Thierry Davila

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    Thierry Davila


    ce livre part d'un constat: une partie de l'art actuel accorde au déplacement un rôle majeur dans l'invention des oeuvres.
    en ce sens elle ne fait que participer de l'histoire générale de l'art dans laquelle la figure de l'homme qui marche est essentielle. la façon cependant dont cette question est aujourd'hui traitée par les artistes est suffisamment singulière pour mériter une analyse à part entière. c'est ce à quoi s'applique cet ouvrage qui n'est pas un panorama de la fonction plastique du nomadisme mais un choix opéré à partir de recherches contemporaines (essentiellement gabriel orozco, francis atys, le laboratoire stalker) exemplaires de cette question dont il met en évidence les règles et les mécanismes d'action.
    apparaît alors un univers oú le déplacement est non seulement le moyen d'une translation spatiale mais également un fait psychique, un outil de fiction ou encore l'autre nom de la production. cette cinéplastique qui fait de la ville son théâtre d'opérations, ces déplacements aux multiples résonances tracent le visage d'un monde oú le réel est un processus. c'est le côté " chinois " de ces artistes et de leurs oeuvres.


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  • Ce livre propose une vision de l'histoire des oeuvres qui prend à revers ce que l'on considère d'habitude comme une donnée incontestable de la création plastique : le fait qu'elle implique la présence effective de formes, d'objets ou de configurations matérielles que le spectateur est invité à observer. En réalité, il existe une toute autre histoire de l'art qui mise sur la disparition de la forme, sur sa quasi-absence, sur sa presque disparition voire sur son invisibilité pour inventer. Cette histoire de l'art invisible, qui puise ses racines dans l'Antiquité, est présente dans l'art moderne et actuel selon des protocoles renouvelés. Marcel Duchamp, avec sa notion d'inframince, en donne une version possible. Ce livre étudie ce terme d'une manière systématique - et pour une des toutes premières fois dans l'historiographie. L'ouvrage explore aussi l'art occidental des années 1960 et 1970 (Robert Barry, Michael Asher, Piero Manzoni, Ian Wilson, Jiri Kovanda...) de même que la dimension sonore de l'imperceptibilité (Max Neuhaus). Ils se termine par l'analyse du travail de Roman Ondák, artiste contemporain qui fait de l'absence, de l'invisibilité et de la disparition, le coeur de son travail. Il ressort de cette lecture la conviction que l'art s'invente aussi dans ce qui existe à peine, dans ce qui est à peine saisissable et qui, cependant, n'est pas dénué d'intensité.

  • Une analyse de l'oeuvre monumentale de Gordon Matta-Clark, la seule structure architecturale existante de l'artiste.
    Pièce majeure de la collection du MAMCO de Genève, Open House, créée à l'origine à SoHo (New York) durant le printemps 1972, est la seule oeuvre de grande dimension de l'artiste américain Gordon Matta-Clark (1943-1978) conservée par une institution.
    Il s'agit d'un container à l'intérieur duquel a été construit un labyrinthe fait de portes et de cloisons en bois récupérées.
    Véritable manifeste esthétique, cette construction de fortune cristallise bien des prises de position assumées par son créateur, tant dans ses relations avec la sculpture que dans ses rapports critiques à l'architecture.
    Elle est ici étudiée pour la première fois par trois auteur-e-s, Sophie Costes, Thierry Davila et Lydia Yee, qui en restituent toute la richesse et la complexité. Une façon de réaffirmer l'importance de la figure de Gordon Matta-Clark pour l'art des XXe et XXIe siècles.

  • Depuis le début des années 1990, l'artiste française Natacha Lesueur invente un monde éminemment inscrit dans l'époque mais qui appartient aussi et profondément à la longue durée de l'histoire. Pour ce faire, elle utilise des ingrédients divers - toutes sortes d'aliments, de parures, de décors, de fantaisies et de merveilles - qu'elle accommode avec des parties du corps humain pour faire des images difficilement classables dans l'histoire de la photographie. Car si le corps, plus souvent celui de la femme que de l'homme, est un élément clé de cet univers virtuose, il ne permet pas, par exemple, de relier cette oeuvre aux pratiques corporelles aujourd'hui les plus connues et les mieux repérées (celles du body art, notamment) : quelque chose d'autre est en jeu dans ces « appétissantes » représentations que les classifications actuelles ne nous aident en aucune manièreà cerner et à épuiser. C'est ce que montre cette monographie - la première consacrée à l'artiste - qui propose un parcours visuel complet dans une oeuvre dont les développements récents sont aussi désarçonnants que les premières manifestations tout à la fois étranges, inquiétantes et attirantes parce que séduisantes. Du dégoût affleure à même la logique de la séduction, de la violence perle le long de décors élaborés avec une précision clinique, une fêlure profonde mine ces corps rarement photographiés dans leur entier car livrés à un morcellement insurmontable : voilà pour ce monde et ses aspects. Mais il y aussi une grande technicité mobilisée pour la confection de l'image, une invention qui confère à ces visions construites une singularité liée à leur étrangeté et leur capacité à surprendre : voilà pour leur appartenance actuelle à une forme - le caprice - profondément ancrée dans l'art et son histoire. De la photographie donc ou de son identité éminemment capricieuse.

  • Une étude novatrice de l'oeuvre de l'artiste belge, dont la pratique filmique et photographique profondément originale est livrée tout autant aux ultimes développements techniques actuels qu'aux ombres projetées - aux théâtres d'ombres - fondatrices de l'histoire des arts.
    Apparu sur la scène internationale à la fin des années 1990, le travail de David Claerbout n'a cessé, depuis, de manifester sa singularité - de l'approfondir et de l'étendre. Essentiellement composé de films, mais aussi de photographies et de dessins, cet univers, façonné par une relation au temps qui transforme celui-ci en quelque chose de l'espace, est aussi une oeuvre au noir : nuit, clair-obscur, ombres multiples et insistantes en font un monde de projections en grisaille, de ténèbres à explorer, autant de formes inventées pour mettre à l'épreuve les limites de notre perception.
    C'est ce que s'attache à montrer cet ouvrage qui suit la logique ombreuse - et ténébreuse -, jusqu'à présent jamais relevée par la critique, structurant nombre de films à la durée et à la lenteur minérales, mais aussi nombre de photos « invisibles » de David Claerbout. Par ce biais, celui-ci affirme encore davantage la profonde originalité de sa pratique livrée tout autant aux ultimes développements techniques aujourd'hui disponibles pour créer qu'aux ombres projetées - aux théâtres d'ombres - fondatrices de l'histoire des arts. Des pièces d'ombre donc pour faire une image actuelle intimement proche de ses ancêtres autrement dit pour inventer une contemporanéité sans âge.
    Le travail de l'artiste belge David Claerbout (né en 1969) est marqué par une réflexion sur le temps, considéré comme médium artistique. Inspiré par la phénoménologie et par les écrits de Gilles Deleuze sur l'image et le cinéma, il a développé une sorte de « photographie en mouvement » qui lui permet d'introduire des éléments narratifs dans l'image.
    Entre image fixe et image en mouvement, entre photographie et techniques numériques, les oeuvres de Claerbout sont exigeantes, difficiles à « consommer » : en attendant que « quelque chose se passe », le spectateur accepte une expérience de la durée qui produit à la fois les conditions et le désir d'une réflexion sur les rapports entre la narration, l'image et ses supports technologiques.

  • In extremis.
    L'élargissement de la pratique artistique semble bien, et plus que jamais, caractériser l'état des choses dans l'univers aujourd'hui globalisé de l'industrie culturelle dont l'industrie de l 'art n'est qu'un segment. On peut d'ailleurs parler aujourd'hui d'une déterritorialisation généralisée des pratiques artistiques les plus fécondes, celles qui se situent à la pointe extrême de l'apparition du sens, au plus près de son émergence et donc aussi au bord de sa dislocation possible, autrement dit et littéralement in extremis.
    Bien que souvent écrits au gré des circonstances diverses - commissariat d'exposition, conférence, recherche personnelle ou commande éditoriale - les textes réunis dans cet ouvrage prennent acte de cette situation. Nombre d'oeuvres étudiées ici - celles de Gerhard Richter, Fred Sandback, On Kawara, Jessica Stockholder, Erwin Wurm, Pierre Bismuth, Francis Alÿs - développent en effet, et pour elle-même, cette déterritorialisation plasticienne voire la plasticité de la déterritorialisation.

  • Ce livre part d'un constat : une partie de l'art actuel accorde au déplacement un rôle majeur dans l'invention des oeuvres. En ce sens elle ne fait que participer de l'histoire générale de l'art dans laquelle la figure de l'homme qui marche est essentielle. La façon cependant dont cette question est aujourd'hui traitée par les artistes est suffisamment singulière pour mériter une analyse à part entière. C'est ce à quoi s'applique cet ouvrage qui n'est pas un panorama de la fonction plastique du nomadisme mais un choix opéré à partir de recherches contemporaines (essentiellement Gabriel Orozco, Francis Alÿs, le laboratoire Stalker) exemplaires de cette question dont il met en évidence les règles et les mécanismes d'action. Apparaît alors un univers où le déplacement est non seulement le moyen d'une translation spatiale mais également un fait psychique, un outil de fiction ou encore l'autre nom de la production. Cette cinéplastique qui fait de la ville son théâtre d'opérations, ces déplacements aux multiples résonances tracent le visage d'un monde où le réel est un processus. C'est le côté " chinois " de ces artistes et de leurs oeuvres.

  • Une analyse détaillée d'un corpus majeur de l'artiste allemand par Erik Verhargen, accompagnée d'un historique de la pièce établi par Thierry Davila.
    Présentée quasiment en continu depuis l'ouverture du MAMCO au public, l'oeuvre de Franz Erhard Walther y occupe une place singulière. Celle-ci est structurée par l'Ensemble d'oeuvres no 1 (1. Werksatz), soit 58 objets en tissu cousu et activables, dont l'impact historique est unique sur la scène de l'art depuis les années 1960.
    Cet ouvrage s'attache à l'étude systématique et détaillée de ce corpus à travers une ample analyse d'Erik Verhagen. Elle est complétée par un historique, rédigé par Thierry Davila, de la présentation de l'oeuvre de Franz Erhard Walther au MAMCO. Au total, cette publication est l'une des toutes premières, disponible en français, à être consacrée à une figure majeure de l'art actuel.

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