Agone

  • Les Chiens de garde

    Paul Nizan

    L'actualité des Chiens de garde, nous aurions préféré ne pas en éprouver la robuste fraîcheur.
    Nous aurions aimé qu'un même côté de la barricade cessât de réunir penseurs de métier et bâtisseurs de ruines. Nous aurions voulu que la dissidence fût devenue à ce point contagieuse que l'invocation de Nizan au sursaut et à la résistance en parût presque inutile. Car nous continuons à vouloir un autre monde. L'entreprise nous dépasse ? Notre insuffisance épuise notre persévérance ?
    Souvenons-nous alors de ce passage par lequel Sartre a résumé l'appel aux armes de son vieux camarade : "Il peut dire aux uns : vous mourez de modestie, osez désirer, soyez insatiables, ne rougissez pas de vouloir la lune : il nous la faut.
    Et aux autres : dirigez votre rage sur ceux qui l'ont provoquée, n'essayez pas d'échapper à votre mal, cherchez ses causes et cassez-les." Serge Hamili Extrait de la préface.

  • Les réformes de la IIIe République provoquent la séparation du savant et du politique, créant un " vide " dans l'espace public que les " intellectuels " vont chercher à occuper.
    Le terme s'impose au moment de l'affaire Dreyfus pour désigner l'ensemble hétéroclite des universitaires, politiques et journalistes qui défendent une définition progressiste de la République. Ils énoncent ainsi la fonction qui restera celle de l'intellectuel tout au long du xxe siècle : dire la vérité au pouvoir au nom des opprimés, mais sans avoir été mandatés par quiconque pour le faire. Quelle est la mission politique de ceux qui font métier de savant? La réponse de Gérard Noiriel prend la forme d'une longue enquête qui s'attache, entre autres, aux figures de Charles Péguy, Paul Nizan, Jean-Paul Sartre, jusqu'à celles de François Furet, Pierre Bourdieu et Jacques Rancière.
    Il s'agit avant tout de proposer une manière d'évaluer comment les intellectuels jouent leur partition dans le débat public.

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