Allia

  • «Tout en parlant, Kevin caresse de façon machinale l'anse de son mug, formée de deux cercles de taille inégale. Soudain, ce que je redoute de façon confuse se produit?: son annulaire se coince dans le cercle le plus étroit. Je pense d'abord qu'il agit de façon intentionnelle, mais ce n'est pas le cas. Son doigt est bel bien coincé. Il continue cependant de dispenser ses conseils comme si de rien n'était?: oui, répète-t-il, il me faudra éviter les fluctuations émotionnelles, et surtout garder le contrôle, pour conserver mon acuité. Il tente d'extirper son doigt de l'anse, mais en vain. Il contrôle alternativement ce qu'il dit - pour lui conserver de l'autorité - et son geste - afin qu'il demeure discret. Lorsque des événements minuscules, mais dotés d'une charge d'absurdité suffisante, contrecarrent les projets les plus notables, ils prennent immanquablement le pas sur eux.» Le moral d'Éric, anthropologue, n'est pas au beau fixe. Sa femme, proie d'angoisses, lui impose une quatorzaine drastique. Lorsqu'il rencontre par hasard Kevin, ami de jeunesse perdu de vue, c'est l'occasion rêvée pour s'échapper de cette dictature sanitaire domestique.
    Kevin est devenu survivaliste. Il voue désormais son existence à se préparer à une fin du monde imminente. Devant l'intérêt manifesté par Éric, il l'invite à lui rendre visite dans sa B.A.D. (base autonome durable) pour l'initier. En anthropologue, Éric est taraudé par une question?: qu'est-ce qui le sépare de Kevin?? C'est par l'analyse de son langage qu'Éric Chauvier dissèque les impasses du survivalisme. Pourtant, Éric se laisse prendre au jeu. Il apprend à chasser, à fabriquer un arc, écoute patiemment les conseils et théories de Kevin, des plus sensées aux plus absurdes?: rejet de la vie urbaine, effondrement... et cannibalisme.
    Peu à peu, la distance se réduit. Jusqu'à ce que tout tourne mal. Sombre dystopie?? À peine. Satire hilarante d'un présent définitivement malade?? Assurément.

    Ajouter au panier
    En stock
  • De tous temps, l'économie a fait partie des sociétés humaines. Sa place est naturelle. Nous n'avons pas de prise sur son développement. D'ailleurs, le marché satisfait tous nos besoins... Vraiment ?
    Karl Polanyi bat en brèche cette « légende ». Depuis le XIXe siècle, l'omniprésence du marché et, par conséquence, de l'industrie et de la technique, n'a cessé de croître. « L'Ère de la machine » a vu cet ensemble s'étendre à toutes les sphères de nos existences. Elle nous impose ses valeurs et son fonctionnement.
    Polanyi plaide pour une refondation de notre rapport à l'économie afin d'en retrouver le contrôle. Il affirme la nécessité de nouveaux principes directeurs. C'est à cette seule condition que nous pourrons nous extraire d'un engrenage qui ne peut mener qu'au totalitarisme.

  • Dénonçant un illusoire droit au travail qui n'est pour lui que droit à la misère, Lafargue soutient qu'une activité proprement humaine ne peut avoir lieu que dans l'oisiveté, hors du circuit infernal de la production et de la consommation, réalisant ainsi le projet de l'homme intégral de Marx.
    Un classique toujours autant lu, plus que jamais d'actualité.

  • «Jusqu'à des droits très proches de nous, jusqu'à des économies pas très éloignées de la nôtre, ce sont toujours des étrangers avec lesquels on 'traite', même quand on est allié. Les gens de Kiriwina dans les Trobriand dirent à M. Malinowski?: 'Les hommes de Dobu ne sont pas bons comme nous?; ils sont cruels, ils sont cannibales?; quand nous arrivons à Dobu, nous les craignons. Ils pourraient nous tuer. Mais voilà, je crache de la racine de gingembre, et leur esprit change. Ils déposent leurs lances et nous reçoivent bien.' Rien ne traduit mieux cette instabilité entre la fête et la guerre.» «Nous n'avons pas qu'une morale de marchand», énonce Marcel Mauss dans ce texte majeur de l'anthropologie du xxe siècle. Il y expose le résultat de plusieurs décennies de recherches sur différentes sociétés archaïques. Non seulement il est possible d'envisager l'échange en dehors du marché, mais des économies complexes reposent sur le don et le contre-don. Le nom du système au coeur de son analyse est resté dans les annales?: le potlatch.
    Notamment pratiqué dans certaines tribus amérindiennes, ce rite somptuaire fondé sur la destruction de ce que l'on possède amène au sommet de l'échelle sociale seuls les individus capables de se séparer de tous leurs biens. En s'intéressant à ce système allant à l'encontre­­­­­ du rationalisme économique tel que nous le subissons, ce texte exerça une profonde influence sur l'ensemble des sciences humaines, jusqu'à Guy Debord et ses comparses de l'Internationale lettriste qui baptisèrent leur propre revue Potlatch.
    Le potlatch et la kula revêtent avant tout une dimension spirituelle?: la chose donnée n'est pas inerte, elle engage l'honneur de celui qui la donne, autant que de celui qui la reçoit. Cette dimension sacrée de l'échange nous fait aujourd'hui cruellement défaut. C'est peut-être dans notre rapport au don que se trouve la clé de la crise morale que l'humanité­ affronte aujourd'hui.

  • Depuis la Seconde Guerre mondiale, le «réfugié» préfère en général l'appellation de «nouvel arrivant» ou d'«immigré», pour marquer un choix, afficher un optimisme hors pair vis-à-vis de sa nouvelle patrie. Il faut oublier le passé : sa langue, son métier ou, en l'occurrence, l'horreur des camps. Elle-même exilée aux États-Unis au moment où elle écrit ces lignes dans la langue de son pays d'adoption, Hannah Arendt exprime avec clarté la difficulté à évoquer ce passé tout récent, ce qui serait faire preuve d'un pessimisme inapproprié.
    Pas d'histoires d'enfance ou de fantômes donc, mais le regard rivé sur l'avenir. Mais aux yeux de ces optimistes affichés, la mort paraît bien plus douce que toutes les horreurs qu'ils ont traversées. Comme une garantie de liberté humaine.

  • Un bon courtisan ne doit jamais avoir d'avis.
    D'Holbach

  • Dès son titre, l'ouvrage annonce le tournant opéré par la modernité. Benjamin montre dans cet essai lumineux et dense que l'avènement de la photographie, puis du cinéma, n'est pas l'apparition d'une simple technique nouvelle, mais qu'il bouleverse de fond en comble le statut de l'oeuvre d'art, en lui ôtant ce que Benjamin nomme son "aura". C'est désormais la reproduction qui s'expose, mettant en valeur la possibilité pour l'oeuvre d'art de se retrouver n'importe où. Capacité à circuler qui la transforme en marchandise. Benjamin met au jour les conséquences immenses de cette révolution, bien au-delà de la sphère artistique, dans tout le champ social et politique. Avec le cinéma, c'est la technique de reproduction elle-même qui désormais produit l'oeuvre d'art. Là, c'est l'image de l'acteur qui devient marchandise, consommée par le public qui constitue son marché. La massification du public de ces oeuvres a servi les totalitarismes. D'où "l'esthétisation de la politique" encouragée par le fascisme et la "politisation de l'art" défendue par le communisme.

  • Ne regardez jamais l'appareil.

    Ajouter au panier
    En stock
  • «C'est un homme qui a préféré devenir fou, dans le sens où socialement on l'entend, que de forfaire à une certaine idée supérieure de l'honneur humain.
    C'est ainsi que la société a fait étrangler dans ses asiles tous ceux dont elle a voulu se débarrasser ou se défendre, comme ayant refusé de se rendre avec elle complices de certaines hautes saletés.
    Car un aliéné est aussi un homme que la société n'a pas voulu entendre et qu'elle a voulu empêcher d'émettre d'insupportables vérités.» Van Gogh ne s'est pas suicidé. La société s'en est chargée. Avec toute la véhémence dont il est capable, Antonin Artaud impute à cette dernière le mal dont a souffert le peintre et accuse les psychiatres, en l'occurrence le Dr Gachet, d'avoir poussé Van Gogh au suicide. Il replace la prétendue folie de Van Gogh dans son contexte, en tant que produit d'une construction sociale. La «lucidité supérieure» propre à l'artiste, et commune à l'auteur et à son sujet, lui permet de faire la part belle à la fougue du génie, force contestataire en soi et facteur de marginalisation.
    «Il y a dans tout dément un génie incompris dont l'idée qui luisait dans sa tête fit peur, et qui n'a pu trouver que dans le délire une issue aux étranglements que lui avait préparés la vie.» Cet état de supplicié, Artaud lui-même l'a vécu. Nul mieux que lui ne saurait le transmettre. Qu'il soit poète ou peintre, l'artiste se voit enfermé dans un asile, comme Artaud le fut, ou incapable de s'intégrer dans une société qui confond génie et tare psychologique. Et quand Artaud aborde la peinture proprement dite, c'est comme si lui-même s'emparait du pinceau ou, au demeurant, du couteau. C'est tranchant, expressif, cinglant. Il sait trouver le mot frappant, convaincre, emporter avec lui le lecteur. Les «épiphanies atmosphériques» des toiles de Van Gogh deviennent une réalité tangible, ses «chants d'orgue» une musique audible. Dans une évocation vertigineuse d'une toile à valeur testamentaire, Le Champ de blé aux corbeaux, Artaud ravive la symbolique attachée à ce noir charognard de mauvais augure.
    Jamais il ne s'agit de descriptions («décrire un tableau de van Gogh, à quoi bon !») mais d'impressions fugaces qu'Artaud sait partager à coups d'expressions fulgurantes. La forme même de ce texte enlevé, empruntant les sentiers de la prose poétique, reflète le souci d'Artaud de faire état de ses propres expériences face à l'oeuvre. Son rythme entre parfaitement en résonance avec les empâtements nerveux et tourmentés du peintre.

  • Ecrit pour une conférence, en 1930, Jeu et théorie du duende «donne une leçon simple sur l'esprit caché de la douloureuse Espagne.» Le «duende» est un mot espagnol sans équivalent français. Il dérive, au sens étymologique du terme, de l'expression : «dueño de la casa» (maître de la maison). Le duende serait un esprit qui, d'après la tradition populaire, viendrait déranger l'intimité des foyers. Le second sens du terme est enraciné dans la région andalouse. Le duende désignerait alors «un charme mystérieux et indicible», rencontré dans les moments de grâce du flamenco. Ses manifestations s'apparenteraient à des scènes d'envoûtement. Les deux significations se rejoignent dans l'évocation d'une présence magique ou surnaturelle. Si le duende est universel et concerne tous les arts, c'est dans la musique, la danse et la poésie clamée qu'il se déploie pleinement, puisque ces arts nécessitent un interprète. Or, le duende n'existe pas sans un corps à habiter. Il s'incarne dans un embrasement obscur du soliste et du public, laÌ ouÌ les notions d'inteìrieur et d'exteìrieur n'ont pas lieu d'être. Ce minuscule décalage du regard qui donne à voir l'intervalle entre les choses, bouleverse le mode de pensée cartésien. Le duende, personnifié en esprit malicieux, semble être celui qui se produit, lors des représentations flamenco, drapé dans les gestes des danseuses et les voix des chanteurs. Garcia Lorca nous invite à pénétrer cet état comme on pénètrerait l'Etat espagnol, sa profusion de culture, sa fraîcheur, son obscurité tout à la fois.

  • Cet essai de Charles Péguy de 1913 nous plonge dans le passage à l'ère moderne. Mêlant à ce portrait pamphlétaire d'une société en mutation des souvenirs d'enfance, l'auteur pressent la crise, le règne absolu de l'argent et de la bourgeoisie. Les anciennes valeurs, honneur et travail, font désormais place à la valeur financière. De l'ouvrier au paysan jusqu'à l'enseignant, l'argent obsède, corrompt. Faire la classe n'est plus une mission mais une obligation professionnelle et lucrative. Et ce qui se passe dans la cour des petits est le reflet des changements survenus dans celle des grands. Car ces hommes qui cherchent à gagner plus en travaillant moins ne font que se précipiter vers un naufrage. Mais la mécanique est en marche, tout retour en arrière impossible.

  • J'étais donc assis dans cette même posture lorsque je l'appelai et lui exposai rapidement ce que j'attendais de lui, savoir, l'examen de concert d'un petit document.
    Imaginez ma surprise, non, mon indignation, lorsque, sans se départir de son quant-à-soi, bertleby, d'une voix singulièrement douce et ferme me répondit, " je ne préférerais pas ". herman melville

  • Le monde doit être romantisé.
    C'est ainsi que l'on retrouvera le sens originel. cette opération est encore totalement inconnue. lorsque je donne à l'ordinaire un sens élevé, au commun un aspect mystérieux, au connu la dignité de l'inconnu, au fini l'apparence de l'infini, alors je les romantise.

  • «Si la police peut paraître partout semblable jusque dans les détails, il ne faut pas finalement se méprendre : son esprit est moins dévastateur dans la monarchie absolue, où elle représente la violence d'un souverain qui réunit en lui l'omnipotence législative et exécutive, que dans les démocraties, où son existence, soutenue par aucune relation de ce type, témoigne de la plus grande dégénérescence possible de la violence.»

  • Autobiographie

    John Cage

    Nul doute pour John Cage, il serait un artiste. Mais, de là à choisir une seule et unique forme d'expression artistique, il y a toute une vie : architecture, peinture, composition de musique, théâtre, art du cirque, Cage touche à tout, laisse de côté, puis revient, et décide finalement que c'est la musique qui l'anime. Cette musique, cependant, il l'expérimente : Cage repousse les règles académiques et base ses oeuvres sur le silence et le hasard. Par ces fragments de 1989, d'une écriture fluide et ramassée, le compositeur dresse un tableau à la fois succinct et complet des moments forts et charnières de sa vie pourtant extrêmement riche, tout en va-et-vient, recherches et changements d'avis. Le tout, sans jamais se défaire de son humour et de son esprit de dérision inimitables.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Les miscellanées de Mr Schott

    Ben Schott

    • Allia
    • 28 October 2005

    Les Miscellanées de Mr. Schott sont un ouvrage sans équivalent. À tel point unique qu'il est impossible à définir. Encyclopédieoe Dictionnaire ? Almanach ? Anthologie ? Fourre-tout ? Vade-mecum ? Tout cela, et - bien sûr - beaucoup plus. Recueil de futilités pas toujours futiles, de bagatelles souvent primordiales, Les Miscellanées de Mr. Schott ne se veulent ni exhaustives, ni définitives, ni même utiles. En revanche, elles se veulent essentielles. On peut - à la rigueur - vivre sans ce livre mais ce serait là, selon les mots mêmes de son auteur, une tentative bien étrange - et bien téméraire. Qu'on en juge.
    Quel autre ouvrage peut se targuer d'offrir dans sa table des matières la longueur des lacets de chaussures, le langage des signes, la liste des sept péchés capitaux, la façon de dire "je t'aime" dans 44 langues différentes (dont le morse) ? Dans quel autre ouvrage trouvera-t-on réunis, sur la même page, le nom des coups du golf, l'histoire de la taxe sur les chapeaux, la liste des morts violentes dans l'histoire du rock, celle des insultes utilisées par Shakespeare dans ses pièces et les couleurs du drapeau de la Guadeloupe ? Où donc, si ce n'est dans Les Miscellanées de Ben Schott, pourra-t-on trouver la liste des 12 travaux d'Hercule, celle des différents modes opératoires des crimes élucidés par Mrs Marple ou des fournisseurs officiels de la reine d'Angleterre ?
    On l'aura compris, les Miscellanées de Mr. Schott sont aussi réjouissantes qu'indispensables : elles offrent la quintessence de l'esprit et de l'humour anglais, mélange de rigueur et d'absurde, de précision et de fantaisie. Le plus fort, peut-être c'est qu'au bout du compte, l'ouvrage se révèle effectivement pratique : un véritable couteau suisse sous forme de livre. Last, but not least : le livre en lui-même, par sa reliure, l'attention maniaque portée par l'auteur à la typographie, à la mise en page, au papier, est objet d'une grande élégance.

  • Le point commun entre Daft Punk et Stockhausen, Public Enemy et Brian Eno ? Ils font tous partie de la plus grande aventure musicale de la fi n du XXe et du début du XXIe siècle, celle des musiques électroniques. Du futurisme italien jusqu'aux déconstructions de la house ou du downtempo, depuis les montages des précurseurs de la musique concrète jusqu'à l'extrémisme du gabber et la douceur de l'ambiant, en passant par le hip-hop et la techno de Detroit, Modulations est l'histoire raisonnée de ces musiques. Chaque chapitre, écrit par un érudit, en traite un aspect.
    Panorama complété par la transcription d'interviews. S'adressant au néophyte autant qu'à l'amateur éclairé, Modulations o® re les clefs pour comprendre une musique qui a révolutionné la manière de composer et d'écouter.

  • L'Europe ne sait plus où elle va. Les Européens ne se reconnaissent plus dans l'Union, au point que la plupart d'entre eux se replient sur leurs nations respectives. S'ils veulent un avenir, ils doivent se proclamer citoyens d'une République européenne. Qu'ils fassent comme les Français en 1789 : une révolution, non au sens d'un renversement du pouvoir établi au profit d'un autre, ni de la victoire d'une classe sociale sur une autre, mais un acte «politique», né de la décision des uns et des autres d'exercer leur liberté en commun, ce dont le capitalisme les prive.Avec la primauté du politique sur l'économique, sera aboli «l'assujettissement de la vie sociale à l'accroissement sans fin du capital», tandis que la République pourra satisfaire les besoins et désirs essentiels de chacun.

  • Dans La Nature , sa première oeuvre, Emerson expose avec lyrisme les principes philosophiques qui dirigeront toute son oeuvre : la cohérence intime de l'univers, la plénitude et l'harmonie de l'esprit individuel, la correspondance symbolique entre lois naturelles et lois morales.

  • Au point de départ de ce bref essai rédigé en 1930 et paru dans la revue Documents, un fait divers : au Père-Lachaise, un certain Gaston F., après avoir fixé le soleil, "reçut de ses rayons l'ordre impératif de se trancher un doigt". Ce qu'il fait aussitôt, avec les dents. À partir de ce cas, Bataille étudie le geste de Van Gogh se tranchant l'oreille, qu'il éclaire et par l'analyse de son oeuvre et par la comparaison avec les rituels sacrificiels d'automutilation des sociétés primitives. Ce qui le conduit à élaborer une réflexion sur le sens du sacrifice dans nos sociétés modernes, vu comme l'action qui peut rompre l'homogénéité habituelle de la personne, imposée par la société. Au-delà de la réflexion sur l'oeuvre et la vie de Van Gogh, qui préfigure le texte d'Antonin Artaud, Van Gogh, le suicidé de la société, on retrouve dans cet essai très dense beaucoup des thèmes fondamentaux qui ont nourri l'oeuvre de Bataille. En annexe, nous reproduisons le compte rendu des Annales médico-psychologiques qui étudie le cas de Gaston F.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Aux prises avec le génocide littéraire visant les écrivains juifs allemands sous le Troisième Reich, Joseph Roth dénonce la destruction spirituelle de l'Europe tout entière. Luimême exilé, Roth se fait le défenseur de ces «écrivains véritables», dont les oeuvres sont brûlées sur ordre de dirigeants jugés analphabètes.Les mots de Roth ne sont pas assez durs pour dénoncer l'illettrisme dont le Troisième Reich se rend coupable. Sous la plume d'un grand écrivain doublé d'un excellent journaliste, cela donne des formules définitives :
    «Que le Troisième Reich nous montre un seul poète, acteur, musicien de talent 'purement aryen', qui ait été opprimé par les Juifs et libéré par M. Goebbels !» En lançant ces autodafés, c'est leur propre culture que les Allemands ont vouée aux gémonies.

  • Le 3 juin 1959, Yves Klein donne une conférence à la Sorbonne : "L'évolution de l'art vers l'immatériel". Porte d'entrée idéale vers son oeuvre et sa biographie, ce texte révèle les motifs constitutifs de son oeuvre: le rituel, la couleur, le vide, le judo, le ciel et le feu... Au-delà de la provocation et la performance, il élabore une théorie autant poétique que spirituelle d'un art sans limites, à l'instar du travail d'un John Cage sur le silence.
    Nombre des pistes esquissées ici aboutiront dans les années suivantes. Yves Klein élaborera par exemple une Architecture de l'air, ou encore délivrera des reçus aux acquéreurs d'oeuvres immatérielles. Avant de mourir, il confie à un ami : "Je vais entrer dans le plus grand atelier du monde. Et je n'y ferai que des oeuvres immatérielles."

    Ajouter au panier
    En stock
  • Dans le monde de l'économie, le caractère fantasmagorique de la marchandise est nommé fétichisme par Karl Marx. Afin d'analyser les formes que prennent les rapports sociaux engendrés par l'échange marchand, l'auteur cherche à décrypter le secret de la valeur. De ces pages géniales, qui appartiennent au premier chapitre du livre I du Capital, sont directement issues la théorie de la réification de Luckacs et celle du spectacle de Debord.

  • La gloire posthume est le lot des inclassables. On n'a mesuré l'importance de Walter Benjamin qu'après sa mort. Au croisement de la biographie, de la philosophie politique et de la critique littéraire, Hannah Arendt retrace ici le destin et l'itinéraire spirituel d'un homme pris dans "les sombres temps". Elle analyse ses rapports tourmentés avec la judéité et le marxisme, son amour de Paris et de la flânerie ainsi que ses relations complexes avec les intellectuels de son temps. Plongeant au plus intime de l'oeuvre, elle décortique la façon, unique, que Benjamin avait de "penser poétiquement". Philosophe elle-même inclassable, Hannah Arendt était la plus apte à saisir la subtilité de cette figure.

empty