Presses universitaires de France (réédition numérique FeniXX)

  • Le but du présent ouvrage est d'introduire à la philosophie de Charles Sanders Peirce (1839-1914), à travers une question longtemps restée mystérieuse : celle de la logique du vague. Ce thème semble assurer l'unité de cette oeuvre complexe et multiforme, dont on commence à entrevoir la portée. Il a été longtemps impossible d'écrire en philosophe sur Peirce : celui-ci, considéré comme pionnier de la sémiotique, réduit au rôle de précurseur, de la logique contemporaine ou du positivisme logique, est en fait l'auteur d'un système ambitieux qu'il tenta toute sa vie d'édifier. La présente enquête, fondée sur un examen précis de ces textes méconnus, consiste à aborder la théorie générale du signe et de la signification, en liaison avec les problématiques de Husserl, de Frege ou de Russell. Le départ en est fourni par l'examen de la part assignée dans la sémiotique à la grammaire pure : celui-ci mène, par la dérobade du sens, à la pragmatique de la proposition, puis à l'invention du sujet logique, pour aboutir à la théorie de la quantification qui permet de nommer le vague. Le lecteur français peut dès lors disposer d'une entrée dans un projet philosophique d'envergure, dont l'inventivité logique et la profondeur métaphysique évoquent Leibniz. Sa contribution à la philosophie analytique contemporaine apparaît à travers ce thème du vague qui en fournit l'accès privilégié.

  • Platon pourrait-il être considéré comme le précurseur de la grammaire philosophique - cette discipline à laquelle la philosophie analytique a donné ses titres de noblesse ? Cette question, reprise à partir de la tentative méconnue de Gilbert Ryle, dans l'horizon de la philosophie de Russell et du second Wittgenstein, est examinée ici à travers une étude minutieuse de la philosophie, du langage du Sophiste, et de ses présupposés dans le Cratyle. C'est, plus précisément, la sémantique catégoriale articulée à la théorie des idées, qui est soumise à l'examen. De la réévaluation de l'outil du langage à la signification des phrases fausses, c'est la voie d'une sémantique de l'énoncé qui s'ouvre sous la forme d'un projet catégorial. Cette relecture d'une lecture de Platon, en ses acquis et ses limites, permet aussi bien de revenir au coeur même du problème avec lequel s'explique son oeuvre : celui d'une grammaire du sens. Tout se passe comme si le philosophe grec pressentait notre distinction moderne entre forme logique et forme grammaticale du langage. Avec les genres suprêmes, il s'agit d'une logique non analytique dominée par la figure de l'Autre - ce qui ouvre la voie au mathème : question de la liaison de sens que constitue l'énoncé, par où se trouve élaboré un au-delà de la mimesis. C'est ainsi une oeuvre fondatrice de la philosophie qui est mise en débat avec des schèmes analytiques - au moyen d'une construction qui réfléchit les rapports entre l'oeuvre, la méthode de lecture et la tradition. Ainsi se trouve fixé le seuil où la fondation platonicienne peut faire retour dans la modernité philosophique.

  • Le nom de Comte est attaché à la philosophie de la science qui se réfère au positivisme. Mais le comtisme reste à redécouvrir : la pensée de Comte s'efforce de réaliser l'ambition philosophique de réunir les savoirs et de fonder une éthique, une polit

  • C'est un fait que Bergson eut des responsabilités politiques pendant la Première Guerre mondiale, ce qui mettait le métaphysicien en position d'intervention active pour des enjeux aussi déterminants de la politique du siècle que le destin de la révolution russe, la création du foyer national juif en Palestine ou l'entrée des Etats-Unis sur la scène de l'histoire mondiale.

  • Etude du contenu et de la genèse de la notion de sujet dans la pensée d'Emmanuel Levinas, qui habite de plus en plus les oeuvres du philosophe : on voit ainsi se constituer, de façon aussi nuancée que rigoureuse, la fonction de sujet en sa dimension éthiq

  • La représentation, pierre de touche de l'État démocratique moderne, est-elle un concept rationnellement analysable ou le mystère constitutif du logos politique ? Une généalogie de la théorie de la représentation contenue dans le Léviathan, dont elle est la clé de voûte, telle que la propose la présente étude, s'avère un révélateur privilégié de cette question majeure. L'analyse précise des présupposés, de la structure et des conséquences de la théorie hobbienne, permet de repérer le thème de la personne fictive ou artificielle comme déterminante pour cette problématique - ce qui requiert l'examen des filiations, refontes et polémiques menées par l'artificialisme et le matérialisme. Là, se dessine le destin de l'individualisme dans la modernité politique. Une fois restitué dans la problématique qui lui est propre, Hobbes se révèle, dans un second temps, éminemment éclairant pour les enjeux du séisme politique que constituera la Révolution française : la volonté générale rousseauiste, la Déclaration de 1789, les thèses sur la représentation de Madison ou Sieyès, sont réexaminées à partir du terrain de Hobbes. Il se révèle ainsi que le moment hobbien reste consubstantiel de l'actualité de la théorie politique. L'examen de ses apories vaut donc ipso facto comme élucidation de certaines contradictions du présent de la philosophie politique, à travers son point aveugle : la représentation.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Philosophie, poésie, mystique : entre ces champs divers de la connaissance et de l'action, le présent ouvrage, en décrivant l'efflorescence des formes montre l'implication de l'esthétique littéraire dans la philosophie d'aujourd'hui.

  • Il existe chez Pascal plusieurs conceptions de la justice. La première s'emploie à montrer, à partir de la notion de point de vue, la difficulté d'en construire les concepts fondamentaux; la deuxième vise à établir la légitimité de l'ordre politique à partir de la loi divine. La troisième, les ordres de justice, échappe à tout modèle légal.

  • Au centre de ce livre : la différence sexuelle dans les écrits d'Emmanuel Levinas. Différence qui hante la philosophie depuis ses débuts mais dérange les systèmes de pensée. Le féminin serait alors un nom pour ce reste qui échappe aux systèmes de pensée. L'enjeu de Levinas consistant à penser l'Autre comme irréductible au Même, il rompt avec l'apparente neutralité du sujet philosophique. Il établit corrélativement un rapport entre la femme, le féminin et l'hospitalité. À travers l'irruption du féminin, de la voix féminine dans le champ philosophique, le présent ouvrage propose une nouvelle image de la pensée. À partir de l'examen de la différence des sexes comme douce défaillance, se trouve dégagée la subjectivité au féminin qui ramène à l'immémorial. De cet examen, à la fois précis et vivant, de ses occurrences dans le texte de Levinas, émerge la trace du féminin dans l'un des textes majeurs de la philosophie contemporaine de l'altérité.

  • La philosophie de Platon se trouve ici interrogée sur la conception de l'alphabet, c'est-à-dire sur les éléments qui rendent possibles la lecture, l'écriture et l'énonciation de quelque pensée que ce soit.

  • Réaborder la philosophie de Spinoza par la question de la qualité et de la quantité, c'est réinterroger son projet en lui-même : l'obstacle à l'idée de rationalité absolue est, en effet, pour Spinoza, l'ancienne notion de qualité qui, par nature, résiste à la mesure, à l'explication et à la comparaison. Pour ôter à la qualité son caractère occulte, il fallait construire des qualités non occultes (les attributs) ou construire un monde entièrement soumis à la quantité (les modes), ce qui nous renvoie au système achevé construit autour de la substance infinie ou Dieu. On comprend que, plus que des thèmes de la philosophie de Spinoza, qualité et quantité en constituent un enjeu central : en sondant l'ensemble des occurrences et aspects de ce couple notionnel, le présent ouvrage en met en évidence la portée, comme opérateurs de relecture du système spinoziste et de mise à jour d'aspects encore méconnus par l'abondante exégèse du spinozisme. La pensée de Spinoza confirme par là même l'actualité de la réflexion métaphysique qui la sous-tend : du statut de l'homme sans qualités à l'avance inexorable du mode numérique qui réduit la qualité à l'illusion, n'est-ce pas la condition contemporaine de la pensée qu'elle vient interroger ?

  • La différence est le concept central des fondateurs de la philosophie contemporaine la plus novatrice - Nietzsche et Heidegger - et de leurs successeurs comme Deleuze et Derrida. De ce point de vue, elle remplace la contradiction et la structure. Elle désigne la simultanéité de la scission et de l'identité, la distance positive qui unit immédiatement, sans négativité ni dialectique, les contraires. Le premier temps de cette enquête consiste en une reconstruction de la catégorie de la différence et analyse systématiquement les deux usages qui la partagent conflictuellement : comme différence idéelle et infinie, figure initiale et terminale de la métaphysique (Nietzsche et Deleuze) ; comme différence réelle et finie, figure de dé-limitation de la métaphysique (Heidegger et Derrida). Dans un second temps, la critique de la différence débouche sur celle de la décision philosophique en général. Critique qui applique à l'histoire de la philosophie la pensée de l'un plutôt que de l'être, celle de la science aussi plutôt que de la philosophie dont elle s'avère indépendante. S'esquissent ainsi une science rigoureuse de la décision philosophique et une fondation de la contingence d'une telle décision. Elles interpellent radicalement la modernité philosophique - au-delà même de la réforme de l'entendement qu'impose la pensée critique de la différence.

  • Il se peut que le dialogue philosophique, en notre temps, soit empêché de se déployer en raison de certaine exclusive que s'adressent mutuellement ceux que l'on peut appeler, en simplifiant, les tenants du discours et ceux qui pensent que le réel, lieu de toutes les différences, est décidément rebelle à tout effort de compréhension intégrale. Ceux-là dénoncent ce qu'ils pensent être une sacralisation de l'immédiateté pré-rationnelle, tandis que les seconds ont pour souci de briser l'enfermement dans le logos que nous aurions hérité de notre tradition. Éternel problème du même et de l'autre. Cet ouvrage essaie de l'aborder à nouveaux frais dans les termes de notre modernité. Il prend acte de l'éclatement de la philosophie. Mais il y voit l'occasion d'une approche nouvelle de sa fonction structurante au bénéfice des pratiques historiques de la science, de la politique, de la théologie ou de l'art. Mise en cause radicale de nos dualismes communs, cette logique fondamentale propose une expérience qui articule d'origine les dimensions connexes de l'intérieur et de l'extérieur, du dire et du vivre ; elle déploie les catégories qui permettent de penser concrètement, c'est-à-dire en effectivité d'histoire, cette intériorité réciproque du discours et de l'altérité. Au commencement la relation.

  • Thomas Hobbes est le plus grand philosophe politique des temps modernes, à la fois par la rigueur de son système et par la lucidité avec laquelle il a révélé les structures et les ressorts de la réalité politique. C'est aussi l'un des plus mal compris et l'un des plus calomniés, tant les passions et les querelles qu'il a suscitées sont vives. Première querelle : sa politique est-elle celle d'un athée ou est-elle l'expression politique de son anglicanisme ? Deuxième querelle : a-t-il fait l'apologie du despotisme, voire du totalitarisme, ou a-t-il simplement défini les conditions rationnelles du bon fonctionnement de l'autorité politique dans l'État moderne ? Troisième querelle : sa politique est-elle gouvernée par une morale ou a-t-elle asservi et finalement dissous toute morale ? Dans le prolongement de ses travaux antérieurs sur Hobbes, l'auteur, fidèle au grand rationalisme de Hobbes, s'efforce de dépasser ces oppositions par une interprétation fondamentalement raisonnable, qui convient à ce très grand philosophe de la guerre et de la paix entre les hommes.

  • La philosophie analytique est désormais reconnue comme une contribution majeure à la philosophie contemporaine. Mais il nous manquait une présentation d'un de ses aspects les plus féconds : sa théorie de l'action. L'exposé détaillé et précis de cette théorie, fondé sur une analyse exhaustive des textes les plus représentatifs (de Wittgenstein à Anscombe et de Davidson à Dennett), est replacé ici dans la perspective d'une discussion critique à la lumière de la phénoménologie. Puisque le langage que nous tenons sur nos actions, n'est pas tout à fait autonome par rapport à notre expérience d'agir (Ricoeur), une philosophie de l'action ne saurait contourner le problème de l'intentionnalité. C'est donc l'exigence d'une nouvelle approche de l'intentionnalité qui forme l'horizon de cette enquête, ouvrant les perspectives d'une transformation réciproque de l'analyse linguistique et de la description phénoménologique. La théorie de l'action permet ainsi de mettre en dialogue de façon originale - dans le cadre d'une sémantique intentionnelle - les deux traditions majeures de la philosophie d'aujourd'hui : la philosophie analytique et la phénoménologie.

  • De l'ennui, un discours est-il possible et lequel ? En fait, c'est d'un long évitement qu'il s'agit : longtemps ignoré des psychologues, oublié des aliénistes, traité par les moralistes de façon confuse ou identifié au vide par les métaphysiciens, les discours en ont traité comme par omission, tournant autour d'un vécu à la fois évident et insaisissable. C'est le but de la présente enquête d'interroger l'histoire des différents modes de construction de l'ennui à travers les discours qui lui sont consacrés. Par là, elle révèle les solidarités entre les modalités de l'expérience subjective et les formes d'ennui, en les inscrivant dans leur matérialité sociale. Cette première généalogie véritable de l'ennui a un enjeu épistémologique - puisque interrogeant le paradoxe qui a conduit les sciences humaines à méconnaître l'ennui - et idéologique, puisque permettant un découpage de l'objet ainsi dégagé des amalgames idéologiques qu'y ont tressés les discours, dont l'ennui s'avère aussi bien un référent qu'un symptôme.

  • Comment se fait-il que, dans tous les systèmes de morale, l'auteur passe des habituelles copules de propositions est et n'est pas à doit ou ne doit pas ? En formulant cette question, à la fois élémentaire et fondamentale, dans son Traité de la nature humaine, Hume lance un défi majeur, celui de penser le passage de l'être au devoir-être au plan de l'énoncé, soit le passage de l'indicatif à l'impératif et, au-delà, de l'énonciatif au normatif. Il s'avère possible d'y répondre en mobilisant aussi bien la tradition phénoménologique que la philosophie analytique, sans négliger les apports de la logique contemporaine. De l'examen des différents niveaux et des différentes modalités de ce passage problématique, il ressort qu'il n'est pas nécessairement abusif. Cette enquête sur l'articulation de l'énonciatif au normatif jette un pont entre la réflexion logique contemporaine, renouvelée par la théorie des actes de langage, les logiques déontiques et les sémantiques des mondes possibles d'une part, la réflexion sur les fondements de la rationalité morale et juridique d'autre part. L'examen de L'erreur de Hume ouvre ainsi de nouveaux horizons à la conception contemporaine du fait et de la norme.

  • Comment se représenter l'association de la judéité et de l'apport de la philosophie allemande moderne ? C'est ici la question de l'idéalisme allemand des philosophes juifs (Habermas) qui se trouve impliquée. Ce qui est en jeu est une affinité de pensée qui révèle en même temps une dissimilation (Rosenzweig) d'avec la philosophie classique allemande. L'état de la question se présente ici comme l'exploration de figures significatives, illustres ou méconnues, de cet entre-deux. À partir de ce prologue fourni par la Kabbale de Reuchlin, se dessine un trajet qui, via le moment décisif du kantisme dans la pensée juive et l'effet de l'idéalisme allemand (de Schelling à Hegel), interroge les formes contemporaines de cette rencontre. De Bendavid et Molitor à H. Cohen, Buber et Levinas en passant par S. Maïmon et S. Hirsch, c'est une sorte de phénoménologie de la présence de la philosophie allemande dans la pensée juive en sa condition moderne qui prend forme. La présente synthèse prend date, à la fois pour une généalogie du philosopher dans la tradition hébraïque, et pour l'exploration d'une configuration majeure du logos philosophique contemporain.

  • La politesse n'est-elle qu'un ensemble d'usages contingents ou bien a-t-elle une signification propre ? En quoi se distingue-t-elle des autres formes de sociabilité, a-t-elle une signification directe ? Cette étude reprise dans une perspective philosophique révèle la nature paradoxale de la politesse, à la fois langage créateur de sens et langage formel.

  • Aborder la philosophie de Jankélévitch d'une manière globale, selon ses sources, son sens et ses enjeux, tel est le propos de cet ouvrage. L'auteur de ce livre, qui désirait mettre au jour la fécondité existentielle et spirituelle de cette philosophie, a privilégié une méthode heuristique, et non pas historique ou critique, au sens courant de ces termes.

  • F.W.J. Schelling est considéré comme l'un des trois grands philosophes de l'idéalisme allemand. Il est pourtant celui qui a le plus clairement montré ses limites, comme le révèle la présente étude de la notion d'extase centrée sur sa dernière philosophie.

  • Cette étude méthodologique de l'ensemble des critiques hégéliennes de Kant a pour enjeu un retour critique aux interprétations de ce passage centrées sur l'idée d'une continuité idéaliste ou métaphysique.

  • Dans "Dialogiques, recherches logiques sur le dialogue", Francis Jacques compare l'analyse anglo-saxonne des énoncés à l'étude de l'énonciation par les linguistes français. La théorie des jeux, les actes de langage, et la sémantique modale y sont élargis et soudés dans leur consistance relative. L'ouvrage est le fruit de cinq études composées de 1975 à 1978, à la suite d'un travail académique intitulé "Référence et description", thèse de Doctorat d'État soutenue en juin 1975.

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