Au château de Tours : René-Jacques

  • Figure marquante de la photographie française d'après-guerre, René-Jacques (né René Giton, 1908-2003) débute sa carrière dans les années 1930. Très rapidement, il embrasse les mille métiers de la photographie, se faisant tour à tour reporter pour L'Intransigeant, illustrateur pour les éditions Grasset ou photographe industriel pour la régie Renault. Arpenteur des rues d'un Paris vide, sur les traces des écrivains Francis Carco et Léon-Paul Fargue, il est aussi photographe de plateau pour les cinéastes René Lucot, Georg Wilhelm Pabst et Jean Grémillon. Publié à l'occasion de l'exposition du Jeu de Paume - Château de Tours (15 novembre 2019 - 24 mai 2020), cet album retrace en une quarantaine d'images phares la carrière du photographe.

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  • L'équipe

    Francis Carco

    - Je le jure, assura-t-elle. Il marche dans la combine au Marseillais. Il te fait du tort.

    Le Capitaine se tut. Ainsi - pour une absence de cinq mois - il ne retrouvait plus personne autour de lui. Sa bande, dont il était fier, l'avait lâché et il lui fallait maintenant chercher, pour de futurs exploits, de nouveaux volontaires. L'entreprise avait ses hasards. Il ne l'ignorait pas, mais il souffrait surtout dans son amour-propre à l'idée qu'un homme dont il ne savait rien s'était permis de le déposséder.

    C'est à lui qu'allait toute sa haine et il tâchait à démêler, parmi ses souvenirs, celui qui l'aiderait à découvrir qui pouvait être cet homme dont il se promettait de briser l'ambition.

    - J'aurai son rouge, déclara-t-il.
    Puis, comme ils arrivaient devant les bars de la porte des Lilas, le Capitaine les fouilla du regard.

    Francis Carco est né à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) le 3 juillet 1886. Poète, conteur, critique, auteur dramatique et romancier, sa jeunesse s´écoule au milieu de la bohème du Quartier latin et de la butte Montmartre.
    En 1923, l´Académie française lui décerne le Grand Prix du roman pour l´Homme traqué. En 1937, il est élu membre de l´Académie Goncourt.
    Il meurt à Paris en 1958.

  • Comme le dit Katherine Mansfield, Francis Carco (1886-1958) est " l'écrivain des bas-fonds ". " Les rues obscures, les bars retentissants des appels des sirènes, les navires en partance et les feux dans la nuit " hantent son univers. Dans le Paris des mauvais garçons et des filles de joie, il partage la vie de bohème d'Apollinaire, Max Jacob, Modigliani ou Pierre Mac Orlan. C'est tout le pittoresque de ce monde interlope, dont Renoir, Duvivier et Carné se sont emparés au cinéma, que l'on retrouve dans ce premier roman. Il nous introduit dans le milieu des souteneurs et des prostituées de Montmartre, sur les traces de Jésus-la-Caille, proxénète homosexuel qui va connaître, pour la première fois, l'amour d'une femme. Le ton des dialogues, la peinture des personnages et l'atmosphère poisseuse en font un grand classique.

  • Claude, fils de la patronne de l'hôtel du Cheval blanc, a quinze ans.
    Dans les bras de Mariette, une domestique au service de sa mère, il découvre le plaisir des sens. Sa passion devient dévorante à mesure qu'il comprend combien son désir est lié aux charmes que la jeune femme vend aux autres hommes.

  • Berceau de la photographie, Paris en est demeurée la capitale. L'histoire commence quand Daguerre, en un clair matin de 1839, dirige son appareil vers le boulevard du Temple. Les silhouettes animées des passants sont trop fugitives pour être fixées sur sa plaque et seul un petit personnage - resté immobile pour faire cirer ses chaussures - laisse son empreinte. Cet inconnu est le premier Parisien jamais photographié.
    Que s'est-il passé depuis ? La photographie, portée au sommet par les grands maîtres, a investi tous les domaines. elle devient un art mais aussi un témoin quand elle immortalise un évènement historique. Pour autant, nombre d'images restent muettes et leur mémoire s'est perdue. Celles dont on connaît mieux le sens et les circonstances nous promettent autant d'histoires extraordinaires.
    De Louis Jacques Mandé Daguerre à Charles Marville, de Etienne-Jules Marey à Paul et Félix Nadar, de Eugène Atget à Yann Arthus-Bertrand en passant par Man Ray, David Seymour "Chim", Gisèle Freund, André Kertész, Robert Capa, Gilles Caron, Pierre et Gilles ou Sophie Calle, Paris s'expose au grand jour : petits événements de la vie quotidienne, paysages urbains, barricades de juin 1848, portraits, accidents, désastres de la guerre, grèves, assassinat du président Paul Doumer, ratonnades du 17 octobre 1961, manifestations de mai 1968, destruction des Halles.

  • Pierre Jahan eut l'idée de photographier les statues parisiennes déboulonnées par les Allemands pendant l'Occupation et entrepôsées dans le XIIème arrondissement de Paris. Puis Jean Cocteau, enthousiasmé par les photographies, décida d'en faire un livre en 1946 dont il signa le texte.
    Cette réedition est agrémentée de 10 photos inédites.

  • Poète amoureux de l'âme parisienne, éternel flâneur qui sait trouver des trésors au coin de la rue la plus anonyme, Fargue raconte sa ville dans ce livre célèbre, qui aujourd'hui nous restitue le parfum du Paris de l'entre-deux-guerres.
    Le quartier de prédilection de Fargue, peu exploré par d'autres écrivains, c'est le boulevard Magenta, Belleville, le boulevard de la Chapelle, la gare de l'Est et la gare du Nord, «vastes music-halls où l'on est à la fois acteur et spectateur».
    Le titre de ce livre est devenu le nom que l'on donne à Fargue. C'est lui qui est à jamais «le piéton de Paris».

  • Ce n'est que plusieurs années après la mort de l'auteur que ce panorama des vingt arrondissements de Paris a été publié pour la première fois. Le voici à nouveau, illustré de photographies et de cartes postales anciennes qui donnent à voir un Paris à jamais révolu.

    Dans ces Vingt arrondissements, Fargue brosse le « climat » de chacun, nourri de mille souvenirs et de l'évocation d'une foule de personnages de tous les âges de l'histoire - il en résulte un portrait sensible qui invite le lecteur au voyage et à la rêverie.

    Défilent sous nos yeux les lingères des bords de Seine, les badauds sur les boulevards, les étudiants du Quartier Latin, les comtesses du Faubourg Saint-Germain, ou du moins leur souvenir, les artistes de la Nouvelle-Athènes, les héritiers de la Commune à Belleville, les Vins et charbon un peu partout, les natifs et les apatrides... Mille mondes qui ne font qu'un et dont les contours sont ici révélés en mots et en images.

  • Arthaud louait sa « liberté poétique extrême », Max Jacob le saluait comme « un grand ingénieur du rêve », Claudel qualifiait son style de « jet de cocasserie splendide », Proust affirmait son « admirable talent » et Rilke le considérait comme l'un des plus grands poètes de son époque. Mais c'est Jean Paulhan qui définissait le mieux l'homme en évoquant « une sorte de tendresse humaine, une humanité humble, insistante. ». Léon-Paul Fargue était à la fois aristocrate et artisan, individualiste et humaniste, vagabond ami du confort mais farouchement anti-bourgeois ; il se trouvait aussi bien dans les cercles les plus mondains, autour de quelque princesse ou académicien, que sur le zinc d'un bar de la Villette. Les articles qu'il fit paraître dans la presse, rassemblés dans le désormais culte Piéton de Paris, l'ont consacré en 1939 comme l'amoureux attitré de la ville, le poète du macadam et l'un des maîtres de l'art de la chronique. Au plus sombre des années noires, il ne cède en rien au défaitisme. Au contraire, il en appelle à la confiance et poursuit son travail de mémorialiste de la fantaisie et du rêve. Ici, avec sa lanterne magique, il projette ses souvenirs : l'exposition universelle de 1900, les causeries chez Mallarmé, les peintres impressionnistes, Hugo le précurseur, l'actrice Réjane. Il parle de ses goûts, musique et création, raconte les fiacres des boulevards, la mode féminine, la tendresse des soirs de printemps. Mêlant réflexions littéraires, anecdotes érudites et scènes de la vie quotidienne, il s'interroge également sur l'actualité de son temps, en prenant soin de se ménager des désagréments de la censure. Grâce à la fulgurance de ses images, l'acrobatie de ses inventions, le saugrenu de ses comparaisons, Fargue nous entraîne dans une véritable fête où la songerie intime se confond avec la vie réelle, où les souvenirs d'amour sont le reflet doux-amer des souvenirs d'enfance.

  • Cinéaste majeur, Jean Grémillon (1901-1959) a laissé de nombreux écrits. Ils ont été rédigés tout au long de sa carrière, sous la forme d'articles de presse, d'allocutions, d'exposés, de conférences, de rapports, dont son activité d'auteurs de films, ou les fonctions de président de la Cinémathèque française qu'il a longtemps exercées. Ces textes, qui touchent aussi bien à l'esthétique du cinéma qu'à son administration n'ont jamais été réunis en volume jusqu'à ce jour. Cette édition, établie et présentée par Pierre Lherminier, en propose l'intégralité.

  • Après des débuts remarquables dans les années 1920 (Maldone, Gardiens de phare), Jean Grémillon tourne au début du parlant La Petite Lise, Daïnah la métisse, puis s'exile avant de retrouver le succès avec Gueule d'amour en 1936, L'Étrange Monsieur Victor, Remorques, Lumière d'été et Le Ciel est à vous (1944).
    Ces quatre films témoignent d'une maîtrise remarquable tant dans la direction d'acteurs que dans la mise en scène visuelle et sonore. Son dernier film de fiction, L'Amour d'une femme (1954), exprime un engagement qu'on peut qualifier de féministe. Grémillon meurt prématurément en 1959. Geneviève Sellier explore l'ensemble de l'oeuvre de fiction du cinéaste en montrant sa cohérence, sa richesse et surtout sa modernité : à son époque, Grémillon est le seul à proposer des figures féminines aussi diverses et aussi complexes, et une exploration aussi fine des relations entre hommes et femmes.

  • L'élégie est un genre littéraire très ancien qui s'est exténué, sa forme conventionnelle ayant pris une importance excessive par rapport à l'expression du sentiment, comme il est arrivé à l'églogue, à l'idylle, au sermon, au discours officiel, et comme cela menace actuellement d'arriver à d'autres genres. Cependant l'élégie correspondra toujours à une situation où une conscience est abolie, demeure dans une autre conscience à titre de souci. Il y a rupture et continuité à la fois, et c'est ce double aspect que reflète l'élégie, comme l'idylle reflète union et discontinuité. Mais pourquoi écrire sur la mort d'un animal ? On répondra : pourquoi pas ? Même si ladestinée n'était pas commune, l'angoisse est la même et le problème analogue. S'il en est ainsi, la pudeur commande de parler d'un animal plutôt que d'un homme. D'ailleurs ce petit livre n'a été écrit que pour les esprits naïfs et les coeurs simples.

  • Personnages principaux : un beau jeune homme, un photographe et une ville bombardée par erreur.

    Le décor : quelques plages avec leurs blockhaus, en prolongement du pays charentais.
    Unité de temps : un petit matin de janvier 1945. Avant, après.
    Au hasard de la rencontre d'une photo -celle du cercueil d'une noyée -, un parallèle s'établit entre les souvenirs du narrateur et l'identité blessée de Royan.
    L'illusion transfigure la réalité, et le parcours, guidé par les photos de René-Jacques, se conclut, apaisé, avec celles de Jacques-Henri Lartigue, en une sorte de dialogue entre émotion et légèreté.

  • Spécialiste des bas-fonds, de la pègre, de la Légion étrangère et autres figures d'aventuriers, Pierre Mac Orlan était aussi profondément épris de son époque, qu'il voyait non sans quelque inquiétude se transformer - nous sommes dans les années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale - et dont il tenait à nous livrer les derniers flamboiements avant extinction. Les Chroniques de la fin d'un monde se présentent comme un tableau littéraire des provinces françaises, avec leurs paysages et, surtout, avec la singularité des hommes qui les peuplent. Au gré des chapitres pétillant d'humour et d'érudition, où le romantisme est associé aux quatre points cardinaux, les provinces françaises défilent en touches saisonnières - souvenirs de voyages, retour aux lieux de l'enfance, navigation sur des mers imaginaires - ravivant, avant les cataclysmes, tous les enchantements d'une époque.

  • Pierre Mac Orlan, l'auteur du célèbre Quai des brumes, est, sans conteste, au XXe siècle, l'écrivain français qui a consacré le plus de pages à la photographie.
    Or si l'on en croit les histoires de la photographie, il n'existerait pas en France, pour la période de l'entre-deux guerres, de grande figure intellectuelle qui ait contribué à la reconnaissance esthétique de la photographie, comme ont pu le faire László Moholy-Nagy ou Walter Benjamin en Allemagne. Dans les années 1920 et 1930, Mac Orlan a pourtant écrit près d'une vingtaine de textes sur la photographie : articles, recensions de publications, préfaces. Tout ce que le Paris de cette époque compte de photographes importants éveille alors sa curiosité : Eugène Atget, Brassaï, Man Ray, Claude Cahun, Germaine Krull, André Kestész... Il faut ajouter à cela les quelques textes écrits après-guerre sur Willy Ronis, Pierre Jahan ou Marcel Bovis.
    Ces écrits ne sont pas connus des spécialistes et a fortiori du grand public, parce qu'ils n'ont, à ce jour, jamais été réunis. Clément Chéroux les exhume de leur gangue d'oubli et rappelle le rôle critique fondamental que Pierre Mac Orlan a joué : dès la fin des années 1920, il propose un concept novateur, le " fantastique social ", qui offre le chaînon manquant entre un surréalisme à la française et l'expressionnisme allemand et permet de comprendre admirablement ce qui est en jeu dans les recherches photographiques de l'époque Outre l'anthologie illustrée par les plus grands photographes de l'époque, l'ouvrage se compose d'un essai de Clément Chéroux et des photos prises par Pierre Mac Orlan lui-même.

  • «La somme réunie en 1954 sous le titre Poésies documentaires complètes a été composée pour l'essentiel de 1919 à 1925 ; de la fin de la guerre à la célèbre exposition des Arts Décoratifs. Elle s'articule autour des cinq grands poèmes ou recueils : L'Inflation sentimentale (1923), devenu Inflation sentimentale ; Simone de Montmartre (1924) ; Abécédaire des filles et de l'enfant chéri (1924), devenu Abécédaire ; Boutiques (1925) ; Boutiques de la foire (1925), devenu Fêtes foraines. [...] Période de transition, de mutation, de rupture entre l'ancien monde détruit par la guerre et le nouveau qui cherche à émerger de ses ruines. Elle se caractérise par une fièvre de modernisme d'abord sensible avec la promotion de médias nouveaux ou récents : cinéma, photographie, T.S.F., phonographe que Mac Orlan est l'un des premiers à introduire dans l'espace poétique. [...] La poésie de Mac Orlan ne fait qu'enregistrer la mutation des moeurs et le brassage social et cosmopolite entraîné par la première guerre. "Ici la reine Dactylo se mêle comme l'eau tiède au vin généreux des hommes" (Inflation sentimentale). La gigolette de Bruant a fait place à la garçonne aux cheveux courts et coiffés d'une cloche de feutre noir, comme un casque guerrier. Derrière elle le champ de la poésie s'ouvre à des personnages jusque-là confinés dans le roman ou la rubrique des faits divers.» Francis Lacassin.

  • Marguerite de la nuit (1925) est une transposition contem-poraine du célèbre mythe de Faust dans le Montmartre des années 1920.
    Dans un meublé de la place du tertre un vieillard, Georges Faust, professeur à la retraite achève sa vie en compagnie de son chat Murke. Baignant dans ses souvenirs, se remé-morant ses premières années d'enseignement, le vieil homme de 82 ans passe ses journées à observer les piles de livres qui entourent sa chambre, lui rappelant ainsi les belles heures d'une vie achevée.
    Un soir, Georges décide d'aller au Saharet, un genre de boîte de nuit du quartier de Pigalle où mac et prostitués côtoient des hommes en perdition. A cet endroit, il ren-contre Léon, un dealer de cocaïne qui deviendra le nouveau Méphistophélès, prêt à lui offrir une nouvelle jeunesse en échange de son âme. Au cours de la même soirée, Georges rencontre Marguerite, une jeune femme qui hante les cafés de la place Pigalle du soir au matin. La vision d'une si jolie fille convainc Faust de signer la vente de son âme en échange d'une jeunesse lui permettant de conquérir Mar-guerite.
    Le charme de cette transposition de Mac Orlan réside autant dans l'humour de l'auteur que dans le rajeunissement de la légende de Faust ; son génie de l'atmosphère nous restitue miraculeusement le Paris des années vingt.

  • Montherlant, au retour du front, s'adonne aux sports, notamment au football et à la course à pied (il court le cent mètres en 11 secondes 4/5). Les émotions que lui ont procurées les jeux du stade, associées aux réminiscences antiques, lui inspirent des poèmes, des nouvelles, des essais qui composent les deux volumes des Olympiques (publiés d'abord séparément) : Le Paradis à l'ombre des épées et Les Onze devant la Porte dorée.
    De tous ses livres, c'est celui que Montherlant préfère. Il y chante avec un bonheur constant d'inspiration, une grande fraîcheur de ton, les sentiments les plus purs qui soient au coeur de l'homme : la joie de l'effort physique, la camaraderie, le sens de l'équipe.

  • Fin de siècle

    Paul Morand

    Un festival en quatre longues nouvelles. Fleur-du-Ciel commence à Vienne et finit à Pékin : trois officiers se disputent Ida Maria von Karisch, qui a vécu légèrement mais finit comme une sainte, lazariste, torturée à mort par les Boxers. La Présidente nous transporte dans une famille américaine. Le Bazar de la Charité est une histoire d'adultère qui se déroule comme un vaudeville, en marge d'un atroce fait divers. Dans Feu monsieur le duc, celui dont on lorgne l'héritage va berner après sa mort toute sa famille. Quatre nouvelles au style à la fois élégant et très alerte, qui sont comme des instantanés d'un monde en train de disparaître. Paul Morand était hanté par le sentiment de l'agonie de l'Europe, il tenait à son rôle de témoin, lui qui avait connu la fin de la Belle Époque. Jean Giraudoux le qualifiait de " pessimiste gai ", et c'est bien le ton de ce recueil.

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