Empire

  • Ce catalogue s'intéresse aux productions d'artistes contemporains se situant dans une généalogie historique du réemploi d'images au XXe siècle. L'ouvrage richement documenté et illustré comprend de nombreux textes et entretiens visant à éclairer les pratiques de ces artistes iconographes. Il s'accompagne d'un livret constitué d'extraits d'Album XIII de l'artiste Luis Jacob, s'inscrivant dans son projet de banque d'images issues des médias imprimés.

    Les artistes iconographes nourrissent leur démarche depuis plus d'un siècle de la diversité des images produites par d'autres et diffusées industriellement dans la société. Du collage au Post-Internet, de l'installation d'archives à la citation appropriationniste, en passant par la constellation d'images, ce livre remet en perspective ces pratiques en se focalisant sur les quarante dernières années marquées par l'invention et le développement d'un nouveau régime de diffusion : Internet. A travers textes théoriques, entretiens avec des artistes, et pratiques de l'exposition, il dresse une cartographie des relations que les artistes entretiennent avec les images et aborde la question de l'affect comme moteur de nos interactions avec elles.

  • Réédition fac-similé, accompagnée de sa traduction française, des manuels de charte graphique conçus par Paul Rand pour la redéfinition de l'identité visuelle de la société multinationale de matériel informatique IBM, recherche iconique menée par le graphiste américain entre 1962 et 1987 sous forme d'un classeur à feuillets volants. Leur assemblage permet la mise en perspective des pratiques et usages graphiques à travers leur évolution au fil du temps, et de rentrer au coeur de l'un des plus importants projets de design global du XXe siècle.

    En 1956, le designer Eliot Noyes est engagé par le directeur d'IBM à repenser le design de l'entreprise dans son intégralité, des produits à la communication en passant par l'architecture des bâtiments. Le graphiste Paul Rand est invité à définir l'ensemble des documents graphiques de l'entreprise. Commence alors l'un des projets de design graphique les plus mémorables du XXe siècle au sein de l'« IBM Graphic Design Program ».
    La série de logotypes IBM créée par Paul Rand a culminé avec une version dessinée en 1972 formée de bandes superposées, qui a rendu les initiales de la compagnie instantanément reconnaissables dans le monde entier. Ce logo à 8 barres est toujours utilisé aujourd'hui.
    Entre les années 60 et les années 80 un ensemble conséquent de règles et usages graphiques a été répertorié et régulièrement mis à jour dans un classeur organisé par sections. On y retrouve les instructions de reproduction du logotype, les règles graphiques et typographiques, les dessins de documents internes et externes, les usages signalétiques, les utilisations architecturales. Ce document permet une manipulation des signes graphiques de l'entreprise en cohérence et en discussion efficace avec les autres corps de métier.
    Ce classeur est aujourd'hui un objet iconique, rare et peu documenté, il nous parait nécessaire de le rendre accessible et diffusable, aux graphistes, étudiants et intéressés par cette aventure d'entreprise emblématique. Compte tenu des nombreuses mises à jour des normes graphiques, les différents classeurs de norme IBM que nous avons consultés sont souvent différents dans leurs contenus. Ce sont les documents successifs de ce classeur et leurs évolutions qui sont édités et reproduits afin d'offrir la vue la plus large sur le travail accompli pendant plus de 20 ans. Cette entreprise a été réalisée de concert avec les archivistes d'IBM, New-York et la Bibliothèque Kandinsky du Centre Georges Pompidou, Paris.
    Le projet s'est fait en accord avec les ayants droit de Paul Rand et l'entreprise IBM.

  • Le recueil des quatre premiers numéros de la revue critique consacrée au design graphique, publiée par les éditions Empire (studio Syndicat). Chaque parution s'intéresse à un objet spécifique, traité par un auteur reconnu : la collection Rouge-gorge aux éditions Cent pages par SpMillot ; la base de données colorlibrary.ch du studio Maximage ; la monographie Recollected Work par Mevis & Van Deursen et les cartons d'invitation de l'artiste Stanley Brouwn.

    N° 01 : Une collection - Rouge-gorge aux éditions Cent pages par SpMillot. Auteur : Thierry Chancogne.
    « SpMillot, couple à la vie comme au travail, se sont rencontrés dans les années 1980 à l'École des Arts Décoratifs de Paris [...]. SpMillot dessine des posters, des sites internet, des brochures, des logotypes. Mais le couple semble avoir un penchant pour la typographie. Une typographie qui ne doit pas être seulement comprise dans son approche «microscopique», à l'échelle de la lettre. SpMillot ne dessine pas tant les caractères qu'il les adapte systématiquement en changeant ici un glyphe, là une hauteur d'x, qu'il acclimate à un projet précis, à sa propre grammaire. [...] Pour aborder le travail de SpMillot, nous nous intéresserons à ce qui est sans doute un de leurs travaux les plus connus et peut-être les plus représentatifs : la collection Rouge-gorge des éditions Cent pages. » Thierry Chancogne N° 02 : Une plateforme technique - Colorlibrary.ch par Maximage. Auteure : Manon Bruet.
    Le projet de recherches Workflow, mené à l'ECAL par Tatiana Rhis, Guy Meldem, et Julien Tavelli et David Keshavjee (Maximage), s'intéresse aux nouvelles technologies de l'objet imprimé. Il consiste en une série d'expériences qui tentent de déjouer les technologies de production aujourd'hui à disposition, provoquer le hasard et les accidents afin d'obtenir des résultats inédits. Un des premiers résultats du programme Workflow est la création d'une série de profils colorimétriques permettant de convertir des images numériques pour l'impression avec une, deux, trois, quatre ou cinq couleurs d'accompagnement, qu'elles soient basiques, pastels, fluos ou métallisées. Revendiquant une solution « novatrice » et « professionnelle » pour le traitement de la couleur, l'ECAL et le programme Workflow lancent en 2016 le site www.colorlibrary.ch, qui propose ces profils à la vente. La plateforme apparaît comme une bibliothèque en ligne présentant une grande variété de profils aux différentes combinaisons colorées.

    N° 03 : Une monographie - Recollected Work par Mevis & Van Deursen. Auteur : Étienne Hervy.
    En 2006, l'éditeur Artimo confie à Linda van Deursen et Armand Mevis la direction éditoriale et la conception graphique de leur propre monographie : Recollected Works. Associés à Paul Elliman pour les textes, les deux graphistes répondent par une démarche similaire à celle qui est la leur lorsqu'ils accompagnent d'autres artistes ou photographes à travers des livres dont la pertinence a largement contribué à la réputation du studio. Mevis & van Deursen proposent au lecteur de faire l'expérience de leur travail à l'oeuvre plutôt que de le contenter par une restitution de travaux présentés comme oeuvres en soi. Plutôt que la nostalgie d'une organisation plus ou moins formalisée de leurs projets précédents, les deux graphistes regardent leur production passée comme le matériau d'un projet autonome que sera ce livre.

    N° 04 : Une communication - Cartons d'invitation de l'artiste Stanley Brouwn. Auteure : Céline Chazalviel.
    Derrière les normes mises en place pour la communication relative à ses expositions, l'usage exclusif de minuscules et de l'helvetica, le refus de reproduire des images de son travail, de produire (ou de laisser produire) un commentaire écrit au sujet de ce même travail, d'apparaître dans un contexte de vernissage ou encore de répondre à une interview, l'artiste Stanley Brouwn construit son identité par ellipses. Depuis sa première participation à la Dokumenta 5 (1972), les récits liés à cette attitude tracent les contours d'une posture artistique qui dépasse le cas particulier. L'exemple des cartons d'invitation de ses expositions personnelles en est symptomatique : composés quasiment exclusivement en helvetica, en l'absence de majuscules et, cela, faisant fi de l'identité graphique de la galerie ou de l'institution invitante, ils semblent impossibles à dater, à vingt ans près. Cette maitrise révèle que les choix graphique et typographique représentent un des espaces de la neutralité construite par Brouwn à l'instar d'autres artistes et théoricien(ne)s de sa génération, et celles à suivre.

    Faire - Regarder le graphisme est une revue critique bimensuelle consacrée au design graphique, qui paraît en librairie tous les deux mois sous la forme de recueils de quatre numéros. Editée par Empire, la maison d'édition du studio Syndicat, elle parait d'octobre à juin et s'adresse aussi bien aux étudiants qu'aux chercheurs et aux professionnels, en documentant les pratiques contemporaines et internationales du graphisme ainsi que l'histoire et la grammaire des styles. Chaque numéro propose un sujet unique et tentaculaire, traité par un auteur reconnu.

    « Les revues critiques dédiées à l'analyse du design graphique sont malheureusement trop peu nombreuses aujourd'hui, particulièrement en France mais aussi en Europe. Engagés dans une posture analytique et critique des formes et activités du graphisme, Sacha Léopold et François Havegeer souhaitent mener une revue imprimée sur ces pratiques, en agissant avec sept auteurs (Lise Brosseau, Manon Bruet, Thierry Chancogne, Céline Chazalviel, Jérôme Dupeyrat, Catherine Guiral et Étienne Hervy). Ce choix restreint, lié à la volonté de proposer une expérience au sein d'un groupe ayant déjà mené des projets communs, permettra d'inclure des auteurs internationaux la deuxième année. »

  • Réédition fac-similé et traduction française de la charte graphique conçue par le studio Danne & Blackburn pour la redéfinition de l'identité visuelle de l'agence spatiale américaine NASA en 1975.

    Le classeur de la norme graphique de la NASA est un étrange fantôme. Cet outil visuel inédit dessiné et alimenté par Richard Danne et Bruce Blackburn à partir de 1975 fut délaissé en 1992 par l'agence aérospatiale américaine. Il ré-apparait ces dernières années sur internet où il est publié sur quelques blogs intéressés par les sujets du graphisme. Il fut mis en ligne par la NASA sous format PDF avant d'être ré-édité dans une version bibliophilique augmentée par Jesse Reed and Hamish Smyth en 2015.
    Au delà de la fascination pour le sujet « NASA », cet outil présente plusieurs intérêts :
    - Une présentation d'identité visuelle exhaustive, de la mise en forme d'un courrier jusqu'aux marquages de la navette spatiale Discovery afin d'appréhender les différentes échelles formelles, politiques et techniques d'usage des signes.
    - Un accompagnement des personnels amenés à produire des documents nouveaux en privilégiant un discours précis et à rebours du vocabulaire formel majoritaire des communicants contemporains.
    - Un objet dont la matérialité affirme tout à la fois l'intérêt témoigné pour son sujet et l'ambition et le soin qui doivent être manifestés dans la mise en forme de celui-ci. Son format facilite sa manipulation pour garantir une organisation, une compréhension et un usage des consignes et propositions qu'il articule et développe.
    La réimpression des pages de la norme originale est réalisée en noir. Ainsi l'ensemble des couleurs PMS se transforment en nuances de gris. La présence d'un nuancier mobile 5 couleurs PMS et l'annotation constante des pages imprimées permettent une retranscription précise de l'articulation des images originales.

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