Le Cri

  • Plaisir des météores

    Marie Gevers

    • Le cri
    • 26 May 2020

    Gamine, j'éprouvais une joie vertigineuse à marcher en pantoufles sur le gel : l'intraitable Hiver m'admettait, si humblement chaussée, dans son palais. C'est cette gloire d'être une familière des plus barbares altesses qu'exprime, avec une royale modestie, Marie Gevers dans Plaisir des météores.
    Je me suis promenée, un après-midi, avec elle, à Missembourg (domaine où elle naquit, vécut presqu'un siècle et mourut), dans l'incroyable odeur, si publiquement séminale des châtaigniers en floraison. Lui ai-je confié l'admirative envie que m'inspiraient l'unité de lieu de son destin, sa leçon d'univers dans un parc, son esprit fécondé chaque année par les mêmes très hauts pollens ? (Lucienne Desnoues)
    À PROPOS DE L'AUTEURE
    Marie Gevers (Edegem, 1883-1975) compte parmi les plus grands écrivains belges de langue française. Elle fut membre de l'Académie de langue et de littérature françaises (1938). D'abord poète, elle publia Missembourg, Les Arbres et le vent (prix Eugène Schmits 1924). Ses autres livres, récits et romans, chantent la sauvage beauté de la Campine anversoise, la « primitivité épique » des gens qui y vivent ou la somptuosité des saisons qui se posent sur les choses. Elle se révèle aussi fine psychologue dans Madame Orpha, ou la sérénade de mai (prix du Roman populiste 1934), Paix sur les champs, La Ligne de vie. Parmi ses autres livres : Plaisir des parallèles (Le Cri, 2002), Guldentop, Le Voyage de frère Jean, La Grande Marée, L'Oreille volée, Château de l'Ouest, L'Herbier légendaire, Vie et mort d'un étang (autobiographique).

  • Plaisir des Parallèles

    Marie Gevers

    • Le cri
    • 2 November 2015

    Récit de voyage en Afrique
    Marie Gevers nous invite à franchir l'équateur, à remonter de parallèle en parallèle au pays des « vertes collines ». Nous longeons cette crête qui sépare le bassin du Congo et celui du Nil, nous traversons des forêts de bambous, nous descendons des fleuves encombrés de jacinthes... En route, nous apprenons les secrets de la cuisine indigène, rencontrons des noms aux résonances déjà entendues : Kiwu, Katanga, Bohr, Kagera ; écoutons de vieilles légendes, des poèmes, des anecdotes ; ce n'est pas le lion, mais une loutre que nous chassons. Et en pleine forêt vierge, avec une jeune mariée, nous passons une nuit de Noël inoubliable. C'est en poète et à coeur ouvert que Marie Gevers voyage dans ces hauts lieux de l'Afrique où il arrive que l'homme s'efface pour que les bêtes vivent, c'est en écrivain sûr de ses moyens qu'elle décrit ce qu'elle voit. Pas d'exotisme voulu, pas d'ethnologie savante, mais tous les prestiges de l'invitation au voyage réalisés avec un bonheur incomparable.
    Au travers de ses périgrénations, l'auteur nous fait découvrir la nature, les paysages, et la cuisine du Congo
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Marie Gevers (Edegem, 1883-1975) compte parmi les plus grands écrivains belges de langue française. Elle fut membre de l'Académie de langue et de littérature françaises (1938). D'abord poète, elle publia Missembourg, Les Arbres et le vent (prix Eugène Schmits 1924). Ses autres livres, récits et romans, chantent la sauvage beauté de la Campine anversoise, la « primitivité épique » des gens qui y vivent ou la somptuosité des saisons qui se posent sur les choses. Elle se révèle aussi fine psychologue dans Madame Orpha, ou la sérénade de mai (prix du Roman populiste 1934), Paix sur les champs, La Ligne de vie.
    EXTRAIT
    Vous m'avez beaucoup parlé des cultures en Californie. Dans les vergers immenses, tous les fruits d'une même espèce sont égaux de forme, de volume, de saveur, tant la science des agronomes y est rigoureusement appliquée. Cette idée me causait une sorte de gêne, comme celle que j'éprouve au cirque, en voyant des animaux faire des simagrées humaines. Vous aviez mentionné les arrosages si abondants que l'eau du sol s'est épuisée. On l'amène d'une distance de plus en plus grande. Vous m'avez raconté aussi l'histoire d'un procès mettant aux prises deux États. L'objet du litige étant les nuages que les avions spécialisés font crever au-dessus de l'un, au détriment de l'autre. La terre, chez vous, est soumise, pis que soumise, humiliée par l'homme. Mais l'homme, me disiez-vous, finit par être lui-même l'esclave de la machine.

  • Bibish à Kinshasa

    Marie-Louise Mumbu

    • Le cri
    • 2 November 2015

    Un récit de vie en Afrique présenté avec humour et dérision
    Il faut lire Marie-Louise Mumbu (alias Bibish pour les Kinois et les proches) comme on fait un voyage inoubliable. Grâce à son humour subtil, son style ciselé et un vocabulaire efficace, Bibish nous prend par la main pour nous entraîner à la suite de son héroïne Samantha, journaliste de profession, à travers les quartiers de Kinshasa.
    C'est alors à une grande leçon de vie, d'humilité, mais aussi de dérision, que nous convie l'auteur, un rendez-vous pour un repas littéraire savoureux. Mais on ne se contente pas de déguster, on se dit surtout qu'après ça, plus rien n'est vraiment grave... ni la montre brisée, ni le temps qui passe...
    Tout le monde devrait lire Bibish.
    Figure incontestée de la littérature contemporaine congolaise, Marie-Louise Mumbu nous fait part de chroniques comiques sur son pays
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Marie-Louise Mumbu (Bibish), née en 1975 à Bukavu (République démocratique du Congo), est journaliste et écrivain.
    Diplômée en 2002 de l'Institut technique des Sciences de l'information et communication à Kinshasa (ISTI), et correspondante d'Africultures (revue culturelle trimestrielle), elle a été administratrice des studios Kabako jusqu'à l'été 2003. Elle a travaillé dans l'administration et la production pour différents artistes et projets culturels à travers le monde, elle a aussi participé à de nombreux ateliers d'écriture (Guy-Junior Régis, Olivier Coyette, Sonia Ristic, Odile Zeller, Jean-Luc Outers, Matthieu Malgrange).
    Elle vit à Kinshasa, où elle est connue sous le nom de Bibish.
    EXTRAIT
    Dans la notion de choix, au Congo démocratique, il y a souvent des alternatives. Il n'y en a, généralement, que deux à Kinshasa. Quel que soit le domaine. Chrétiens ou musulmans, Skol ou Primus, Bracongo ou Bralima, Joseph Kabila ou Jean-Pierre Bemba, J.B. Mpiana ou Werrason, Wenge Maison Mère ou Wenge BCBG, Celtel ou Vodacom, MLC (Mouvement de libération du Congo) ou PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), etc. Alors, quand on aime par exemple la musique de Werrason, automatiquement on boit de la Skol, on est abonné chez Vodacom pour la téléphonie, on est chrétien protestant, et on est membre du PPRD, c'est-à-dire qu'on est pro Joseph Kabila... Et souvent les gens du MLC, qui ont fait de Jean-Pierre Bemba leur chairman, boivent de la Primus ou une autre boisson Bralima, sont des abonnés Celtel, aiment la musique de J.B. Mpiana et se disent 100 % BCBG...

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