Michael Schmidt

  • La première monographie d'envergure, une rétrospective monumentale et définitive, dédiée à Michael Schmidt, figure centrale de la photographie allemande contemporaine, le plus grand chroniqueur de Berlin de l'après-guerre.
    Figure admirée et respectée de ses pairs en Allemagne comme sur la scène internationale, Michael Schmidt a pourtant été très peu montré en France. Publié en relation avec l'importante rétrospective itinérante - la première depuis le décès de l'artiste - présentée à la Nationalgalerie im Hamburger Bahnhof à Berlin, au Jeu de Paume à Paris, au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía à Madrid et à l'Albertina à Vienne, ce catalogue constitue l'unique monographie de cette envergure jamais dédiée au photographe. L'analyse chronologique de son parcours, les essais des spécialistes Ute Eskildsen, Janos Frecot, Peter Galassi, Heinz Liesbrock et Thomas Weski - ayant tous étroitement collaboré avec lui de son vivant -, révèlent l'ampleur et l'originalité de la pratique de Michael Schmidt, qui adopta une méthode photographique spécifique pour chacune de ses séries.
    Fruit des recherches approfondies conduites par les Archives de Michael Schmidt, cet ouvrage et l'exposition qu'il accompagne réunissent, outre les séries iconiques Waffenruhe (« Cessez-le-feu », 1987) et Ein-heit (« Un-ité », 1996), des photographies originales, des tirages de travail inédits, des maquettes de livres et une riche documentation (cartons d'invitation, affiches, vues d'exposition, etc.). Ils restituent ainsi toute la portée d'un artiste qui a influencé une génération entière de photographes par ses explorations et innovations continuelles.
    Publié à l'occasion des expositions à la Nationalgalerie im Hamburger Bahnhof - Museum für Gegenwart, Berlin, du 29 août 2020 au 17 janvier 2021 (« Michael Schmidt - Retrospektive. Fotografien 1965-2014 »), au Jeu de Paume, Paris, du 11 mai au 29 août 2021 (« Michael Schmidt. Une autre photographie allemande »), au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid, du 28 septembre 2021 au 28 février 2022 et à Albertina, Vienne, du 24 mars au 12 juin 2022.

  • Cette rétrospective retrace toute la carrière du photographe berlinois Michael Schmidt et accompagne une grande exposition présentée à Berlin puis au Jeu de Paume (printemps 2021), à Madrid et à Vienne. Avec les séries Waffenruhe (1987), Ein-heit (1996), Lebensmittel (2012) ainsi que des images inédites, des maquettes de livres et des documents de travail, elle illustre la position unique du photographe allemand autodidacte, qui n'a cessé d'expérimenter de nouvelles manières de photographier pour chaque série.

  • Natur

    Michael Schmidt

    Michael Schmidt fait partie de ces artistes qui photographient le paysage de manière frontale. La densité de ses images aux cadrages serrés, renforcée par le choix du noir et blanc, nous fait entrer avec lui dans la nature.

  • Ce livre est l'un des meilleurs accès à l'oeuvre d'Adorno. Tout l'univers de ce philosophe au génie composite y est présent : philosophie, théorie de la société, musique, littérature. Son objet : prévenir le risque de voir une tradition culturelle pervertie par le conformisme. Nul n'est exempt d'aveuglement, écrit Adorno, pas même le « critique de la culture » dont il brosse le portrait en introduction. C'est que les plus grands artistes, les penseurs les plus vigilants avancent sur une corde raide, guettés par la régression d'un côté, et, de l'autre, la complaisance.

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  • Entre les moralistes français, Marx et les romantiques allemands, Adorno entreprend, à travers de courts chapitres, vignettes, instantanés, une critique du mensonge de la société moderne, traquant au plus intime de l'existence individuelle ce qui nous détermine et nous opprime. Un livre à méditer comme un art de penser et à pratiquer comme un art de vivre. Mieux : un art de résister.

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  • Les récits d'Ilse Aichinger sont voués à l'exploration des possibles, à l'invention d'une réalité parallèle qui naît des pouvoirs magiques et périlleux du langage. Le temps peut y passer à l'envers. Un appartement peut descendre au sous-sol d'un immeuble sans que personne, sauf l'occupante des lieux, ne s'en étonne. Un personnage d'affiche publicitaire ou des figures peintes sur un éventail y vivent d'une vie insoupçonnée. Le " Jour " ou la " Langue " y sont des protagonistes à part entière. Tout ici, même les phénomènes naturels, obéit à des lois à chaque fois différentes auxquelles la narratrice demeure fidèle, à l'intérieur de chaque nouvelle, jusqu'à l'angoisse ou à l'absurde. C'est que, sous l'exubérance du jeu, perce l'inquiétude d'un écrivain qui, pendant la Deuxième Guerre mondiale, a frôlé le pire, et qui a choisi de regarder le monde avec les yeux de l'enfance pour réaffirmer que le possible est plus fort que le réel. Le héros d'un de ces récits, héritier du " champion de jeûne " de Kafka, transforme en raison de vivre les liens qui lui ont été inexplicablement imposés. A son image, la conteuse affirme sa liberté au sein des contraintes du langage auquel elle refuse de faire confiance pour mieux montrer que le monde qui nous entoure dépend du crédit que nous lui accordons.

  • Libre réflexion sur l'influence de Bertolt Brecht dans l'oeuvre de Nina Hagen, ce texte hybride aborde deux grandes figures populaires de la culture allemande par un prisme inhabituel, par les marges, et dresse un portrait de la diva punk comme nous ne l'avons jamais perçue.
    Connaissons-nous vraiment Nina Hagen?? Dans l'imaginaire collectif, la chanteuse punk est réduite au statut d'artiste déjantée adepte des provocations en tout genre. Il faut dire que la dame s'en amuse.
    Lilian Auzas s'est efforcé de gratter le vernis bariolé pour découvrir la femme cachée en-dessous. Après de longues recherches et une série d'entretiens avec l'artiste, il nous livre un portrait de Nina Hagen comme nous ne l'avons jamais perçue. D'une sensibilité rare et d'une impressionnante culture, la chanteuse se révèle adepte et interprète de Bertolt Brecht... Étonnant ? Pas tant que ça. Le présent ouvrage vous aidera à reconsidérer votre perception de Nina Hagen et à pénétrer son univers polymorphe en empruntant des chemins de traverse.

  • Qui prête attention aux bonnes manières mais rejette le mensonge ressemble à un homme qui s'habille à la mode mais n'a pas une chemise à se mettre.
    Voici un ouvrage d'un genre nouveau, dans lequel Walter Benjamin pratique le collage à la manière de ces amoureux des télescopages poétiques que furent Dada et les surréalistes. Rue à sens unique se compose de notes autobiographiques, de souvenirs d'enfance, d'aphorismes, de scènes de la vie urbaine, de considérations acérées sur l'état du monde, et de l'Allemagne en particulier, mais aussi de réflexions sur l'écriture elle-même, sur la graphologie. Benjamin­ se penche par exemple sur l'entrelacs des manuscrits arabes. Voire va-t-il jusqu'à donner des conseils à l'écrivain : par exemple, ne jamais faire lire une oeuvre non encore achevée ; une musique et quelques voix en fond sonore sont recommandées, de même que l'attachement maniaque à tel type de papier ou à telle plume. Benjamin rend compte par la même occasion de l'éclatement de l'écrit dans la signalétique qui émaille nos villes, désormais parsemées de messages à décrypter. Arrachée du livre imprimé, son asile de prédilection, l'écriture se retrouve désormais dans la rue, à travers la publicité, prise dans le chaos d'une économie devenue toute-puissante. Et l'auteur ne manque pas d'humour en ce sens, reprenant pour titre de ses pensées les recommandations, mises en garde et autres slogans assenés dans nos villes : "Travaux publics", "Défense d'afficher", "Attention aux marches" ou encore "Allemands?! Buvez de la bière allemande". Emprunter cette Rue à sens unique, c'est se laisser entraîner dans une dérive au coeur d'une ville certes de papier mais dont les mots fournissent autant de repères urbains pour qui sait jeter des passerelles. Du reste, entre la ville décrite et le paysage fait de mots que dessine l'écrivain, il n'y a pas loin, quand Benjamin nous propose de découvrir les "principes des pavés ou l'art de faire des livres épais".

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  • Nous ne sommes pas encore nés.
    Pris dans l'obscur de ce qui n'est qu'une préhistoire, nul d'entre nous ne peut prétendre être l'héritier du passé, nul ne peut y chercher la lumière. Livre de rupture et de passion écrit tout au long des années de guerre, d'avril 1913 à mai 1917, L'esprit de l'utopie, première, oeuvre provocante plus que démonstrative d'Ernst Bloch, est animé d'un double mouvement de révolte et d'espérance. Sa révolte s'élève contre un univers qui a perdu le sens du Nous, de la communauté, qui a réifié l'être, qui a réduit Dieu à un simple fait, lui qui est une " question inconstructible ".
    La musique, objet central du livre, est la voix privilégiée de cette révolte, car elle fait exploser la distinction entre le sujet et l'objet, entre l'âme et le monde. Sans conclure aucune paix avec le monde, Bloch veut nous apprendre à espérer à partir de notre ici-bas. Il déchiffre comme autant de signes tangibles de noter réalité encore à naître, comme autant de traces de la venue de la " vraie patrie ", comme autant d'utopies concrètes et agissantes, l'oeuvre la plus humble d'un potier inconnu, l'audace plastique du cubisme et du futurisme, le mystère de la musique - le plus utopique de trous les arts -, enfin la grande voix libératrice d'un marxisme réconcilié avec son essence prophétique.
    Car ces chemins expriment tous l'effervescence du réel, sa tendance utopique interne. En pleine Apocalypse donc, Bloch découvre l'" esprit de l'utopie ", le génie paraclétique de la culture et les racines métaphysiques de toute espérance révolutionnaire. Il renoue ainsi avec la tradition millénariste. Depuis, ce livre n'a cessé de représenter une véritable force de vie et de combat qui animera Ernst Bloch tout au long de son oeuvre, jusqu'au Principe Espérance et aux derniers textes du solitaire de Tübingen.

  • Avec L'Angoisse de l'ingénieur, à valeur de manifeste, Ernst Bloch démontre le piège que l'homme se tend à lui-même. Sentiment archaïque, l'angoisse naît de la quête de l'homme d'un accès à l'inconnu, autrefois reliée à l'obscure magie. Ernst Bloch évoque également l'ancienne croyance dans l'existence des fantômes et autres démons. Monde chassé par les Lumières et plus encore par la lumière artifi cielle, dont nulle magie n'émane plus. Bloch défend les archétypes énoncés dans les contes, où toute hiérarchie sociale est niée et où le moment utopique est encore tapi.

  • La grimace

    Heinrich Böll

    • Points
    • 10 September 1997

    " je suis clown.
    Désignation professionnelle : " artiste comique. " ainsi s'exprime hans schnier, rejeton d'une famille protestante allemande qui, depuis sa dixième année, n'a pas cédé d'un pouce aux hypocrisies de la société allemande. vagabond de l'après-guerre, il évoque la figure de marie, seule femme qu'il ait jamais désirée, et qui l'a quitté pour mener une vie d'une consternante banalité. il relate sa propre déchéance, et fustige les protestants, les catholiques, les athées, les collaborateurs passifs du régime hitlérien reconvertis dans les oeuvres de charité ; la bourgeoisie allemande de l'ère adenauer, et tous les modus vivendi adoptés par un peuple pour étouffer la violence de sa propre histoire.

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  • Devenue subitement l'héroïne d'un fait divers à sensation, une jeune femme paisible voit son intimité et sa réputation livrées en pâture à ses concitoyens et fait du même coup la découverte de l'injustice et l'apprentissage de la révolte.

    Un récit haletant.
    Un film admirable dans l'adaptation de Volker Schlöndorff.

  • Alors que tout semble promettre la photographie, activité sans traditions et sans exigences, à l'anarchie de l'improvisation individuelle, rien n'est plus réglé et plus conventionnel que la pratique photographique et les photographies d'amateurs.
    Les normes qui définissent les occasions et les objets de photographie révèlent la fonction sociale de l'acte et de l'image photographique éterniser et solenniser les temps forts de la vie collective. aussi la photographie, rite du culte domestique, par lequel on fabrique des images privées de la vie privée, est-elle une des rares activités qui puisse encore de nos jours enrichir la culture populaire : une esthétique peut s'y exprimer avec ses principes, ses canons et ses lois qui ne sont pas autre chose que l'expression dans le domaine esthétique d'attitudes éthiques.

  • Abc de la guerre

    Bertolt Brecht

    • L'arche
    • 29 April 2015

    La première édition de cet ouvrage remonte au temps de l'ancienne RDA. Brecht y présente ce qu'il nomme des « photogrammes » : des images de guerre mises en relation de façon saisissante avec de courts textes, souvent sous forme de petits poèmes. Un ouvrage qui ne vise pas à documenter le second conflit mondial mais qui éclaire de façon sensible toutes les guerres.

  • Au plus près des bouleversements qui affectent son existence et son époque, paul celan signe avec la rose de personne son livre souvent considéré comme le plus important.
    Sa dimension politique est affirmée dès la dédicace liminaire en souvenir du poète juif russe ossip mandelstam, victime du stalinisme. dans ces poèmes qui tiennent à la fois de la ballade, de la satire, de la romance, de l'ode et de l'élégie, celan fait entendre sa voix à la mémoire des voix assassinées à auschwitz.

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  • Du milieu des années soixante à la fin des années soixante-dix il s'est développé dans la jeunesse des métropoles Occidentale un vaste mouvement de contestation de la société libérale. L'intelligence était critique et la jeunesse luttait pour une autre société, une société plus égalitaire, plus libre, plus autonome. Ses rêves passaient par le « désir » de révolution. On date la naissance de la RAF (Rote Arme Fraktion), plus connue sous le nom de Groupe Baader-Meinhof ou Bande à Baader, du 1 mai 1970. Après le reflux de la révolte étudiante. Andreas Baader et Gudrun Ensslin sont jeunes et beaux. Ils aiment les grosses cylindrées, les armes à feu et ils s'aiment. Ils ressemblent aux acteurs des films de la Nouvelle Vague. Mais le film qu'ils se jouent va virer à la Série Noire, au polar en noir et rouge sang. Hansel (Baader) et Gretel
    (Ensslin) jouent à Bonnie & Clyde. Ulrike Meinhof, la journaliste star passée dans la clandestinité, est sainte Thérèse. L'Allemagne de l'Ouest, la République de Bonn, grâce au « miracle économique» était devenue la
    première Puissance d'Europe. « Un nain politique, un géant économique ». Nombreux étaient ceux qui décrivaient la trop prospère République fédérale comme un protectorat américain. Le mouvement d'opposition extraparlementaire considère le terrorisme et la guérilla urbaine comme
    un moyen de défense contre « la tyrannie de la consommation ». Baader, Ensslin, Meinhof et leurs camarades décident d'engager la lutte contre l'impérialisme américain et contre les structures autoritaires du capitalisme. Ils veulent instruire le procès des pères accusés d'être, sans exception,
    d'anciens nazis. Ils se heurtent de front à l'Etat, ne reculant ni devant les attentats ni devant les assassinats ou les enlèvements, au nom d'une lutte sans merci contre le capitalisme, d'un combat que la gauche sociale-démocrate (SPD) a renoncer à mener. La RAF attaque l'impérialisme au coeur
    même de ses métropoles. Elle affirme que ce n'est plus le prolétariat allemand embourgeoisé mais elle, désormais, qui est le sujet révolutionnaire.
    Il serait faux de juger aujourd'hui les actions de la RAF à la lumière du 11 septembre 2001. Il serait absurde d'établir un parallèle entre les actions terroristes du Groupe Baader-Meinhof, qui se battait au nom de la « libération des opprimés » et, par exemple, le terrorisme islamiste. Une
    violence se réclamant des Lumières ne doit pas être comparée simplement à l'entreprise obscurantiste des Contre- Lumières. Et si on a bien à faire à fanatisme idéologique, il serait toutefois erroné de le rabattre sur le fanatisme religieux des intégristes. L'image qu'on a aujourd'hui des années 1968, de la « décennie rouge », de la révolte de la jeunesse occidentale contre la société des pères et contre la guerre du Viêt-nam, provient pour une part de la police et des médias. La police a dépolitisé la RAF pour la criminaliser.
    Il ne s'agit pas pour autant d'idéaliser à posteriori, ou de légitimer le groupe Baader-Meinhof. Celui-ci d'ailleurs est devenu objet d'exposition et de mode, au sens propre. Tel couturier italien n'hésitant pas à lancer une collection de mode RAF ! Pour la BBC, la RAF était la réponse allemande aux Rolling Stones. Ce qui est assez bien vu. Ironie de l'Histoire, la RAF est rapatriée dans le Musée de l'Histoire Allemande.
    Reste qu'en racontant l'histoire du Groupe Baader-Meinhof on ne peut pas faire l'économie de ses victimes.

  • Ce livre célèbre sur les bas-fonds du Berlin des années 1925-1930 fait penser à Voyage au bout de la nuit et aux Mystères de Paris, mais aussi à Brecht, à Dos Passos et à Joyce. Car ce récit épique, plein de tendresses, de violences, de vices, étonne par sa modernité. L'aventure de Franz Biberkopf, criminel poussé par la fatalité vers un retour au crime, est comme le chant d'une symphonie composée de la rumeur de la foule, du hurlement des tramways, des sanglots et des râles échappés des hôtels délabrés et des bistrots minables.

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  • Repérer les traits constitutifs de ce qui, de manière d'ailleurs assez tardive, s'est appelé " École de Francfort ", présente une certaine difficulté.
    Sans doute trouve-t-on quelque unité dans le mouvement théorique allemand auquel ont appartenu des figures importantes de la pensée du XXe et du début du XXIe siècles comme Horkheimer, Benjamin, Adorno, Marcuse, Habermas ou Honneth. Ils partagent, par exemple, quelques références communes comme Hegel, Marx et Weber ou encore Lukacs ; et quelques thèmes communs comme la critique de la modernité capitaliste sous l'angle de la réification.
    Mais la variété de leurs productions théoriques majeures, de leurs polarités respectives et de leurs styles semble interdire de parler d'une École. Quoi de commun en effet entre les fulgurances énigmatiques de Benjamin évoquant la figure baudelairienne du flâneur et la rude élaboration théorique par Habermas d'une théorie de l'agir communicationnel ? Entre l'exigeante théorie de l'art d'avant-garde d'Adorno et celle du besoin de reconnaissance de Honneth, tournée vers la vulnérabilité ? Entre les aphorismes pessimistes du jeune et du vieux Horkheimer, et la philosophie explosive du désir de Marcuse ? Et où placer des figures importantes comme Neumann, Fromm ou Wellmer ? À cette variété s'ajoute la discontinuité des générations et des expériences historiques, et celle des références intellectuelles.
    Ainsi, entre le pessimisme radical d'Adorno et de Horkheimer d'un côté, liés par l'expérience du nazisme, du stalinisme et de l'exil, et ancrés dans une culture philosophique et intellectuelle allemande, et Habermas et Honneth de l'autre, davantage réconciliés avec des institutions démocratiques consolidées par l'après guerre, et se référant notamment à la psychanalyse anglo-saxonne, au pragmatisme, aux théories américaines de la justice ou au structuralisme français, il n'y aurait pas plus de points communs qu'avec n'importe quel représentant d'une philosophie sociale ambitieuse et critique, à Francfort ou ailleurs.
    Aussi c'est précisément parce que seuls quelques références communes et quelques thèmes identiques paraissent les unir que se multiplieront deux types de réception. Soit les lectures trop lointaines, qui se contentent de placer toutes ces figures dans une postérité marxiste, celle par exemple du " marxisme occidental ", et pour qui l'appartenance à l'École de Francfort ne joue alors presque plus aucun rôle intellectuel distinctif, soit les lectures plus méticuleuses mais qui exagèrent les discontinuités, et alimentent alors les procès en trahison ou en légitimité, et donnent une impression de dispersion ou d'unité factice.
    Jean-Marc Durand-Gasselin articule la diversité de ces penseurs à l'identité du projet d'origine : articuler données empiriques, enquêtes et approches plurielles des sciences humaines pour décrire au plus près la réalité sociale.

  • Mes taupes

    Gunter Eich

    • Circe
    • 21 August 2009

    La taupe montre l'étendue de l'absurde, mais compris désormais comme produit par le pouvoir : « Alors, c'est que tout est mensonge, et moi, je veux qu'on vive dans la vérité ! Et justement, j'ai les moyens de les faire vivre dans la vérité. (...) Ils sont privés de la connaissance et ce qui leur manque c'est un professeur qui sache ce dont il parle ». La taupe accomplit ainsi l'impératif que formule Marx : celui d'une critique qui dépouille « les chaînes des fleurs imaginaires qui les recouvraient, non pour que l'homme porte des chaînes sans fantaisie, désespérantes, mais pour qu'il rejette les chaînes et cueille les fleurs vivantes ». Pour le centième anniversaire de sa naissance (2007), Iris Radisch, dans Die Zeit, l'a qualifié de « plus grand poète » allemand de la deuxième partie du XXe siècle. Rien de lui n'est traduit en français.

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