Blusson

  • Une étude, fortement illustrée et documentée, de Florence de Mèredieu sur trois grands artistes.
    L'ouvrage porte sur l'élaboration, la représentation et la destruction de la figure humaine dans les oeuvres de Léonard de Vinci, Francis Bacon et Antonin Artaud. Cette perspective historique part de la Renaissance pour aboutir à l'art du XX e siècle. La question du rapport du corps et de la "chair" à la forme, la non-forme et l'informe y est considérée d'un point de vue neuf. Parmi les nombreuses thématiques abordées, la crucifixion occupe (dans le texte et les images) une place déterminante.

  • Des premiers comptes-rendus sur les arts plastiques (1920) jusqu'à l'exposition de ses dessins à la Galerie Pierre (1947), Artaud s'interroge sur l'expression graphique. L'ouvrage comporte de nombreuses illustrations et les principaux textes, consacrés par Artaud au commentaire de ses dessins. - Il s'agit du premier ouvrage sur les dessins d'Artaud, paru en 1984, augmenté de deux articles, sur les correspondances entre Artaud, le peintre Balthus et l'histoire de l'art, sur les relations d'Artaud avec le graffiti et l'art brut.

    Cet ouvrage demeure le premier ouvrage de fond sur la question du dessin dans l'oeuvre d'Artaud. On y trouve la première constitution, révélation et analyse des lignes de force de l'oeuvre graphique du Mômo. Ainsi qu'une description de ses analyses sur la peinture et l'histoire de l'art (les Primitifs italiens, Le Vinci, Poussin, Van Gogh, Balthus, le surréalisme, etc.).

  • L'art, l'argent et la spéculation à l'époque des Impressionnistes, de Manet, Monet, Emile Zola, Tzara (Dada), Cocteau, etc. Suivi d'un entretien : " Les Chaussettes de Mondrian ". Entre 1860 (date de la rupture moderniste en peinture : Manet, les Impressionnistes, Cézanne, etc.) et 1920 (dans le sillage des prises de position de Tzara, Manifestes Dada, ou les engagements de Cocteau en direction des valeurs de l'avant-garde), tout bascule. Les rapports entre l'art et l'argent deviennent de plus en plus " étroits " et problématiques. Naguère sous-estimées, les cotes des peintres vont atteindre des sommets exorbitants. Le modèle boursier de la valeur des oeuvres se substitue au vieux modèle marchand où la hiérarchie des peintres était fixée par la fidélité aux normes académiques. L'oeuvre (1886) d'Emile Zola est le fidèle écho de cette mutation. Cette rupture est contemporaine de l'émergence d'une nouvelle économie et d'une culture où le capitalisme, la banque, la finance et la consommation jouent un rôle décisif. Jean-Joseph Goux retrace la naissance et le développement de ce nouvel univers esthétique, économique et philosophique, où nous sommes toujours engagés.

  • Fondé par Yoshihara en 1954, près d'Osaka (dans la région du Kansai), Gutai est un important mouvement d'avant-garde japonais. Révélé en France et en Europe par Michel Tapié, son influence sur l'art nord-américain et européen reste méconnue.

    Trois éléments sont ici pris en compte, au travers de trois essais abondamment illustrés :
    - Les performances et l'art de la scène qui vont envahir l'espace pictural.
    - L'influence déterminante des fêtes Matsuri du Japon traditionnel sur l'évolution de certains des membres du groupe.
    - Le contexte de l'après-deuxième guerre mondiale qui voit surgir des cendres un art d'une extrême légèreté.

    Importance du matériau. Oeuvres in situ. Rôle dévolu au corps. Happenings et gestualité picturale : Gutai a tout inventé, tout préfiguré. Il demeure aujourd'hui un groupe extraordinaire de jeunesse, d'invention et de créativité.

  • L'argent, l'or, la couleur, la dette, le sacrifice, la religion et le commerce d'art dans la vie et l'oeuvre de Vincent Van Gogh.
    « avec un soleil qui inonde tout d'une pluie d'or fin » (Vincent Van Gogh) Descendant de « tireurs d'or » et de marchands d'art, Van Gogh opte pour la peinture et la pauvreté. L'argent hante cependant son oeuvre et sa vie. D'où une équivalence entre la peinture et l'argent, entre la couleur (pigment, matière colorée) et la richesse. Vincent produit une peinture « riche », qui vaudra un jour de l'or, et couvre ses toiles de couleurs solaires, métalliques et dorées. De joailleries. De couleurs de bronze et d'or fondus.
    La double dimension solaire et sombre de la peinture de Van Gogh se décline à l'aune de l'argent, de la dette et du sacrifice. Et s'articule ici au travers des oeuvres de Claude Lévi-Strauss, Max Weber et Antonin Artaud.
    Art, argent et religion se rejoignent. Vincent se retrouve écartelé entre une éducation protestante, qui justifie la richesse temporelle et le catholicisme d'un Bossuet privilégiant ce qu'il nomme une « céleste monnaie ».

  • Retour sur la fameuse querelle Heidegger, Meyer Schapiro et Derrida, autour des " Souliers " de Van Gogh. Le tout revisité sur le mode d'un décapant petit théâtre. " Les Souliers " ou " Bottines noires " de Van Gogh (1886) ont donné lieu à des interprétations en cascade. Martin Heidegger (1935), Meyer Schapiro (1968), Jacques Derrida (1977) se commentent, s'autocommentent et se renvoient le soulier. Sans compter les innombrables reprises et commentaires du commentaire des épigones. La relecture de ces textes a provoqué en moi un doute certain et un irrésistible fou rire. Que se passe-t-il quand la philosophie se penche sur la peinture ? Et sur une toile comme celle de Van Gogh ? Quelle relation y a-t-il entre un acte de peinture et le discours des historiens d'art et des philosophes ? Plus prosaïquement, un philosophe peut-il avoir des pieds (et des chaussures), lui dont l'existence pourrait se résumer à celle d'un homme tronc, ou au socle d'un beau " port de tête " ? Quels sont donc ces pieds et ces souliers qu'arborent nos philosophes ? On tentera une analyse sociologique et critique du soulier, du godillot, de la chaussure, de la " tatane "... Celle de Van Gogh, bien sûr, mais celle aussi de nos brillants philosophes et historiens... de l'art.

  • «Mr Mutilé, Mr tronçonné, Mr amputé, Mr décapité dans les barbelés et les guillotines du pouvoir discrétionnaire de la guerre» (Antonin Artaud).

    1914-1918 : une génération d'artistes et d'écrivains (Artaud, Breton, Masson, Céline...) se trouve projetée dans la Grande Guerre, ses tranchées, ses champs de bataille (Verdun), ses morts et ses blessés. Des Centres de neuropsychiatrie traitent au plus vite les malades « sans blessures apparentes », pour les renvoyer au front.

    Cette guerre de 14-18, Antonin Artaud (1896-1948) ne cesse de la revivre. Comme acteur de cinéma (Verdun, Vision d'histoire, Les Croix de bois). Comme écrivain, auteur et acteur de théâtre. - Les textes et dessins de ses cahiers sont l'expression de la guerre littéraire et graphique qu'il mène à l'encontre d'une société qui a fait de lui : un « mutilé », un « amputé », un « déporté » de l'être.

    Entre les deux conflits (de 1918 à 1939), se mettent en place un processus de guerre continuée, une société de plus en plus technicisée et médicalisée, une brutalisation de masse de la société civile et la montée d'une « hygiène mentale » et sociale dont le dévoiement aboutira, en Allemagne, au fascisme hitlérien.

    1939-1945 : Hitler (traité, durant la Première Guerre, dans un centre psychiatrique) entraîne l'Europe et le monde dans une guerre d'extermination. Artaud connaît les asiles psychiatriques, la faim, les électrochocs. Ce livre plonge au coeur de ce qui fait l'essentiel de l'histoire politique et culturelle du XXe siècle.

    Documents inédits sur Antonin Artaud ; Louis-Ferdinand Céline ; la Grande Guerre.

  • La spéculation boursière relève d'une logique paradoxale qui déconstruit les traditionnelles oppositions métaphysiques entre le virtuel et le réel, le rationnel et l'irrationnel, le prévisible et l'aléatoire, le matériel et l'immatériel, etc. C'est l'extension de cette logique boursière - vouée à une radicale «frivolité», au jeu de la dérive et de l'aléa - à l'ensemble des valeurs (éthiques et esthétiques) qui a porté le capitalisme à franchir le seuil de la post-modernité.

    Ce n'est pas dans les années 1960 et avec la société de consommation que ce bouleversement s'opère - et que vire l'imagination du capitalisme. Le changement décisif de paradigme a eu lieu bien plus tôt, avec le développement de l'économie néoclassique. Au point de rencontre d'une morale hédoniste (qui vise l'exacerbation du désir) et de la mise en place d'une économie de marché (aboutissant à une «illimitation» des produits convoitables).

    Les échos et les correspondances de cet enjeu font l'objet de ce livre. A la fois dans les théories économiques (Proudhon, Walras, Pareto, Charles Gide...), dans l'imagination littéraire (Vallès, Zola, Péguy, Valéry, André Gide, Valéry Larbaud, Roussel, Bataille...) et le discours philosophique (Condillac, Sartre, Derrida, Baudrillard...). A travers l'irruption et la domination du modèle boursier des valeurs - qu'il soit accepté ou critiqué - à travers le jeu de la valeur et du désir, au travers des effets de la dématérialisation croissante de la monnaie et de la richesse, c'est l'imaginaire du capitalisme actuel qui s'expose et se découvre.

  • Cornell, de Kooning, Lichtenstein, Segal, Warhol, Rauschenberg, Louise Nevelson, Alleyn et Smithson : «Hôtel des Amériques» rassemble une série de 9 essais sur l'art nord-américain.
    Transparence et opacité, pesanteur et science des matériaux, manipulation d'objets, logique de l'infini, science de l'informel et rhétorique de l'image sont au coeur d'une étude ou Florence de Mèredieu poursuit et prolonge les recherches entamées dans un précédent ouvrage (Histoire matérielle et immatérielle de l'art moderne, Bordas, 1994).

  • Antonin Artaud (1896-1948) s'est toujours intéressé à l'Orient. On connaît son engouement pour le théatre balinais. Sou double intérêt, pour la CHINE et le JAPON, est moins connu. Ce terrain est défriché dans cet ouvrage bi-face, qui se penche sur la question des théâtres (chinois et japonais), sur la médecine chinoise et les nombreux emprunts faits par Antonin Artaud à ces deux civilisations.

  • « Exprimer l'amour de deux amoureux par un mariage de deux complémentaires, leur mélange et leurs oppositions, les vibrations mystérieuses des tons rapprochés. » (Vincent Van Gogh) « ... au milieu d'un bombardement comme météorique d'atomes qui se feraient voir grain à grain » (Antonin Artaud) En janvier 1947, une exposition Van Gogh s'ouvre au Musée de l'Orangerie. La vue de ces toiles, la lecture des lettres de Van Gogh à son frère ébranlent Antonin Artaud. Dans les semaines qui suivent, il rédige « Van Gogh le suicidé de la société ». - Texte de voyant. Texte apocalyptique.

    « CINÉ-ROMAN ». « CINÉ-PEINTURE ».

    L'univers entre dans un processus de déflagration généralisée. La trame de leurs oeuvres se fissure. Disséminées, les touches, les boucles de l'écrit et les hachures du trait forment une matière riche. Dense. Qui ouvre la porte aux audaces de l'art moderne et contemporain... Les Francis Bacon et Cy Twombly, Soutine et Fautrier, Jackson Pollock et Joseph Beuys. Situé sur l'infra-mince lisière entre théorie et fiction, cet essai vagabond nous entraîne - de plateau en plateau - à la suite du Vinci, de Gilles Deleuze et de bien des personnages qui n'en finissent pas de tournoyer dans les boucles du dessin et de la peinture.

  • «La valeur de la monnaie repose sur une fiction.» (Milton Friedman).

    « Argent fou », « folie des marchés », « finance folle », « capitalisme fou » : la crise qui secoue le monde économique a fait surgir un vocabulaire inquiétant. Pourquoi ce terme extrême ? Depuis la disparition de la convertibilité-or et le flottement des monnaies, qui entraînent la disparition de tout trésor stable, et l'écroulement de pyramides de dettes entrecroisées, ce terme de folie n'est-il pas justifié ? Toutes les valeurs - économiques, financières, mais aussi esthétiques, éthiques, politiques - sont entraînées dans ce mouvement de soumission à des équilibres toujours momentanés, des bulles, des paniques, en un mécanisme rappelant celui de la Bourse.

    L'auteur explore les différentes facettes et les conséquences de cette conjoncture affolante où le monde est aujourd'hui précipité. Remontant jusqu'aux sources littéraires et philosophiques de cette crise des valeurs (Rousseau, Mme du Châtelet, Freud, Baudrillard, etc.), Jean-Joseph Goux traite de la question du désir, de la valeur, du « juste prix » des choses, du luxe et des paradoxes de la finance contemporaine.

  • Traiter l'oeuvre ironique et protéiforme de Marcel Duchamp à la manière d'un ce ces ready-mades dont il s'est emparé (urinoir, pelle à neige, porte-bouteilles ou roue de bicyclette...). Lui faire subir ces anamorphoses et ces transformations qu'il avait imposées au corps de la mariée mise à nu par ses Célibataires, même. Transmuer la babelienne bibliothèque de Borges en une Boîte en valise d'un nouveau genre. - Tel est le propos de ce mince opuscule qui entend bien se situer sur l'inframince lisière de la théorie et de la fiction, de l'art et de la littérature. Les illustrations, extraites de La Physique amusante du XIXe siècle ou de l'oeuvre d'Etienne-Jules Marey, détournées par l'auteur, prolongent le texte et le Grand-oeuvre duchampien.
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  • Beckett, l'homme gris, s'avance dans un univers parsemé de fleurs et envahi par les roses. Il y croise les ombres de Marcel Duchamp, Borges, James Joyce, Gertrude Stein, et se perd peu à peu dans la glu des roses.

    Le monde chaviré de Beckett bascule en une fiction décalée. Images et mots se parfument mutuellement. - «A rose is a rose is a rose», chantonne Gertrude Stein, tandis que Marcel Duchamp et le vieux Beckett nous entraînent dans une histoire de fin du monde.

    Littérature et Photographie. - L'oeuvre de Beckett est généralement considérée comme de nature délibérément grise. Partant de citations de Beckett où pullulent les couleurs et les fleurs, Florence de Mèredieu tisse à l'inverse une oeuvre de fiction, interpénétrant le gris et la couleur, la poésie du gris, le tragique de l'existence et la beauté (souvent incongrue) des fleurs.

  • L'ouvrage de référence sur les relations de l'art, l'ordinateur et l'imagerie numérique. Ouvrage fondateur, paru en 1970. Une part importante de cette étude est consacrée à la musique.

  • Mis au point en Italie en 1938, appliqué à l'homme en 1939, héritier des techniques de choc ou «sismothérapies», l' électrochoc connaît entre 1939 et 1946 un développement considérable en Psychiatrie. - L'oeuvre et la vie d'Antonin Artaud (interné à l'Asile de Rodez de 1943 à 1946) interfèrent avec l'histoire de l'électrochoc. A la toute puissance médicale, susceptible de transformer en profondeur l'ensemble des données neurophysiologiques de l'être humain et de remettre le psychisme «à zéro» Artaud opposera ce cheval de Troie qu'est la littérature.

    Au travers d'un formidable travail de la langue et sur la langue. C'est alors d'une véritable surrection et recréation qu'il est question la machinerie littéraire se faisant precisément électrique pour perturber en profondeur les effets du coma de l'électrochoc. - On trouvera dans cet ouvrage une histoire de l'électrochoc ainsi qu'une analyse de ses effets et contre-effets) sur l'oeuvre de cet écrivain d'exception que fut Artaud. Établi à partir d'une lecture approfondie des ouvrages psychiatriques de l'époque (1930-1948), cet ouvrage constitue la première histoire de l'électrochoc en France. Sa lecture est indispensable à qui veut comprendre la rédaction et l'écriture des fameux Cahiers de Rodez et des Cahiers du retour à Paris.

  • Longtemps méconnu, le dessin d'enfant bénéficie aujourd'hui du double intérêt manifesté par nos contemporains à l'égard de l'enfance et à l'égard de l'art. Mais cette exploration de l'univers graphique enfantin soulève bien des problèmes: lieu de projection privilégié des phantasmes de l'adulte, le dessin a suscité de nombreuses interprétations (psychologique, sociologique, esthétique). Mais ces études, effectuées souvent sous le couvert d'idéologies esthétiques (et pédagogiques) suspectes et dépassées, ont conduit à masquer les productions enfantines bien plus qu'à les révéler.

    Le présent essai tente un exposé critique des méthodes utilisées dans l'analyse du graphisme. Il s'efforce d'indiquer les perspectives dans lesquelles doivent être restitués les dessins d'enfants, si l'on veut non pas les réduire aux catégories "adultes" mais approcher leur caractère différent et irréductible.

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