Cahiers Dessines

  • In extremis

    Tomi Ungerer

    Si le public français connaît les affiches politiques de Tomi Ungerer, il ne mesure pas toujours l'étendue de son engagement.   Ces deux cents dessins, dont la plupart sont publiés pour la première fois en France, racontent la révolte constante de Tomi Ungerer contre le racisme, le militarisme, le danger nucléaire, la pollution, mais aussi les hypocrisies de l'Histoire officielle et l'aveuglement de la bonne conscience.   Une puissance d'évocation qui le place parmi les grands dessinateurs de notre temps.

  • Chefs d'oeuvre t.1

    Roland Topor

    On a célébré les différentes facettes de Roland Topor, ses romans et ses nouvelles, ses pièces de théâtre, ses dessins de presse, ses affiches, ses illustrations, sans oublier ses films d'animation. Il est temps de présenter ce qui constitue l'épine dorsale de son oeuvre : ses dessins les plus accomplis, qui sont aussi les plus intemporels.
    Ce premier volume s'attache donc à réunir ses chefs-d'oeuvre en noir et blanc, où l'on retrouve ses thèmes de prédilection - le corps malmené, les tourments de l'éros, l'exploration graphique et fantasmatique des méandres de l'inconscient -, ainsi que quelques dessins politiques, aussi pénétrants qu'irrévérencieux.
    Une plongée vertigineuse dans l'imaginaire délié et foisonnant de l'un des plus grands dessinateurs du XXe siècle.

  • The party

    Tomi Ungerer

    Dans The Party, publié pour la première fois à New York en 1966, Tomi Ungerer règle ses comptes avec les milieux américains de l'édition, de la presse et de la publicité.   Mais par-delà sa dimension personnelle, l'album est une critique acerbe de la mondanité occidentale, de sa vacuité insondable et de sa - proprement - monstrueuse prétention.   Un chef d'oeuvre du dessin satirique.

  • Le monde selon Topor dévoile de multiples facettes de l'oeuvre de cet artiste hors du commun, l'un des plus marquants et prolifiques de la fin du xx e siècle.
    L'ouvrage raconte de façon inédite l'univers créatif de Topor, le dessinateur et l'écrivain, des années 60 jusqu'à sa mort en 1997.
    Roland Topor débute sa carrière comme dessina- teur d'humour dans une certaine presse : Bizarre en 1958, Arts en 1959, Fiction en 1960 et Hara-Kiri en 1961. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de Fernando Arrabal. Une amitié très forte naît entre les deux hommes et ensemble, avec d'autres artistes rencontrés lors de ses études à l'École des beaux-arts de Paris, ils créent le groupe « Panique », mouve- ment artistique, qui, malgré son manque de sérieux assumé, va jouir d'une certaine renommée dans le monde des arts et des lettres.
    Toujours empreint d'humour grinçant et d'une cer- taine mélancolie, le dessinateur s'est fait également connaître comme écrivain de nouvelles, de romans, de pièces de théâtre. Il est l'auteur de plusieurs films d'animation, dont le célèbre La Planète sauvage, ainsi que de la série télévisée Téléchat.

  • Giacometti rédigea ces lignes : « Il y a longtemps que je voulais écrire ceci et quelques autres souvenirs de merde et de masturbations, mais cela ne suffit pas pour faire un livre, encore moins un livre d'art et puis toutes mes promenades la nuit à travers Paris en 1923-1924 à la recherche d'une prostituée, obsédé par les prostituées, les autres femmes n'existaient pas pour moi, seules les prostituées m'attiraient et m'émerveillaient, je voulais toutes les voir, toutes les connaître, et toutes les nuits je recommençais mes longues promenades solitaires. Il se passe quelque chose de nouveau pour moi dans la vue des choses depuis quelques jours, je vois différemment, dans la même ligne que depuis 1945 quand pour la première fois il me semble j'ai un peu vu ce qui m'entoure mais je ne voyais pas encore comme depuis quelques jours mais comment arriver à peindre cela ? » Depuis, Giacometti a su voir et s'emparer de ce qui l'entoure, voir Paris, le disséquer, d'une part en acceptant de réaliser Paris sans fin pour l'éditeur Tériade, et d'autre part en se laissant aller à son ins- piration, multipliant les outils : crayon, plume, sty- lo-bille. Voici enfin rendue publique une sélection de dessins « parisiens » pour la plupart inédits.

  • En sortant d'un café, Giacometti s'exclama : « Ah !
    Paris... Paris sans fin ! » Ainsi fut trouvé le titre de ce livre mythique publié en 1969 en lithographie à deux cents exemplaires par Tériade. Cent-cinquante dessins, accompagnés d'un texte de l'artiste resté ina- chevé, emmènent le lecteur dans un reportage hors norme à travers la capitale des années 1960. De l'ate- lier au café, à pied ou en voiture, sur les boulevards, à la gare de l'Est, au Jardin des Plantes, on découvre des rues, des façades, des bars, des voitures de l'époque, parfois quelques personnages - caïds, prostituées, joueurs à la petite semaine. Souvent considéré comme le testament de Giacometti, Paris sans fin constitue une fabuleuse pérégrination graphique de près de dix ans, où les images livrent un labyrinthe complexe de pistes contradictoires. Les horloges n'indiquent pas l'heure, les espaces se confondent : brisant les règles de la cohérence et de la chronologie, un récit surgit, le récit d'une vie, celle d'un artiste obstiné, absolu- ment sincère et inclassable. Trente dessins inédits complètent la présente édition.

  • De 1939 à sa mort en 1978, Marcel Bascoulard hanta les rues de la ville de Bourges. Autodidacte, clochard hirsute, souvent habillé en femme, ce personnage hors norme est l'auteur d'une oeuvre graphique considérable, d'une très grande virtuosité. Pendant près de quarante ans, avec une technique parfaite, il a représenté avec un parfait réalisme les rues, les places, les monuments de Bourges et de sa périphérie. À la plume, au crayon, au pastel, à la gouache, ses dessins révèlent dans une sorte de vertige un sens aigu du moindre détail, du proche et du lointain, des matériaux et de leur texture, avec une connaissance parfaite de la perspective. Il en émane une intense poésie du lieu, proche de celle d'un Rembrandt ou d'un Dürer. Maître du dessin figuratif, Bascoulard laisse une oeuvre de plusieurs centaines de dessins, ainsi que des oeuvres abstraites, des cartes géographiques et des photographies dans lesquelles il se présente en femme, confectionnant lui-même ses robes.
    Son oeuvre est ici rassemblée, accompagnée d'un texte de Patrick Martinat qui reconstitue sa biographie et son cadre de vie. Artiste virtuose et clochard magnifique, Marcel Bascoulard fut un personnage hors norme, à la vie romanesque. Il laisse une oeuvre dessinée très importante. Ce livre est à la fois une biographie détaillée et un livre d'art, riche de plus de 300 reproductions, dessins, photographies et documents pour la plupart inédits.

  • Tenant à la fois de l'histoire de l'art et de l'analyse des moeurs, ce livre, conçu comme une visite guidée à travers les siècles, offre avec autant de finesse que de jubilation une approche nouvelle de quelques grands noms de la peinture afin de mettre en lumière ce que l'auteur considère comme un oxymore : l'« art suisse ».

  • Folon a inventé un personnage : un petit homme seul. Comme chez Magritte, Chaval ou Topor, il porte un chapeau. Deux points lui servent d'yeux, deux traits, de nez et de bouche. Contrairement aux photographes qui cherchent dans la réalité de quoi nourrir leur imaginaire, Folon nourrit la réalité de son imaginaire à lui. Ainsi, les traits de son petit homme apparaissent en vrai dans un lavabo, sur une prise électrique, une porte vitrée, la façade d'une maison. Et puis, dans la rue, au milieu des gratte-ciels, les feux et les flèches de signalisation se multiplient. Folon les a photographiés pendant des années. Ami de Lartigue, Cartier-Bresson, Martine Franck et de Fulvio Roiter, il ne s'est pour autant jamais considéré comme un photographe : c'est en dessinateur qu'il a observé le monde, et qu'il l'a enchanté. Il a laissé des milliers de clichés, comme les vers d'un long poème à la fois alarmant et merveilleux.

  • Partir, revenir. Revenir, partir. De son atelier parisien à Alger, de Cadaquès à Pékin, Alexandra Roussopoulos emporte ses murs avec elle en les restituant à travers plusieurs séries de peintures, de sculptures, de moulages, de photographies retravaillées et d'installations vidéo qui mêlent l'intime et le collectif, l'émotion et le mystère.

    Réalisées en partie pour une exposition créée en Algérie à un moment charnière de son histoire, ces oeuvres singulières sont autant de traces, d'empreintes, qui, en esquissant une géographie à la fois rêvée et réelle, questionnent le rapport consubstantiel entre les objets et le souvenir, le voyage et l'imaginaire, le passé et le présent.

    Réalisé avec le concours de l'Institut français d'Alger, le présent ouvrage s'accompagne des textes de Grégor Trumel, Julie Bouvard, Wassyla Tamzali, Léopold Victor Poirel, Véronique Beucler, Hélène Cixous, Amar Lounas, Matthieu Gounelle, Jean-Jacques Beucler, le chef indien Seattle, Hajar Bali, Maya Ouabadi et de Gilles A. Tiberghien.

  • Kafka, les dessins Nouv.

    Kafka, les dessins

    Franz Kafka

    En 2019, il s'est produit un véritable événement culturel : plus d'une centaine de dessins de Franz Kafka, jusqu'alors précieusement gardés sous clef dans une banque zurichoise, furent mis au jour. Pour la première fois, la présente édition les rend accessibles au grand public, aux côtés des quelques dessins déjà connus.
    Entre 1901 et 1907, Kafka dessine intensément. Il saisit sur le vif toutes sortes de personnages : des êtres fragiles, instables, aussi énigmatiques que fascinants. Comme dans ses oeuvres écrites, irréductibles à aucun genre, on navigue sans entrave entre le réalisme et le fantastique, en passant par le grotesque, l'étrange, voire le bouffon et le carnavalesque.
    Les textes d'Andreas Kilcher, Judith Butler et de Pavel Schmidt, tout en rendant hommage à cet autre grand talent d'un des écrivains les plus singuliers et les plus marquants du xxe siècle, offrent au lecteur la clef de son univers foisonnant, où le rire nargue la tragédie, et l'onirique le dispute au désespoir.

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