Bibliographie numérique de l'exposition Supermarché des Images 

  • «  C'est une question de point de vue...  » On associe aujourd'hui la perspective à l'individualisme, à l'affirmation d'une vérité privée et indépassable. C'est oublier la tradition de la perspectiva communis, celle qui fait de la perspective le vecteur d'un horizon commun. Au croisement de la science, de l'art et de la philosophie, le livre exhume une tradition que l'on se doit de redécouvrir  : le point de vue, ce n'est pas seulement ce qui divise, c'est aussi ce qui se partage. Au lieu d'incriminer le perspectivisme d'avoir fait le lit de la post-vérité, et de la perte d'une référence à un monde réel, il est temps de retrouver en quoi la perspective n'est pas qu'une affaire de relativisation, mais de réalisation. C'est à la perspective que nous devons notre perspicacité  : «  à travers  » - voilà le mot-clé pour comprendre son opération. Une mise en regard d'enjeux anciens et contemporains, où s'entrecroisent les arts visuels, l'architecture, la phénoménologie et l'anthropologie sociale. Autant de manières de faire l'éloge d'une perspective qui se décline invariablement au pluriel.
    «  C'est une question de point de vue...  » On associe aujourd'hui la perspective à l'individualisme, à l'affirmation d'une vérité privée et indépassable. C'est oublier la tradition de la perspectiva communis, celle qui fait de la perspective le vecteur d'un horizon commun. Au croisement de la science, de l'art et de la philosophie, le livre exhume une tradition que l'on se doit de redécouvrir  : le point de vue, ce n'est pas seulement ce qui divise, c'est aussi ce qui se partage. Au lieu d'incriminer le perspectivisme d'avoir fait le lit de la post-vérité, et de la perte d'une référence à un monde réel, il est temps de retrouver en quoi la perspective n'est pas qu'une affaire de relativisation, mais de réalisation. C'est à la perspective que nous devons notre perspicacité  : «  à travers  » - voilà le mot-clé pour comprendre son opération. Une mise en regard d'enjeux anciens et contemporains, où s'entrecroisent les arts visuels, l'architecture, la phénoménologie et l'anthropologie sociale. Autant de manières de faire l'éloge d'une perspective qui se décline invariablement au pluriel.
    Emmanuel Alloa est professeur d'esthétique et de philosophie de l'art à l'Université de Fribourg.
     

  • Ce qui suit est une lettre pour expliquer mon suicide. Quand vous la poserez, John Self aura cessé d'exister. M. A.En ce début des années 1980, Margaret Thatcher est Premier ministre du Royaume-Uni et Ronald Reagan président des Etats-Unis. Le cynisme et le fric sont au pouvoir. Le narrateur de Money, money se nomme John Self. Réalisateur de films publicitaires, John est obsédé par l'argent, la bouffe, le tabac, l'alcool, la drogue, le sexe, la pornographie... Il consomme tout : ce qui est illicite et néfaste comme ce qui ne l'est pas. Résultat, à 35 ans, il est obèse, ses dents sont pourries, son corps guère mieux. Il est également ignorant et égoïste. Mais si le personnage est ignoble, il a un atout dans son jeu : le sens de la dérision. Publié en 1984, Money money a consacré Martin Amis comme l'un des meilleurs écrivains britanniques de sa génération.

  • L'histoire de l'art, et en particulier celle de l'art d'aujourd'hui, ne peut se passer du regard et de l'analyse des économistes et des sociologues, seuls susceptibles de nous éclairer sur les contextes économiques et sociaux qui constituent le cadre et les conditions mêmes de la création. A leur analyse et leur réflexion sont associées dans cet ouvrage celles de philosophes, d'un critique d'art et d'un artiste. Voici un panorama d'une scène de l'art mondial sur laquelle les valeurs sont en pleine mutation.

  • Pourquoi sommes-nous (presque) tous un peu matérialistes ? Les biens matériels occupent une place incroyable dans nos vies. En consommant, l'individu dessine les contours de sa vie, la modèle selon un schéma qui lui est propre. Consommer beaucoup, ou plus que nécessaire, c'est être matérialiste. Mais peu de personnes acceptent de se considérer comme matérialistes. Pourtant dans les pays développés un matérialisme diffus se répand dans toutes les couches de la société. Un petit pas grand-chose qui fait que l'on consomme un peu trop. Ce petit pas grand-chose, nous l'avons appelé le matérialisme ordinaire. L'objet de cet essai est de déconstruire les rouages de la relation que nous entretenons avec nos possessions matérielles. Comment et pourquoi nous attachons-nous à certains objets et pas à d'autres et pourquoi achetons-nous systématiquement un peu trop de biens matériels ? Quelles relations existe-t-il entre le matérialisme, les différentes formes de consommation, la construction identitaire et les valeurs des individus dans un environnement social incertain ? Que penser de la socialisation économique et des questions de société que pose le matérialisme ? Telles sont les questions fondamentales posées dans cet essai qui nous permettront de mettre en évidence la logique et la dynamique du matérialisme ordinaire dans la vie quotidienne.
    Des prolongements à cet ouvrage pourront être trouvés sur le site www.culture-materielle.com.

  • L'OEuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique annonce, dès son titre, le tournant opéré par la modernité : Benjamin montre dans cet essai lumineux que l'avènement de la photographie, puis du cinéma, n'est pas l'apparition d'une simple technique nouvelle, mais qu'il bouleverse de fond en comble le statut de l'oeuvre d'art, en lui ôtant ce que Benjamin nomme son "aura". L'auteur met au jour les conséquences immenses de cette révolution, bien au-delà de la sphère artistique, dans tout le champ social et politique. Un texte fondamental, dont les échos ne cessent de se prolonger dans les réflexions contemporaines.

  • L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques des révolutions industrielles.En réalité, c'est avec l'invention de l'imprimerie que la comparaison s'impose, car la révolu­tion digitale est avant tout d'ordre cognitif. Elle est venue insérer des connaissances et des informations dans tous les aspects de nos vies. Jusqu'aux machines, qu'elle est en train de rendre intelligentes.Si nous fabri­quons le numérique, il nous fabrique aussi. Voilà pourquoi il est indispensable que nous nous forgions une culture numérique.

    Sociologue, Dominique Cardon est directeur du Médialab de Sciences Po. Il y a créé le cours « Coder/Décoder » qui est à l'origine de cet ouvrage. Il est notamment l'auteur de À quoi rêvent les algorithmes (Seuil, 2015).

  • L'or

    Blaise Cendrars

    L'Ouest.
    Mot mystérieux.
    Qu'est-ce que l'Ouest ? [...]
    Il y a des récits d'Indiens qui parlent d'un pays enchanté, de villes d'or, de femmes qui n'ont qu'un sein. Même les trappeurs qui descendent du nord avec leur chargement de fourrures ont entendu parler sous leur haute latitude de ces pays merveilleux de l'ouest où, disent-ils, les fruits sont d'or et d'argent.

  • Cette étude n'est pas une histoire du cinéma, mais un essai de classification des images et des signes tels qu'ils apparaissent au cinéma. On considère ici un premier type d'image, l'image-mouvement, avec ses variétés principales, image-perception, image-affection, image-action, et les signes (non linguistiques) qui les caractérisent. Tantôt la lumière entre en lutte avec les ténèbres, tantôt elle développe son rapport avec le blanc. Les qualités et les puissances tantôt s'expriment sur des visages, tantôt s'exposent dans des « espaces quelconques », tantôt révèlent des mondes originaires, tantôt s'actualisent dans des milieux supposés réels. Les grands auteurs de cinéma inventent et composent des images et des signes, chacun à sa manière. Ils ne sont pas seulement confrontables à des peintres, des architectes, des musiciens mais à des penseurs. Il ne suffit pas de se plaindre ou de se féliciter de l'invasion de la pensée par l'audio-visuel ; il faut montrer comment la pensée opère avec les signes optiques et sonores de l'image-mouvement, et aussi d'une image-temps plus profonde, pour produire parfois de grandes oeuvres. Cet ouvrage est paru en 1983. Du même auteur : Cinéma 2 - L'image-temps (1985).

  • Comment l'image-temps surgit-elle ? Sans doute avec la mutation du cinéma, après la guerre, quand les situations sensori-motrices font place à des situations optiques et sonores pures (néo-réalisme). Mais la mutation était préparée depuis longtemps, sous des modes très divers (Ozu, mais aussi Mankiewicz, ou même la comédie musicale). L'image-temps ne supprime pas l'image-mouvement, elle renverse le rapport de subordination. Au lieu que le temps soit le nombre ou la mesure du mouvement, c'est-à-dire une représentation indirecte, le mouvement n'est plus que la conséquence d'une présentation directe du temps : par là même un faux mouvement, un faux raccord. Le faux raccord est un exemple de « coupure irrationnelle ». Et, tandis que le cinéma du mouvement opère des enchaînements d'images par coupures rationnelles, le cinéma du temps procède à des réenchaînements sur coupure irrationnelle (notamment entre l'image sonore et l'image visuelle). C'est une erreur de dire que l'image cinématographique est forcément au présent. L'image-temps directe n'est pas au présent, pas plus qu'elle n'est souvenir. Elle rompt avec la succession empirique, et avec la mémoire psychologique, pour s'élever à un ordre ou à une série du temps (Welles, Resnais, Godard...). Ces signes de temps sont inséparables de signes de pensée, et de signes de parole. Mais comment la pensée se présente-t-elle au cinéma, et quels sont les actes de parole spécifiquement cinématographiques ?Cet ouvrage est paru en 1985. Du même auteur : Cinéma 1 - L'image-mouvement (1983).

  • Fred Forest est le premier artiste à avoir mis en vente, en première mondiale, une oeuvre numérique " Parcelle/ Réseau " sur Internet... Ce livre de réflexion critique sur le devenir de l'art montre que les choses changent. Cet ouvrage livre une réflexion approfondie sur les arts technologiques, les arts en réseaux et la culture en émergence, esquisse les nouvelles perspectives qui s'ouvrent à l'artiste dans le rôle rénové de producteur de sens qui lui est dévolu au seuil du XXIème siècle.

  • "- Depuis quelque temps, des pièces de fausse monnaie circulent. J'en suis averti. Je n'ai pas encore réussi à découvrir leur provenance. Mais je sais que le jeune Georges - tout naïvement je veux le croire - est un de ceux qui s'en servent et les mettent en circulation. Ils sont quelques-uns, de l'âge de votre neveu, qui se prêtent à ce honteux trafic. Je ne mets pas en doute qu'on abuse de leur innocence et que ces enfants sans discernement ne jouent le rôle de dupes entre les mains de quelques coupables aînés."

  • Le capitalisme engendrant des besoins artificiels toujours nouveaux, mettre un terme à la voracité consumériste implique de définir et de s'appuyer sur des besoins " authentiques " et reconnus de tous. Le nouveau livre de Razmig Keucheyan suit cette ligne critique en recherche d'une véritable politique de l'émancipation.
    Le capitalisme engendre des besoins artificiels toujours nouveaux. Celui de s'acheter le dernier iPhone, par exemple, ou de se rendre en avion dans la ville d'à côté. Ces besoins sont non seulement aliénants pour la personne, mais ils sont écologiquement néfastes. Leur prolifération sous-tend le consumérisme, qui lui-même aggrave l'épuisement des ressources naturelles et les pollutions.
    À l'âge d'Amazon, le consumérisme atteint son " stade suprême ". Ce livre soulève une question simple : comment couper court à cette prolifération de besoins artificiels ? Comment sortir par là même du consumérisme capitaliste ? La réflexion s'appuie sur des chapitres thématiques, consacrés à la pollution lumineuse, à la psychiatrie de la consommation compulsive ou à la garantie des marchandises, pour élaborer une théorie critique du consumérisme. Elle fait des besoins " authentiques " collectivement définis, en rupture avec les besoins artificiels, le coeur d'une politique de l'émancipation au XXIe siècle.
    Chemin faisant, le livre évoque la théorie des besoins de Karl Marx, André Gorz et Agnes Heller. Pour ces auteurs, les besoins " authentiques " ont un potentiel révolutionnaire. Comme disait Marx, " une révolution radicale ne peut être que la révolution des besoins radicaux ".

  • La religion du capital

    Paul Lafargue

    La Religion du Capital, farce savoureuse de l'auteur du Droit à la paresse publiée pour la première fois en 1887, est le compte-rendu fictif d'un congrès international tenu à Londres, au cours duquel les représentants les plus éminents de la bourgeoisie rédigent les Actes d'une nouvelle religion pour ce Chaos qu'ils ont créé et ont décidé d'appeler «Monde civilisé».

    «Je crois au Capital qui gouverne la matière et l'esprit ;
    Je crois au Profit, son fils très légitime, et au Crédit,
    le Saint-Esprit, qui procède de lui et est adoré conjointement ;
    Je crois au Grand-Livre de la Dette publique, qui garantit
    le Capital des risques du commerce, de l'industrie et de l'usure ;
    Je crois à la Propriété individuelle, fruit du travail des autres, et à sa durée jusqu'à la fin des siècles ;
    Je crois à l'Éternité du Salariat qui débarrasse le travailleur des soucis de la propriété.
    Amen.»

  • Dans le monde de l'économie, le caractère fantasmagorique de la marchandise est nommé fétichisme par Karl Marx. Afin d'analyser les formes que prennent les rapports sociaux engendrés par l'échange marchand, l'auteur cherche à décrypter le secret de la valeur. De ces pages géniales, qui appartiennent au premier chapitre du livre I du Capital, sont directement issues la théorie de la réification de Luckacs et celle du spectacle de Debord.

    Théo­ri­cien révo­lu­tion­naire alle­mand et figure majeure du mou­ve­ment ouvrier, Karl Marx (1818-1883) fut également historien, sociologue et jour­na­liste. Enga­gé poli­ti­que­ment dans la Ligue des Communistes aux côtés de Engels puis dans l'Association inter­na­tio­nale des tra­vailleurs, on lui doit une description minutieuse des mécanismes du capitalisme et une théorie érudite de l'économie politique. Sa pensée se fonde sur l'humain en tant qu'être pensant mais avant tout agissant.

  • « Il y a déjà près de quarante ans, en 1970, Roland Barthes dessinait quelques Mythologies modernes. Mais l'on sait qu'il n'existe rien de constant si ce n'est le changement ! D'où la nécessité de dresser les contours de nos idolâtries postmodernes. En se souvenant que l'essentielle fonction du mythe est bien de faire flamboyer l'âme obscure du monde ! »Michel Maffesoli.Reprenant le principe d'une sorte de dictionnaire miparodique, mi-savant, mélangeant figures de l'actualité et concepts philosophique, Michel Maffesoli dresse un portrait à contre-courant de notre société dominée par l'obsession de la communication, de la transparence et de l'égalité.

  • Après le succès de La troisième révolution industrielle (plus de 40 000 exemplaires vendus), Jeremy Rifkin présente ici ce que sera la société collaborative de demain. Le prospectiviste de génie y dessine un nouveau paradigme favorisé par l'essor des nouvelles technologies : les communaux collaboratifs. 

  • Simmel démontre ici le mécanisme psychologique qui a permis de transformer l'argent de moyen en fin. Or, en servant quantité de fins, l'argent devient "incolore", privé de valeur en soi. Simmel analyse des cas pathologiques, allant de l'avare au dépensier compulsif, aspects psychologiques complétés par de passionnantes observations d'ordre historique et sociologique. Il se penche également sur les liens générés par l'argent, source paradoxale de l'individualisme moderne. Si la possession d'argent procure une liberté personnelle, elle engendre une insatisfaction croissante, tant la dimension qualitative, inexprimable en termes économiques, s'efface au profit du quantitatif. L'argent n'en reste pas moins pour l'homme moderne un aiguillon de son activité, une promesse illusoire de bonheur.

    Philosophe et historien de formation, Georg Simmel (1858-1918) fut l'un des fondateurs, avec Max Weber, de la sociologie allemande. Auteur de Philosophie de l'argent(1900), il donna également des cours à l'université de Berlin et de Strasbourg. Son oeuvre connut d'emblée une réception très favorable aux États-Unis, puis en France.

  • Ce qu'il s'agit d'analyser, d'ausculter, c'est ce que Walter Benjamin, en 1929 déjà, décrivait comme un espace chargé à cent pour cent d'images. Autrement dit : cette visibilité saturée qui nous arrive de partout, nous entoure et nous traverse aujourd'hui.
    Un tel espace iconique est le produit d'une histoire : celle de la mise en circulation et de la marchandisation générale des images et des vues. Il fallait ébaucher sa généalogie, depuis les premiers ascenseurs ou escalators (ces travellings avant la lettre) jusqu'aux techniques actuelles de l'oculométrie traquant les moindres saccades de nos yeux, en passant par le cinéma, grand chef d'orchestre des regards.
    Mais, sous-jacente à cette innervation du visible, il y a une économie propre aux images : ce qu'on tente d'appeler leur iconomie. Deleuze l'avait entrevue lorsqu'il écrivait, dans des pages inspirées par Marx : « l'argent est l'envers de toutes les images que le cinéma montre et monte à l'endroit ». Une phrase que l'on n'entendra dans toute sa portée ontologique qu'à condition de se souvenir que « cinéma » veut aussi dire ici : « l'univers ».
    C'est pourquoi, tout en se laissant guider par des séquences d'Hitchcock, de Bresson, d'Antonioni, de De Palma ou des Sopranos, ces pages voudraient frayer la voie qui conduit d'une iconomie restreinte à ce qu'on pourrait nommer, avec Bataille, une iconomie générale.

    P. Sz.

  • Tubes

    Peter Szendy

    C'est Boris Vian qui semble avoir inventé l'usage argotique du mot tube, pour désigner une chanson à succès. C'est-à-dire, le plus souvent, une chanson quelconque, qui ressemble à toutes les autres et qui chante volontiers sa banalité même.
    Or, ces mélodies, ces airs « comme ça » nous hantent, prolifèrent en nous comme des vers d'oreille. Jusqu'à devenir parfois la bande-son de notre vie, commémorant tel moment passé, tel vécu singulier.
    Comment penser cette conjonction paradoxale, propre sans doute aux tubes, entre le plus banal et le plus singulier ? Comment le cliché musical qui circule jusqu'à l'usure peut-il être porteur de l'unique, d'un affect à nul autre pareil ?
    À ces questions, ce sont d'une part les tubes eux-mêmes qui répondent, si on sait leur prêter l'oreille : les histoires que racontent nombre d'entre eux (Je suis venu te dire que je m'en vais ou Parole, parole, parole, parmi tant d'autres qui habitent ces pages) parlent indirectement de leur propre pouvoir, des obsessions qu'ils suscitent.
    Mais, d'autre part, les tubes demandent aussi à être pensés, à être élevés à la dignité d'objets philosophiques. Aussi est-ce en lisant Kierkegaard, Kant, Marx, Freud ou Benjamin que l'on tente ici d'interpréter leurs rapports avec l'argent, ainsi que l'épreuve de la reprise dont ils nous font faire l'expérience.
    Enfin, pour les voir à l'oeuvre dans leur manière unique d'articuler la psyché et le marché, il fallait se rendre au cinéma. De Fritz Lang à Alain Resnais, en passant par l'incontournable Hitchcock, les tubes apparaissent comme cette production inouïe du capitalisme avancé : un hymne intime à l'échange. (P. Sz.)

    Tubes est paru en 2008.

  • La question de la valeur de l'art accompagne toute l'histoire occidentale de la réflexion théorique sur les productions artistiques. Cette question se pose aujourd'hui dans une configuration inédite qui invite à associer aux réflexions des philosophes celles non seulement des historiens d'art, mais aussi des sociologues ou des économistes.

  • L'informatisation a introduit un bouleversement du système productif, des entreprises et des institutions. Dans les entreprises, la main-d'oeuvre est remplacée par le «cerveau d'oeuvre». C'est un moment de transition majeure auquel les acteurs tardent à s'adapter, à l'exception de quelques-uns, «prédateurs», plus agiles et premiers à en tirer parti.
    Comprendre l'informatisation permet de «s'orienter», et donc de savoir où aller. C'est peut-être la condition nécessaire pour avoir une chance de sortir de la crise économique actuelles.

  • L'argent

    Emile Zola

    Edition enrichie (Préface, notes, repères chronologiques, dossier, lexique des termes boursiers, bibliographie)
    Dix-huitième volume des Rougon-Macquart, L'Argent est le premier grand western financier des temps modernes : bilans falsifiés, connivences politiques, fièvre spéculative, manipulations médiatiques, rumeurs, scandales, coups de Bourse et coups de Jarnac, lutte à mort entre les loups-cerviers de la finance qui déjà rôdaient chez Balzac.
    S'inspirant de quelques faits divers retentissants, Zola décrit le culte nouveau du Veau d'or, la vie secrète de son temple, l'activité fiévreuse de ses desservants ; il dénombre ses élus et ses victimes.
    A l'heure des conflits économiques planétaires, il faut revivre cette croisade et cette épopée du Capital.
    A l'heure où les audaces de la technologie bancaire nous font frémir, il faut relire cet hymne à la vie.

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