Louis Marin

  • Poussin, à rome, dit du caravage qu'il était venu au monde pour détruire la peinture et cependant il est dit aussi qu'il possédait l'art de peindre tout entier.
    Ce livre cherche non point à résoudre une contradiction mais plutôt à développer une inconsistance du système représentatif dans le procès de peindre de poussin au caravage et vice versa. il y sera donc question de mimésis et de fantaisie, d'histoire et d'action, de perspective et de ténèbres, de mort et de décapitation.

  • Le recueil des écrits sur l'art du philosophe, historien, sémiologue et critique d'art Louis Marin (1931-1992).

  • Le recit est un piege

    Louis Marin

    • Minuit
    • 1 November 1978
  • Le portrait du roi

    Louis Marin

    • Minuit
    • 1 November 1981

    Cet ouvrage est une réflexion historique et philosophique sur le pouvoir en général et le pouvoir politique en particulier lorsqu'il s'exerce à son plus haut régime en s'affirmant absolu. D'où le sujet central du livre : Louis XIV ou le roi comme monarque illimité ou plutôt qui se représente tel. D'où les questions non moins centrales parce que toujours actuelles qu'il pose et auxquelles il tente de répondre : comment le portrait du prince réalise-t-il le miracle permanent de la transsubstantiation d'un individu en monarque ? Comment la représentation légitime-t-elle cette présence dans la loi d'un nom universel et unique ?
    En appliquant à des objets aussi divers que l'histoire officielle du roi ou son éloge, la médaille du prince, son palais ou ses divertissements, le modèle théologique du corps eucharistique hérité d'une longue tradition religieuse, politique et juridique de l'Empire et de l'Église, l'auteur montre comment s'institue le fantasme d'un corps unique du prince, comment s'exerce et se reproduit la violence symbolique de son nom propre.
    Il montre également comment ce modèle travaille à mettre en question ce qu'il vise à fonder et à légitimer, dans les réflexions de Pascal sur les rapports de la force et de la justice ou sur la légitimité politique de l'autorité royale, le roi présent réellement sous ses espèces représentatives ne trouvant l'absolu de son pouvoir qu'en devenant, en fin de compte, son image, qu'en signant son nom.

  • Sous le titre Des pouvoirs de l'image s'affirme le projet de reconnaître, dans sa diversité historique et anthropologique, l'efficacité de l'image, les régimes et les registres variés de ses pouvoirs : forces des fétiches et des leurres dans la constitution et l'identification du Moi ; puissances du " faire-croire " dans les représentations du pouvoir d'Etat ; prégnances irrésistibles de l'invisible dans les théophanies de la lumière et de la voix.
    Des textes qui, pour la plupart, appartiennent à l'âge de la représentation sont ici lus et récrits selon le genre de la glose : lectures, récritures qui les déplacent et les ouvrent sur un objet qui se dérobe et dont pourtant ils ne cessent de parler et d'écrire : l'image.

  • Qu'on ne s'y trompe pas. Le terme " opacité ", qui brille d'un éclat noir au titre de l'ouvrage, ne renvoie ni à une ineffabilité supposée ou prétendue de la peinture, ni non plus à des énigmes que comporterait la mise en peinture ou en figure, mais à la pragmatique contemporaine, en un sens dont on trouvera l'élaboration dans La Logique de Port-Royal ou dans la sémiologie augustinienne. Tout signe est à la fois une chose et une représentation considéré comme chose, le signe focalise sur lui-même la " vue de l'esprit ", il ne représente rien mais se présente lui-même. Comme représentation, il se dérobe à la considération et déplace la vue de l'esprit de lui-même à l'objet qu'il signifie. Le signe est alors comme la vitre transparente qui laisse voir autre chose qu'elle-même : lorsqu'elle s'opacifie, elle cesse de se dérober dans sa diaphanéité pour s'offrir à la vue et l'arrêter. Ainsi la représentation de peinture qui, tout en représentant l'univers naturel, les hommes et les fracas de leur histoire, les créatures invisibles, le monde surnaturel, n'a de cesse de déployer les dispositifs complexes de présentation de ses représentations, de travailler et de faire travailler, dans ses " images " et ses " signes ", leurs divers modes de présentation et jusqu'au sujet-peintre qui les met en oeuvre dans les " sujets " qu'il représente : opacités de la peinture.

  • Partis tous deux d'un même objet, Paul Veyne et Louis Marin ne sont pas en conflit ; ils prennent des voies "traversières" et cherchent l'un et l'autre, non seulement à situer l'oeuvre qui est au centre de leur propos, la colonne Trajane, mais surtout l'histoire des procédures de regard et d'interprétation qui accompagnent un tel monument.
    Si la sociologie de l'art et la simple iconographie y laissent quelques plumes, la réflexion sur les formes de réception de l'image, sur la valeur du médium et la transposabilité de l'image y gagne beaucoup. Au lecteur à présent d'aller tourner à son tour autour de ces deux textes.

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