Rivages

  • révolution non violente est certainement l'ouvrage qui permet le mieux de comprendre, de l'intérieur, ce que fut le grand mouvement de libération des noirs américains.
    dans ce livre consacré à la " révolution noire " qui éclata en 1963 en divers points des etats-unis, martin luther king, prix nobel de la paix 1964, raconte l'action extraordinaire qu'il mena avec son mouvement en faveur des droits civiques. action non violente, mais action directe, menée sur plusieurs fronts, et qui fut illustrée par la célèbre marche sur washington et par le vote au sénat de la loi sur les droits civiques.
    mais les pages de ce livre n'évoquent pas seulement une action. elles révèlent aussi toute la personnalité de martin luther king, à la fois humble et passionnée, profondément attachante dans ses appels si lucides, émouvante dans la célèbre lettre, si sereine, qu'il écrivit du fond de sa cellule dans la prison de birmingham.


  • On ne résume pas un tel ouvrage - monumental, riche et foisonnant. Disons simplement qu'il est le résultat d'un pari insensé : qu'un homme puisse, à lui seul, s'emparer de la ville et nous en restituer toutes les facettes, tous les secrets.
    Qu'il s'agisse de l'arrivée sous la pluie dans une petite ville, des manifestations de rue, des dérives nocturnes ou des promenades matinales, des rythmes urbains, de la symbolique de la rue, du carrefour ou du boulevard, des
    transports (bus, taxi, métro), de personnages emblématiques (prostituée, clochard), des quartiers et faubourgs, ou encore des intérieurs (hôtels, studios, salles de bain, de séjour), on se laissera donc porter par la prose d'un Sansot éblouissant, au gré de ses intuitions malicieuses et de sa géographie sentimentale.

  • Les deux essais regroupés ici traitent des "relations de l'individu avec son propre moi et la menace de sa destruction complète par sa mort, que l'homme essaye d'annihiler par toute cette série de mythes fondés sur la croyance en son immortalité que la religion, l'art et la philosophie lui offrent pour le consoler".
    Le double (1914) étudie à partir de la littérature le dédoublement de la personnalité, le mythe du jumeau, la croyance en l'immortalité du moi. don juan (1922) part de réflexions inspirées par le don giovanni de mozart, et analyse la série de ses incarnations artistiques.

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  • « J'ai fermé les registres. J'ai regardé le ciel. [...] Je m'avançais désormais à la tête d'une cohorte. Elle ne cesserait de grossir au fil des mois, rassemblée en cent ans de misères. Avec leur crâne rasé, leurs sabots, leurs pantalons de treillis, leurs vestes grises, ils se ressemblaient tous, ces enfants en prison. Je voulais les suivre au travail, pendant lequel il était interdit de parler, sur le chemin des champs ou de l'atelier ; au dortoir, glacé l'hiver, rempli l'été à l'heure du coucher, d'une grande clarté chaude, encore diurne ; dans leurs courses d'évadés, dans les cachots où ils inscrivaient leur nom ; devant la pitance du réfectoire dans le bruit des écuelles de fer... » M.R. Ce livre est un pèlerinage dans les lieux encore visibles, les registres d'écrou, les dossiers, tout ce que gardent - ou taisent - les archives de ces pénitenciers pour enfants qu'on appela les « petits bagnes ». L'auteur nous conduit dans un voyage hallucinant auquel il ne manque ni le poids et l'odeur des heures, ni le goût du pain de troupe, ni les paysages et les saisons du ciel. L'art de raconter, l'écriture charnelle et minutieuse ressuscitent ces enfants sans enfance, au long d'un récit poignant.

  • L'année suivante, il y retourne pour accomplir un exploit : la traversée de l'inlandsis, terrifiant désert de glace. Puis il rejoint Doumidia, la jeune Esquimaude qu'il a rencontrée lors de son précédent voyage. Avec elle, au sein de sa famille d'adoption, il va vivre « au bout du monde » un hivernage au cours duquel il manquera mourir.

  • Minima moralia est, selon habermas, le " chef-d'oeuvre d'un écrivain égaré parmi les fonctionnaires " ; autrement dit, l'invention d'une écriture anti-autoritaire.
    Entre les moralistes français, marx et les romantiques allemands, adorno entreprend, à travers de courts chapitres, vignettes, instantanés, une critique du mensonge de la société moderne, pourchassant au plus intime de l'existence individuelle les puissances objectives qui la déterminent et l'oppriment. ce livre, qu'il convient d'étudier comme une somme, est à accueillir comme un art d'écrire, à méditer comme un art de penser et à pratiquer comme un art de vivre.
    Mieux : un art de résister.

  • Pour qui écrit l'histoire du socialisme de 1920 à 1924, deux choses sont possibles. Ou bien englober la variété communiste, ou bien se limiter à la variété qu'on a tendance aujourd'hui à appeler social-démocrate. Dans cet ouvrage, l'auteur a résolument choisi la seconde solution. D'abord parce que le Congrès de Tours avait affirmé une volonté de rupture qui aboutissait à toute une série d'innovations. Ensuite parce que la matière qu'il avait pu recueillir sur la vie de la SFIO, contrainte à combattre sur plusieurs fronts, était suffisamment abondante. On verra donc ici comment les socialistes ont reconstruit un Parti rapidement plus fort que le Parti communiste. Comment ensuite, pendant dix ans, ils ont hésité sur la route à suivre. Comment enfin ils ont eu la charge redoutable de conduire l'expérience du Front Populaire. Ces années sont dominées par la figure de Léon Blum.

  • Qui pourrait douter que le développement du mouvement socialiste soit devenu l'un des faits majeurs du vingtième siècle finissant. Mais ce mouvement a des racines profondes dans l'autre siècle et particulièrement en France. Sans prétendre les rechercher toutes, l'auteur les a analysées dans le cadre historique que fournissait une Troisième République qui, après les balbutiements initiaux, s'adressait de plus en plus à la démocratie. Ce temps - jusqu'en 1919 - est celui de la recherche et de la réalisation de l'unité. Une seule classe, un seul parti, c'est vite dit. L'unité n'a pas été spontanée, on est parti d'une floraison de mouvements dont chacun avait son originalité, ses forces, ses faiblesses. Facilitée par les unes, contrariée par les autres, tantôt portée par l'événement, tantôt retardée par lui, elle se réalise cependant sous l'égide des trois grands « ancêtres » : Guesde, Vaillant, Jaurès, et tant bien que mal elle traverse la guerre.

  • Depuis très longtemps, les sociologues ont présenté la ville comme une image de la société inscrite sur le sol. Les villes nouvelles ne seront pas dessinées seulement d'après les impératifs de l'évolution technique, elles seront l'expression d'une nouvelle société. Avant de dire que les hommes doivent s'adapter aux nouvelles formes des villes qui naîtront fatalement en raison de l'évolution technique, il est utile de se demander s'ils n'ont pas actuellement la possibilité d'imaginer les villes qu'ils désirent et d'utiliser les moyens de plus en plus perfectionnés dont ils disposent pour les réaliser.

  • Ce texte où s'entrelacent passé et présent, philosophies politiques classiques et recherches contemporaines repère les masques que prend la domination de l'homme par l'homme, mais divague ailleurs... D'un côté les stratégies de reproduction où se structurent dans le champ des forces possibles des pratiques de lutte et de légitimation ; de l'autre, les dissidences, les disséminations, les investissements libidinaux. Au sérieux de l'Histoire, opposer les pratiques de détournement, à la politique-religion les désobéissances multiples. Relire ces errances où se nouent les résistances en dehors de la grande machinerie de la représentation et du savoir. L'hérésie contre les idéologies de granit, le jeu du furet contre la transcendance de l'Histoire.

  • L'histoire des superstitions ne saurait laisser personne indifférent. Aucun vivant n'est « spectateur pur » du drame de l'existence, dont nul ne connaît le commencement, ni la fin. Les nouveaux secrets que nous révèle la science ne sont qu'une petite approche de ce qu'Hermès Trismégiste exposait sous sa formule ésotérique : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. » Ces nouveaux secrets sont de très vieux secrets : seuls, les moyens d'investigation diffèrent. L'histoire de la superstition est donc celle de l'humanité. Mais si la superstition est universelle, elle se distingue de la religion par le fait qu'elle oublie le sens mystique du symbole pour ne voir que la matérialité de l'objet ou la force machinale de l'acte. La tendance est la même chez l'homme moderne que chez le troglodyte des cavernes ; nous la détectons aussi bien chez l'intellectuel que chez l'analphabète car elle fait partie de la personne humaine.

  • Ces trois éléments constituent les aspects fondamentaux de l'âme noire et il serait difficile de donner la priorité à l'un des trois. En fait, il y a peu de temps que l'Afrique Noire nous livre sa pensée secrète sur ce sujet. En outre, les nombreux savants qui se sont penchés sur ce problème se sont heurtés à l'obstacle que représente la variété des rites et pratiques selon les régions. En dépit de la diversité des ethnies africaines et l'hétérogénéité apparente des « coutumes » religieuses propres à chacune, l'auteur du présent ouvrage s'est attaché à trouver le sens profond de ce qui pouvait être observé et compris afin d'en extraire l'esprit général, le dénominateur commun et en quelque sorte la théologie. Il importe en effet de bien saisir l'unité de la religion traditionnelle africaine non pas tant à travers certains de ses éléments qu'à travers l'attitude de l'homme vis-à-vis de l'Invisible, à travers le sentiment qu'il a de son appartenance à l'Univers. Il s'agit donc ici, en définitive, d'une sorte d'humanisme qui, partant de l'homme pour revenir à lui, saisit sur son trajet tout ce qui n'est pas lui-même, et qui constitue son dépassement. C'est dans la perspective bien particulière à l'épistémologie africaine qu'a été conçu le présent ouvrage. Il prétend rendre compte de l'unité des cultures africaines. Dans un monde où cette unité est le plus souvent recherchée à travers l'économie et la politique, le dévoilement de l'âme nègre devrait conduire à une meilleure et plus parfaite compréhension de l'Universel africain.

  • Comment utilisons-nous notre corps pour "matérialiser" des désirs refoulés ? Est-il possible de faire parler un organe, un animal, un vestige paléontologique ? Peut-on psychanalyser les faits biologiques ? De Thalassa (1924), Freud disait que c'était l'oeuvre "la plus brillante et la plus profonde de la pensée de Ferenczi [...]. On y trouve la plus hardie, peut-être, des applications de la psychanalyse qui ait jamais été tentée." Avec ce livre consacré à l'évolution de la génitalité, Sandor Ferenczi (1873-1933) tente ce que Freud n'eût jamais osé entreprendre : l'intégration de la biologie à la psychanalyse. Il nous met en présence de ce qui vit en nous obscurément, depuis la nuit des temps. Ce texte est précédé de Masculin et féminin (1929), qui traite des différences sexuelles entre les hommes et les femmes.

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