Teresa Castro

  • Le cinéma et le monde des images en général sont traversés par une pensée de l'espace qui trouve dans la carte son modèle théorique. Dispositif fondateur de la pensée occidentale, la carte recouvre une multiplicité de formes et d expressions qui n'ont jamais cessé de stimuler l'imagination et de nourrir d'innombrables récits. Ce livre explore les pensées cartographiques des images à partir de trois formes particulières : les panoramas, les vues a|riennes et les atlas. Chacune d'entre elles a été l'objet de manifestations cinématographiques variées, que l'on rencontre aussi bien dans le cinéma des premiers temps que dans les installations d'artistes contemporains, dans le cinéma de non-fiction, les avant-gardes historiques, les comédies musicales des années 1930, le cinéma expérimental que dans les films d'artistes. Conçu comme une étude de culture visuelle, ce livre esquisse les contours d'un r|gime descriptif de l'image d'une grande richesse et complexité.
    Historienne de l'art de formation et docteur en études cinématographiques, Teresa Castro enseigne à l'Universitá de Paris III. Elle poursuit actuellement au Musée du Quai Branly ses recherches touchant aux problèmes de culture visuelle.

  • Une étude transdisciplinaire de la représentation des végétaux et de leurs pouvoirs pour penser la question de l'animation, du cinéma, de la photographie et plus largement, celle de l'image, à l'ère de l'Anthropocène et dans le contexte du « tournant végétal » à l'oeuvre dans le domaine des sciences humaines aussi bien que de l'art contemporain.
    Même si les végétaux ont longtemps été considérés comme des êtres moins vivants que les animaux, leur capacité à produire des formes complexes et des couleurs variées en fait des objets privilégiés d'admiration et d'expérimentation. De nombreuses sociétés mettent d'ailleurs en scène, souvent dans des contextes rituels, des processus vitaux tels que la croissance et la floraison des plantes ou la longévité des arbres. Dans le prolongement de ce désir d'exposer des qualités visuelles et morphologiques, la photographie et le cinéma, par les effets de magnification et d'accélération qu'ils rendent possibles, aident les humains à mieux voir, concevoir et imaginer la vitalité à l'oeuvre dans le monde végétal.
    Fruit d'un dialogue pluridisciplinaire engagé entre des anthropologues, des philosophes et des spécialistes en études visuelles et cinématographiques, cet ouvrage explore la capacité des images à découvrir l'animation qui parcourt les végétaux et à faire apparaître de nouvelles formes d'animisme dans les sociétés modernes.

  • Ouvrage collectif avec des textes inédits de Victor Burgin, et de cinq théoriciennes de l'art et du cinéma, Teresa Castro, Evgenia Gianouri, Lucia Monteiro, Clara Schulmann et Jennifer Verraes.

    Extrait :
    « Je me souviens que nous étions devant un restaurant de Gradisca d'Isonzo, une ville d'Italie du Nord. Il était tard. Au cours du dîner, mes compagnes de table m'avaient parlé d'une ville de la Renaissance, Palmanova, qui se trouvait à l'ouest, à une vingtaine de minutes de voiture. J'ai dit quelque chose comme : "Allons-y tout de suite". Mais il était impossible de se rendre à Palmanova à cette heure de la nuit. Personne n'avait de voiture. Il n'y avait pas de taxis. Je me souviens des lampadaires qui disparaissaient dans l'obscurité aux confins de la ville. Là-bas, quelque part dans la nuit, il y avait Palmanova. J'ai marché d'une tache de lumière à une autre jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de lampadaire. Puis je me suis arrêté pour écouter les grillons. Peu après mon retour de Gradisca, j'ai reçu une carte postale des amies rencontrées lors de cette soirée : elle représentait Palmanova. C'était il y a des années. Je ne suis toujours pas allé à Palmanova. » Victor Burgin, Les villes visibles Coordination éditoriale : Lore Gablier.
    Traduction : Nicolas Vieillescazes.
    Conception graphique : Ho Sook Kang.

empty