Flammarion

  • Il est l'Ulysse aux milles ruses de l'art moderne, le Français le plus connu de l'époque à New York. Mais pour l'heure, c'est juste un mince jeune homme au complet froissé. Nous sommes le 9 septembre 1918 et Marcel Duchamp débarque à Buenos Aires. Il cherche une Arcadie, un rivage un peu ouaté qui assourdisse le boucan de la guerre. Il va y passer neuf mois. Le peu que l'on sait de son séjour, c'est qu'il ne parle pas un mot ou presque d'espagnol, travaille en pointillés sur son Grand Verre et se met à jouer aux échecs, jour et nuit. Mais ce que Duchamp ne sait pas lorsqu'il arrive, c'est que la Buenos Aires de 1918 parle mille langues, raffole des sciences occultes, ignore encore le cubisme et s'apprête à connaître la plus grande insurrection ouvrière de son histoire. Ce récit littéraire raconte un « blanc » biographique, où la fiction est appelée à la rescousse là où manquent les documents.
    Jusqu'à imaginer les desencuentros, les rendez-vous manqués de Duchamp avec quelques-unes des plus grandes figures argentines de l'époque, dont Jorge Luis Borges.

  • " La marche, on n'a rien trouvé de mieux pour aller plus lentement.
    Pour marcher, il faut d'abord deux jambes. Le reste est vain. Aller plus vite ? Alors ne marchez pas, faites autre chose : roulez, glissez, volez. Ne marchez pas. Car marchant, il n'y a qu'une performance qui compte : l'intensité du ciel, l'éclat des paysages. Marcher n'est pas un sport. " Si mettre un pied devant l'autre est un jeu d'enfant, la marche est bien plus que la répétition machinale d'un geste anodin : une expérience de la liberté, un apprentissage de la lenteur, un goût de la solitude et de la rêverie, une infusion du corps dans l'espace...
    Frédéric Gros explore ici, en une série de méditations philosophiques et en compagnie d'illustres penseurs en semelles (Nietzsche et Rimbaud, Rousseau et Thoreau, Nerval et Hölderlin...) mille et une façons de marcher - flânerie, errance ou pèlerinage -, comme autant d'exercices spirituels.

  • Cinémode par Jean Paul Gaultier Nouv.

    Des actrices traditionnellement idéalisées au cinéma comme la « femme fatale » ou de Marlene Dietrich, Greta Garbo et Katherine Hepburn, premières adeptes de la garderobe masculine ; de Marlon Brando et James Dean, qui ont été érotisés de manière inédite dans les années 50, Jean Paul Gaultier a tiré nombre d'inspirations, allant jusqu'à revisiter un personnage comme James Bond, dans sa collection masculine « James Blondes ».
    Connu pour combiner androgynie et hypersexualité, le couturier bouscule les codes vestimentaires propres à chaque sexe.
    Ses collections sont devenues le reflet des mutations de la société.


  • Seul roman du célèbre écrivain irlandais, le«Portrait de Dorian Gray»fut adapté au cinéma avec beaucoup de succès.


  • La scène est au Pirée, qu'éclairent les flambeaux nocturnes de la procession en l'honneur de la déesse Bendis. Attablés dans la maison du vieux Céphale, Socrate et quelques amis entreprennent de discuter des récompenses promises au juste dans l'au-delà. Qui peut le mieux cerner l'essence de la justice ? La sagesse traditionnelle, les mythes anciens semblent impuissants et Socrate a vite raison des prétentions du sophiste Thrasymaque. Alors s'amorce avec Glaucon et Adimante, les frères de Platon placés en position d'interlocuteurs philosophes, un long entretien qui, de la justice dans la cité, remonte vers la justice de l'âme. L'histoire d'Athènes traverse sans cesse ce dialogue puissant, où la proposition d'une cité parfaite et de la royauté des philosophes est à la fois la réponse à la tourmente politique de la démocratie grecque et la recherche métaphysique des vertus de l'âme et des objets de la raison.
    Dans la traduction et le commentaire que je présente ici, j'ai cherché à construire l'équilibre le plus rigoureux possible entre une lecture centrée sur l'histoire et une autre qui prend la métaphysique comme foyer principal. Un des effets de cette perspective est d'éviter une position trop courante aujourd'hui, la dépolitisation de l'oeuvre. L'inquiétude de celui qui aspire à la justice, Platon ne cesse de le rappeler, n'est-elle pas indissociablement éthique et politique ?

  • Manifeste de la philosophie cartésienne, le Discours de la méthode (1637) est tout à la fois le récit d'un cheminement intellectuel et l'illustration magistrale d'un projet : fonder l'unité des sciences et constituer une science universelle. Foyer d'une oeuvre foisonnante, le Discours revendique les droits de la raison contre toute tradition et toute autorité. C'est pourquoi il assigne à la philosophie une tâche : s'élever à la certitude.
    La présente édition, augmentée d'un dossier, entend mettre en évidence le jeu de résonances qui relie le Discours aux autres textes de Descartes.

  • C'est le Baudelaire amateur et critique d'art qui est présenté dans cet essai. Rythmé par des illustrations d'époque et par la plume pointue et érudite de Stéphane Guégan, cet ouvrage se déroule de manière chronologique. Ici, la modernité de Baudelaire est mise en évidence g il reproche au xixe siècle de mettre en avant beaucoup d'images et d'artistes dont il refusait les tendances lourdes. Il apprécie au contraire les « peintres de la vie moderne ». Ce dernier est convaincu que le Beau possède une positivité sensible, une utilité spirituelle, plus haute que ne l'entendaient ses contemporains. Son célèbre Spleen vienne se heurter à la beauté de l'art et en renverse son pessimisme.

  • Le Procès

    Franz Kafka

    Il fallait qu'on ait calomnié Joseph K. : un matin, sans avoir rien fait de mal, il fut arrêté. La cuisinière de Madame Grubach, sa logeuse, ne lui apporta pas son petit déjeuner, comme elle le faisait tous les jours vers huit heures. Jamais ce n'était arrivé. K. attendit encore un petit moment et vit, de son oreiller, la vieille dame d'en face qui l'observait avec une curiosité tout à fait insolite. Puis, intrigue en même temps qu'affamé, il sonna. Aussitôt on frappa à la porte et un homme entra, que jamais K. n'avait vu dans cette maison, Svelte et pourtant bâti en force, il était sanglé dans un vêtement noir muni, comme les costumes de voyahe, de toutes sortes de rabats, de poches, de brides, de boutons et d'une ceinture : sans qu'on sût bien à quoi cela pouvait sevir, cela avait l'air extrêmement pratique.
    - Qui êtes-vous ? ditK. en se redressant à demi dans son lit.

  • Récompensé par le prix Pulitzer, Maus nous conte l'histoire de Vladek ;.Spiegelman, rescapé de l'Europe d'Hitler, et de son fils, un dessinateur de bandes dessinées confronté au récit de son père.
    Au témoignage :bouleversant de Vladek se mêle un portrait de la relation tendue que l'auteur entretient avec son père vieillissant.

  • «Le plus grand plaisir qui soit après amour, c'est d'en parler.» Nul n'en a mieux parlé, et plus intensément, que cette «Belle Cordière» dont le Débat, les Élégies et même les Sonnets sont encore injustement méconnus. Ses contemporains ne s'y sont pourtant pas trompés, qui avaient vu en elle une autre Sapho, capable de créer un nouveau langage poétique.
    Cette édition moderne des OEuvres complètes (la seule à comprendre les Écrits de l'originale) permettra de jeter un regard neuf sur l'un des plus grands poètes de la Renaissance.

  • Paru en 1755, le Discorns sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes peut être considéré comme la matrice de l'oeuvre morale et politique de Rousseau : il y affirme sa stature de philosophe, l'originalité de sa voix, la force de son "système".
    Résoudre le problème posé par l'Académie de Dijon, "quelle est la source de l'inégalité parmi les hommes et si elle est autorisée par la loi naturelle ?" en d'autres termes expliquer que riches et puissants dominent leurs semblables sur lesquels ils n'ont pas de réelle supériorité, exige aux yeux de Rousseau de poser à nouveaux frais la question "qu'est-ce que l'homme ?". Pour cela, il faut comprendre comment s'est formée sa "nature actuelle", si éloignée de ce que serait son état de nature : "Si je me suis étendu si longtemps sur la supposition de cette condition primitive, c'est qu'ayant d'anciennes erreurs et des préjugés invétérés à détruire, j'ai cru devoir creuser jusqu'à la racine."

  • Édimbourg, 1874. Jack naît le jour le plus froid du monde et son coeur en reste gelé. Mi-sorcière mi-chaman, la sage-femme qui aide à l'accouchement parvient à sauver le nourrisson en remplaçant le coeur défectueux par une horloge. Cette prothèse fonctionne et Jack vivra, à condition d'éviter toute charge émotionnelle : pas de colère donc, et surtout, surtout, pas d'état amoureux. Mais le regard de braise d'une petite chanteuse de rue mettra le coeur de fortune de notre héros à rude épreuve : prêt à tout pour la retrouver, Jack se lance tel Don Quichotte dans une quête amoureuse qui le mènera des lochs écossais jusqu'aux arcades de Grenade et lui fera connaître les délices de l'amour comme sa cruauté. Conte désuéto-moderne mâtiné de western-spaghetti, La Mécanique du Coeur vibre d'une rugueuse force poétique où l'humour est toujours présent. Mathias Malzieu soumet aux grands enfants que nous sommes une réflexion très personnelle sur la passion amoureuse et le rejet de la différence, donnant naissance à un petit frère de Pinocchio qui aurait fait un tour chez les Freaks de Todd Browning.

  • Les femmes sont-elles meilleures gouvernantes que les hommes ? Ou ne serait-ce qu'en raison des difficultés qu'elles éprouvent d'aller jusqu'au sommet, seules les plus exceptionnelles y par viennent ? Comme l'écrivait Françoise Giroud : "La femme serait vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente."

  • Christian Boltanski, récits : conversation avec Laude Adler Nouv.

    Christian Boltanski vient de disparaître. Ce livre d'entretiens s'est achevé quinze jours auparavant. Il avait décidé de tout, du titre, de la couverture, de l'ordre des chapitres. Il semblait heureux de ce texte qu'il avait minutieusement relu et corrigé. Il ne faut pas y lire la moindre dimension testamentaire. Christian était habité par une force de vie peu commune, il riait tout le temps, il était très drôle, et ce fut une joie de faire ce livre avec lui. Il était comme on dit «un bon vivant», même si son oeuvre, dans ses différents registres et ce, depuis l'origine, était hantée par la mort. L'éphémère, la finitude, la fragilité, le hasard constituent en un entrelacs serré l'arche de ses pensées.L. A.

  • Nana

    Emile Zola

    Dossier 1. La théorie naturaliste 2. Nana, roman naturaliste Chronologie et notes par Marie-Ange Voisin-Fougère Présentation . Un projet ancien . Le scalpel naturaliste . Donner tout le vice . La mascarade impériale . La mouche d'or . «Je vais faire un livre amusant et terrible» Nana ruine ceux qui la désirent : le banquier Steiner, le capitaine Hugon... tous seront séduits et conduits au désespoir par la «Vénus blonde». En décrivant la vie d'une courtisane, Zola dépeint, à la manière des moralistes, la débâcle de la société bourgeoise du Second Empire en un saisissant tableau de moeurs.

  • Le 22 février 1942, exilé à Pétropolis, Stefan Zweig met fin à ses jours avec sa femme, Lotte.
    Le geste désespéré du grand humaniste n'a cessé, depuis, de fasciner et d'émouvoir. Mêlant le réel et la fiction, ce roman restitue les six derniers mois d'une vie, de la nostalgie des fastes de Vienne à l'appel des ténèbres. Après la fuite d'Autriche, après l'Angleterre et les Etats-Unis, le couple croit fouler au Brésil une terre d'avenir. Mais l'épouvante de la guerre emportera les deux êtres dans la tourmente - Lotte, éprise jusqu'au sacrifice ultime, et Zweig, inconsolable témoin, vagabond de l'absolu.

  • Cette édition augmentée fait la part belle aux tendances les plus actuelles de la scène photographique mondiale, aussi bien techniques, avec la place du numérique à l'ère de la mondialisation et de la pandémie de coronavirus, que sociétales, avec la part belles faite aux femmes photoraphes et aux artistes issus de minorités.
    5 grandes parties couvrant l'histoire de la photographie de 1826 à nos jours. 90 époques et mouvements clés de l'histoire de la photographie présentés en détail avec une chronologie complète permettant de situer chaque oeuvre et chaque artiste dans leur contexte. 130 photographies incontournables décryptées grâce à un système de zoom dans l'image, une biographie de l'artiste et une étude approfondie de l'oeuvre.

  • L'idiot t.1

    Fiodor Dostoïevski

    «Il n'y a pas d'erreur, c'est un roi, d'une essence et d'une qualité telles que seul Shakespeare pourrait, chez les modernes, lui être comparé... Peut-être est-il, après Eschyle et Shakespeare, l'humain qui est descendu le plus profondément, le plus âprement dans l'abîme des coeurs et des corps...» Léon Daudet

  • En 1757, alors que la guerre franco-anglaise fait rage, Cora et Alice, accompagnées du major Heyward, partent rejoindre leur père, le colonel Munro, mais se fourvoient dans les épaisses forêts nord-américaines. Deux Indiens, Chingachgook et son fils Uncas, ainsi qu'un chasseur blanc, Oeil-de-Faucon, leur viennent en aide pour affronter les danger que recèle ce territoire hostile. La surprenante relation de confiance qui se noue entre eux rendra d'autant plus tragique la destinée des Mohicans...
    Dans Le Dernier des Mohicans, paru en 1826, James Fenimore Cooper allie avec brio la prestance du roman historique à l'énergie du récit d'aventures. De Balzac aux frères Goncourt, en passant par George Sand et Dumas, le Tout-Paris fut pris de "Coopermania" à la lecture de cette épopée d'outre-Atlantique, sauvage et impétueuse, était redécouverte.

  • La bête humaine

    Emile Zola


    Des Batignolles à Auteuil, un mécanicien de locomotive
    erre, le couteau en main, hanté par une idée fixe : tuer
    une femme... Dans le train qui mène au Havre, un
    couple poignarde sauvagement un notable du régime
    impérial, avant de le jeter sur la voie. À la Croix-de-Maufras,
    lieu-dit reculé, un garde-barrière empoisonne
    son épouse, dans l'espoir de mettre enfin la main sur
    son magot. La Bête humaine n'est pas seulement le
    grand roman ferroviaire du maître du naturalisme :
    c'est aussi son grand roman du crime - un Dahlia noir
    signé Zola, où chaque personnage semble être tour à
    tour le traqueur et la proie. En 1888, au moment
    d'entamer ce qui allait devenir l'un des volumes les plus
    célèbres du cycle des Rougon-Macquart, Zola écrivait :
    «Je voudrais quelque chose d'hallucinant, d'effroyable
    [...], qui reste à jamais dans la mémoire, qui donne un
    cauchemar à toute la France.»



  • Récit littéraire et enquête personnelle sur un drame familial inséparable de la plus grande tragédie du XXe siècle : l'extermination des juifs par les nazis. Dans ces pages, l'auteur raconte comment une partie de sa famille a disparu dans l'est de la Pologne au début des années 1940, en laissant quelques lettres, des photos et des souvenirs chez les membres survivants émigrés aux Etats-Unis.


  • Dans une Pologne imaginaire, aux confins de " nulle part " et " nul ne sait " où le Père Ubu a, dit-on, tué le roi et usurpé le pouvoir. Il inflige à ses ennemis toutes sortes de tortures à l'aide de ses armes fétiches, comme sa redoutable machine à décerveler ! Effrayante et ridicule à la fois, cette créature étrange, jamais avare de grossièretés, nous entraîne dans une rocambolesque farce où l'on rit mais où l'on frémit aussi quand sont dénoncés les vices de notre humanité.

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