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Pierre Nepveu
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Gaston Miron ; la vie d'un homme
Pierre Nepveu
- Editions Boréal
- Biographie
- 23 September 2011
- 9782764641033
Le 21 décembre 1996, dans la modeste église de Sainte-Agathe, avaient lieu les funérailles nationales d'un poète. Avant Gaston Miron, aucun écrivain n'avait reçu des autorités politiques québécoises un honneur pareil. Comment une telle chose pouvait-elle se produire dans une société qui avait jusque-là si mal traité ses poètes, de Nelligan à Saint-Denys Garneau ? C'est tout simplement que Gaston Miron incarne mieux que quiconque le Québec moderne. Miron est notre contemporain capital. Écrire la biographie de Gaston Miron, c'est faire davantage que retracer la vie d'un homme, c'est raconter le Québec de la Grande Noirceur et des communautés religieuses, la Révolution tranquille, la renaissance du nationalisme et les mouvements de gauche, la crise d'Octobre, les deux référendums, c'est raconter l'histoire de l'édition au Québec et la naissance d'une institution littéraire semblable à celle dont sont dotées les autres nations. À l'étranger aussi, le Québec, c'était Gaston Miron, tant parmi la confrérie des poètes que sur les plateaux de la télévision française. Après de nombreuses années de recherche qui l'ont amené à rencontrer les proches de Miron et à traverser d'abondantes archives, le poète, romancier et essayiste Pierre Nepveu arrive à embrasser l'empan de cette vie hors du commun. Il sait bien sûr faire ressortir toute l'envergure du poète, mais il réussit également comme nul autre à peindre l'homme, sa rudesse, sa fragilité, son grand rire franc, ses coups de gueule, sa misère natale qu'il portait comme un stigmate, son espoir indomptable.
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Geographies du pays proche - poete et citoyen dans un quebec pluriel
Pierre Nepveu
- Editions Boréal
- Papiers collés
- 20 April 2022
- 9782764647158
Cet essai parle de mon attachement au Québec, ce coin des Amériques où je suis né, où j'ai mené presque toute ma vie active, où j'écris depuis plus de cinquante ans et auquel j'ai consacré l'essentiel de mes travaux. J'ai une dette importante envers ce territoire, cette société, cette nation, mais toute dette mérite d'être interrogée, tout héritage exige d'être soupesé. Mon amour du Québec n'est pas nationaliste si l'on entend par là que je placerais la nation au-dessus de tout, que je serais incapable de reconnaître ses tares, au passé comme au présent, ou encore que je serais obsédé par sa différence, sa distinction, sa spécificité. Reconnaître que le Québec est un cas unique dans l'histoire des Amériques, que sa situation linguistique fortement minoritaire au Canada et à plus forte raison sur le continent exige des politiques et motive un souci constant, être conscient des particularités de notre parcours historique - cela ne signifie aucunement que l'on doive se cantonner dans un provincialisme défensif et régressif qui en vient à considérer comme suspecte, voire péjorative, l'idée même d'un Québec ouvert, pluraliste, inclusif. À mes yeux, telle est pourtant l'idée de la nation qui colle le plus à sa réalité présente, et la seule apte à éviter sa stagnation et sa folklorisation.
Mon discours n'est pas celui d'un historien, d'un sociologue, d'un politologue, d'un juriste ni même d'un philosophe, bien que toutes ces disciplines me nourrissent et qu'elles occupent une large place dans ma bibliothèque. Mon point de vue sur le monde est celui d'un littéraire et donc d'un généraliste ou, mieux encore, d'un « écologiste du réel », une expression que j'emprunte à un livre que j'ai publié dans les années 1980 et qui considère que le monde que nous habitons est, à portée de langage, une totalité concrète, complexe, diversifiée, qui se maintient dans des interrelations, qui vit et se recrée sans cesse dans des échanges et dont nos discours ont le devoir de faire entendre la polyphonie, les discordances autant que les harmonies. Le Québec dont je parle est imprévisible, mais il commence au seuil de ma porte, dans la proximité des choses et des êtres, dans un équilibre instable qui est, au bout du compte, la seule manière d'exister.
Pierre Nepveu -
Voix et Images. Vol. 44 No. 3, Printemps-Été 2019
Emir Delic, Patrice Desbiens, Marc Andre Brouillette, Thierry Bissonnette, Frederic Rondeau, Francois Par
- Université du Québec à Montréal
- 10 October 2019
- 9782924587287
Voix et Images consacre son numéro printemps-été au poète francophone d'origine ontarienne Patrice Desbiens. Actif depuis les années 70, établi au Québec depuis 1988, Patrice Desbiens est l'auteur d'une oeuvre abondante « qui réussit la prouesse de faire et dire beaucoup en peu de mots. » Ce dossier se veut surtout un premier effort collectif de sonder une oeuvre, qui malgré l'engouement qu'elle suscite, n'a encore fait l'objet d'aucune publication d'envergure, monographie, dossier thématique ou volume issu d'un colloque. Comprenant cinq études, le numéro propose d'examiner les « postures vocales » du poète (Marc André Brouillette), les manifestations et effets de « décalage » (Thierry Bissonnette), les dimensions narratives de ses textes (Frédéric Rondeau), la mise de l'avant d'expériences partagées dans un contexte capitaliste (François Paré) et une réflexion sur sa consécration (Lucie Hotte).
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Études françaises. Volume 37, numéro 1, 2001
François Paré, Gérard Bucher, Daniele Letocha, Claire Le Brun-Gouanvic, Yolande Villemaire, Marc Quag
- Les Presses de l'Université de Montréal
- 16 March 2021
- 9782760644403
Si plusieurs soutiennent aujourd'hui que la notion d'éternité est disparue de la conscience postmoderne (et encore faudrait-il voir), il ne fait pas de doute qu'elle trouve à la Renaissance et à l'époque classique ses fondements les plus riches, théologiques, politiques et plus largement culturels. Ce numéro tente de saisir les différentes étapes qui ont permis de construire dans le discours et surtout par lui le concept d'éternité.
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Études françaises. Volume 20, numéro 3, hiver 1984-1985
Laurent Mailhot, Robert Melancon, Giselle Huot, Jacques Blais, Normand Doiron, Dujka Smoje, Benoit Lacroi
- Les Presses de l'Université de Montréal
- 17 July 2024
- 9782760651661
L'oeuvre et le personnage de Saint-Denys Garneau n'ont pas cessé d'être présents. On peut les croire dépassés, classés par l'histoire littéraire, disparus de notre horizon, et c'est alors justement qu'on bute sur eux, incontournables : le texte d'une oeuvre qu'on ne finit pas de rassembler (comme en témoignent dans ce numéro d'importants inédits) et la figure d'un écrivain dont l'aventure s'impose, exemplaire dans sa radicalité. Les interroger aujourd'hui, près de 50 ans après la publication de Regards et jeux dans l'espace : tel est l'objet de ce numéro d'Études françaises.
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Ce livre se construit selon une quête de pureté et de guérison, au-delà de blessures anciennes et face à une vie contemporaine souvent égarée ou meurtrie. Sur les rives du fleuve, au sud-ouest de Montréal et jusqu'aux rivages de Lachine, le réel est à la fois nature et ville, solitude habitée, espace de méditation et de mémoire, et le regard se mesure à la résistance des choses et des surfaces. Au loin s'étend un jardin d'oeuvres d'arts qui sont autant d'objets de contemplation, figures du destin le long d'une errance jamais rassurée. La prose se veut ici la forme d'une ouverture et d'un accueil, au carrefour du monde sensible et de l'esprit méditatif. S'il y a un terme, c'est celui d'habiter l'incertain, de demeurer dans le flux des événements, de donner sens à ce qui fuit.
Accompagné de photographies de Karine PRÉVOST-NEPVEU
OEuvre en couverture de David MOORE -
L'espace caressé par ta voix est construit en forme de diptyque, chacun des deux volets s'adressant à une femme. Dans le premier, la destinataire, L., est une petite fille appelée à devenir une jeune femme dans un siècle lourd d'incertitudes et d'angoisses. Outre la célébration de l'enfance, l'enjeu est celui de la transmission d'une sagesse, d'une manière d'habiter le monde, tandis que le poète envisage sereinement la perspective lointaine de sa propre disparition. Le second volet du diptyque, qui s'adresse à C. et a pour titre «Intervalles», est une grande suite amoureuse qui se déploie sous le signe de l'espace, de ce qui s'ouvre dans le désir : intervalles entre les choses, les lieux, les corps; éclats de vie et de voix. Les «trous dans le paysage» sont autant de percées vers la lumière, une façon d'accéder à la chair du monde.