du cycle des Rougon-Macquart, Zola écrivait :
    «Je voudrais quelque chose d'hallucinant, d'effroyable
    [...], qui reste à jamais dans la mémoire, qui donne un
    cauchemar à toute la France.»


  • En 1757, alors que la guerre franco-anglaise fait rage, Cora et Alice, accompagnées du major Heyward, partent rejoindre leur père, le colonel Munro, mais se fourvoient dans les épaisses forêts nord-américaines. Deux Indiens, Chingachgook et son fils Uncas, ainsi qu'un chasseur blanc, Oeil-de-Faucon, leur viennent en aide pour affronter les danger que recèle ce territoire hostile. La surprenante relation de confiance qui se noue entre eux rendra d'autant plus tragique la destinée des Mohicans...
    Dans Le Dernier des Mohicans, paru en 1826, James Fenimore Cooper allie avec brio la prestance du roman historique à l'énergie du récit d'aventures. De Balzac aux frères Goncourt, en passant par George Sand et Dumas, le Tout-Paris fut pris de "Coopermania" à la lecture de cette épopée d'outre-Atlantique, sauvage et impétueuse, était redécouverte.

  • L'idiot t.1

    Fiodor Dostoïevski

    «Il n'y a pas d'erreur, c'est un roi, d'une essence et d'une qualité telles que seul Shakespeare pourrait, chez les modernes, lui être comparé... Peut-être est-il, après Eschyle et Shakespeare, l'humain qui est descendu le plus profondément, le plus âprement dans l'abîme des coeurs et des corps...» Léon Daudet

  • Dans une Pologne imaginaire, aux confins de " nulle part " et " nul ne sait " où le Père Ubu a, dit-on, tué le roi et usurpé le pouvoir. Il inflige à ses ennemis toutes sortes de tortures à l'aide de ses armes fétiches, comme sa redoutable machine à décerveler ! Effrayante et ridicule à la fois, cette créature étrange, jamais avare de grossièretés, nous entraîne dans une rocambolesque farce où l'on rit mais où l'on frémit aussi quand sont dénoncés les vices de notre humanité.

  • Le prince

    Machiavel

    «Le très pénétrant Machiavel [...], cet homme très sage, dont il est évident qu'il fut pour la liberté, pour la défense de laquelle il a donné les conseils les plus salutaires.» Spinoza (Traité politique, V, 7).
    Chef-d'oeuvre bref et fulgurant, Le Prince est devenu d'emblée un livre classique de la réflexion politique. Adversaires et partisans de la doctrine du Florentin n'ont cessé de s'affronter au cours des siècles, au prix parfois de grands malentendus.

  • L'idiot t.2

    Fiodor Dostoïevski

    - Ecoutez ! Je sais que parler n'est pas bien : mieux vaut tout bonnement l'exemple, mieux vaut tout simplement commencer... j'ai déjà commencé... et - est-ce que réellement on peut être malheureux ? Oh, qu'est-ce que mon chagrin ou mon malheur, si j'ai la force d'être heureux ? Vous savez, je ne comprends pas comment on peut passer à côté d'un arbre, et ne pas être heureux de le voir, parler avec un homme, et ne pas être heureux de l'aimer ! Oh, seulement je ne sais pas m'exprimer..., mais combien il y a à chaque pas de choses si belles, que même l'homme le plus désemparé trouve belles ! Regardez l'enfant, regardez l'aurore du bon Dieu, regardez le brin d'herbe grandir, regardez les yeux qui vous regardent et qui vous aiment...
    Il était depuis longtemps déjà debout, parlant toujours. Le petit vieux le regardait maintenant avec épouvante. Elisabeth Procofievna poussa un cri : "Ah, mon Dieu !" ayant deviné avant les autres, et joignit les mains. Aglaé courut vivement à lui, eut le temps de la recevoir dans ses bras et avec effroi, le visage déformé par la douleur, elle entendit le cri sauvage de "l'esprit qui avait secoué et terrassé" le malheureux.

  • « On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans », a écrit Arthur Rimbaud. Mais peut-on le croire ? Adolescent talentueux, poète « maudit » dont la vie littéraire fut teintée de scandale, « homme aux semelles de vent » qui tourna le dos à la poésie dès ses vingt ans, Arthur Rimbaud fascine autant par sa personnalité mystérieuse que par son oeuvre. Chantant la révolte et la liberté, renouvelant le langage poétique, détournant les formes traditionnelles du vers, celui qui a prôné « le dérèglement de tous les sens » n'appartient à aucune école. Ce recueil réunit les poésies complètes de l'auteur, et permet de comprendre son parcours ainsi que la modernité poétique en marche à la fin du XIXe siècle.

    Création Studio Flammarion. Illustration : Flora Gressard © Flammarion

  • «Je ne vous distingue plus, Don Quichotte et Cervantès. Vous êtes aussi beaux l'un que l'autre. Votre grandeur est inimitable : elle devrait faire pleurer, et elle fait rire.» André Suarès

  • Cathédrale philosophique, la Critique de la raison pure (1781, 1787) n'avait pas connu de traduction française entièrement nouvelle depuis près d'un siècle. Il fallait rendre sa jeunesse à une oeuvre qui demeure présente dans la réflexion contemporaine comme un sommet inégalé. Identifiant l'oubli de la finitude comme le ressort des illusions d'un savoir absolu, Kant développe ici la première déconstruction systématique de la métaphysique spéculative. Pourtant, parce que son oeuvre majeure fonde aussi la perspective d'un usage légitime de la raison après sa critique, les exigences intrinsèques de la rationalité y conservent un sens pour une humanité reconduite à l'épreuve de sa condition. Ainsi la démarche kantienne se démarquait-elle par avance de toutes les critiques antirationalistes du discours rationnel. La Critique de la raison pure ouvrait la voie, non à une destruction périlleuse de la raison, mais à sa transformation postmétaphysique. En ce sens, elle continue d'offrir à la modernité philosophique un autre destin que celui qui la conduisait vers l'affrontement stérile de la spéculation et de sa simple dénégation.

  • La publication de l'Emile, en 1762, restitue au problème de l'éducation sa place centrale en philosophie.
    De ses premiers mois jusqu'à la rencontre amoureuse, Emile est suivi dans chaque étape, à travers des expériences qui attestent d'abord le souci de considérer « l'enfant dans l'enfant », au lieu de le sortir de son âge. Rousseau montre qu'il est possible d'éduquer un homme selon la nature et de quelle façon les vices et l'inégalité caractérisent désormais la condition humaine : double enjeu qui constitue sa « théorie de l'homme ».
    La richesse incomparable de ce maître-livre tient aussi aux tensions qui le parcourent. Rousseau refuse le péché originel mais il doit rendre raison du mal et de la souffrance que ce dogme interdisait d'ignorer; il critique les philosophes de son temps mais il pousse à ses limites leur méthode empiriste; il proclame: «je hais les livres», mais il fournit le panorama le plus juste et le plus instruit de la culture du XVIIIe siècle, en face de l'Encyclopédie et, pour partie, contre elle.
    Parus ensemble, Emile et le Contrat social furent condamnés à Paris puis à Genève: la force du traité d'éducation n'échappa pas aux censeurs, même si Rousseau prétendait ne livrer que « les rêveries d'un visionnaire ». Car la forme même de la fiction arrache l'ouvrage aux circonstances : pas plus que ses lecteurs des Lumières, nous ne sommes à l'abri de ses leçons.

  • Les aventures d'un enfant dans le Missouri au début du XIXe siècle, une quête éternelle de la liberté.

  • Dans ce voyage intérieur, le narrateur s'adresse à l'équipage d'un bâtiment immobilisé sur la Tamise, attendant la marée pour appareiller. S'ensuit une improbable expédition au coeur d'un continent inquiétant, peuplé d'indigènes invisibles et menaçants et de trafiquants d'ivoire. Avec une interview : Mathias Enard, pourquoi aimez-vous Au coeur des ténèbres ?

  • « Et ici, par une bravade frénétique, je frappai fortement avec une canne que j'avais à la main juste sur la partie du briquetage derrière laquelle se tenait le cadavre de l'épouse de mon coeur...
    Pendant un moment, les officiers placés sur les marches restèrent immobiles, stupéfiés par la terreur. Un instant après, une douzaine de bras robustes s'acharnaient sur le mur. Il tomba tout d'une pièce. Le corps déjà grandement délabré et souillé de sang grumelé, se tenait droit devant les yeux des spectateurs. Sur sa tête, avec la gueule rouge dilatée et l'oeil unique flamboyant, était perchée la hideuse bête dont l'astuce m'avait induit à l'assassinat, et dont la voix révélatrice m'avait livré au bourreau. » (Le Chat noir)

  • Mepris

    Alberto Moravia

    Texte intégral commenté.

  • Chef-d'oeuvre précoce de Marx et Engels, le Manifeste marque un tournant dans l'histoire du mouvement ouvrier : retraçant brièvement la genèse de la lutte des classes, Marx et Engels voulaient aussi doter la classe ouvrière d'un programme donnant des fondements scientifiques et durables à toute action révolutionnaire. Le résultat fut cette oeuvre brève, mondialement diffusée et dont la première édition vit le jour en 1848.
    Le présent volume comporte, outre le texte du Manifeste, un dossier qui inclut les préfaces des différentes éditions et des extraits de la correspondance entre Marx et Engels.

  • Outre les Méditations métaphysiques, données en version bilingue, ce volume comporte plusieurs écrits éclairant l'oeuvre :
    Les Objections faites contre les Méditations, par différents philosophes et théologiens (parmi lesquels Hobbes, Arnauld, Gassendi.), les Réponses de Descartes à ces Objections, ainsi que plusieurs lettres de Descartes.
    Édition relookée, corrigée et mise à jour.

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